Quito
Quito 2026 : ce qu'il faut savoir avant de partir
Quito ne ressemble a rien de ce que vous connaissez. Perchée a 2 850 mètres d'altitude dans un couloir andin coince entre deux chaînes volcaniques, c'est une capitale qui vous coupe le souffle - au sens propre comme au figure. Première ville au monde inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1978, elle possède le centre historique le mieux conserve d'Amérique latine. Mais Quito, ce n'est pas un musée sous cloche. C'est une ville vivante, bruyante, contradictoire, ou les églises baroques côtoient les marches indigènes et ou un vendeur de jus de naranjilla vous interpelle depuis le trottoir a sept heures du matin.
Quelques choses a savoir avant d'atterrir. L'altitude frappe presque tout le monde : les deux premiers jours, vous marcherez plus lentement, vous aurez peut-être mal a la tète, et monter un escalier ressemblera a un effort sportif. Buvez beaucoup d'eau, évitez l'alcool le premier soir, et ne prévoyez rien d'intense pour votre première journée. Le dollar américain est la monnaie officielle depuis 2000, ce qui simplifie enormement la vie - pas de taux de change a calculer. Le coût de la vie est remarquablement bas : un déjeuner complet coûte entre 3 et 5 dollars, un trajet en bus 0,35 dollar, une chambre d'hôtel correcte entre 25 et 50 dollars la nuit. Pour les francophones, l'espagnol équatorien est considère comme l'un des plus clairs et des plus lents du continent - idéal si vous avez quelques bases.
Depuis Paris-CDG, il n'existe pas de vol direct vers Quito. Les meilleures connexions passent par Madrid (Iberia, environ 14h avec escale), Amsterdam (KLM) ou Bogotá (Avianca). Comptez entre 550 et 900 euros pour un aller-retour selon la saison. L'aéroport international Mariscal Sucre se trouve a Tababela, a 45 minutes du centre-ville en taxi (environ 25 dollars, tarif fixe). Un conseil : réservez votre taxi depuis le comptoir officiel dans le hall d'arrivée, ne suivez jamais les rabatteurs.
Les quartiers de Quito : ou loger
Quito s'étire sur plus de 50 kilomètres du nord au sud, mais sa largeur dépasse rarement 5 kilomètres. Cette géographie en longueur signifie que le choix du quartier détermine totalement votre expérience. Voici les sept zones qui méritent votre attention.
Le Centre historique
C'est le coeur battant de Quito, celui qui justifie a lui seul le voyage. Des dizaines d'églises coloniales, des places majestueuses comme la Plaza Grande, des rues pavées ou les balcons en bois sculpte surplombent la foule. L'ambiance est authentique, populaire, parfois un peu rude. Les hôtels y sont souvent installes dans d'anciennes demeures coloniales reconverties : Casa Gangotena sur la Plaza San Francisco (a partir de 180 dollars), ou Hôtel Patio Andaluz (a partir de 95 dollars) pour un budget plus modère. Le soir, certaines rues se vident vite - restez sur les axes principaux après 21h. C'est le quartier idéal si vous venez pour l'architecture, l'histoire et l'immersion totale.
La Mariscal (La zona)
Le quartier touristique par excellence, centre autour de la Plaza Foch. C'est ici que se concentrent les auberges de jeunesse, les bars, les restaurants internationaux et les agences de voyage. L'ambiance rappelle un peu le quartier de San Telmo a Buenos Aires ou Khao San Road a Bangkok, en plus compact. Les prix sont legerement gonfles par rapport au reste de la ville, mais tout est accessible a pied : restaurants, bureaux de change, pharmacies. Comptez 12-18 dollars pour un lit en dortoir, 35-60 dollars pour une chambre double. C'est pratique, anime, mais pas du tout représentatif de la vraie vie quitena.
La Floresta
Le quartier bohème de Quito, celui qui monte depuis cinq ans. Anciennes maisons résidentielles transformées en cafés de specialite, galeries d'art indépendantes, petits restaurants végans ou fusion. Si vous êtes le genre de voyageur qui aime découvrir des micro-torréfacteurs et des librairies alternatives, La Floresta est votre territoire. Les hébergements y sont souvent des Airbnb ou de petites maisons d'hôtes. Comptez 30-50 dollars la nuit pour un logement confortable. Le quartier est calme, sur, et bien connecte au reste de la ville par le Trolebus et l'Ecovia.
