À propos
Russie : le guide complet du voyageur francophone en 2026
La Russie n'est pas seulement le plus grand pays du monde. C'est onze fuseaux horaires, des cathédrales gothiques de Kaliningrad aux volcans du Kamtchatka. C'est Moscou et sa grandeur impériale, Saint-Pétersbourg et son élégance européenne. C'est le lac Baïkal, plus ancien que les dinosaures, et le Transsibérien, qui demeure à ce jour la plus grande aventure ferroviaire de la planète. C'est un pays où, dans une même ville, vous pouvez admirer mosquées et églises orthodoxes, goûter au tchak-tchak tatar et aux pelmenis sibériens, entendre les chants gutturaux bouriates et les mélodies cosaques.
Certes, la période n'est pas la plus simple pour visiter la Russie. Les cartes bancaires occidentales ne fonctionnent plus, il n'existe plus de vols directs depuis l'Europe, et de nombreux gouvernements déconseillent à leurs ressortissants de s'y rendre. Pourtant, les touristes continuent de venir — et ils ne sont pas déçus. Car, derrière toutes ces complications, se cache un pays à l'histoire, à la culture et à la nature prodigieuses. Un pays qu'il faut voir de ses propres yeux.
Ce guide n'est pas une brochure publicitaire. Vous y trouverez des informations honnêtes sur la réalité des voyages en Russie en 2026 : comment obtenir une carte de paiement, acheter une carte SIM, contourner les sites bloqués, quelles régions privilégier et lesquelles éviter. Des conseils pratiques, des itinéraires éprouvés et tout ce qu'il faut savoir avant de partir.
Pourquoi voyager en Russie
Commençons par la question essentielle : faut-il vraiment aller en Russie aujourd'hui ? Réponse courte : oui, si vous vous intéressez à la culture, à l'histoire et à la nature, et non à la politique. La réponse longue mérite quelques explications.
La Russie est un pays de contrastes que l'on ne trouve nulle part ailleurs. Ici coexistent le faste byzantin et le brutalisme soviétique, les églises en bois du XVIIe siècle et les gratte-ciel de Moskva-City. Dans une même rue, vous pouvez prendre un petit-déjeuner dans un café branché avec des toasts à l'avocat, puis déjeuner dans une cantine autour d'un bortsch et d'une compote pour 300 roubles (environ 3 euros). Cet éclectisme fait partie intégrante du charme russe.
Moscou impressionne par sa démesure. Ce n'est pas une simple capitale : c'est une ville qui rivalise sans cesse avec elle-même en matière de grandeur. Le Kremlin, la place Rouge, la cathédrale Saint-Basile — voilà la Russie des cartes postales, vue mille fois. Mais, derrière cette façade, se cache une autre ville : des bars branchés nichés dans les ruelles, des espaces artistiques investissant d'anciennes usines, des parcs de classe mondiale et l'un des plus beaux métros de la planète.
Saint-Pétersbourg est son exact contraire. Si Moscou incarne la force et la puissance, Saint-Pétersbourg évoque la beauté et la mélancolie. Une ville bâtie sur des marécages par la seule volonté d'un homme, une ville de nuits blanches et de ponts levants, une ville de l'Ermitage et de Dostoïevski. Beaucoup de voyageurs avouent que Saint-Pétersbourg est la seule ville russe où ils rêvent de revenir encore et encore.
Mais la Russie ne se résume pas à ses deux capitales. Au-delà de Moscou et de Saint-Pétersbourg commence un autre pays. Kazan est une ville où l'islam et l'orthodoxie cohabitent paisiblement, où la cuisine tatare rivalise avec la cuisine russe, et où l'architecture du Kremlin mêle minarets et clochers. Kaliningrad est une enclave russe en Europe, l'ancienne Königsberg avec ses cathédrales gothiques et ses musées de l'ambre. Vladivostok est une ville au bout du monde, où l'océan Pacifique rencontre la Russie et dont l'atmosphère évoque davantage l'Asie que l'Europe.
Et bien sûr, la nature. Le Baïkal est le lac le plus profond et le plus ancien de la planète, dont l'eau est si pure qu'on en distingue le fond à quarante mètres de profondeur. Le Kamtchatka, avec ses volcans actifs et sa vallée des Geysers. L'Altaï, dont les montagnes rivalisent avec les Alpes suisses. La Carélie, avec ses milliers de lacs et l'architecture en bois de l'île de Kiji. Cette nature est authentique, sauvage, non aseptisée pour les touristes. Et c'est l'une des principales raisons de venir en Russie.
Les régions de Russie : laquelle choisir ?
La Russie est si vaste que tenter de tout voir en un seul voyage relève de l'utopie. Onze fuseaux horaires, dix-sept millions de kilomètres carrés, un climat qui va des subtropiques à la toundra arctique. La première chose à faire est donc de choisir une région. En voici un aperçu détaillé.
La Russie centrale : Moscou et l'Anneau d'Or
Moscou est le point d'entrée logique dans le pays : le plus grand aéroport (Cheremetievo), la meilleure desserte, le maximum d'infrastructures touristiques. Mais Moscou n'est pas un simple hub de transit. La ville mérite au minimum trois à quatre jours, voire une semaine entière.
Le programme incontournable : le Kremlin, avec l'Armurerie et le Fonds des diamants ; la place Rouge, avec la cathédrale Saint-Basile ; la galerie Tretiakov (art russe, des icônes à l'avant-garde) ; le musée Pouchkine (art européen). Voilà la base à ne pas manquer.
Le Moscou contemporain n'est pas moins passionnant. Le parc Zariadié, tout près du Kremlin, est un exemple d'urbanisme moderne avec son pont flottant au-dessus de la Moskova. Le parc Gorki s'est métamorphosé : d'un parc d'attractions soviétique, il est devenu un espace contemporain de détente. VDNKh, gigantesque exposition des réalisations de l'URSS, connaît aujourd'hui une véritable renaissance. Moskva-City est le quartier d'affaires avec ses gratte-ciel, ses plateformes panoramiques et ses restaurants. Vinzavod et Artplay sont des clusters artistiques installés dans d'anciennes friches industrielles.
Une attraction à part entière : le métro de Moscou. Ce n'est pas un simple moyen de transport, mais un véritable musée souterrain. Les stations de l'époque stalinienne (Maïakovskaïa, Komsomolskaïa, Novoslobodskaïa) sont de véritables palais de marbre, ornés de mosaïques et de sculptures en bronze. Prenez une visite guidée ou faites simplement le tour de la ligne circulaire — vous ne le regretterez pas.
L'Anneau d'Or est un itinéraire qui relie les anciennes cités russes au nord-est de Moscou. Le parcours classique comprend Serguiev Possad (le principal monastère du pays, la laure de la Trinité-Saint-Serge), Vladimir (ancienne capitale de la Rus', la cathédrale de la Dormition ornée des fresques d'Andreï Roublev, la Porte d'Or), Souzdal (ville-musée aux églises en bois, avec le Kremlin de Souzdal et le musée de l'Architecture en bois) et Iaroslavl (églises du XVIIe siècle, église du Prophète-Élie, quais de la Volga).
Souzdal est le joyau de cet itinéraire. Cette minuscule cité (10 000 habitants) semble figée au XVIIIe siècle. On y compte plus d'églises que d'immeubles, et la calèche demeure un moyen de transport courant. C'est l'endroit rêvé pour ceux qui veulent découvrir la « vraie Russie », loin des mégapoles.
Le Nord-Ouest : Saint-Pétersbourg et ses environs
Saint-Pétersbourg est la capitale culturelle de la Russie, la ville que Pierre le Grand fit ériger sur des marécages pour « ouvrir une fenêtre sur l'Europe ». Cela se ressent : l'architecture est européenne, le plan est régulier, l'atmosphère est intellectuelle.
L'Ermitage est l'un des plus grands musées du monde. Trois millions d'œuvres exposées, 350 salles, une collection allant des momies égyptiennes à Picasso. Pour tout voir, il faudrait des années ; mieux vaut donc sélectionner les sections à l'avance. Les impressionnistes et postimpressionnistes se trouvent dans le bâtiment de l'État-major, en face du Palais d'Hiver. Le Musée russe, principale collection d'art russe, est moins fréquenté que l'Ermitage.
Les incontournables architecturaux : la forteresse Pierre-et-Paul (berceau de la ville), la cathédrale Saint-Isaac (montez sur la colonnade pour le panorama), l'église du Sauveur-sur-le-Sang-Versé (style russe au cœur d'une ville baroque), la cathédrale de Kazan et la cathédrale Smolny. La perspective Nevski est l'artère principale : on peut s'y promener durant des heures.
Le Saint-Pétersbourg contemporain : Nouvelle-Hollande, ancien chantier naval militaire reconverti en espace public branché. Erarta est le meilleur musée d'art contemporain de la ville. Le Lakhta Center, siège de Gazprom, est le plus haut gratte-ciel d'Europe. Le musée du Street Art surprend dans une ville aussi classique.
Les environs sont incontournables : Peterhof (le Versailles russe, avec ses fontaines — en été !), Tsarskoïé Selo (le palais Catherine et sa Chambre d'ambre reconstituée) et Pavlovsk (un palais et un parc plus intimes mais tout aussi somptueux).
Les nuits blanches constituent une saison à part. De fin mai à la mi-juillet, le soleil ne se couche presque pas, la ville ne dort pas et les ponts se lèvent en musique. C'est la plus belle période pour Saint-Pétersbourg, mais aussi la plus touristique : réservez votre hébergement longtemps à l'avance.
Aux alentours de Saint-Pétersbourg : Vyborg, ville au patrimoine finlandais et suédois, avec un château médiéval sur une île et le parc Monrepos. Pskov, ancienne cité russe dotée d'une forteresse et de monastères. Veliki Novgorod, première capitale de la Rus', avec un Kremlin du XIe siècle et la cathédrale Sainte-Sophie.
La Volga : Kazan et la culture tatare
Kazan est la capitale du Tatarstan et la « troisième capitale » de la Russie. Une ville où l'Orient rencontre l'Occident, où l'islam côtoie l'orthodoxie, où la culture tatare se mêle à la culture russe. Ce ne sont pas des mots en l'air : dans le Kremlin de Kazan (UNESCO), la mosquée Qol Sharif se dresse aux côtés de la cathédrale de l'Annonciation.
La rue Bauman est l'artère piétonne de la ville, son Arbat local. La Vieille Slobode tatare est le quartier historique, avec ses maisons en bois et ses mosquées. Le Temple de toutes les religions est un édifice éclectique réunissant les symboles de seize religions (ce n'est pas un lieu de culte en activité, mais une œuvre d'art). Le Palais des Agriculteurs, avec son gigantesque arbre de bronze, est aussi controversé que photogénique. Le Centre de la famille « Kazan », logé dans un bâtiment en forme de chaudron, offre une plateforme panoramique remarquable.
La cuisine tatare est une raison à elle seule de venir à Kazan. L'etchpotchmak (petit chausson triangulaire à la viande), la goubadia (gâteau feuilleté sucré), le tchak-tchak (dessert au miel), le kazylyk (saucisse de cheval). Au musée du Tchak-tchak, vous pouvez goûter et acheter sur place.
Aux alentours de Kazan : Bolgar, ancienne capitale de la Bulgarie de la Volga (UNESCO), avec ses monuments islamiques des Xe-XVe siècles. Sviajsk, île-forteresse et ses monastères du XVIe siècle (également classée UNESCO).
Nijni Novgorod est la cinquième ville du pays, au confluent de la Volga et de l'Oka. Le Kremlin domine la rive haute ; l'escalier Tchkalov compte 560 marches ; la rue Bolchaïa Pokrovskaïa est piétonne. Moins touristique que Kazan, mais dotée d'une atmosphère prenante.
Samara s'étire le long de la Volga, avec le plus long quai de Russie (5 km), le bunker de Staline et un riche passé spatial (c'est ici que l'on fabriquait les fusées).
Volgograd (ex-Stalingrad) est une ville-héros, théâtre de l'une des batailles décisives de la Seconde Guerre mondiale. Le kourgane Mamaïev, surmonté de la statue « La Mère patrie appelle », est le principal mémorial de guerre du pays.
Le Sud : Sotchi et la mer Noire
Sotchi est la principale station balnéaire de Russie, entièrement transformée pour les Jeux olympiques de 2014. Cas rare d'une station soviétique dotée d'infrastructures modernes de niveau mondial.
