À propos
Vietnam : le guide complet du pays des dragons et des rizières
Pourquoi visiter le Vietnam
Le Vietnam vous happe dès la première gorgée de phở avalée sur un tabouret en plastique, dans une échoppe de rue de Hanoï. N'attendez pas ici la version policée de l'Asie que vous offrent Singapour ou les plages balisées de Thaïlande. Tout est brut et authentique : les scooters qui se faufilent dans un trafic impensable, l'odeur enivrante des viandes grillées et des herbes fraîches au fond des ruelles, les rizières d'un vert émeraude qui déroulent leurs gradins jusqu'aux montagnes voilées de brume, et une chaleur humaine qui paraît sincère plutôt que commerciale.
La géographie est le plus grand atout du pays. Le Vietnam s'étire sur 1 650 kilomètres le long de la mer de Chine méridionale, des massifs embrumés du Nord, où les minorités ethniques entretiennent des traditions séculaires, jusqu'aux îles tropicales du Sud, cocotiers et eaux turquoise à l'appui. Entre les deux, vous découvrirez les marchés flottants du delta du Mékong, la grandeur impériale de Huế, les rues illuminées de lanternes de Hội An, et des réseaux de grottes assez vastes pour abriter des gratte-ciel.
Pour les voyageurs francophones de France, de Belgique, de Suisse, du Québec ou d'Afrique francophone, le Vietnam offre un rapport qualité-prix exceptionnel. Les ressortissants français, belges et suisses peuvent entrer sans visa pour un séjour allant jusqu'à 45 jours. Les Canadiens, eux, ont besoin d'un e-visa (25 USD, facile à obtenir en ligne). Une fois sur place, votre argent va loin : un repas de rue copieux coûte 2 à 3 euros, un massage d'une heure 10 à 15 euros, et une chambre d'hôtel confortable 40 à 60 euros.
Mais, au-delà de l'aspect pratique, le Vietnam récompense la curiosité comme peu de destinations le font. Ce sera peut-être le lever de soleil sur la baie d'Hạ Long, lorsque les pics karstiques émergent de la brume du matin. Ou le train de nuit qui longe la côte de Hanoï à Huế. Ou, tout simplement, un après-midi assis sur un tabouret en plastique, une bière bia hơi à 25 centimes à la main, à regarder la vie défiler. Le Vietnam n'est pas qu'une destination de vacances : c'est une expérience qui transforme durablement votre rapport au voyage.
Pour les Français, en particulier, le pays porte encore les traces d'une histoire commune. L'architecture coloniale de Hanoï et de Hô Chi Minh-Ville, le croustillant des baguettes dans les bánh mì, les avenues bordées de frangipaniers : ces échos de l'Indochine française créent une familiarité surprenante, dans un pays pourtant si différent.
Les régions : choisir son Vietnam
Le Nord : montagnes, minorités et Asie authentique
Le Nord donne l'impression d'un autre pays comparé au Sud touristique. Il est plus frais, plus pauvre, plus traditionnel. Hanoï, la capitale millénaire, est un endroit où les villas coloniales françaises côtoient des temples du XIᵉ siècle, et où le Vieux Quartier obéit encore à une logique médiévale de corporations : rue des Ferblantiers, rue de la Soie, rue des Échelles en bambou. C'est chaotique, bruyant, et l'atmosphère y est incomparable.
La baie d'Hạ Long est le joyau du Nord : près de 1 969 îles et îlots karstiques qui surgissent d'une eau couleur émeraude. Oui, c'est parfois bondé. Oui, les croisières ne sont pas données. Mais lorsque la brume se dissipe et que ces pics improbables, tapissés de jungle, émergent de la mer, on comprend pourquoi le site est inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO. Notre conseil : plutôt que la baie d'Hạ Long saturée, privilégiez les baies voisines de Lan Hạ ou de Bái Tử Long — mêmes paysages, deux fois moins de bateaux.
La petite ville de montagne de Sa Pa offre un changement complet de rythme : des rizières en terrasses qui dévalent les pentes comme des escaliers géants, et des villages où les femmes Hmong et Dao portent encore quotidiennement les costumes indigo traditionnels — pas pour le folklore touristique, mais parce que c'est leur tenue de tous les jours. Le trekking de village en village, avec nuits chez l'habitant, reste l'une des expériences les plus authentiques du pays. Prévoyez toutefois des vêtements chauds : en hiver, le thermomètre descend jusqu'à 5 °C et les maisons de montagne n'ont pas de chauffage.