Gonzalez Suarez et Guapulo
Gonzalez Suarez est l'avenue panoramique de Quito : des immeubles modernes avec vue sur la vallée de Cumbaya et, par temps clair, sur le volcan Cotopaxi. En descendant les escaliers historiques depuis cette avenue, vous arrivez a Guapulo, un village colonial accroche a la pente, avec sa petite église du XVIIe siècle et ses ateliers d'artistes. L'ambiance est paisible, presque villageoise, a dix minutes du centre moderne. Quelques maisons d'hôtes et Airbnb offrent des vues spectaculaires pour 40-70 dollars la nuit. Idéal pour les couples ou les voyageurs qui cherchent le calme sans s'éloigner.
Cumbaya et Tumbaco
Les vallées orientales de Quito, situées 500 mètres plus bas que le centre-ville. Il y fait plus chaud, plus sec, et l'altitude se ressent moins - un avantage si vous êtes sensible au mal des montagnes. Cumbaya est devenue le quartier résidentiel aise de Quito : centres commerciaux, restaurants haut de gamme, brasseries artisanales. C'est agréable, mais vous êtes a 30-40 minutes en voiture du centre historique. A privilégier si vous restez longtemps ou si vous venez pour affaires.
Le quartier de La Carolina
Le Quito moderne et commercial, organise autour du grand parc La Carolina. Tours de bureaux, centres commerciaux (Quicentro, CCI), hôtels de chaînes internationales (Hilton Colon a partir de 85 dollars, Swissotel a partir de 110 dollars). Le quartier est propre, sur, bien desservi par le métro (ligne 1 inaugurée en 2024). Peu de charme architectural, mais une base efficace si vous avez besoin de confort standardise et de connexion rapide a toute la ville.
San Marcos
Un secret que peu de guides mentionnent. Ce micro-quartier coince entre le centre historique et la colline du Panecillo est en train de devenir le Marais quiteno. Ruelles colorées, petits bars a mezcal, galeries pop-up, façades restaurées avec soin. Il n'y a pas encore beaucoup d'hébergements, mais deux ou trois maisons d'hôtes commencent a ouvrir. L'endroit idéal pour une soirée : tapas équatoriennes, vin argentin, et conversation avec des Quitenos trentenaires qui réinventent leur ville.
Meilleure période pour visiter Quito
Oubliez tout ce que vous savez sur les saisons. Quito est a la latitude zéro, ce qui signifie que la durée du jour ne change pratiquement jamais : le soleil se levé vers 6h et se couche vers 18h, toute l'année. Il n'y a pas d'été ni d'hiver au sens européen. En revanche, il y a une saison sèche et une saison humide, mais la distinction est moins tranchée qu'ailleurs en Équateur.
De juin a septembre, c'est la saison sèche. Les matinées sont souvent ensoleillées et claires, avec des températures autour de 18-22 degrés. C'est la meilleure période pour voir les volcans depuis la ville - le Cotopaxi, l'Antisana, parfois mème le Cayambe se détachent sur un ciel bleu profond. Les après-midi peuvent rester secs ou accueillir quelques nuages, mais la pluie est rare. C'est aussi la haute saison touristique, ce qui signifie des hôtels un peu plus chers et des sites populaires plus fréquentes.
D'octobre a mai, les pluies reviennent, surtout en fin d'après-midi. En pratique, il pleut rarement toute la journée : le schéma classique est un matin ensoleille, des nuages a partir de 14h, et une averse entre 15h et 17h. Si vous organisez vos visites le matin, la pluie ne vous gênera presque pas. Les températures restent stables - Quito est surnommée la 'ville de l'éternel printemps' et cette réputation est méritée. Mème pendant les mois les plus humides (mars-avril), la pluie tombe en moyenne 15-18 jours par mois, et jamais toute la journée.
Un détail que les Quitenos connaissent bien : la température chute sensiblement la nuit, jusqu'a 8-10 degrés. Prévoyez toujours une couche supplémentaire pour le soir, mème si la journée était chaude. L'écart thermique est l'un des pièges classiques des visiteurs qui arrivent en t-shirt et se retrouvent a grelotter devant un restaurant en terrasse a 20h.