Le parc olympique regroupe stades, arénas et fontaines musicales. L'arboretum est un jardin botanique à flanc de montagne desservi par un téléphérique. Le Skypark propose du saut à l'élastique depuis le plus long pont piétonnier du monde.
Krasnaïa Poliana (dont Rosa Khoutor) est une station de ski à 40 km de la mer. En hiver, ski et snowboard ; en été, randonnée et VTT. En décembre 2025, le premier musée d'art contemporain de montagne de Russie, « Krasnye Gorki », y a ouvert ses portes.
Sotchi est unique en son genre : on peut skier en montagne le matin et se baigner dans la mer l'après-midi (si la météo le permet, au printemps ou à l'automne).
Anapa est une station familiale aux plages de sable (rareté sur la mer Noire). Guelendjik séduit avec sa baie et un téléphérique menant à la crête Markhotski. Krasnodar est la capitale régionale, une ville moderne aux bons restaurants, mais sans littoral.
Le Caucase : le Daghestan et les montagnes
Derbent est la plus ancienne ville de Russie (plus de 2 000 ans d'histoire), avec la forteresse Naryn-Kala (UNESCO) et les ruelles étroites de sa vieille ville. Le Daghestan, en général, est une région aux paysages montagneux spectaculaires, à la culture et à la gastronomie authentiques, mais qui demande prudence et préparation.
L'Oural : frontière entre Europe et Asie
Iekaterinbourg est la capitale officieuse de l'Oural, ville où la famille impériale fut exécutée. L'église sur le Sang a été érigée sur le lieu même de l'exécution. Ganina Iama est un monastère bâti à l'endroit où les corps furent jetés. La plateforme panoramique Vyssotski offre un panorama de la ville depuis un gratte-ciel.
Iekaterinbourg est également la capitale du constructivisme. Des dizaines de bâtiments des années 1920-1930 y sont conservés : la cité des Tchékistes, la Maison du conseil régional de l'Oural, la Tour Blanche.
Perm est une ville à la scène culturelle vivace (musée d'art contemporain PERMM, Ballet de Perm) et la porte d'entrée des monts de l'Oural.
La Sibérie : le Baïkal et le Transsibérien
Novossibirsk est la plus grande ville de Sibérie, mais pas la plus touristique. Opéra, zoo, Akademgorodok — l'ancien centre scientifique de l'URSS.
Irkoutsk est la porte d'entrée du Baïkal. Architecture en bois, églises, atmosphère du XIXe siècle. De là, cap sur le Baïkal : Listvianka (le village le plus accessible au bord du lac), l'île d'Olkhon (haut lieu chamanique des Bouriates), Sloudianka (début du chemin de fer Circum-Baïkal).
Le Baïkal est une histoire à part entière. Lac le plus profond du monde (1 642 m), il détient également le plus grand volume d'eau douce de la planète. Âge : vingt-cinq millions d'années. L'eau y est si pure qu'en hiver, lorsque le lac gèle, la glace devient transparente comme du verre. C'est là que vit la nerpa, seul phoque d'eau douce au monde.
Le Baïkal en hiver (février-mars) offre un spectacle unique : des kilomètres de glace translucide parsemée de bulles d'air, des grottes de glace, du patinage sur le lac. Le Baïkal en été se prête aux randonnées, aux croisières et à la pêche.
Iakoutsk s'adresse aux voyageurs aguerris. Il s'agit de la plus grande ville la plus froide au monde (moyenne de −40 °C en janvier). Pergélisol, laboratoires souterrains, musée du Mammouth.
L'Extrême-Orient : le bout du monde
Vladivostok est le terminus du Transsibérien, une ville nichée sur des collines au bord de l'océan Pacifique. Le pont Rousski est un pont à haubans qui dessert l'île Rousski avec une portée record. L'atmosphère y est plus asiatique qu'européenne : restaurants coréens, marchés chinois, fruits de mer. Le Japon, la Corée et la Chine sont tout proches.
Le Kamtchatka : volcans, geysers, ours, caviar rouge. Logistique complexe (uniquement par avion), prix élevés, mais expérience incomparable. La vallée des Geysers est l'un des plus grands champs de geysers au monde, accessible uniquement en hélicoptère.
Kaliningrad : la Russie en Europe
Kaliningrad, l'ancienne Königsberg, est une enclave russe coincée entre la Pologne et la Lituanie. Une ville au patrimoine prussien : la cathédrale qui abrite la tombe de Kant, le Village des pêcheurs (reconstruction de style allemand), forts et bastions.
Le musée de l'Ambre est le grand musée de la « pierre de soleil ». L'ambre est le symbole de la région : 90 % de la production mondiale provient d'ici. L'isthme de Courlande est un parc national (UNESCO), fine langue de sable entre la Baltique et la lagune, avec sa forêt dansante et ses dunes.
En 2025, une antenne de la galerie Tretiakov et le musée « Planète Océan » — le plus grand centre éducatif consacré à l'océan en Russie — ont ouvert leurs portes à Kaliningrad.
Lieux uniques de Russie
Sites du patrimoine mondial de l'UNESCO
La Russie figure parmi les dix premiers pays au monde en nombre de sites inscrits au patrimoine mondial. Voici les plus significatifs pour le voyageur :
Le Kremlin et la place Rouge, à Moscou — symbole du pays, centre politique et spirituel de la Russie depuis des siècles. À l'intérieur : cathédrales des XVe-XVIIe siècles, Armurerie, Fonds des diamants.
Le centre historique de Saint-Pétersbourg — non pas un monument isolé, mais une ville entière : palais, canaux, cathédrales, parcs. Peterhof, Tsarskoïé Selo et Pavlovsk font partie de cet ensemble.
Kiji — l'île de Carélie aux églises en bois du XVIIIe siècle. L'église de la Transfiguration, coiffée de vingt-deux coupoles, est le sommet de l'architecture russe en bois, bâtie sans un seul clou.
Les îles Solovki — monastère du XVe siècle devenu camp du Goulag sous l'URSS. Une histoire aussi sombre que puissante.
Les monuments de pierre blanche de Vladimir et de Souzdal — cathédrales et églises médiévales, dont l'église de l'Intercession-sur-la-Nerl, l'un des temples les plus parfaits de l'ancienne Rus'.
Le lac Baïkal — patrimoine naturel, le lac le plus profond et le plus ancien du monde.
Le Kremlin de Kazan — seul kremlin tatar de Russie, alliance d'architecture islamique et orthodoxe.
Bolgar — ancienne capitale de la Bulgarie de la Volga, monuments islamiques des Xe-XVe siècles.
L'isthme de Courlande — paysage culturel et naturel, fine bande de sable aux dunes et à la forêt dansante.
L'architecture en bois
La Russie est l'un des rares pays à avoir préservé une architecture en bois authentique. Kiji en est l'exemple le plus célèbre, mais de loin pas le seul.
Le musée de l'Architecture en bois de Souzdal rassemble izbas, moulins et églises collectés dans toute la région de Vladimir. Vitoslavlitsy, près de Veliki Novgorod, est un musée en plein air comparable. À Irkoutsk, tout un quartier de maisons en bois du XIXe siècle — Taltsy — constitue le musée de l'architecture en bois sibérienne.
Le Transsibérien
9 288 kilomètres de Moscou à Vladivostok : la plus longue voie ferrée du monde. Le trajet dure environ sept jours sans escale, mais mieux vaut le fragmenter : Kazan, Iekaterinbourg, Novossibirsk, Irkoutsk (Baïkal), Oulan-Oudé (bouddhisme), Vladivostok.
Le Transsibérien n'est pas une question de confort (même s'il existe des wagons de luxe), mais d'expérience. Des paysages infinis défilant par la fenêtre, des compagnons de voyage et leurs récits, le samovar en bout de wagon, les vendeuses de pirojki sur les quais. En 2025, les trains internationaux vers Oulan-Bator (Mongolie) ont été rétablis ; la liaison avec Pékin reprend elle aussi progressivement.
La nature de la Russie : bien au-delà de la place Rouge
La plupart des étrangers imaginent la Russie à travers le Kremlin, les matriochkas et la taïga infinie. Or, la vraie Russie est un pays d'une diversité naturelle stupéfiante : des zones subtropicales de Sotchi aux déserts arctiques, des volcans du Kamtchatka aux dunes de sable de Kaliningrad. On y trouve des lieux qui rivalisent avec l'Islande, la Patagonie ou Yellowstone — simplement, peu de gens le savent hors de Russie.
Cette section est un guide des merveilles naturelles du pays. Pas de musées ni de cathédrales, mais des volcans, des canyons, des plateaux et des lacs. Des endroits qui justifient le voyage au bout du monde — ou, à tout le moins, au bout de la Russie.
Le Kamtchatka : terre de feu et de glace
Le Kamtchatka est une péninsule située à l'extrême est de la Russie, où une trentaine de volcans actifs cohabitent avec des glaciers, des geysers et des ours. On vient ici pour vivre une expérience unique au monde : assister à l'éruption d'un volcan, se baigner dans des sources chaudes au milieu de la neige ou observer des ours bruns à quelques mètres.
Comment s'y rendre : le vol direct Moscou – Petropavlovsk-Kamtchatski dure huit à neuf heures. Aeroflot assure des rotations quotidiennes. Billets : à partir de 16 000 roubles (environ 160 €) en basse saison (printemps, automne) et plus de 40 000 roubles (environ 400 €) au pic estival (juillet-août). Réservez deux à trois mois à l'avance pour économiser 20 à 30 %.
Meilleure saison : juillet-août, lorsque tout est accessible, mais cher et fréquenté. Juin et septembre offrent un bon compromis entre prix et météo.
La vallée des Geysers
La vallée des Geysers est l'un des plus grands champs de geysers au monde, comparable à Yellowstone. Une quarantaine de geysers, des sources chaudes et des marmites de boue, le tout dans la caldeira d'un ancien volcan. Seul problème : l'accès se fait uniquement en hélicoptère.
Logistique : l'excursion en hélicoptère depuis Petropavlovsk-Kamtchatski dure six à sept heures, dont 1 h 15 de vol dans chaque sens et le temps passé sur place. En règle générale, trois étapes sont combinées : la vallée des Geysers, la caldeira du volcan Ouzon et les sources thermales de Nalytchevo.
Tarifs (2025-2026) : tour en groupe (jusqu'à 21 personnes) à partir de 52 000 roubles par personne (environ 520 €). En petit groupe, comptez 75 000 à 105 000 roubles (750 à 1 050 €). Location privée : de 330 000 roubles (Robinson, jusqu'à trois personnes) à 820 000 roubles (Bell 429, jusqu'à six personnes). Réservation plusieurs semaines à l'avance indispensable, surtout en août.
Important : la vallée se trouve dans la réserve naturelle de Kronotski. La visite indépendante est impossible : uniquement via un opérateur agréé. La météo est déterminante — les hélicoptères sont fréquemment reprogrammés pour cause de brouillard. Prévoyez une journée de marge.
Le volcan Avatchinski
Le volcan Avatchinski (2 741 m) est l'un des volcans actifs les plus accessibles au monde. Il se trouve à seulement 30 km de Petropavlovsk-Kamtchatski, et son ascension ne requiert aucune expérience alpine.
Format : excursion d'une journée — départ à 6 h, six heures de montée, quatre heures de descente, retour en soirée. Ou format de plusieurs jours avec nuit au camp de base, plus confortable et permettant de le combiner avec le volcan voisin Koriakski.
Tarifs : ascension à la journée, entre 11 000 et 17 500 roubles (110 à 175 €) selon la taille du groupe. Aucun permis n'est requis : le volcan se trouve en zone ouverte du parc naturel de Nalytchevo.
Les îles du Commandeur
Les îles du Commandeur forment un archipel en mer de Béring, à 900 km du continent. Réserve de biosphère peuplée de colonies d'otaries et de lions de mer, falaises à macareux, baleines au large. Vitus Béring, le découvreur de l'archipel, y est inhumé.
Comment s'y rendre : vol en L-410 depuis Petropavlovsk jusqu'au village de Nikolskoïé (île Béring). Deux à quatre heures de vol, billet à environ 52 000 roubles (520 €) dans un sens. Attention : les vols sont régulièrement annulés pour cause de météo. Ne prévoyez jamais une correspondance serrée avec le vol retour vers le continent — un retard de plusieurs jours est ici la norme.
Alternative : croisière d'expédition à bord du navire « Professeur Khromov », en juillet et septembre, à partir de 350 000 roubles (3 500 €).