Pour les plus aventureux, la province de Hà Giang, à la frontière chinoise, est la voie des initiés. Cols sinueux à travers des paysages karstiques, villages où les étrangers restent une curiosité, et certains des panoramas montagneux les plus spectaculaires d'Asie du Sud-Est. Cet itinéraire ne convient pas au tourisme organisé : il faut une moto ou un bon chauffeur, une certaine tolérance pour les hébergements sommaires, et au moins quatre à cinq jours.
Le Centre : histoire, plages et la meilleure cuisine du pays
Le Centre est le juste milieu entre Nord et Sud, et beaucoup de voyageurs y trouvent leur Vietnam préféré. Huế fut la capitale impériale où la dynastie des Nguyễn régna jusqu'en 1945. Citadelle impériale, tombeaux royaux disséminés parmi des collines de pins, pagodes au bord de la rivière des Parfums : c'est une ville pour qui sait apprécier l'histoire et en sentir le poids.
Hội An est la favorite des touristes, et à juste titre. Sa Vieille Ville, inscrite à l'UNESCO, aligne maisons de marchands chinois, pont couvert japonais et des centaines de lanternes de soie qui s'illuminent au coucher du soleil. Oui, c'est fréquenté. Oui, les prix sont plus élevés que la moyenne nationale. Mais Hội An conserve sa magie malgré l'affluence : il suffit de s'y promener tôt le matin ou tard le soir. En prime, la ville abrite les meilleurs tailleurs du pays : costumes sur mesure en 24 à 48 heures, pour une fraction des prix occidentaux.
Đà Nẵng incarne le Vietnam moderne. Troisième ville du pays, elle est propre, organisée, et n'a pas le chaos de Hô Chi Minh-Ville. Excellentes plages urbaines, fameux Pont du Dragon qui crache le feu les week-ends, Montagnes de Marbre et leurs temples troglodytes… Đà Nẵng constitue aussi une bonne base : 30 minutes jusqu'à Hội An, deux heures jusqu'à Huế, et le col de Hải Vân, avec ses vues côtières spectaculaires, est tout proche.
La côte centre-sud : paradis balnéaire
Nha Trang est la principale station balnéaire du Vietnam : une longue baie en croissant aux eaux propices à la baignade, une infrastructure bien développée, et des îles idéales pour les excursions en bateau. La ville en elle-même est touristique mais fonctionnelle, avec une offre de restaurants, de bars et d'hôtels dans toutes les gammes de prix.
Mũi Né est la deuxième destination balnéaire du pays, célèbre pour ses dunes de sable rouge et blanc. Le vent qui y souffle en permanence en a fait la capitale du kitesurf et de la planche à voile en Asie du Sud-Est. De novembre à mars, c'est la saison idéale pour les sports nautiques.
Ceux qui recherchent la tranquillité mettront le cap sur Quy Nhơn et la province de Phú Yên, où le tourisme balnéaire commence à peine à émerger : plages désertes, villages de pêcheurs, et des prix dignes de Nha Trang il y a dix ans.
Les Hauts Plateaux du Centre : montagnes, café et éléphants
Đà Lạt, perchée à 1 500 mètres d'altitude, est la ville du printemps éternel. Les Français l'ont fondée comme station d'altitude pour échapper à la chaleur tropicale, et elle reste aujourd'hui la destination la plus romantique du pays : forêts de pins, lacs, cascades, fraiseraies, champs de fleurs… Les jeunes mariés vietnamiens y viennent en lune de miel, tandis que les voyageurs étrangers y fuient l'humidité du littoral. Les nuits sont réellement fraîches : prévoyez des couches chaudes.
Autour de Đà Lạt s'étendent les plantations de café vietnamiennes. Le pays est le deuxième exportateur mondial, derrière le Brésil, et la majeure partie du robusta pousse dans cette région. Visitez les plantations, goûtez au fameux cà phê trứng (café au jaune d'œuf) et achetez des grains au prix producteur.
Le Sud : mégapole et delta du Mékong
Hô Chi Minh-Ville (que les habitants continuent d'appeler Saïgon) est le moteur économique du pays : 10 millions d'habitants et 8 millions de scooters qui composent une symphonie de chaos maîtrisé. C'est bruyant, frénétique, parfois étourdissant, et complètement addictif. Les gratte-ciel s'élancent au-dessus de l'architecture coloniale française, la cuisine de rue rivalise avec les tables étoilées, et la rue Bùi Viện fait vibrer la vie nocturne jusqu'à l'aube.