Mon conseil : la meilleure fenêtre est juin-juillet ou septembre. Vous évitez les vacances scolaires équatoriennes (août dans la Sierra), vous profitez du temps sec, et les prix restent raisonnables. Mais franchement, Quito se visite toute l'année sans problème - il suffit d'avoir un parapluie pliable dans votre sac.
Itinéraire a Quito : de 3 a 7 jours
Jour 1 : Arrivée et acclimatation en douceur
Ne sous-estimez pas l'altitude. Votre premier jour doit être tranquille. Après votre installation a l'hôtel, marchez doucement jusqu'a la Plaza Grande, le coeur politique et historique de la ville. Admirez la façade du Palais de Carondelet (palais présidentiel), la cathédrale métropolitaine et les arcades coloniales. A 11h, la relevé de la garde offre un petit spectacle gratuit. Prenez un café dans l'un des établissements sous les arcades - le Café del Fraile sert un bon espresso équatorien pour 1,50 dollar.
L'après-midi, descendez a pied vers la Plaza San Francisco, l'une des plus vastes places d'Amérique du Sud. Le monastère et l'église San Francisco datent de 1534 - c'est la plus ancienne construction religieuse de Quito. L'entrée du musée attenant coûte 3 dollars. Terminez par une promenade dans la rue La Ronda, une ruelle pietoniere restaurée ou les artisans travaillent le soir et ou vous pouvez goûter votre premier canelazo (boisson chaude a base de canela, aguardiente et jus de naranjilla). Dîner tôt, au lit a 21h - votre corps vous remerciera.
Jour 2 : Le centre historique en profondeur
Commencez a 9h par la Église de La Compania de Jésus. C'est, sans exagération, l'une des plus belles églises baroques au monde. L'intérieur est recouvert de sept tonnes de feuilles d'or. L'entrée coûte 5 dollars et comprend un guide audio. Prévoyez 45 minutes a une heure pour apprécier chaque détail - le plafond mudéjare, les colonnes salomoniques, les retables latéraux.
A 10h30, dirigez-vous vers la Basilique du Voeu National. Cette basilique néo-gothique, inspirée de Notre-Dame de Paris, est la plus grande du continent américain. L'attraction principale : monter dans les tours par des échelles métalliques (vertigineuses mais securisees) pour une vue panoramique sur tout Quito. L'entrée est de 4 dollars, la montée dans les tours 2 dollars supplémentaires. Prévoyez des chaussures fermées.
Déjeuner dans le centre : le Mercado Central offre des almuerzos (menus du jour) complets pour 3-4 dollars - soupe, plat, jus et dessert. L'ambiance est bruyante et vivante, c'est la que les Quitenos viennent manger le midi.
L'après-midi, explorez le musée de la Ville (Museo de la Ciudad, entrée 3 dollars) installe dans l'ancien hôpital San Juan de Dios. Les expositions retracent l'histoire de Quito depuis l'époque précolombienne. Ensuite, montez au mirador du Panecillo (en taxi, 3 dollars depuis le centre) pour la vue iconique sur la ville au coucher du soleil. La statue de la Vierge de Quito, haute de 41 mètres, domine le panorama. Redescendez en taxi avant la nuit.
Jour 3 : Hauteurs et perspectives
Journée dédiée aux panoramas. Le matin, prenez le TeleferiQo, le telepherique qui monte de 2 950 a 4 050 mètres d'altitude en 18 minutes. Le billet coûte 8,50 dollars. En haut, vous êtes sur les flancs du volcan Pichincha avec une vue a 180 degrés sur Quito et la cordillère. Si vous vous sentez en forme, un sentier mené en 2-3 heures jusqu'au sommet du Rucu Pichincha (4 698 m) - mais uniquement si vous êtes bien acclimates et avec de bonnes chaussures. Sinon, contentez-vous de la station supérieure et de ses sentiers courts. Attention : il fait froid la-haut, souvent 5-8 degrés, avec du vent. Emportez un coupe-vent et une polaire.
Redescendez pour un déjeuner tardif a La Floresta. Le café Lulupa (calle Lugo E15-100) sert d'excellents sandwiches au poulet effiloche et des jus frais pour 6-8 dollars. Passez l'après-midi a flâner dans le quartier : la galerie No Lugar, le marche de producteurs si c'est samedi, les boutiques de design équatorien sur la calle Vizcaya.