Circuits : à partir de 250 000 roubles (2 500 €) pour un programme organisé avec hébergement. Cette destination s'adresse à ceux qui aiment l'aventure et disposent du budget nécessaire.
L'Altaï : la Suisse russe
L'Altaï montagneux est une région aux frontières du Kazakhstan, de la Mongolie et de la Chine. Des montagnes qui évoquent les Alpes, des lacs turquoise, des pétroglyphes anciens. L'UNESCO a inscrit l'Altaï au patrimoine mondial sous le nom de « Montagnes d'or de l'Altaï ». Avec un peu de chance, on y aperçoit des léopards des neiges, et l'on y parcourt des itinéraires que l'on compare volontiers à la Patagonie.
Comment s'y rendre : vol direct Moscou – Gorno-Altaïsk (S7, Aeroflot) en quatre heures. Billets à partir de 10 600 roubles (environ 106 €). Autre option : voler jusqu'à Novossibirsk et poursuivre en voiture (450 km, cinq à six heures sur une excellente route).
La route Tchouïski est l'axe principal de la région, l'une des plus belles routes du monde. En 2025, elle a été activement élargie à quatre voies. État excellent.
Meilleure saison : de fin juillet à début septembre. Juillet-août au sommet de la fréquentation — réservez l'hébergement un à deux mois à l'avance. Septembre est la « saison de velours », avec des prix inférieurs de 30 à 40 %.
Attention : d'avril à juillet, le risque de tiques est élevé. Une assurance couvrant l'encéphalite à tiques ou une vaccination préventive est indispensable.
Les lacs de Moultinskoïé
Les lacs de Moultinskoïé forment une cascade de quatre lacs d'altitude sur la chaîne de Katounski : Nijneïé, Srednéïé, Verkhneïé et Poperetchnoïé. L'un des paysages les plus pittoresques de l'Altaï.
Itinéraire : Gorno-Altaïsk – Oust-Koksa (450 km) – village de Moulta – les lacs. Jusqu'aux lacs Nijneïé et Srednéïé, accès en 4x4. Pour Verkhneïé et Poperetchnoïé, uniquement à pied ou à cheval. Randonnée complète : 55 km, sept jours.
Permis : les lacs Verkhneïé et Poperetchnoïé se trouvent sur le territoire de la réserve de Katounski. Le permis s'obtient à Oust-Koksa ou au poste de garde. Les étrangers doivent solliciter un permis supplémentaire pour la zone frontalière auprès du FSB, à demander bien en amont.
Hébergement : le complexe touristique « Moultinskoïé Ozera », au village de Zamoulta, propose des formules allant de 900 roubles (9 €) pour le camping à 3 500 roubles (35 €) pour les chalets avec petit-déjeuner.
Le lac Gueisernoïé
Le lac Gueisernoïé est un petit lac turquoise au « fond pulsé ». Sous l'effet de sources thermales, la vase et le sable du fond créent des motifs en perpétuel mouvement. L'un des lieux les plus photogéniques de la route Tchouïski.
Où : au kilomètre 796 de la route Tchouïski, à 6 km du village d'Aktach. Parking à la base « Malenki Raï », puis dix minutes de marche par un sentier à travers la forêt.
Entrée : environ 100 roubles (1 €). Une portion marécageuse exige des chaussures imperméables. Idéal comme halte lors d'un trajet sur la route Tchouïski.
Le lac Teletskoïé
Le lac Teletskoïé est le plus grand lac de l'Altaï, classé au patrimoine de l'UNESCO. Longueur de 77 km, profondeur atteignant 325 m. L'infrastructure touristique est regroupée sur la rive nord, dans les villages d'Artybach et d'Iogatch.
Comment s'y rendre : Gorno-Altaïsk – Artybach (200 km, trois à quatre heures en voiture).
Que faire : excursions en bateau vers les cascades Korbou, Tchoodor et Kichté. La cascade Korbou est l'attraction principale, accessible uniquement par bateau.
Tarifs : excursion en bateau à partir de 6 900 roubles (69 €) pour une journée complète (11 heures). Promenades courtes : 1 500 à 3 000 roubles (15 à 30 €). Hébergement à Artybach : de 2 000 roubles (20 €) pour les bases économiques à 38 000 roubles (380 €) pour les chalets de luxe.
La Carélie : le pays aux mille lacs
La Carélie borde la Finlande et se distingue par son architecture en bois, ses lacs aux rives rocheuses et ses nuits blanches. C'est la nature « sauvage » la plus proche de Saint-Pétersbourg et de Moscou.
Comment s'y rendre : train « Karelia » Moscou – Petrozavodsk (10 h 30, à partir de 1 600 roubles, soit environ 16 €). Avion depuis Vnoukovo (Pobeda, 1 h 30, à partir de 2 200 roubles, soit environ 22 €). Train « Lastotchka » depuis Saint-Pétersbourg : cinq heures, à partir de 1 100 roubles (11 €).
Meilleure saison : juin-août pour les nuits blanches et l'ouverture complète des sites. Septembre-octobre pour l'automne doré et moins de touristes. En hiver, Rouskeala en illuminations est particulièrement beau.
Important : répulsif anti-moustiques indispensable de fin mai à septembre — les moustiques sont très nombreux.
Le parc de montagne de Rouskeala
Rouskeala est une ancienne carrière de marbre transformée en parc touristique. Un canyon de 450 m aux eaux turquoise, des galeries souterraines, une tyrolienne au-dessus du gouffre. Le marbre extrait ici a servi à la cathédrale Saint-Isaac et au Palais d'Hiver.
Comment s'y rendre : « Lastotchka » depuis Saint-Pétersbourg (gare de Finlande, 6 h 15) jusqu'à Sortavala (quatre heures). Puis le « Rouskeala Express », train rétro à vapeur qui fait partie intégrante de l'expérience (départ vers 10 h 50, arrivée au parc à 12 h 05). Retour vers Saint-Pétersbourg en « Lastotchka » à 18 h 32, arrivée à 22 h 43. Parfait pour une excursion à la journée.
Tarifs (2026) : entrée 750 roubles pour les adultes (7,50 €), 550 roubles pour les enfants (5,50 €). Circuit souterrain, tyrolienne et bateaux en supplément. Tyrolienne au-dessus du canyon : 3 000 roubles (30 €).
En hiver : illuminations artistiques, sculptures de glace. Particulièrement beau au crépuscule.
La cascade de Kivatch
Kivatch est la deuxième plus grande chute d'eau de plaine d'Europe (derrière la finlandaise Imatra). Elle se trouve dans la réserve naturelle du même nom, à 80 km de Petrozavodsk.
Comment s'y rendre : la voiture est l'option la plus pratique. En transports en commun, c'est compliqué : bus jusqu'à Sopokha, puis 8 km à pied ou en auto-stop. Mieux vaut opter pour une excursion depuis Petrozavodsk (souvent combinée avec d'autres sites).
À proximité : l'arboretum de la réserve et le musée de la Nature. La cascade ne gèle pas en hiver et reste donc accessible toute l'année.
Le Caucase : montagnes, canyons et villages perchés
Le Caucase du Nord est la région la plus diverse de Russie. On y trouve de tout : le plus haut sommet d'Europe (l'Elbrouz), le canyon le plus profond (celui de Soulak), des villages ancestraux, des mosquées et des églises, des stations de ski et des prairies alpines.
Hub principal : l'aéroport de Mineralnye Vody (MRV) dessert une soixantaine de destinations avec vingt et une compagnies aériennes. De là, bus et minibus rejoignent toutes les stations.
Transports depuis Mineralnye Vody :
- Elbrouz (Terskol/Azaou) : bus à 7 h 10, 8 h 10, 11 h 50 et 20 h 45 ; environ 1 390 roubles (14 €), trois à quatre heures de trajet.
- Dombaï : 12 h 30 et 17 h 10 depuis l'aéroport ; environ 1 200 à 1 400 roubles (12 à 14 €), quatre heures.
- Arkhyz : 7 h, 8 h 10 et 12 h 25 depuis la gare routière ; environ 1 000 à 1 200 roubles (10 à 12 €), quatre heures.
Meilleure saison : ski, de décembre à mars ; randonnée, de juillet à septembre ; automne doré, en septembre-octobre (moins de monde, couleurs magnifiques).
L'Elbrouz
L'Elbrouz (5 642 m) est le point culminant de l'Europe. Au-delà de l'objectif d'ascension, il attire les voyageurs comme station de ski et belvédère exceptionnel.
Téléphérique : trois tronçons de gondoles mènent à 3 847 m, à la station de Garabachi, la plus haute station de téléphérique d'Europe. Les vues sont époustouflantes, même pour ceux qui ne skient pas.
Nouveautés 2025-2026 : deux nouveaux téléphériques ont été ouverts dans le secteur est, et 5 km de pistes supplémentaires ont été aménagés. La station se développe rapidement.
Où loger : dans les villages de Terskol, Azaou et Tcheguet : refuges et hôtels.
Les cascades de Tcheguem
Les cascades de Tcheguem forment une série de chutes dans les gorges de Tcheguem, à une cinquantaine de kilomètres de Naltchik. En hiver, elles gèlent partiellement et offrent un spectacle saisissant : stalactites de glace, glace bleutée.
Comment s'y rendre : taxi depuis Naltchik, environ 2 000 à 2 500 roubles (20 à 25 €), 1 h 30 à 2 h de trajet. Il existe des bus, mais peu pratiques. Mieux vaut une excursion organisée depuis Naltchik, Kislovodsk ou Stavropol.
Meilleure période : de novembre à mars, lorsque les cascades sont gelées. L'été est également beau, mais très fréquenté.
Le canyon de Soulak
Le canyon de Soulak, au Daghestan, dépasse de 63 mètres le Grand Canyon américain en profondeur. Jusqu'à 1 920 m de fond, une rivière turquoise, des falaises abruptes et un belvédère. L'un des lieux les plus impressionnants de Russie, pratiquement inconnu à l'étranger.
Excursions depuis Makhatchkala : circuit classique (points de vue + promenade en bateau sur le réservoir de Tchirkeï + déjeuner dans une ferme piscicole). Prix : 3 000 à 3 900 roubles (30 à 39 €) en groupe, 5 500 à 6 900 roubles (55 à 69 €) en individuel. Journée entière.
En indépendant : en voiture via Bouïnaksk (100 km de Makhatchkala). Sans voiture, c'est compliqué : quasiment aucun transport en commun.
Gamsoutl
Gamsoutl est un village abandonné, perché à 1 500 m d'altitude, déserté dans les années 1990. Des maisons de pierre qui semblent fondues dans la roche et des vues spectaculaires sur les montagnes. Le « Machu Picchu du Daghestan ».
Itinéraire : Makhatchkala – Gounib (200 km) – village de Tchokh (10 km), puis 2 à 2,4 km à pied jusqu'à Gamsoutl. La montée prend 1 h à 1 h 30, pour un dénivelé d'environ 300 m. En 2025, le sentier a été remis en état : panneaux installés, sécurité accrue.
À emporter : eau, chaussures de randonnée, crème solaire (en été, jusqu'à +30 °C), imperméable.
Sécurité au Daghestan : la région est sûre pour les touristes. Dans les lieux fréquentés (Makhatchkala, Derbent, canyon de Soulak, Gounib), on peut voyager seul sans difficulté. Pour les villages de montagne reculés, mieux vaut être accompagné d'un guide local. Évitez de rouler de nuit sur les routes de montagne : elles ne sont pas éclairées.
Dombaï et Arkhyz
Dombaï est l'une des plus anciennes stations de ski de Russie. Infrastructure développée, environ 20 % moins chère qu'Arkhyz. En été, la randonnée vers les cascades et les glaciers y est excellente.
Arkhyz est une station récente, en pleine expansion depuis 2014. 27 km de pistes, 9 téléphériques, ski nocturne. Saison 2025-2026 : du 6 décembre au 10 mai.
Les lacs Sofia : les lacs Sofia, au pied du mont Sofia (2 800 m), sont l'un des itinéraires de randonnée les plus prisés du Caucase. Quatre à cinq heures dans un sens, sans préparation particulière.
La réserve naturelle de Teberda
Le parc national de Teberda est une réserve de biosphère de l'UNESCO. Douze sentiers écologiques sillonnent les environs de Teberda et de Dombaï. Visite de mai à octobre, uniquement sur les sentiers aménagés.
Entrée : Dombaï, 200 roubles (2 €) ; Teberda et Arkhyz, 100 roubles (1 €) ; sentier vers les lacs de Badouk, 300 roubles (3 €). Passeport exigé aux postes de contrôle. Certains itinéraires nécessitent un permis pour la zone frontalière.