L'Histoire est, ici aussi, très présente, mais sur un mode différent du Nord. Le musée des Vestiges de la guerre, les tunnels de Củ Chi où se cachaient les combattants du Việt Cộng, le Palais de la Réunification : autant de lieux éprouvants, mais essentiels pour comprendre ce que le pays a traversé.
Au sud de Hô Chi Minh-Ville, le delta du Mékong est un autre monde. Le fleuve s'y divise en neuf bras et dessine un labyrinthe de canaux, de marchés flottants, de vergers et de rizières. Cần Thơ et son marché flottant de Cái Răng, Mỹ Tho, Bến Tre : ces villes donnent à voir le Vietnam rural qui vit sur l'eau.
Les îles : escapades tropicales
Phú Quốc est la plus grande île du Vietnam, désormais développée en destination de villégiature aux standards internationaux. Longues plages, jungle à l'intérieur des terres, parc national, villages de pêcheurs… Parmi les ajouts récents figurent le plus long téléphérique au-dessus de la mer au monde (jusqu'à l'îlot de Hòn Thơm), un parc aquatique et un safari.
L'archipel de Côn Đảo, lui, s'adresse aux amateurs d'isolement. Ancienne île-prison du temps de l'Indochine française, c'est aujourd'hui une réserve naturelle peuplée de tortues marines, de dugongs et bordée de plages immaculées. L'accès y est plus compliqué et les infrastructures limitées, mais la foule y est tout bonnement absente.
Les merveilles naturelles du Vietnam
Baie d'Hạ Long et paysages karstiques
La baie d'Hạ Long est l'image de carte postale du Vietnam et figure sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. Près de 2 000 îles et pitons karstiques calcaires surgissent des eaux émeraude du golfe du Tonkin. Le nom se traduit par « là où le dragon est descendu dans la mer » : la légende raconte qu'un dragon aurait creusé les vallées et les gorges qui se sont ensuite remplies d'eau.
La manière classique de découvrir la baie est la croisière à bord d'une jonque. Les excursions à la journée sont moins chères, mais ne dévoilent qu'une petite portion du site et vous placent au milieu de nombreux autres bateaux. La formule deux jours / une nuit est idéale : lever de soleil sur la baie, kayak dans des lagons vides, visite de villages flottants. Trois jours / deux nuits vous mèneront vers des îles plus lointaines, loin de la foule.
Grottes de Phong Nha-Kẻ Bàng
Le parc national de Phong Nha-Kẻ Bàng abrite le plus grand système de grottes karstiques d'Asie. C'est ici que se trouve Son Doong, la plus grande grotte du monde : on y logerait un immeuble de 40 étages, et elle possède son propre microclimat, avec nuages et jungle intérieure. Une expédition à Son Doong coûte environ 3 000 dollars et se réserve six mois à l'avance.
Pour les visiteurs ordinaires, des grottes plus accessibles sont ouvertes au public : Phong Nha et sa rivière souterraine, la grotte du Paradis (Thiên Đường) et ses sept kilomètres de stalactites, ou encore la grotte de Tú Làn, que l'on parcourt en tyrolienne.
Rizières en terrasses
Les rizières en terrasses de Sa Pa et de Mù Cang Chải sont des prouesses d'ingénierie, œuvre de générations de peuples montagnards. Sculptées à même les pentes, elles se remplissent d'eau pendant la saison du repiquage (mai-juin) et créent alors un immense effet miroir. En septembre-octobre, juste avant la récolte, elles prennent des teintes dorées spectaculaires.
Quand partir au Vietnam
Le climat, région par région
La géographie tout en longueur du Vietnam fait qu'il n'existe pas une seule « meilleure période » pour l'ensemble du pays. Quand le Nord est froid et humide, le Sud jouit d'un temps idéal, et inversement.
Nord (Hanoï, Hạ Long, Sa Pa) : la meilleure période s'étend d'octobre à décembre et de mars à avril. L'hiver (décembre-février) est froid et brumeux, surtout en montagne. L'été (mai-septembre) est chaud, humide et pluvieux. La saison des typhons court de juillet à novembre.
Centre (Huế, Đà Nẵng, Hội An) : idéal de février à août. La saison des pluies va de septembre à janvier, avec des inondations possibles en octobre-novembre. Hội An est régulièrement inondée : l'effet est pittoresque en photo, mais désagréable quand on tente de se déplacer.