En fin d'après-midi, descendez les escaliers historiques de Gonzalez Suarez jusqu'au village de Guapulo. L'église de Guapulo mérite une visite (gratuite) et le panorama sur la vallée est superbe. Remontez en bus ou en taxi (2-3 dollars).
Jour 4 : La Mitad del Mundo et les environs
Direction le nord, vers la Mitad del Mundo, le monument marquant la ligne équatoriale. Le site principal (entrée 5 dollars) est un parc touristique avec musées, planétarium et la fameuse ligne peinte au sol ou tout le monde prend la mème photo. C'est un passage oblige, mais le véritable intérêt se trouve 200 mètres plus loin : le musée Intinan (entrée 5 dollars), un musée interactif et un peu kitsch ou l'on tente des expériences liées a l'équateur - équilibrer un oeuf sur un clou, observer l'eau tourner dans différents sens. Les démonstrations sont divertissantes, mème si certaines relèvent plus du spectacle que de la science rigoureuse.
Le trajet depuis le centre prend environ 45 minutes en bus (ligne Metrobus jusqu'a Ofelia, puis bus local) ou 25 minutes en taxi (12-15 dollars). Prévoyez une demi-journée pour l'ensemble du site. Le déjeuner sur place est correct mais sans plus - les restaurants a l'intérieur du complexe servent des plats standards pour 5-8 dollars.
L'après-midi, au retour, arrêtez-vous au cratère du Pululahua, un volcan effondre dont la caldeira est habitée par une petite communauté agricole. Le mirador de Ventanillas offre une vue spectaculaire (gratuit). Si vous avez le temps, descendez dans le cratère a pied (30 minutes de marche, retour plus dur en montée).
Jours 5-6 : Excursions depuis Quito
Quito est une base idéale pour explorer les Andes centrales. Deux excursions se détachent.
Le Cotopaxi (jour 5) : Le volcan parfait, 5 897 mètres, a 2 heures de route au sud de Quito. Une excursion guidée d'une journée coûte entre 50 et 80 dollars par personne (transport, guide, déjeuner inclus). On monte en véhicule jusqu'au parking a 4 500 m, puis on marche environ une heure jusqu'au refuge José Ribas a 4 864 m. C'est difficile a cause de l'altitude - avancez lentement, respirez profondément. La vue sur la calotte glaciaire et les paramos environnants est inoubliable. Prévoyez des vêtements très chauds, des gants, un bonnet. Départ typique a 7h, retour a Quito vers 17h.
Otavalo (jour 6) : Le plus grand marche indigène d'Amérique du Sud, a 2 heures au nord de Quito. Le samedi est le jour principal, mais le marche fonctionne tous les jours en version réduite. Textiles, bijoux, cuir, peintures naïves, chapeaux de Panama (qui viennent en fait d'Équateur - le saviez-vous ?). Les prix sont déjà bas, mais la négociation est attendue - commencez a 60% du prix annonce. Un poncho en alpaga de qualité coûte entre 25 et 60 dollars. Des bus partent de la gare de Carcelen toutes les 20 minutes (3 dollars, 2h de trajet). Les excursions organisées (35-50 dollars) incluent souvent un arrêt a la lagune de Cuicocha, un lac de cratère d'un bleu profond.
Jour 7 : Dernière journée, rythme quiteno
Pas de programme rigide. Levez-vous tôt, allez au Mercado Inaquito (aussi appelé Mercado de La Carolina) pour un petit-déjeuner local : bolones de verde (boulettes de banane plantain farcies au fromage), jus de tomate de arbol, café. Passez la matinée au musée Capilla del Hombre, l'oeuvre-testament du peintre Oswaldo Guayasamin. C'est l'équivalent équatorien du musée Picasso a Paris - un espace architectural puissant dédie a la souffrance et a l'espoir des peuples latino-américains. Entrée 8 dollars, prévoyez 1h30.