La Sibérie : des mondes perdus
La Sibérie, ce n'est pas seulement « beaucoup de neige et de froid ». C'est aussi un plateau aux milliers de cascades, des colonnes rocheuses au bout du monde, des lacs aux eaux transparentes à la lisière de la taïga. Des endroits où l'homme est un visiteur rare.
Le plateau de Poutorana
Le plateau de Poutorana est un plateau volcanique de 250 000 km², inscrit au patrimoine de l'UNESCO. Des milliers de cascades, des canyons, des lacs. Un désert humain absolu : la ville la plus proche est Norilsk ; au-delà, on ne se déplace qu'en hélicoptère ou en bateau.
Logistique : Moscou – Norilsk (quatre à cinq heures, Aeroflot/S7). Depuis Norilsk, rejoindre le plateau en bateau jusqu'au lac Lama (50 000 à 80 000 roubles, soit 500 à 800 € par personne) ou en hélicoptère (à partir de 200 000 roubles, environ 2 000 €).
Autorisations : aucun permis requis pour les citoyens russes. Les étrangers doivent obtenir une autorisation du FSB pour entrer à Norilsk (zone frontalière), avec un délai de traitement de trente jours ouvrables.
Circuits : de 180 000 roubles (1 800 €) pour six à huit jours en formule de base à 600 000 – 1 000 000 roubles (6 000 à 10 000 €) en formule premium. Un circuit organisé est obligatoire : impossible de s'y rendre seul.
Saison : de juillet à septembre (seulement deux mois et demi par an !).
Niveau : difficile. Autonomie totale, météo arctique possible à tout moment. Réservé aux voyageurs expérimentés.
Les colonnes de la Léna
Les colonnes de la Léna sont des formations rocheuses verticales de 100 à 200 m de haut qui jalonnent le fleuve Léna. Elles sont inscrites au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2012 et ressemblent à des décors de film fantastique.
Comment s'y rendre : Moscou – Iakoutsk (5 h 30, S7/Aeroflot). Depuis Iakoutsk, sur le fleuve, 186 km en aval. Bateau de croisière : 36 à 47 heures dans un sens. Vedette rapide : quatre à cinq heures.
Circuits : croisière de trois jours, de 30 000 à 80 000 roubles (300 à 800 €). Programmes pluri-jours incluant un volet culturel en Iakoutie, à partir de 120 000 roubles (1 200 €).
Saison : de juin à la mi-septembre (navigation). Juillet-août au pic : nuits blanches et temps chaud.
Niveau : facile. Accessible à tous les âges, notamment à bord des bateaux de croisière.
Les Stolby de Krasnoïarsk
Les Stolby de Krasnoïarsk forment un parc national aux portes de Krasnoïarsk. Des rochers de syénite pouvant atteindre 100 m de haut, haut lieu légendaire de l'escalade en Russie. La destination la plus accessible de cette liste.
Comment s'y rendre : depuis le centre de Krasnoïarsk, 25 à 30 minutes en voiture ou par les bus n° 19, n° 50 ou n° 78 jusqu'à l'entrée principale. Autre possibilité : le téléphérique depuis le parc de loisirs « Bobrovy Log » (entrée est).
Itinéraires : « Laletinski » (9,6 km, itinéraire principal), « La nature, grand sculpteur » (2,5 km, accessible à tous), « Les légendes du Takmak » (6 km). Certains sentiers sont adaptés aux familles avec enfants.
Tarifs : entrée gratuite ! Téléphérique : environ 270 roubles (2,70 €).
Saison : toute l'année. Pic de juin à septembre. En hiver, les lieux se prêtent magnifiquement au ski de fond.
Le parc naturel d'Ergaki
Ergaki est un parc de montagne dans les Saïans occidentales, entre Krasnoïarsk et Abakan. Lacs alpins, pics acérés, rochers en surplomb. L'un des itinéraires de randonnée les plus prisés de Sibérie.
Comment s'y rendre : Moscou – Abakan (plus proche, 4 h 30, S7) ou Krasnoïarsk (quatre heures). Depuis Abakan, bus ou transfert par la route R-257 jusqu'au centre d'accueil du parc.
Itinéraires : « La ville de pierre » (sentier écologique payant), lac Radoujnoïé – Rocher suspendu (randonnée à la journée), pic Zoub Drakona (2 176 m, point d'orgue des trekkings pluri-jours). Circuit complet : 70 à 100 km, huit à douze jours.
Circuits : de six à huit jours, de 46 900 à 130 000 roubles (469 à 1 300 €). Des formules avec portage des bagages existent (sans sac lourd).
Saison : juillet-août, idéal. Juin et septembre, plus frais, mais moins fréquentés.
Le lac Jack London
Le lac Jack London est un lac glaciaire des hauts plateaux de la Kolyma, à 803 m d'altitude. À proximité se dresse le pic Aborigen (2 286 m), point culminant de l'oblast de Magadan. Le nom a été donné par un géologue qui avait trouvé un livre de Jack London sur la rive. Une véritable expédition au bout du monde.
Logistique : Moscou – Magadan (sept à huit heures). Depuis Magadan, par la route « Kolyma » en direction de Iagodnoïé (environ 500 km), puis en 4x4 avec gués de rivières. Enfin, 80 à 100 km à pied dans la toundra, sans balisage.
Circuits : programmes de douze jours, de 65 000 à 115 000 roubles (650 à 1 150 €, hors vols). Un circuit organisé est indispensable : l'indépendance est réservée aux plus aguerris.
Saison : de fin juillet à début septembre. Août-septembre : moins de moustiques et couleurs arctiques automnales.
Niveau : extrême. Bonne condition physique, expérience de randonnées pluri-jours, équipement subarctique indispensable. Âge minimum : 14 ans.
Le Grand Nord russe : aurores et monastères
Les îles Solovki
Les îles Solovki forment un archipel en mer Blanche qui superpose plusieurs strates historiques : un monastère du XVe siècle (UNESCO), des labyrinthes de pierres de l'époque néolithique et la mémoire du Goulag, puisque c'est ici qu'en 1923 fut fondé le camp spécial de Solovki, ancêtre de tout le système carcéral soviétique.
À voir : le monastère-forteresse de Solovki, le mont Sekirnaïa (église-phare, ancienne cellule de punition), la Grande Île Zaiatski (labyrinthes de pierres), les musées consacrés à l'histoire du Goulag.
Logistique : train Moscou – Kem (dix-huit heures). Depuis Kem (village de Rabotcheostrovsk), ferry pour les Solovki, deux heures. Bateaux « Vassili Kossiakov » et « Metel-4 » ; départs à 8 h et 12 h 30, billet 2 800 roubles (28 €).
Saison : du 1er juin au 20 septembre (navigation). Juillet-août : nuits blanches et bélugas observables au large.
Les aurores boréales à Teriberka
Teriberka est un village de pêcheurs sur la côte de la mer de Barents, rendu célèbre par le film Léviathan. Paysage arctique, mer gelée, falaises — et forte probabilité d'observer les aurores boréales.
Saison : de novembre à mars (nuit polaire, probabilité maximale). Techniquement, les aurores sont visibles de septembre à avril.
Comment s'y rendre : Moscou – Mourmansk (deux heures d'avion). Depuis Mourmansk, transfert vers Teriberka (130 km, deux heures par la route R-21).
Circuits : programmes de trois jours avec sorties nocturnes à la recherche des aurores, à partir de 25 900 roubles (259 €). Excursions à la journée depuis Mourmansk, à partir de 6 500 roubles (65 €). De nombreux circuits incluent deux sorties : si la première est infructueuse, la seconde est offerte.
Lieux uniques : des lacs roses au land art
Manpoupouner
Manpoupouner est un plateau de l'Oural du Nord couronné de sept colonnes d'érosion atteignant 42 m de haut. L'une des « Sept merveilles de Russie ». L'hébergement le plus proche se trouve à plus de 100 km. Isolement total et sensation d'être sur une autre planète.
Hélicoptère (option courante) : depuis Oukhta, vols du vendredi au dimanche de juin à octobre. Depuis Perm, à partir de 98 000 roubles (980 €) en groupe. La météo est déterminante : le plafond nuageux doit être d'au moins 1 150 m.
Randonnée pédestre : quatorze à seize jours depuis Troïtsko-Petchorsk. 150 km en 4x4 puis 100 km à pied dans la taïga. 15 à 20 km par jour, sept heures de marche quotidienne. Préparation sérieuse exigée.
Le datsan d'Ivolguinsk
Le datsan d'Ivolguinsk est le principal monastère bouddhiste de Russie, à une trentaine de kilomètres d'Oulan-Oudé. Il abrite le corps incorruptible du khambo-lama Itigelov (décédé en 1927, le corps a été exhumé en 2002 sans signe de décomposition), principale relique mystique du bouddhisme russe.
Comment s'y rendre : minibus n° 130 ou n° 104 depuis l'arrêt « Viadouk » à Oulan-Oudé. 45 minutes jusqu'à Ivolguinsk, correspondance, puis dix minutes jusqu'au datsan. Taxi : environ 500 roubles (5 €), 30 minutes.
Horaires : tous les jours de 9 h à 18 h, entrée libre. Particulièrement intéressant lors des fêtes bouddhistes.
Le lac rose de Sassyk-Sivach
Sassyk-Sivach est le plus grand lac salé de Crimée (75 km²) ; il prend une teinte rose intense en raison de la micro-algue Dunaliella salina.
Meilleure période : de fin juillet à la mi-septembre, quand la couleur est la plus prononcée. La lumière rasante du soir, au coucher du soleil, accentue encore l'effet.
Où : entre Evpatoria et Saki, sur la côte ouest de la Crimée. Depuis Simferopol, bus jusqu'à Evpatoria (une heure), puis taxi.
Le lac aux cyprès de Soukko
Le lac aux cyprès, près d'Anapa, est un petit lac planté de cyprès des marais (taxodiums) qui poussent à même l'eau. Ces arbres ont environ 300 ans. Un paysage digne de la Louisiane, unique en Russie.
Comment s'y rendre : bus n° 109 depuis Anapa (arrêt « GIBDD », rue Parkovaïa), toutes les 25 minutes, deux heures de trajet. Descendre à « Retchnoï Pereoulok » ou « Tri Douba », puis vingt minutes à pied. En voiture : 30 à 40 minutes, parking payant disponible.
Meilleure période : avril-mai (feuillage printanier, peu de touristes) et septembre-octobre (couleurs automnales).
Nikola-Lenivets
Nikola-Lenivets est le plus grand parc de land art de Russie (600 ha), sur les rives de la rivière Ougra, à 220 km de Moscou. Plus de cinquante installations permanentes en bois, en métal et en matériaux naturels.
Festivals : « Arkhstoïanié » (en juillet), événement phare de l'année au cours duquel d'immenses installations sont livrées aux flammes. La fête de Maslenitsa donne elle aussi lieu à la combustion d'une œuvre d'art.
Comment s'y rendre : en voiture par l'autoroute de Kiev (2 h 30 à 3 h 30). En train de banlieue jusqu'à Maloïaroslavets ou Kalouga, puis taxi. Bus depuis la station « Tiopli Stan » jusqu'à Kondrovo (14 h 30 tous les jours), puis taxi.
Entrée : 500 roubles (5 €) en journée ordinaire. Festival « Arkhstoïanié » : environ 10 900 roubles (109 €). Maslenitsa : environ 5 900 roubles (59 €).
Les monts Pouchkine
Les monts Pouchkine constituent un musée-réserve dans l'oblast de Pskov, lieu d'exil de Pouchkine (1824-1826), où il rédigea Boris Godounov et plusieurs chapitres d'Eugène Onéguine. Trois domaines : Mikhaïlovskoïé, Trigorskoïé (modèle de la maison des Larine) et Petrovskoïé. Le monastère de Sviatogorsk abrite la tombe du poète.
Comment s'y rendre : Pskov – monts Pouchkine (112 km, bus tôt le matin jusqu'à 18 h, deux heures). Pour Pskov, vol depuis Moscou (1 h 30) ou train depuis Saint-Pétersbourg (3 h 30).
Meilleure période : de mai à septembre. Début juin : fête de poésie Pouchkine (depuis 1967).
Conseils pratiques pour les itinéraires nature
Permis de zone frontalière : pour de nombreux espaces naturels (Kamtchatka en partie, Altaï, Caucase), un permis de zone frontalière est obligatoire. Les citoyens russes l'obtiennent via le portail Gosuslugi (quinze jours ouvrables). Les étrangers passent par le FSB (trente jours ouvrables). En règle générale, les voyagistes s'en chargent.