Sud (Hô Chi Minh-Ville, Nha Trang, Phú Quốc, delta du Mékong) : la saison sèche, de novembre à avril, est la meilleure. La saison humide (mai-octobre) apporte de courtes averses quotidiennes, généralement en fin d'après-midi. Températures stables de 25 à 35 °C toute l'année.
Fêtes et jours fériés
Le Tết (Nouvel An vietnamien) tombe fin janvier ou début février, selon le calendrier lunaire. C'est la plus grande fête du pays, mais pour les touristes, le bilan est mitigé : villes décorées et feux d'artifice, certes, mais tout ferme pendant trois à cinq jours, les transports sont bondés et les prix grimpent.
La Fête des Lanternes de Hội An a lieu le 14 de chaque mois lunaire. Ce soir-là, la Vieille Ville n'est éclairée que par des lanternes, tandis que des bougies flottent sur la rivière. C'est magnifique, mais attendez-vous à la foule.
Comment se rendre au Vietnam
Aéroports internationaux
Le Vietnam compte trois grands aéroports internationaux : Hanoï (Nội Bài, HAN) au nord, Hô Chi Minh-Ville (Tân Sơn Nhất, SGN) au sud, et Đà Nẵng (DAD) au centre. Le choix dépend de votre itinéraire. Si vous comptez traverser le pays, pensez à arriver par une ville et à repartir depuis une autre (billet open-jaw), pour éviter de revenir sur vos pas.
Au départ de la France, Air France opère des vols directs Paris–Hô Chi Minh-Ville et Paris–Hanoï (environ 11 à 12 heures). Vietnam Airlines propose également des liaisons directes. Les vols avec escale via le Golfe (Qatar Airways par Doha, Emirates par Dubaï) ou l'Asie (Bangkok, Singapour) sont souvent moins chers. Comptez entre 600 et 1 200 euros l'aller-retour, selon la saison et le délai de réservation.
Depuis la Belgique et la Suisse, il n'existe pas de vols directs, mais les correspondances sont excellentes via Paris, Amsterdam, Francfort ou les hubs du Golfe. Comptez 13 à 18 heures de trajet au total.
Depuis le Québec et le Canada, les vols passent généralement par les États-Unis (Los Angeles, San Francisco), la Corée du Sud (Séoul) ou le Japon (Tokyo). Durée totale : 18 à 24 heures. Prix : 1 200 à 2 000 CAD l'aller-retour.
Compagnies à bas prix : en Asie, VietJet Air et Bamboo Airways proposent des billets très économiques, même si les bagages et les repas sont en supplément. Depuis Bangkok, Kuala Lumpur ou Singapour, il est possible de voler pour 30 à 50 euros en promotion.
Conditions de visa
Les ressortissants français, belges et suisses peuvent entrer au Vietnam sans visa pour un séjour allant jusqu'à 45 jours. Passeport valable au moins six mois et preuve de sortie du territoire (théoriquement exigée, rarement contrôlée) sont nécessaires.
Les ressortissants canadiens doivent obtenir un e-visa (25 USD, valable jusqu'à 90 jours, entrées multiples possibles). La démarche est simple : formulaire en ligne, photo numérique, réponse sous trois jours ouvrés sur evisa.gov.vn.
Pour les séjours excédant 45 ou 90 jours, il existe des options de visa d'affaires ou des prolongations locales, via les agences spécialisées sur place.
Frontières terrestres
Le Vietnam partage ses frontières avec la Chine, le Laos et le Cambodge. Toutes sont ouvertes aux touristes munis des visas appropriés.
Depuis le Cambodge : des bus relient Phnom Penh ou Siem Reap à Hô Chi Minh-Ville. Le poste de Mộc Bài / Bavet est le plus direct. Temps de trajet depuis Phnom Penh : six à sept heures. Le visa cambodgien s'obtient à l'arrivée, pour 30 dollars.
Depuis le Laos : plusieurs passages existent. Le plus fréquenté est Lao Bảo / Dansavanh, qui donne accès à Huế. Des bus circulent depuis Vientiane ou Savannakhet.
Depuis la Chine : les postes-frontières se trouvent à Lào Cai (près de Sa Pa) et Lạng Sơn (près de Hanoï). Un train panoramique relie Nanning à Hanoï. Le visa chinois doit impérativement être obtenu à l'avance.