Déjeuner d'adieu dans le Centre historique de Quito - choisissez un restaurant avec vue sur les toits, comme Hasta la Vuelta Señor sur la Plaza Grande (plats 8-15 dollars, réserve deux heures avant). L'après-midi, faites vos derniers achats : chocolat équatorien (Republica del Cacao ou Pacari - les deux sont excellents et coûtent 3-5 dollars la tablette), café de Loja, artisanat de la rue La Ronda. Taxi vers l'aéroport a prévoir 3h avant le vol.
Ou manger a Quito : restaurants et cafés
La scène gastronomique de Quito a explose ces dernières années. La ville compte désormais deux restaurants dans le classement Latin America's 50 Best, et une generation de jeunes chefs équatoriens revisite les ingrédients andins avec une creativite impressionnante. Mais les meilleures expériences ne sont pas forcement les plus chères.
Pour découvrir la cuisine équatorienne revisitée
Nuema (Mariscal, calle Mariano Aguilera) : Le restaurant qui a mis Quito sur la carte gastronomique mondiale. Menu dégustation a 45-55 dollars, avec des plats comme le ceviche de crevettes de Muisne au jus de taxo ou le cochon d'Inde déconstruit. Réservez au moins deux jours a l'avance.
Somos (La Floresta, calle Valladolid) : Plus abordable que Nuema, tout aussi créatif. Dîner pour deux avec vin : 40-60 dollars. Essayez le risotto de quinoa aux champignons des paramos.
Zazu (Gonzalez Suarez) : L'autre institution de la haute cuisine quitena. Le chef Alejandro Chamorro travaille les produits équatoriens avec une technique franco-japonaise. Menu dégustation a 65 dollars, carte a partir de 18 dollars le plat. Cadre élégant, service impeccable.
Pour manger local sans chichi
Mercado Central (Centre historique, calle Pichincha) : Les stands de ceviche de crevettes (2,50 dollars) et d'hornado (4 dollars) sont les meilleurs de la ville. Venez avant 13h, les meilleurs morceaux partent vite.
Las Menestras del Négro (plusieurs adresses) : Chaîne locale specialisee dans les menestras (ragoûts de lentilles ou haricots) servies avec du riz, de la viande grillée et du plantain frit. Copieux, savoureux, 5-7 dollars le plat. Idéal quand vous avez très faim après une journée de marche.
Café Mosaico (calle Manuel Samaniego, au-dessus du centre historique) : Pas vraiment un secret - tous les guides le mentionnent - mais la vue sur le centre historique depuis la terrasse est tellement belle qu'on ne peut pas l'ignorer. Les plats sont corrects (8-14 dollars), c'est surtout l'endroit pour un café ou un cocktail en fin de journée. Arrivez avant 17h pour avoir une bonne table.
Cafés de specialite
L'Équateur produit un cacao et un café exceptionnels, et Quito en profite. Lulupa (La Floresta) pour un flat white a 3 dollars fait avec du café de Loja torréfie sur place. Cacao y Cacao (Mariscal) pour un chocolat chaud d'origine équatorienne qui ferait pâlir certaines adresses parisiennes - 3,50 dollars la tasse. Dulce Placer (Centre historique, La Ronda) pour les humitas sucrées et le café filtre a 2 dollars.
Pour les soirs de sortie
La Mariscal reste le centre de la vie nocturne, mais la qualité varie enormement. Évitez les bars les plus touristiques de la Plaza Foch. Privilégiez Bandido Brewing (Centre historique) pour les bières artisanales (3-5 dollars la pinte) dans un cadre colonial restaure, ou Ananke (La Floresta) pour les cocktails d'auteur a base d'aguardiente et de fruits tropicaux (7-9 dollars). Le vendredi soir, les bars de San Marcos sont les plus intéressants de la ville - petits, animes, et fréquentes presque exclusivement par des locaux.
Que goûter : la cuisine de Quito
La cuisine de la Sierra équatorienne est une cuisine d'altitude, robuste et genereuse, qui puise dans des traditions précolombiennes vieilles de plusieurs millénaires. Voici les plats et produits que vous devez absolument goûter a Quito.
Locro de papa : La soupe emblématique de Quito. Une veloute épaisse de pommes de terre (les Andes en comptent plus de 400 variétés) avec du fromage frais, de l'avocat et un peu de coriandre. Chaque restaurant la prépare différemment. C'est le plat réconfort par excellence, parfait pour les soirées fraîches en altitude. Comptez 3-5 dollars.