Réseau mobile : hors des villes, la couverture est souvent inexistante. Téléchargez des cartes hors ligne (Maps.me, 2GIS) avant de partir. Dans les endroits les plus reculés, seule la communication satellitaire fonctionne.
Tiques : d'avril à juillet, en Sibérie, dans l'Altaï et dans l'Oural, le risque d'encéphalite à tiques est élevé. Une assurance couvrant cette maladie ou une vaccination préventive est indispensable.
Ours : au Kamtchatka, en Sibérie et en Extrême-Orient, les ours font partie du quotidien. Lors des circuits organisés, les guides savent comment réagir. En indépendant, étudiez les règles de comportement et emportez un fumigène ou un spray au poivre.
Météo : en montagne et au Kamtchatka, le temps peut changer en quelques minutes. Même en été, la neige et des températures proches de zéro sont possibles. Prévoyez des vêtements en couches, un imperméable et des chaussures de randonnée.
Réservations : pour les survols en hélicoptère du Kamtchatka et du plateau de Poutorana, ainsi que les croisières vers les colonnes de la Léna, réservez un à deux mois à l'avance. En haute saison (juillet-août), les places partent très vite.
Quand partir en Russie
Saisons par région
Moscou et Russie centrale : les meilleures périodes sont mai-juin et septembre. En mai : floraison, longues journées, encore peu de chaleur. En septembre : automne doré, moins de touristes. En juillet-août : chaud et humide, forte fréquentation touristique. L'hiver est froid (−10 à −15 °C), mais Moscou est sublime sous la neige, surtout au Nouvel An.
Saint-Pétersbourg : incontestablement pendant les nuits blanches, de fin mai à la mi-juillet. Le soleil ne se couche presque pas, la ville ne dort pas, les ponts se lèvent en musique. C'est aussi la saison la plus fréquentée. Septembre constitue une bonne alternative. L'hiver est réservé aux amateurs : sombre, humide, mais les palais sont vides.
L'Anneau d'Or : fin du printemps et début de l'automne. En été, beaucoup de monde ; en hiver, de nombreux sites sont fermés ou difficiles d'accès.
Sotchi et la mer Noire : saison balnéaire de juin à septembre, l'eau se réchauffant en juillet. Krasnaïa Poliana (ski) : de décembre à mars. L'intersaison (avril-mai, octobre-novembre) est idéale pour la randonnée.
Baïkal : en été (juillet-août), il fait plus chaud, on peut se baigner (l'eau reste froide) et randonner. En hiver (février-mars), le lac est gelé et propice à des excursions sur glace d'une beauté singulière. L'automne : peu de touristes et de magnifiques couleurs.
Kamtchatka : juillet à septembre est la seule période propice à la plupart des activités — survols en hélicoptère vers la vallée des Geysers, ascension de volcans.
Fêtes et événements
Nouvel An (31 décembre – 8 janvier) — la fête majeure du pays. Tout est fermé, mais les villes sont parées et l'atmosphère festive.
Maslenitsa (février-mars, sept semaines avant Pâques) — fête des adieux à l'hiver, semaine des blinis, crémation d'une effigie. En 2026 : du 16 au 22 février. À Moscou, célébrations dans les parcs Kolomenskoïé et Zariadié.
Jour de la Victoire (9 mai) — défilé militaire sur la place Rouge, feux d'artifice dans tout le pays. Transports bloqués, mais atmosphère puissante.
Nuits blanches (fin mai – mi-juillet, Saint-Pétersbourg) — festival au théâtre Mariinski (plus de 175 représentations), fête des bacheliers « Voiles écarlates », festivités jusqu'à l'aube.
Sabantouï (juin, Kazan) — fête tatare de la charrue, jeux traditionnels, musique, gastronomie.
Ce qu'il faut éviter
Les jours fériés de mai (1er au 10 mai) — longs week-ends, tout le monde part à la datcha ou en voyage : transports et hôtels saturés.
Les vacances du Nouvel An (1er au 8 janvier) — de nombreux musées et restaurants sont fermés, et les prix des hébergements au plus haut.
Les vacances scolaires (juin-août) — haute saison, en particulier dans les stations balnéaires et à Saint-Pétersbourg.
Comment se rendre en Russie
Transport aérien en 2026
Il n'existe aucun vol direct depuis l'Europe occidentale ni depuis les États-Unis, en raison des sanctions et de la fermeture de l'espace aérien. Les principaux hubs de correspondance sont les suivants :
Istanbul (Turquie) — le hub principal pour les Français. Turkish Airlines dessert plus de vingt villes russes : Moscou, Saint-Pétersbourg, Kazan, Iekaterinbourg, Novossibirsk, entre autres. Pegasus est une compagnie low-cost qui relie Moscou et Saint-Pétersbourg. Prix au départ de Paris : à partir de 500 à 700 € aller-retour. Depuis Lyon, comptez 550 à 800 € avec escale à Istanbul.
Belgrade (Serbie) — la seule ville d'Europe continentale à proposer des vols directs. Air Serbia dessert Moscou et Saint-Pétersbourg. Pratique pour les Européens. Depuis Paris, comptez environ 400 à 600 € avec correspondance à Belgrade.
Dubaï et Abou Dabi (Émirats arabes unis) — Emirates, Etihad, Flydubai. Plus cher, mais plus confortable. Depuis Paris : 700 à 1 000 €.
Doha (Qatar) — Qatar Airways, vols vers Moscou. Service irréprochable, escale possible depuis Paris.
Tachkent, Bakou, Erevan, Tbilissi — itinéraires alternatifs via les pays de la CEI.
Pour les Canadiens (Québec) : les options sont similaires, avec des correspondances via Istanbul ou Dubaï. Depuis Montréal, Air Canada propose des connexions vers Istanbul (avec Turkish Airlines ensuite) ou vers Dubaï/Doha. Comptez entre 900 et 1 400 CAD (600 à 950 €) pour un aller-retour. Autre option intéressante : passer par les pays baltes (vol vers Riga ou Vilnius, puis bus vers Saint-Pétersbourg ou Moscou).
Pour les Suisses : les départs de Genève ou de Zurich transitent généralement par Istanbul ou Belgrade. Swiss International Air Lines ne dessert plus la Russie directement. Comptez 500 à 800 CHF (520 à 830 €) depuis Zurich via Istanbul.
Pour les Belges : depuis Bruxelles, les meilleures options passent par Istanbul (Turkish Airlines) ou Belgrade (Air Serbia). Les tarifs sont comparables à ceux de Paris : 500 à 750 € aller-retour.
Frontières terrestres
Finlande — la frontière est fermée aux touristes depuis 2024.
Estonie, Lettonie, Lituanie — les frontières sont ouvertes, mais le passage en voiture immatriculée en Russie est interdit. À pied ou en bus, c'est possible. Attention : pour les citoyens de l'UE, le passage reste possible à condition de détenir un visa russe valide.
Biélorussie — régime sans visa pour les Russes ; depuis janvier 2025, la reconnaissance mutuelle des visas russe et biélorusse est effective. Il est donc possible d'entrer en Russie via Minsk. Les ressortissants français, belges ou suisses doivent soit posséder un visa biélorusse, soit profiter du régime sans visa de trente jours accessible à l'arrivée à l'aéroport de Minsk (sous conditions).
Kazakhstan — frontière ouverte, itinéraire populaire depuis l'Asie centrale.
Mongolie, Chine — frontières ouvertes, les trains circulent.
Géorgie — la frontière de Verkhni Lars est ouverte, mais les files d'attente peuvent durer plusieurs heures.
Aéroports de Moscou
Cheremetievo (SVO) — le plus grand, hub d'Aeroflot. Liaison avec le centre : l'Aeroexpress rejoint la gare de Biélorussie en 35 à 40 minutes (environ 500 roubles, soit 5 €) ; en taxi (Yandex Go), comptez 1 500 à 2 000 roubles (15 à 20 €) pour 40 à 90 minutes selon les embouteillages.
Domodedovo (DME) — le deuxième en taille. Aeroexpress jusqu'à la gare Paveletskaïa.
Vnoukovo (VKO) — le troisième aéroport. Aeroexpress jusqu'à la gare de Kiev. Le plus proche du centre.
Joukovski (ZIA) — petit aéroport, principalement pour des vols charters.
Aéroport de Saint-Pétersbourg
Poulkovo (LED) — l'unique aéroport. Liaison avec le centre : bus n° 39 jusqu'au métro « Moskovskaïa » (40 minutes, environ 50 roubles, soit 0,50 €) ; en taxi, comptez environ 800 à 1 200 roubles (8 à 12 €) pour 30 à 50 minutes.
Les transports en Russie
Le train
La Russie est un pays de chemins de fer. RZD (les Chemins de fer russes) est l'un des plus grands réseaux au monde. Pour le voyageur, le train est un moyen de transport à la fois pratique et authentique.
Sapsan — train à grande vitesse Moscou – Saint-Pétersbourg. 3 h 35 à 4 h de trajet, douze à quatorze départs quotidiens. Confort comparable aux TGV européens. Prix : de 3 000 roubles (30 €) en économique à plus de 10 000 roubles (100 €) en classe affaires. Depuis décembre 2025, un salon « Confort » est accessible à la gare de Kazan pour les passagers des classes supérieures.
Lastotchka — trains rapides sur les distances moyennes : Moscou – Nijni Novgorod, Moscou – Vladimir, Saint-Pétersbourg – Veliki Novgorod.
Trains « de marque » — trains de nuit de confort supérieur sur les longues distances : « Flèche rouge » Moscou – Saint-Pétersbourg, « Nevski Express » et autres. Choix entre compartiment (quatre places) et wagon SV (deux places).
Le Transsibérien — l'itinéraire mythique Moscou – Vladivostok (9 288 km, environ sept jours). Classes : platskart (wagon ouvert, bon marché, très authentique), coupé (quatre places, portes fermées), SV (deux places), luxe. Réservation sur rzd.ru, qui accepte les cartes étrangères.
Comment acheter ses billets : le site officiel RZD (rzd.ru) est en russe et n'accepte que les cartes russes. Alternatives : tutu.ru ou aviasales.ru acceptent les cartes étrangères, moyennant une commission. Les billets sont mis en vente 60 à 90 jours à l'avance.
L'avion
La Russie est immense, et sur les longues distances, l'avion est la seule option raisonnable. Moscou – Vladivostok : neuf heures de vol. Moscou – Irkoutsk : cinq heures.
Principales compagnies : Aeroflot (compagnie nationale), S7 (la meilleure des « semi-low-cost »), Pobeda (ultra-low-cost, aux restrictions strictes).
Réservation : aviasales.ru est un comparateur qui accepte les cartes étrangères. Les sites des compagnies, eux, n'acceptent que les cartes russes.
Les bus
Les bus interurbains constituent une option économique sur les distances moyennes. L'Anneau d'Or, Moscou – Saint-Pétersbourg (bus de nuit d'environ huit heures), villes de la banlieue moscovite. Flixbus n'opère pas en Russie, mais il existe des transporteurs locaux. Réservation : tutu.ru, avtovokzaly.ru.
Location de voiture
C'est possible, mais avec quelques nuances. Les sociétés internationales (Hertz, Avis) ont quitté le marché. Parmi les acteurs locaux : Rentmotors, Localrent. Permis : le permis international est recommandé, mais la police russe accepte en général le permis national accompagné d'une traduction.
Routes : dans les villes et entre les grandes agglomérations, elles sont en bon état. En province, il peut y avoir des mauvaises surprises. En hiver, n'envisagez la location que si vous maîtrisez la conduite sur neige et verglas.
Stations-service : l'essence est peu chère selon les standards européens (environ 50 roubles le litre, soit 0,50 €). Paiement en espèces ou par carte russe.
Transports urbains
Moscou : le métro est le meilleur moyen de transport. Plus de 250 stations, intervalle d'une à deux minutes aux heures de pointe. Il circule de 5 h 30 à 1 h. Paiement : carte « Troïka » (s'achète dans n'importe quelle station, 50 roubles de caution, rechargeable en espèces ou par carte, le trajet coûte environ 50 roubles, soit 0,50 €), carte bancaire (MIR, MirPay) ou billets à l'unité (plus chers). Les transports de surface (bus, tramways, trolleybus) utilisent le même système de paiement. Les MTsD (diamètres) et MTsK (anneau central) sont des trains de banlieue intégrés au réseau du métro.