Se déplacer au Vietnam
Vols intérieurs
Compte tenu de la longueur du pays, l'avion a tout son sens pour couvrir les grandes distances. Hanoï–Hô Chi Minh-Ville, c'est deux heures en avion, contre plus de trente heures en train. Vietnam Airlines, VietJet Air et Bamboo Airways opèrent des dizaines de vols quotidiens entre les principales villes.
Les tarifs des vols intérieurs démarrent à 20-30 euros sur les compagnies low-cost (hors bagages). Vietnam Airlines coûte un peu plus, mais inclut les bagages et les repas. Pensez à réserver à l'avance : les prix sont deux à trois fois moins élevés lorsqu'on s'y prend deux à trois semaines avant le départ.
Train
Le chemin de fer vietnamien n'a jamais été une affaire de vitesse ; c'est une affaire d'expérience. La ligne Nord-Sud (Réunification Express) relie Hanoï à Hô Chi Minh-Ville, en passant par Huế, Đà Nẵng et Nha Trang. Le trajet intégral dure 30 à 35 heures. Cela paraît long, mais c'est l'un des parcours ferroviaires les plus spectaculaires d'Asie.
Plutôt que de tout enchaîner d'une traite, mieux vaut le découper en tronçons. Hanoï–Huế en train de nuit, 13 heures en couchette : on se réveille dans une nouvelle ville et on économise une nuit d'hôtel. Huế–Đà Nẵng : 2 h 30, la portion côtière avec vue sur le col de Hải Vân — évitez de vous endormir.
Côté classes : le siège dur est réservé aux masochistes, le siège mou est tolérable sur les courts trajets, la couchette dure (six couchettes par cabine) dépanne pour une nuit, et la couchette molle (quatre couchettes, climatisation) s'approche du confort. Réservez sur baolau.com ou vietnam-railway.com quelques jours à l'avance.
Bus
Le réseau de bus interurbains est très dense. On peut se rendre pratiquement n'importe où en bus, du service local basique aux « sleeping buses » touristiques à couchettes semi-inclinables. Ces derniers sont typiquement vietnamiens : au lieu de sièges, des couchettes semi-inclinables sur deux ou trois niveaux.
La qualité varie énormément. Des compagnies comme The Sinh Tourist, Futa Bus ou Hoàng Long sont fiables, avec climatisation, Wi-Fi et arrêts décents. Les opérateurs locaux, eux, peuvent réserver des surprises.
Les « open bus tickets » sont une aubaine pour les routards : un billet couvre toute la route (par exemple Hô Chi Minh-Ville–Hanoï) avec la liberté de descendre dans la ville de son choix en chemin. C'est économique (40 à 60 euros pour l'ensemble du parcours), flexible, même si le confort du bus reste basique.
Location de véhicules
Scooters et motos : c'est le mode de déplacement préféré des Vietnamiens et, pour les motards expérimentés, la meilleure manière d'explorer le pays. Comptez 5 à 10 euros par jour pour un scooter 110-125 cc, et 15 à 25 euros pour une semi-automatique ou une véritable moto. Le permis international avec la catégorie moto est théoriquement requis, mais rarement vérifié.
Avertissement important : la circulation vietnamienne est un chaos organisé. Si vous n'avez jamais conduit de scooter en Asie, ne débutez pas à Hô Chi Minh-Ville ou à Hanoï. Faites vos premières armes à Hội An, à Đà Lạt ou à Phú Quốc, où le trafic est plus tranquille. Et portez toujours un casque.
Voitures avec chauffeur : une solution judicieuse pour qui préfère les quatre roues. Comptez 50 à 80 euros par jour, chauffeur, carburant et stationnement inclus. Les chauffeurs parlent rarement français ou anglais, mais Google Translate règle le problème.
Transports urbains
Grab est l'équivalent vietnamien d'Uber et fonctionne dans l'ensemble du pays. Voitures, motos-taxis (GrabBike, trois fois moins chères qu'un taxi), livraison de repas : c'est votre meilleur allié en ville. Les cartes bancaires étrangères passent généralement sans problème, à défaut, vous pouvez régler en espèces. Plus de marchandage avec les chauffeurs, prix transparents, itinéraire suivi en direct sur votre téléphone.
Taxis classiques : ne prenez que les compagnies réputées, Vinasun et Mai Linh. Elles utilisent un compteur et affichent leurs tarifs. Fuyez les chauffeurs qui vous proposent un « prix spécial » : l'arnaque est quasi certaine.