Hornado : Du cochon entier rôti lentement au four a bois, servi avec du mote (mais géant cuit a l'eau), de la llapingacho (galette de pomme de terre) et une salade. Le Mercado Central est l'endroit canonique pour le déguster. La peau croustillante et la viande fondante constituent un des grands moments gustatifs du voyage. Portion a 4-6 dollars.
Ceviche équatorien : Rien a voir avec le ceviche péruvien. Ici, les crevettes sont cuites dans un bouillon de tomate et de citron vert, servies avec du pop-corn, des oignons rouges marines et des chips de banane plantain. C'est une soupe froide autant qu'un plat de poisson. Les puritains du ceviche limeno seront déroutes, mais le résultat est délicieux. A partir de 2,50 dollars au marche.
Cuy (cochon d'Inde) : Le plat le plus emblématique - et le plus polarisant - des Andes. Le cuy est un mets cérémoniel consomme depuis l'époque inca. Il est généralement rôti entier et servi avec des pommes de terre et de la sauce aux cacahuètes. La viande est maigre, un peu entre le lapin et la caille. A essayer au moins une fois, par respect pour la culture locale autant que par curiosité gastronomique. Comptez 12-18 dollars dans un restaurant, c'est un plat de fête.
Empanadas de viento : De grandes empanadas frites gonflées d'air ('viento' signifie vent), farcies de fromage et saupoudrées de sucre. Le contraste sale-sucre est addictif. On les trouve dans tous les marches et les boulangeries pour 0,50-1 dollar pièce.
Bolones de verde : Des boules de banane plantain verte ecrasee et refrite, farcies de fromage ou de chicharron (couenne de porc frite). C'est le petit-déjeuner traditionnel de la cote équatorienne, adopte avec enthousiasme par Quito. Deux bolones avec un café vous coûtent 3-4 dollars et vous tiennent jusqu'au déjeuner.
Fritada : Du porc coupe en morceaux et frit dans sa propre graisse avec de l'ail et du cumin, servi avec du mote, des plantains murs frits (maduros) et une salade. C'est riche, c'est gras, c'est exactement ce dont vous avez besoin après une matinée de marche a 2 850 mètres. Les meilleurs endroits sont dans le quartier de Cotocollao, au nord de la ville.
Canelazo : La boisson chaude des Andes équatoriennes. Un mélange de jus de naranjilla (un fruit acide local), d'eau de cannelle, de sucre et d'aguardiente (eau-de-vie de canne a sucre). Servi brûlant dans un verre en plastique, c'est le remontant parfait pour les soirées froides. La Ronda est le meilleur endroit pour le goûter - 1,50-2 dollars le verre. Attention, ca monte discrètement a la tète.
Chocolat équatorien : L'Équateur est le premier producteur mondial de cacao fino de aroma, la variété la plus parfumée. Les marques Pacari et Republica del Cacao produisent des tablettes qui rivalisent avec les grands chocolatiers européens, a une fraction du prix. Visitez la boutique Pacari sur la calle Robles (La Mariscal) pour une dégustation gratuite et repartez avec une sélection de tablettes (3-5 dollars pièce) - c'est le meilleur souvenir gastronomique de Quito.
Helados de paila : Des sorbets artisanaux prépares devant vous dans une grande bassine en cuivre posée sur de la glace. Les parfums typiques sont la mora (mure andine), le taxo (fruit de la passion de montagne) et la naranjilla. On trouve les meilleurs sur la Plaza Grande et dans le quartier de San Roque. Un dollar la boule, deux parfums suffisent pour comprendre pourquoi les Quitenos en mangent toute l'année.
Les secrets de Quito : conseils de locaux
Après avoir vécu et voyage dans cette ville pendant des années, voici les choses que personne ne vous dit dans les guides classiques - et qui font pourtant toute la différence.
Le dimanche matin, la ville est a vous. Tous les dimanches, les grandes avenues du centre-nord (Amazonas, Naciones Unidas, Shyris) sont fermées aux voitures et ouvertes aux cyclistes, coureurs et promeneurs. C'est le 'CicloQuito', l'équivalent du Velib' dominical parisien en version latino-américaine. Louez un vélo (3-5 dollars pour la matinée) et parcourez la ville dans un calme inhabituel. Le programme fonctionne de 8h a 14h.