Saint-Pétersbourg : le métro est plus réduit, mais très beau. Paiement : « Podorojnik », l'équivalent de la Troïka. De nombreux tramways. Les taxis fluviaux sont un moyen touristique, mais agréable, de découvrir la ville.
Autres villes : les transports en commun existent, mais la qualité varie. Kazan, Nijni Novgorod et Iekaterinbourg disposent d'un métro ou d'un tramway bien développés. En province, on compte surtout sur les bus et les marchroutkas (minibus).
Le taxi
Yandex Go est l'application de référence. Elle fonctionne dans toutes les villes, propose des prix fixes, et accepte le paiement par carte MIR ou en espèces. Problème pour les étrangers : l'inscription exige un numéro de téléphone russe. Solution : s'inscrire à l'avance via un VPN ou demander à un ami ou à son hôtel de vous aider.
Ne montez jamais dans un taxi « de rue » dans les aéroports : les prix sont multipliés par dix, et les arnaques sont fréquentes. Passez uniquement par l'application ou par les comptoirs officiels.
Le code culturel de la Russie
Mentalité et communication
Les Russes peuvent sembler peu souriants et distants : ce n'est qu'une apparence. Sourire à un inconnu, en Russie, est perçu comme étrange. Mais dès que la glace est brisée, les gens s'ouvrent. L'hospitalité russe n'est pas un mythe.
Ce qui est apprécié : la franchise, l'honnêteté, les conversations profondes. Ce qui irrite : la superficialité, la politesse de façade, ou le fait de discuter de la Russie avec une attitude « je sais mieux que vous ».
Pour les Français, habitués à une certaine formalité dans les rapports sociaux, la transition peut surprendre : les Russes passent vite du vouvoiement distant à une familiarité chaleureuse, une fois la glace rompue. Ne soyez pas étonné si, après quelques verres, votre interlocuteur vous considère comme un ami de longue date.
Les pourboires
10 % au restaurant est la norme, sans être obligatoire. Dans les cafés et les bars, on arrondit l'addition. En taxi, pas d'usage (le prix est fixe). À l'hôtel, 100 à 200 roubles (1 à 2 €) pour la femme de chambre, si vous le souhaitez. Pour les guides, 500 à 1 000 roubles (5 à 10 €) si la visite vous a plu. Chez le coiffeur, 10 à 15 %. Pour les livreurs, pas d'usage.
Le code vestimentaire
Le dress code russe est décontracté. Jean et baskets passent à peu près partout. Exceptions : les théâtres (surtout le Bolchoï et le Mariinski) requièrent au minimum une tenue smart casual, et les femmes y portent souvent des robes. Dans les restaurants haut de gamme, ni shorts ni tongs. Dans les églises, les femmes couvrent leurs cheveux et leurs épaules et évitent les jupes courtes ; les hommes ne portent pas de shorts.
En hiver, misez sur des chaussures chaudes (ça glisse !), une doudoune, un bonnet et des gants. Passer de −20 °C dehors à +25 °C dans le métro impose de s'habiller en couches.
Le rapport au temps
Les Russes ne sont pas réputés pour leur ponctualité dans la sphère personnelle. Arriver avec quinze à trente minutes de retard à un rendez-vous entre amis est considéré comme normal. En revanche, trains et avions partent à l'heure.
La langue
À Moscou et à Saint-Pétersbourg, l'anglais est compris dans les lieux touristiques, mais pas partout. Hors des capitales, c'est très rare. Le français l'est encore moins, même si certains Russes cultivés de la génération plus âgée pratiquent encore la langue de Molière, vestige d'une époque où le français était la langue de l'aristocratie russe.
Apprendre l'alphabet cyrillique (c'est l'affaire d'une journée) vous simplifiera grandement la vie : vous pourrez lire les noms des stations de métro, les enseignes et les menus.
Quelques phrases utiles pour les francophones :
- Zdravstvouïté (zdravstvuyte) — Bonjour (formel)
- Spassiba (spasibo) — Merci
- Skolko stoït ? (skolko stoit?) — Combien ça coûte ?
- Gdié… ? (gde…?) — Où est… ?
- Nié panimaïou (ne ponimayu) — Je ne comprends pas
- Pa-frantsouzski ? (po-frantsuzski?) — Parlez-vous français ?
- Da — Oui
- Niet — Non
- Izvinité (izvinite) — Excusez-moi
Google Traduction et Yandex Traducteur fonctionnent hors ligne (téléchargez le russe à l'avance) et offrent une reconnaissance de texte par caméra.
Sujets à éviter
La politique : n'en discutez pas si l'on ne vous le demande pas. Ne vous risquez pas à défendre l'Ukraine : cela tournera mal. La Seconde Guerre mondiale (la « Grande Guerre patriotique ») est un sujet sacré : aucune plaisanterie tolérée. L'URSS a perdu vingt-sept millions de personnes. LGBT : dans la vie quotidienne, les gens y sont indifférents, mais la « propagande » est interdite par la loi, et les symboles arc-en-ciel peuvent valoir une amende.
La sécurité en Russie
Criminalité
La Russie est un pays sûr pour les touristes. Le niveau de criminalité de rue à Moscou et à Saint-Pétersbourg est inférieur à celui de la plupart des capitales européennes, Paris compris. On peut s'y promener tranquillement la nuit dans le centre, et le métro est sûr à toute heure.
Précautions habituelles : évitez la nuit les zones industrielles et les périphéries, surveillez vos affaires dans la foule. Des pickpockets sévissent, mais pas davantage que dans n'importe quelle grande ville.
Régions à éviter
Les régions frontalières de l'Ukraine (Belgorod, Koursk, Briansk) sont le théâtre d'opérations militaires : bombardements, évacuations. Ce ne sont pas des destinations touristiques.
Dans le Caucase du Nord (Tchétchénie, Daghestan, Ingouchie), respectez scrupuleusement les coutumes locales.
La police
La police russe s'intéresse rarement aux touristes. Si l'on vous arrête, montrez poliment votre passeport. Les vrais policiers portent un uniforme avec un numéro personnel sur la poitrine. Si quelqu'un se présente comme policier sans uniforme, il s'agit d'un escroc (surtout à Saint-Pétersbourg).
Ne donnez jamais de pot-de-vin : c'est illégal et inutile.
Arnaques courantes
Taxi à l'aéroport : évitez les taxis non officiels, dont les tarifs peuvent être exorbitants. Passez par les comptoirs officiels ou par les applications.
Faux policiers : ils demandent à voir votre portefeuille ou exigent une « amende ». Parade : les vrais policiers portent l'uniforme et un numéro, et n'abordent jamais les touristes sans raison.
Numéros d'urgence
112 — numéro unique des services d'urgence (fonctionne depuis un téléphone mobile, même sans carte SIM). 101 — pompiers. 102 — police. 103 — urgences médicales. Notez à l'avance les coordonnées de l'ambassade de votre pays.
Ambassade de France à Moscou : +7 495 937 15 00
Consulat de France à Saint-Pétersbourg : +7 812 332 22 70
Ambassade de Belgique à Moscou : +7 495 780 03 31
Ambassade de Suisse à Moscou : +7 495 258 38 30
Ambassade du Canada à Moscou : +7 495 925 60 00
Santé et médecine
Assurance
L'assurance médicale est indispensable — non pas formellement, mais dans les faits. La médecine russe est onéreuse pour les étrangers et, sans couverture, vous risquez de faire face à des factures salées.
Ce que l'assurance doit couvrir : hospitalisation, soins d'urgence et rapatriement sanitaire. Vérifiez les plafonds : au minimum 50 000 USD (environ 45 000 €). L'assurance pour sports extrêmes est à souscrire séparément si vous prévoyez du ski ou du snowboard.
Pour les ressortissants français, belges et suisses, la Carte européenne d'assurance maladie n'est pas valable en Russie. Souscrivez une assurance voyage spécifique auprès de votre assureur (Europ Assistance, Mondial Assistance, Allianz, etc.) ou via un comparateur en ligne.
Vaccins
Aucun vaccin n'est obligatoire. Recommandés : hépatite A (si vous prévoyez un séjour en province) et encéphalite à tiques (si vous partez en randonnée dans les forêts de Sibérie et d'Extrême-Orient entre mai et juillet).
Pharmacies
Les pharmacies (« apteka ») sont partout, et beaucoup sont ouvertes 24 h/24. Les médicaments de base (antidouleurs, remèdes contre le rhume, pansements) sont en vente libre. Les antibiotiques nécessitent en théorie une ordonnance, mais sont souvent délivrés sans. Les noms diffèrent de ceux utilisés en Europe : utilisez un traducteur ou montrez le principe actif (paracétamol, ibuprofène, etc.).
Eau et alimentation
L'eau du robinet est techniquement potable, mais son goût laisse à désirer. Les locaux consomment de l'eau filtrée ou en bouteille. Pour se brosser les dents, l'eau du robinet convient.
La cuisine de rue est sûre. Les cantines aussi (c'est là que mangent les locaux). Sur les marchés, les produits sont frais, mais viande et poisson sont meilleurs cuits. Les produits laitiers ont une date de péremption courte, ce qui est normal (moins de conservateurs).
Hôpitaux
À Moscou et à Saint-Pétersbourg, il existe des cliniques dont le personnel parle anglais (et parfois français) : European Medical Centre (EMC), American Medical Clinic. C'est cher, mais la qualité est occidentale. Les hôpitaux publics offrent des soins d'urgence gratuits, mais les conditions matérielles et la barrière linguistique peuvent compliquer l'expérience.
Argent et budget
La monnaie
Le rouble russe (RUB). Taux de change : environ 95 à 105 roubles pour un euro, 90 à 100 roubles pour un dollar (vérifiez le cours du jour). Tous les prix sont affichés en roubles ; il est impossible de payer dans une autre devise.
Comment payer en tant qu'étranger
Le principal problème : les cartes Visa et Mastercard émises hors de Russie NE FONCTIONNENT PAS. Du tout. Ni en magasin, ni aux distributeurs, ni en ligne. C'est une conséquence directe des sanctions.
UnionPay : en théorie, ça fonctionne ; dans la pratique, c'est très aléatoire. Cela dépend de la banque émettrice, du pays d'émission et du type de carte. N'en faites pas votre moyen de paiement principal.
Solution 1 : les espèces. Emportez des euros ou des dollars, et changez-les en banque. Jusqu'à 10 000 USD (ou équivalent en euros) sans déclaration. Les billets doivent être propres, sans tache ni déchirure : les banques peuvent refuser les coupures abîmées ou prélever une commission. Le taux est à peu près identique d'une banque à l'autre, avec une légère décote chez Sberbank. Évitez les bureaux de change de rue.
Solution 2 : la carte MIR. C'est le système de paiement russe, qui fonctionne partout dans le pays. Un étranger peut en obtenir une :
- YooMoney — un bureau est directement installé à Cheremetievo (https://www.svo.aero/ru/services/in-airport/informatsionnyy-tsentr-yumoney). Portefeuille électronique et carte, obtenus dès le jour de l'arrivée. Rechargeable en espèces.
- T-Bank (Tinkoff) — demande en ligne, carte livrée à l'hôtel en un ou deux jours. Gratuit. Rechargement aux distributeurs (euros, dollars, roubles).
- Sberbank — délivre des cartes touristiques dans les aéroports. Autre option intéressante.
MirPay est l'application de paiement sans contact associée à la carte MIR. Elle fonctionne partout : magasins, métro, bus. C'est l'équivalent d'Apple Pay ou de Google Pay, qui ne fonctionnent pas en Russie.
Cryptomonnaies : zone grise, ni interdites ni légalisées. Bureaux de change : bestchange.com — vérifiez la note et les avis, privilégiez l'échange contre des espèces et JAMAIS les virements sur carte.
Budget
Budget serré (40 à 60 € par jour) : auberges de jeunesse (6 à 10 €), cantines (3 à 5 € le repas), métro et attractions gratuites.
Budget moyen (80 à 150 € par jour) : hôtels trois étoiles (40 à 80 €), restaurants de gamme moyenne (10 à 20 €), taxi, musées.
Budget confortable (200 € ou plus par jour) : hôtels quatre ou cinq étoiles, restaurants gastronomiques, visites privées, théâtres.
Moscou est la plus onéreuse. Saint-Pétersbourg est à peu près au même niveau. La province est 20 à 40 % moins chère.