Le code culturel
Communication et savoir-vivre
Les Vietnamiens sont réservés et courtois. Hausser le ton, manifester son agacement ou critiquer quelqu'un en public, c'est « perdre la face » — pour l'un comme pour l'autre. En cas de souci, restez calme. Un sourire et de la patience se révèlent bien plus efficaces que les exigences et les menaces.
Le rapport au temps, ici, est élastique. « J'arrive dans cinq minutes » peut signifier trente. « Demain » peut parfois vouloir dire « un de ces jours ». Prévoyez une marge pour vos rendez-vous et ne vous crispez pas sur les retards.
Les questions personnelles qui paraissent intrusives à un Occidental sont ici tout à fait banales : quel âge avez-vous, êtes-vous marié, combien gagnez-vous ? Il ne s'agit pas de curiosité malsaine, mais d'une façon de déterminer comment s'adresser à vous. N'hésitez pas à esquiver avec humour ou par des réponses évasives.
Religion et temples
Le Vietnam est majoritairement bouddhiste, avec des apports du confucianisme, du taoïsme et du culte des ancêtres. Dans les temples, déchaussez-vous avant d'entrer, habillez-vous modestement (épaules et genoux couverts) et ne pointez jamais du doigt les statues de Bouddha. La photographie est généralement autorisée, mais demandez l'autorisation, surtout pendant les cérémonies.
Pourboires
La culture du pourboire n'est pas une tradition vietnamienne, même si le tourisme est en train de changer les choses. Dans les restaurants locaux, le pourboire n'est pas attendu et peut même mettre mal à l'aise. Dans les établissements fréquentés par les étrangers, arrondir la note ou laisser 5 à 10 % est apprécié.
Pour les guides et les chauffeurs d'excursions, le pourboire est, en revanche, de mise : 2 à 4 euros par personne pour une journée, davantage pour un circuit de plusieurs jours. Les masseurs apprécient un pourboire de 10 à 20 % lorsque la prestation a été à la hauteur.
Marchandage
Sur les marchés et dans les boutiques hors des circuits touristiques, le marchandage est attendu et fait partie de la culture. Les prix annoncés aux étrangers sont généralement gonflés de deux à cinq fois. Négociez avec le sourire, jamais avec agressivité. Si vous ne parvenez pas à vous accorder, éloignez-vous : bien souvent, le vendeur vous rappellera.
Sécurité au Vietnam
Situation générale
Le Vietnam est l'un des pays les plus sûrs d'Asie du Sud-Est. Les violences contre les touristes sont extrêmement rares. On peut marcher dans la plupart des quartiers à la nuit tombée sans difficulté, et les femmes voyageant seules s'y sentent généralement en sécurité.
Petite délinquance
Les principaux désagréments sont les pickpockets et les vols à l'arraché commis par des scootéristes, en particulier à Hô Chi Minh-Ville et dans les quartiers touristiques. Quelques règles simples : ne portez pas vos sacs à l'épaule côté chaussée, ne brandissez pas votre téléphone au bord du trottoir, ne laissez rien de précieux dans les poches extérieures de vos sacs à dos. Utilisez les coffres-forts des hôtels pour votre passeport et l'argent dont vous n'avez pas besoin dans la journée.
Circulation
C'est là que réside le vrai danger. La circulation dans les villes vietnamiennes est chaotique, et le code de la route s'apparente à un recueil de suggestions. Traversez lentement, d'un pas régulier et prévisible : les scooters s'écouleront autour de vous. Pas de mouvements brusques, pas de course, pas d'arrêt au milieu du passage piéton. Cela paraît effrayant les premiers jours, puis on s'y fait.
Arnaques classiques
L'arnaque du « temple fermé » : quelqu'un vous assure qu'un site est fermé et se propose de vous emmener ailleurs — en général dans une boutique qui lui verse une commission. Ignorez-le et allez vérifier par vous-même.
Les compteurs de taxi trafiqués : certains chauffeurs utilisent des compteurs piégés ou inventent des « suppléments aéroport ». Privilégiez Grab ou les compagnies réputées (Vinasun, Mai Linh).
L'arnaque du cireur de chaussures : à Hô Chi Minh-Ville, quelqu'un peut vous proposer de réparer vos chaussures avant d'exiger un prix exorbitant. Refusez fermement.
Numéros d'urgence
Police : 113. Ambulance : 115. Pompiers : 114. Urgences générales : 111. Le français ou l'anglais n'est pas toujours compris ; n'hésitez pas à solliciter l'aide de votre hôtel ou des habitants.