Le mal d'altitude a un antidote local. Les Quitenos vous diront de boire du mate de coca. C'est efficace, légal en Équateur, et disponible dans tous les marches et les pharmacies naturelles. Si vous préférez, le mate de cedroncillo (citronnelle andine) fonctionne aussi. Évitez les comprimes de Diamox sauf si votre médecin les a prescrits - les remèdes locaux suffisent pour la plupart des gens a l'altitude de Quito.
Négociez les taxis, mais pas n'importe comment. Les taxis jaunes ont des compteurs (taximètre), mais beaucoup de chauffeurs ne les allument pas. Insistez poliment : 'con taximetro, por favor'. Si le chauffeur refuse, descendez et prenez le suivant. En règle générale, une course dans le centre ne devrait pas dépasser 3-4 dollars, et le trajet centre-aéroport est de 25 dollars (tarif fixe). Après 22h, un supplément de 20-30% est normal et légal. Uber et InDrive fonctionnent aussi et sont parfois moins chers, mais les taxis restent le moyen le plus rapide.
Le marche de San Roque est le vrai marche. Le Mercado Central est excellent, mais les Quitenos qui veulent les meilleurs prix et les produits les plus frais vont au marche de San Roque, plus grand, plus chaotique, et beaucoup moins touristique. On y trouve de tout : herbes médicinales, tripes fumées, fruits que vous n'avez jamais vus. Allez-y le matin, restez vigilant avec vos affaires (comme dans tout marche populaire), et laissez-vous guider par la curiosité.
Les églises ferment tôt et ouvrent tard. La plupart des églises du centre historique ne sont visitables que de 9h30 a 17h, avec une pause déjeuner de 13h a 14h30. Certaines ne sont ouvertes que certains jours. Vérifiez les horaires avant de vous déplacer. Le dimanche matin, pendant les messes, les églises sont ouvertes mais les visites touristiques ne sont pas possibles.
Protégez-vous du soleil, pas du froid. L'erreur classique : a 2 850 m d'altitude et a la latitude zéro, le rayonnement UV est extrême. Vous pouvez prendre un coup de soleil en 20 minutes mème par temps couvert. Chapeau, lunettes de soleil et crème solaire indice 50 sont indispensables, mème si la température ne dépasse pas 18 degrés. Les pharmacies locales vendent de la crème solaire a 5-8 dollars.
L'eau du robinet est potable a Quito. C'est l'une des rares grandes villes d'Amérique latine ou l'eau du robinet est saine. Les Quitenos la boivent quotidiennement. Si le goût du chlore vous dérange, une bouteille d'eau minérale coûte 0,50-1 dollar. Mais ne vous sentez pas oblige d'acheter de l'eau en bouteille - ce serait du gaspillage plastique inutile.
Les Quitenos sont formels. On se serre la main, on se vouvoie facilement, on dit 'buenos dias' en entrant dans une boutique et 'gracias' en sortant. Un 'por favor' et un 'disculpe' ouvrent toutes les portes. Cette politesse est un héritage colonial et andin a la fois, et y répondre avec la mème courtoisie transforme vos interactions. Les Français, habitues a une certaine formalité, se sentent généralement a l'aise avec ce code social.
Transport et connexion a Quito
Se déplacer dans Quito demande un peu de stratégie. La géographie en longueur de la ville signifie que les distances nord-sud peuvent être considérables, tandis que les trajets est-ouest sont courts mais souvent en pente.
Le métro
La ligne 1 du métro de Quito, inaugurée en décembre 2024, est une révolution pour la ville. Elle traverse Quito du nord (Quitumbe) au sud (El Labrador) en 34 minutes, avec 15 stations. Le billet coûte 0,45 dollar. Les stations sont propres, modernes, et le service est fréquent (toutes les 3-5 minutes aux heures de pointe). Pour les touristes, les stations les plus utiles sont San Francisco (centre historique), El Ejido (accès a La Mariscal) et La Carolina (quartier des affaires). Le métro fonctionne de 5h30 a 23h en semaine, 6h a 22h le week-end.