Comparaison avec la France : globalement, la Russie est nettement moins chère que la France. Un repas dans un bon restaurant moscovite coûte environ ce que l'on paie dans une brasserie parisienne de niveau moyen. Les transports sont bien plus abordables : un trajet en métro coûte 0,50 €, contre plus de 2 € à Paris. Les musées sont également plus accessibles.
Itinéraires en Russie
7 jours : Moscou et l'Anneau d'Or
Jour 1 — Moscou
Arrivée, installation. Place Rouge et cathédrale Saint-Basile — le soir, avec l'éclairage. Dîner au GOuM (le café-glacier soviétique du troisième étage, empreint de nostalgie) ou dans la rue Nikolskaïa.
Jour 2 — Moscou : le Kremlin
Kremlin : une demi-journée au minimum. Armurerie, Fonds des diamants, cathédrales. Réservez vos billets à l'avance ! Ensuite, parc Zariadié et son pont flottant. En soirée, étangs du Patriarche (le quartier du Maître et Marguerite), musée Boulgakov.
Jour 3 — Moscou : l'art
Galerie Tretiakov : l'art russe, des icônes à l'avant-garde. Déjeuner à Zamoskvoretché. En soirée, théâtre Bolchoï (billets à réserver deux à trois mois à l'avance !) ou visite guidée du métro.
Jour 4 — Serguiev Possad et Vladimir
Le matin, Serguiev Possad (train de banlieue depuis la gare de Iaroslavl, 1 h 30). Laure de la Trinité-Saint-Serge, principal monastère du pays. Déjeuner (cuisine monastique : pirojki, sbitène). L'après-midi, route ou taxi pour Vladimir (deux heures). Cathédrale de la Dormition et ses fresques de Roublev, Porte d'Or. Nuit à Vladimir.
Jour 5 — Vladimir et Souzdal
Le matin, église de l'Intercession-sur-la-Nerl (vingt minutes de Vladimir) — temple parfait du XIIe siècle dressé en plein champ. Puis Souzdal (quarante minutes). Toute la journée : Kremlin, monastère Spasso-Efimiev, musée de l'Architecture en bois. Hydromel dans les restaurants locaux. Nuit à Souzdal (maisons d'hôtes aménagées dans des izbas en bois !).
Jour 6 — Souzdal et Iaroslavl
Le matin, fin de la visite de Souzdal (c'est petit, mais magnifique). Après le déjeuner, route vers Iaroslavl (trois heures). Quais de la Volga, église du Prophète-Élie, monastère Spasso-Preobrajenski. Nuit à Iaroslavl.
Jour 7 — Iaroslavl et retour à Moscou
Le matin, Kostroma (1 h 30, si le temps le permet). Dans la journée, retour à Moscou (Lastotchka, trois heures au départ de Iaroslavl). Le soir, shopping au Kremlin d'Izmaïlovo (souvenirs, matriochkas, ambre), dîner d'adieu.
10 jours : les deux capitales
Jours 1 à 4 — Moscou (comme ci-dessus, en ajoutant : VDNKh et le musée de la Cosmonautique, Kolomenskoïé, Tsaritsyno).
Jour 5 — Transfert à Saint-Pétersbourg
Sapsan depuis Moscou (quatre heures), arrivée à midi. Installation. Le soir, promenade sur la perspective Nevski, place du Palais, Maison Singer. Si c'est l'été : nuits blanches et ouverture des ponts (vers 1 h 30).
Jour 6 — Saint-Pétersbourg : l'Ermitage
Toute la journée à l'Ermitage. Sérieusement : il est immense. Palais d'Hiver et bâtiment de l'État-major. Billets en ligne. Ensuite, jardin Mikhaïlovski et Sauveur-sur-le-Sang-Versé au coucher du soleil.
Jour 7 — Saint-Pétersbourg : Pierre-et-Paul et les îles
Forteresse Pierre-et-Paul : berceau de la ville. Pointe de l'île Vassilievski. Nouvelle-Hollande : déjeuner et détente. En soirée, théâtre Mariinski (opéra ou ballet).
Jour 8 — Saint-Pétersbourg : les musées
Musée russe : alternative à la Tretiakov. Musée Fabergé : œufs et joaillerie. Palais Ioussoupov : lieu de l'assassinat de Raspoutine. Croisière nocturne sur les canaux.
Jour 9 — Peterhof ou Tsarskoïé Selo
Peterhof en été (les fontaines fonctionnent de mai à septembre). Meteor sur la Néva (quarante minutes) ou minibus. Sinon, Tsarskoïé Selo et sa Chambre d'ambre (train de banlieue, trente minutes). Une demi-journée suffit. En soirée, dîner d'adieu dans le centre.
Jour 10 — Saint-Pétersbourg : départ
Cathédrale Saint-Isaac : montez sur la colonnade pour le panorama. Cavalier de bronze. Déjeuner, puis aéroport.
14 jours : Moscou – Kazan – Saint-Pétersbourg
Jours 1 à 4 — Moscou (avec un aller-retour à Serguiev Possad dans le cadre d'une excursion à la journée sur l'Anneau d'Or).
Jour 5 — Moscou – Kazan
Train de nuit ou vol matinal (1 h 30). Installation. Rue Bauman, premières impressions. Dîner tatar : etchpotchmak, goubadia, tchak-tchak.
Jour 6 — Kazan
Kremlin de Kazan : une demi-journée. Mosquée Qol Sharif, cathédrale de l'Annonciation, tour penchée de Söyembikä. Vieille Slobode tatare. Musée du Tchak-tchak. Centre de la famille « Kazan » : plateforme panoramique au coucher du soleil.
Jour 7 — Kazan : Bolgar ou Sviajsk
Excursion à la journée. Bolgar (2 h 30 de Kazan) : ancienne capitale, mausolées, musée du Pain. Ou Sviajsk : île-forteresse et monastères. Soirée à Kazan.
Jour 8 — Kazan – Saint-Pétersbourg
Vol (deux heures). Le soir, à Saint-Pétersbourg : Nevski, dîner.
Jours 9 à 13 — Saint-Pétersbourg et ses environs (comme dans l'itinéraire de dix jours, en ajoutant : Vyborg en excursion à la journée — château médiéval, architecture finlandaise).
Jour 14 — Départ.
21 jours : l'aventure transsibérienne
Jours 1 à 4 — Moscou.
Jour 5 — Moscou – Kazan (train de nuit, en coupé).
Jours 6 et 7 — Kazan.
Jour 8 — Kazan – Iekaterinbourg (train, quatorze heures, ou vol). Franchissement de la frontière Europe-Asie. Église sur le Sang.
Jour 9 — Iekaterinbourg. Ganina Iama, constructivisme, plateforme panoramique Vyssotski.
Jour 10 — Iekaterinbourg – Novossibirsk (train de nuit ou vol).
Jour 11 — Novossibirsk. Opéra, Akademgorodok. Ce n'est pas la ville la plus touristique, mais une pause bienvenue.
Jour 12 — Novossibirsk – Irkoutsk (train, environ trente heures, ou quatre heures d'avion). Si vous optez pour le train : la Sibérie défile derrière la fenêtre.
Jours 13 à 15 — Baïkal. Listvianka (une heure d'Irkoutsk) : musée du Baïkal, marché à l'omoul. Olkhon (cinq heures + ferry) : hauts lieux chamaniques, rocher Chamanka. Ou le chemin de fer Circum-Baïkal (ancienne section du Transsibérien longeant le lac).
Jour 16 — Irkoutsk – Oulan-Oudé (train, sept heures). Bouriatie, bouddhisme. Datsan d'Ivolguinsk, principal monastère bouddhiste de Russie.
Jour 17 — Oulan-Oudé. Tête géante de Lénine sur la place, musée ethnographique.
Jours 18 et 19 — Oulan-Oudé – Vladivostok (train, 2,5 jours). C'est cela, le Transsibérien : taïga infinie, compagnons de voyage, samovar, vendeuses de pirojki sur les quais.
Jour 20 — Vladivostok. Pont Rousski, quai, fruits de mer, cuisine coréenne.
Jour 21 — Départ. Vol Vladivostok – Moscou (neuf heures) ou au-delà.
Communication et Internet
Carte SIM
Depuis 2025, obtenir une carte SIM russe en tant qu'étranger est devenu compliqué. Il faut un SNILS (équivalent du numéro de sécurité sociale), une inscription sur Gosuslugi et un enregistrement biométrique. Le processus s'étale sur plusieurs jours : pas adapté aux touristes.
Solutions :
- eSIM — à acheter AVANT le départ. Airalo, Holafly et d'autres fournisseurs. Internet uniquement, sans numéro russe. Important : durant les premières 24 heures suivant votre arrivée, Internet peut être indisponible ou bridé — c'est une particularité du système, qui se lève automatiquement ou après un appel au numéro indiqué par SMS (s'il a été reçu).
- Itinérance — coûteux, mais fonctionnel. Vérifiez les conditions auprès de votre opérateur (Orange, SFR, Bouygues, Swisscom, Proximus, Vidéotron, etc.). Gare aux factures surprises !
- Wi-Fi — dans les hôtels, les cafés et les centres commerciaux. Dans le métro de Moscou et de Saint-Pétersbourg, le Wi-Fi est gratuit mais requiert une inscription par numéro de téléphone (compliqué sans numéro russe).
Si un numéro russe vous est indispensable (pour Yandex Go, par exemple), demandez à l'hôtel ou à des connaissances de vous aider à l'inscription.
VPN
Indispensable. Téléchargez deux ou trois VPN différents AVANT votre voyage : les sites des fournisseurs de VPN sont bloqués en Russie. Selon les moments, l'un ou l'autre fonctionne mieux.
Sites bloqués sans VPN : Instagram, Facebook, X (Twitter), YouTube (partiellement).
L'utilisation d'un VPN et la consultation de sites bloqués ne sont pas illégales en Russie.
Services locaux
Yandex est l'écosystème qui remplace Google : Yandex Maps (plus précis que Google Maps en Russie), Yandex Go (taxi, livraison), Yandex Eda (livraison de repas), Yandex Musique (équivalent de Spotify).
Telegram est la messagerie principale en Russie. Fonctionne sans VPN. De nombreux canaux d'information, y compris en français.
2GIS propose des cartes avec navigation qui fonctionnent hors ligne. Excellent niveau de détail des bâtiments, y compris des étages des centres commerciaux.
Que goûter : la cuisine russe
Les soupes
Bortsch — soupe de betterave au bœuf, au chou et aux pommes de terre. Servie avec de la smetana (crème aigre) et des pampouchki à l'ail. D'origine ukrainienne, mais la Russie la considère comme sienne. Variantes : bortsch vert (à l'oseille), bortsch froid (estival).
Chtchi — soupe au chou, le plat russe le plus ancien. Chtchi aigre : au chou fermenté. Chtchi vert : à l'oseille.
Solianka — soupe épaisse à base de viandes variées, de cornichons, d'olives et de citron. Salée, piquante et acidulée : une saveur complexe.
Oukha — soupe de poisson. La version classique utilise du poisson de rivière ; au Baïkal, on la fait à l'omoul.
Okrochka — soupe froide au kvas ou au kéfir, agrémentée de légumes et de viande. Plat estival. Une expérience culinaire dépaysante pour les Français, habitués aux potages chauds.
Plats principaux
Pelmenis — raviolis russes fourrés à la viande (bœuf et porc, parfois agneau), en forme de « petite oreille ». Servis avec de la smetana, du vinaigre ou du beurre. Les pelmenis de l'Oural sont la référence.
Bœuf Stroganoff — bœuf en sauce à la crème aigre, accompagné de champignons. Classique de la cuisine russe du XIXe siècle, que les Français apprécieront particulièrement.
Côtelette Kiev — escalope de poulet farcie de beurre, panée. Oui, le nom est ukrainien, mais on la trouve partout en Russie.
Goloubtsy — feuilles de chou farcies à la viande, braisées dans une sauce tomate.
Pirojki — petits chaussons aux garnitures variées : viande, chou, pomme de terre, œuf et oignon, pomme, cerise. Frits ou cuits au four.
Blinis — fines crêpes. Avec caviar : version festive. Avec tvorog (fromage blanc), smetana, confiture ou lait concentré : version du quotidien. À Maslenitsa, c'est le plat roi.
Cuisine tatare (Kazan)
Etchpotchmak — petit chausson triangulaire à la viande et aux pommes de terre, avec du bouillon à l'intérieur.
Goubadia — gâteau feuilleté sucré au riz, aux raisins secs et au tvorog.
Tchak-tchak — dessert au miel à base de pâte frite. Symbole de Kazan.