Ambassade de France à Hanoï : +84 24 3944 5700. Consulat général à Hô Chi Minh-Ville : +84 28 3520 6800.
Ambassade de Belgique à Hanoï : +84 24 3934 6179. Ambassade de Suisse à Hanoï : +84 24 3934 6589. Consulat du Canada à Hô Chi Minh-Ville : +84 28 3827 9899.
Santé et soins médicaux
Préparation avant le départ
Aucun vaccin n'est obligatoire pour entrer au Vietnam (sauf en provenance d'un pays où sévit la fièvre jaune). Les vaccinations recommandées sont celles contre les hépatites A et B, la typhoïde et le tétanos. Pour un séjour prolongé en zone rurale, parlez à votre médecin de l'encéphalite japonaise et de la rage.
Le paludisme est, en pratique, éliminé dans les zones touristiques. Il subsiste toutefois un risque dans les régions montagneuses isolées, aux frontières avec le Laos et le Cambodge. Pour un itinéraire classique, la chimioprophylaxie n'est pas nécessaire, mais emportez un bon répulsif : la dengue, transmise par des moustiques à activité diurne, est présente dans tout le pays.
Offre médicale
Les grandes villes disposent de cliniques internationales au personnel anglophone : Family Medical Practice, Vinmec, FV Hospital. La qualité y est bonne et les tarifs inférieurs aux standards occidentaux, mais pour les cas sérieux, mieux vaut disposer d'une assurance incluant l'évacuation sanitaire.
La qualité et la maîtrise des langues varient dans les hôpitaux publics. Si vous vous retrouvez aux urgences d'un hôpital public, demandez à votre hôtel ou à des contacts locaux de vous aider pour la traduction. Les pharmacies délivrent la plupart des médicaments sans ordonnance, antibiotiques compris.
Soucis de santé fréquents chez les touristes
La tourista est un grand classique des voyages en Asie. Ne buvez pas l'eau du robinet, évitez les glaçons dans les établissements douteux, lavez les fruits. En cas de pépin : Imodium, solution de réhydratation et alimentation légère pendant un ou deux jours.
Le coup de chaleur est très sous-estimé. Avec une humidité de 80-90 %, la transpiration ne vous rafraîchit plus. Buvez beaucoup d'eau (2 à 3 litres par jour), portez un chapeau et accordez-vous des pauses dans les espaces climatisés.
Une assurance voyage est indispensable. Vérifiez la couverture des accidents de scooter (de nombreux contrats les excluent), des activités d'aventure et de l'évacuation médicale. Conservez tous les justificatifs délivrés par les cliniques pour votre remboursement.
Argent et budget
Monnaie et change
Le đồng vietnamien (VND) est l'une des monnaies aux chiffres les plus impressionnants au monde. Un euro équivaut à environ 27 000 à 28 000 đồngs. Vous allez compter en milliers et en millions : 80 000 đồngs pour un déjeuner, 500 000 pour une chambre d'hôtel, 150 000 pour la location d'un scooter à la journée. Les habitants escamotent souvent les trois derniers zéros : « quatre-vingts » signifie 80 000.
Les espèces règnent en maître. Les cartes sont acceptées dans les hôtels, les restaurants haut de gamme et les centres commerciaux, mais la cuisine de rue, les marchés et les petits cafés réclament du liquide. Les distributeurs automatiques sont partout et délivrent des đồngs. Les frais de retrait tournent autour de 30 000 à 50 000 VND par opération.
Pour changer de l'argent, les bijouteries (repérez les enseignes « Gold Shop ») offrent de meilleurs taux que les banques. Les bureaux de change des aéroports pratiquent des taux désastreux : n'y changez que le strict minimum pour rejoindre la ville.
Catégories de budget
Petit budget (25 à 40 euros par jour) : auberges de jeunesse ou maisons d'hôtes (5 à 10 euros), cuisine de rue et cafés locaux (3 à 5 euros le repas), transports publics ou bus bon marché, attractions gratuites et balades en pleine nature.
Budget moyen (50 à 80 euros par jour) : hôtels trois étoiles (20 à 35 euros), restaurants de catégorie intermédiaire (15 à 20 euros le repas), Grab et vols intérieurs, excursions et entrées de sites.
Confort (100 à 150 euros par jour) : hôtels quatre ou cinq étoiles (50 à 80 euros), restaurants de tous niveaux, excursions privées, spa et massages.
Luxe (200 euros et plus par jour) : hôtels de charme et villas (100 à 200 euros et plus), menus dégustation, guides privés, survols en hélicoptère au-dessus d'Hạ Long, yachts à Phú Quốc.