Les bus
Le système de bus rapide (BRT) comprend trois lignes : le Trolebus (axe central), l'Ecovia (axe oriental) et le Metrobus (axe occidental). Le billet coûte 0,35 dollar, payable en espèces ou avec la carte rechargeable (2 dollars a l'achat). Les bus sont fréquents mais bondées aux heures de pointe (7h-9h et 17h-19h) - évitez ces créneaux si possible. Les arrêts sont annonces par haut-parleur et affiches sur des écrans. Le réseau couvre l'essentiel de la ville nord-sud.
Les bus urbains classiques (bus bleus et rouges) coûtent 0,35 dollar et desservent les quartiers non couverts par le BRT. Ils sont moins confortables et plus lents, mais permettent d'atteindre des endroits comme la Mitad del Mundo, Guapulo ou les vallées orientales. Les destinations sont inscrites sur le pare-brise - demandez au chauffeur si vous avez un doute.
Taxis et VTC
Les taxis jaunes sont omniprésents et bon marche. La prise en charge est de 0,50 dollar, puis environ 0,40 dollar par kilomètre. Un trajet moyen dans la ville coûte 2-5 dollars. Comme mentionne plus haut, insistez pour le taximètre. Uber fonctionne bien a Quito et les prix sont souvent 10-20% inférieurs aux taxis. InDrive est une alternative populaire ou vous proposez votre prix - utile pour les longs trajets.
A pied
Le centre historique se découvre exclusivement a pied. Les distances entre les principaux sites sont courtes (10-20 minutes de marche), mais les pentes sont parfois raides. Portez des chaussures confortables avec une bonne semelle - les paves coloniaux sont glissants quand il pleut. La Mariscal et La Floresta sont aussi très walkable. Pour les trajets plus longs, combinez marche et métro ou taxi.
Téléphone et internet
Achetez une carte SIM locale des votre arrivée : Claro et Movistar ont des kiosques a l'aéroport et dans les centres commerciaux. Un forfait de 3 Go pour 30 jours coûte environ 7-10 dollars. Le Wi-Fi est disponible dans la quasi-totalité des hôtels, restaurants et cafés. La qualité de la connexion est généralement bonne dans les quartiers centraux et nord, plus aléatoire dans les quartiers périphériques.
Pour les appels internationaux vers la France, WhatsApp et Telegram fonctionnent parfaitement. Le décalage horaire avec Paris est de -6 heures en hiver (novembre a mars) et -7 heures en été (avril a octobre). Quand il est 20h a Paris, il est 14h ou 13h a Quito.
Sécurité et déplacements
Quito n'est pas une ville dangereuse, mais elle n'est pas non plus insouciante. Les règles de base : ne sortez pas votre téléphone dans la rue de manière ostentatoire, gardez votre sac devant vous dans les transports en commun, évitez les ruelles mal eclairees la nuit. Le centre historique est sur pendant la journée mais se vide le soir - prenez un taxi après 21h plutôt que de marcher. La Mariscal est animée le soir mais les pickpockets y sont actifs, surtout autour de la Plaza Foch le week-end. En cas de problème, les numéros d'urgence sont le 911 (police et ambulance) et le 101 (police uniquement).
A qui convient Quito : bilan
Quito est une ville pour les voyageurs curieux, pas pour ceux qui cherchent une destination de plage ou de farniente. Elle convient parfaitement aux amateurs d'histoire et d'architecture coloniale, aux gourmands qui veulent découvrir une cuisine méconnue en Europe, aux randonneurs qui cherchent une base pour explorer les volcans andins, et aux voyageurs au budget modère qui veulent vivre richement pour peu d'argent.
Elle convient moins a ceux qui supportent mal l'altitude, qui recherchent le luxe standardise des stations balnéaires, ou qui ne sont pas a l'aise avec une certaine rudesse urbaine. Quito n'est ni lisse ni formatée - c'est une capitale andine, avec tout ce que cela implique de beauté brute, de contraste social et d'énergie contradictoire.
Pour un voyageur francophone, Quito offre un avantage unique : la possibilité de découvrir une civilisation profondément différente de la sienne, accessible linguistiquement (l'espagnol équatorien s'apprend vite), financièrement (le coût de la vie est trois a quatre fois inférieur a celui de Paris), et humainement (les Équatoriens sont parmi les peuples les plus accueillants du continent). Trois jours suffisent pour en tomber amoureux. Une semaine pour comprendre pourquoi on veut y revenir.