Kazylyk — saucisse de cheval séchée. Pour les palais aventureux.
Kystyby — galette garnie de purée de pommes de terre.
Zakouskis (hors-d'œuvre)
Olivier — salade de légumes cuits, de viande, de petits pois et de mayonnaise. La salade phare du Nouvel An russe. Connue en France sous le nom de « salade russe ».
Hareng sous le manteau de fourrure — salade en couches : hareng, betterave, pomme de terre, carotte, mayonnaise. Surprenant à l'œil, mais délicieux.
Caviar — rouge (de saumon), abordable ; noir (d'esturgeon), onéreux. Se consomme sur des blinis ou du pain beurré.
Kholodets — gelée de viande. Plat hivernal, pour les initiés.
Boissons
Kvas — boisson fermentée à base de pain, légèrement alcoolisée (moins de 1 %), rafraîchissante. En été, elle est vendue dans la rue, à la pression depuis de grands tonneaux.
Mors — boisson aux baies (canneberge, airelle).
Kompot — boisson à base de fruits ou de baies cuits. Standard dans les cantines.
Kéfir, riajenka, prostokvacha — boissons lactées fermentées. Recommandées après un repas copieux.
Vodka — comment s'en passer ? Elle se boit dans de petits verres, accompagnée de zakouskis (cornichon, salo, hareng). Les toasts sont de rigueur. « Na zdorovié » n'est pas un toast, mais un remerciement (contrairement à la croyance répandue en France).
Où manger
Stolovye (cantines) — format soviétique en libre-service. Peu cher (3 à 5 € le repas), rapide, cuisine maison. C'est là que mangent les locaux, et c'est bon. La « Stolovaïa 57 » du GOuM est un lieu mythique.
Cafés et restaurants — du plus simple au gastronomique. À Moscou et à Saint-Pétersbourg, toutes les cuisines du monde sont représentées.
Marchés — Danilovski et Oussatchevski à Moscou, Sytny à Saint-Pétersbourg. Produits frais et food courts aux multiples cuisines.
Que rapporter de Russie
Souvenirs classiques
Matriochka — poupée en bois qui en contient d'autres. Des classiques (cinq à sept poupées) aux gigantesques (plus de vingt). Il en existe des versions à l'effigie de politiciens, de personnages de cinéma ou de footballeurs. Prix : à partir de 5 € pour un modèle simple, jusqu'à plusieurs centaines d'euros pour une poupée d'auteur.
Khokhloma — vaisselle en bois peint aux motifs dorés sur fond rouge et noir : cuillères, bols, coupes.
Gjel — céramique bleue et blanche : théières, assiettes, statuettes.
Châles de Pavlovski Possad — châles en laine aux motifs floraux. Beaux, chauds et authentiques.
Châles en duvet d'Orenbourg — légers comme une plume, chauds, suffisamment fins pour passer à travers un anneau.
Denrées alimentaires et boissons
Caviar — rouge, en boîtes métalliques ou en verre. Vérifiez les dates. Noir : cher, documents requis pour l'exportation.
Chocolat — « Aliénka », « Krasny Oktiabr », « Babaïevski » : classiques soviétiques.
Confiseries — « Michka Kossolapy », « Beloutchka », « Ptitchié Moloko ».
Tchak-tchak — rapporté de Kazan.
Vodka — « Beluga » et « Russki Standart » en premium ; « Stolitchnaïa » et « Moskovskaïa » dans le registre classique.
Lait concentré sucré (sgouchtchionka) — en boîte. Produit culte de l'ère soviétique.
L'ambre (Kaliningrad)
Kaliningrad concentre 90 % de la production mondiale d'ambre : bijoux, souvenirs, tableaux. IMPORTANT : achetez uniquement dans les boutiques officielles avec certificat ; les contrefaçons pullulent. Le musée de l'Ambre est un bon point d'achat.
Où acheter
Marché d'Izmaïlovo (Moscou) — immense marché aux souvenirs. Négociez !
Vernissage d'Izmaïlovo — au même endroit : antiquités et objets soviétiques.
GOuM (Moscou) — cher, mais qualité au rendez-vous.
Gostiny Dvor (Saint-Pétersbourg) — le grand magasin historique.
Tax Free — remboursement de la TVA (jusqu'à 20 %) pour les achats de plus de 10 000 roubles (100 €) effectués dans un même magasin. Demandez le formulaire en caisse et percevez le remboursement à l'aéroport.
Le visa pour la Russie
Pour les ressortissants français, belges et suisses (espace Schengen)
Les citoyens de l'espace Schengen doivent détenir un visa pour entrer en Russie. Les principales options :
Visa touristique classique — validité jusqu'à 30 jours. Nécessite une invitation (voucher) d'un hôtel ou d'une agence de voyages russe accréditée. Délai de traitement : 10 à 20 jours ouvrables. Coût : environ 80 € pour un visa à entrée simple, auxquels s'ajoutent les frais de service du centre de visas (environ 30 €).
Documents nécessaires :
- Passeport valide au moins six mois après la date prévue de retour, avec au moins deux pages vierges.
- Formulaire de demande de visa rempli en ligne sur le site du ministère russe des Affaires étrangères.
- Photo d'identité récente (3,5 × 4,5 cm).
- Invitation touristique (voucher) de l'hôtel ou de l'agence.
- Assurance voyage couvrant l'ensemble du séjour.
- Justificatif de réservation d'hébergement.
Où déposer la demande :
- France : centres de visas russes à Paris, Lyon, Marseille et Strasbourg.
- Belgique : centre de visas russes à Bruxelles.
- Suisse : centres de visas russes à Berne et à Genève.
E-visa (visa électronique) — depuis 2024, la Russie a rétabli le système de visa électronique pour les ressortissants de nombreux pays, dont la France, la Belgique et la Suisse. Validité : 16 jours (entrée unique). Coût : 40 à 50 €. Demande en ligne, délai de traitement : quatre jours ouvrables. Points d'entrée limités (principaux aéroports et certains postes frontaliers terrestres).
Visa via la Biélorussie : depuis janvier 2025, la reconnaissance mutuelle des visas entre la Russie et la Biélorussie permet d'entrer en Russie avec un visa biélorusse en cours de validité. Une option à considérer si vous prévoyez de visiter les deux pays.
Pour les Canadiens (Québec)
Les citoyens canadiens ont également besoin d'un visa pour entrer en Russie. La procédure est similaire :
Documents nécessaires :
- Passeport canadien valide au moins six mois après la date de retour.
- Formulaire de demande en ligne.
- Photo d'identité.
- Invitation touristique.
- Assurance voyage.
Où déposer la demande :
- Centres de visas russes à Ottawa, Toronto et Montréal.
Coût : environ 100 à 130 CAD (70 à 90 €) pour un visa touristique, auxquels s'ajoutent les frais de service.
Conseil important : quel que soit votre pays, entamez les démarches de visa au moins quatre à six semaines avant votre départ. Les délais peuvent s'allonger en haute saison touristique.
Applications utiles
- Yandex Maps — navigation, transports en commun, trafic. Plus précis que Google Maps en Russie.
- Yandex Go — taxi, autopartage, trottinettes, livraison de repas, coursiers. Tout en un.
- 2GIS — cartes hors ligne avec détail des bâtiments.
- Yandex Traducteur — traduction de texte, de voix et par photo. Le russe y est mieux pris en charge que dans Google Translate.
- Telegram — messagerie et canaux d'information.
- Ostrovok — réservation d'hôtels (Booking ne fonctionne plus en Russie).
- Aviasales — recherche de billets d'avion.
- RZD — billets de train (en russe, paiement par carte russe).
- Yandex Eda / Delivery Club — livraison de repas.
- Yandex Lavka — livraison de courses en quinze minutes.
En guise de conclusion
La Russie est un pays complexe. Complexe au meilleur sens du terme : profond, stratifié, impossible à réduire à des définitions simples. C'est un pays que l'on ne peut pas comprendre à travers les seules nouvelles ou les livres : il faut le voir, le goûter, le ressentir.
Oui, voyager en Russie aujourd'hui est plus compliqué qu'autrefois. Il faut davantage planifier, anticiper, s'adapter. Mais ceux qui franchissent le pas découvrent un pays qui fonctionne, qui vit, qui se développe. Ils y rencontrent des gens heureux d'accueillir des visiteurs et prêts à les aider. Ils y trouvent une culture qui impressionne par son ampleur et sa profondeur.
Ne croyez pas ceux qui affirment qu'il ne faut pas aller en Russie. Qu'il ne faut pas s'y rendre sans préparation : c'est vrai. Qu'il ne faut pas y aller en s'attendant à ce que tout soit comme en France : c'est vrai également. Mais on peut et on doit y aller si l'on s'intéresse aux gens, à l'histoire, à l'architecture ou à la nature. Si l'on est prêt à sortir de sa zone de confort et à découvrir un monde différent de celui auquel on est habitué.
La Russie en vaut la peine. La place Rouge sous la neige, les nuits blanches au-dessus de la Néva, la taïga infinie derrière la vitre du Transsibérien, la glace transparente du Baïkal, les mosquées de Kazan, les pelmenis dans une cantine, la vodka rythmée de toasts partagés avec des compagnons de train : tout cela vous attend. Venez.
Pour les voyageurs francophones, la Russie offre une expérience singulière. Pays où le français fut autrefois la langue de l'aristocratie, où les grands chefs-d'œuvre de la littérature russe ont été traduits dans notre langue avec passion, la Russie entretient un lien culturel durable avec la francophonie. Vous serez surpris de rencontrer des Russes qui connaissent Victor Hugo, Alexandre Dumas ou Jules Verne, et qui seront ravis d'échanger avec vous quelques mots de français.
Alors, ami voyageur, préparez vos bagages, votre curiosité et votre ouverture d'esprit. La plus grande aventure de votre vie vous attend peut-être dans ce pays immense qui s'étend sur deux continents. De la splendeur impériale de Saint-Pétersbourg au mystère du lac Baïkal, des coupoles dorées de Moscou aux volcans du Kamtchatka, la Russie a mille visages à vous révéler. À vous de les découvrir.
Conseils pratiques de dernière minute
Avant de refermer ce guide, voici quelques conseils supplémentaires susceptibles de vous être utiles.
Adaptateur électrique : la Russie utilise des prises de type C et F (comme en France, en Belgique et en Suisse). Pas besoin d'adaptateur pour les Européens. Les Canadiens, eux, devront en prévoir un.
Décalage horaire : Moscou est en avance de deux heures sur Paris en hiver, et d'une heure en été (la Russie ne change plus d'heure). Pour le Québec, le décalage atteint huit heures en hiver. N'oubliez pas que la Russie s'étend sur onze fuseaux horaires : Vladivostok a sept heures d'avance sur Moscou.
Pourboires dans les transports : dans les trains longue distance, il est d'usage de glisser un petit pourboire (100 à 200 roubles) au provodnik (responsable du wagon), qui vous apporte le thé et veille à la propreté, surtout si le service a été particulièrement attentionné.
Photographie : évitez de photographier les installations militaires, les gares (les quais sont généralement autorisés), les zones aéroportuaires côté pistes, ainsi que les bâtiments gouvernementaux sensibles. Dans les musées, la photographie est souvent autorisée sans flash, mais vérifiez à l'entrée.
Les bains russes (banya) : une expérience à ne pas manquer. Les bains publics tels que les Sandounovski à Moscou ou les Mytninskié à Saint-Pétersbourg offrent une immersion authentique. Préparez-vous à une chaleur intense, au fouettage aux branches de bouleau (vennik) et aux plongeons dans l'eau glacée. C'est une tradition sociale majeure en Russie.
Enregistrement migratoire : si vous séjournez plus de sept jours ouvrables à la même adresse, vous devez être enregistré auprès des autorités. Les hôtels s'en chargent automatiquement. Si vous logez chez l'habitant, c'est au propriétaire de procéder à l'enregistrement. Conservez précieusement le talon d'enregistrement.
Météo et habillement : à Moscou, le thermomètre peut descendre jusqu'à −25 °C en hiver. Prévoyez des sous-vêtements thermiques, une doudoune épaisse, des bottes imperméables et antidérapantes, un bonnet couvrant les oreilles et des gants fourrés. En été, les températures peuvent atteindre 30 °C avec une forte humidité. Emportez des vêtements légers, mais aussi un pull pour les soirées fraîches et les intérieurs climatisés.
Informations à jour pour 2026. Vérifiez les exigences en matière de visa et la situation en vigueur avant votre départ.