Quelques prix de référence (2025-2026)
Alimentation : phở de rue, 40 000 à 60 000 VND (1,50 à 2,50 euros) ; bánh mì, 20 000 à 35 000 ; café glacé, 25 000 à 40 000 ; déjeuner dans un restaurant touristique, 150 000 à 250 000 ; dîner gastronomique, 400 000 à 800 000.
Transports : une course en Grab en ville, 30 000 à 80 000 ; un bus interurbain, 150 000 à 400 000 ; un train Hanoï–Huế en couchette dure, 600 000 à 800 000 ; un vol intérieur, 500 000 à 1 500 000 ; une location de scooter, 120 000 à 200 000 par jour.
Hébergement : lit en dortoir, 150 000 à 250 000 ; chambre en maison d'hôtes, 300 000 à 500 000 ; hôtel trois étoiles, 500 000 à 900 000 ; hôtel quatre ou cinq étoiles, 1 000 000 à 3 000 000.
Les meilleurs itinéraires au Vietnam
7 jours : le Centre classique
Une excellente première approche du Vietnam, surtout si le temps est compté. L'accent est mis sur le Centre, la région la plus dense en sites incontournables.
Jour 1 : arrivée à Đà Nẵng. Transfert vers Hội An (30 minutes). Installation à l'hôtel, dans la Vieille Ville ou à proximité. Promenade nocturne le long du quai au moment où s'allument les lanternes. Dîner dans un restaurant de la rue Bạch Đằng, avec vue sur la rivière.
Jour 2 : Hội An. Matinée dans la Vieille Ville : pont japonais couvert, maisons de marchands chinois, salle d'assemblée Phúc Kiến. Après-midi à la plage d'An Bàng (à 4 km du centre) ou cours de cuisine vietnamienne. En soirée, essayage si vous avez commandé des vêtements sur mesure, puis marché de nuit.
Jour 3 : autour de Hội An. Tour à vélo dans les rizières jusqu'au village maraîcher de Trà Quế. Ou excursion à la journée à Mỹ Sơn, ruines de temples cham du Xᵉ siècle (UNESCO). Le soir, parcours dégustation de cuisine de rue.
Jour 4 : Hội An – Huế. Transfert matinal vers Huế par le col de Hải Vân, l'une des routes les plus spectaculaires du pays. Arrêt photo au col. Option à moto avec chauffeur ou par vous-même si vous êtes expérimenté. À Huế, installation et promenade au bord de la rivière des Parfums.
Jour 5 : Huế. Journée entière à la Citadelle impériale (comptez 3 à 4 heures). Après-midi consacré à un ou deux tombeaux royaux : Minh Mạng (le plus photogénique), Tự Đức (le plus romantique), Khải Định (le plus singulier, fusion de styles européen et asiatique). Dîner à base de spécialités de Huế, réputée pour être plus relevée que la cuisine du Nord ou du Sud.
Jour 6 : Huế – Đà Nẵng. Matinée à la pagode Thiên Mụ, en bord de rivière. Transfert vers Đà Nẵng. Visite des Montagnes de Marbre, avec leurs grottes abritant des sanctuaires bouddhiques et leurs points de vue. En soirée, rendez-vous au Pont du Dragon (il crache le feu à 21 h le week-end).
Jour 7 : départ depuis Đà Nẵng. Matinée à la plage de Mỹ Khê ou aux collines de Bà Nà et leur Pont d'Or. Départ, ou poursuite du voyage.
14 jours : le Vietnam du Nord au Sud
Le grand classique d'un bout à l'autre du pays. Arrivée par Hanoï, départ depuis Hô Chi Minh-Ville (ou l'inverse).
Jours 1-3 : Hanoï et Hạ Long. Arrivée, installation dans le Vieux Quartier. Premier jour d'acclimatation et de découverte : lac Hoàn Kiếm, temple Ngọc Sơn, les 36 rues des corporations. En soirée, spectacle de marionnettes sur l'eau. Deuxième jour : mausolée de Hô Chi Minh, Temple de la Littérature, pagodes autour du lac de l'Ouest. Jours 3-4 : croisière dans la baie d'Hạ Long.
Jours 4-5 : Huế. Vol depuis Hanoï. Deux jours pour explorer la cité impériale.
Jours 6-7 : Hội An. Transfert par le col de Hải Vân, deux jours à Hội An.
Jour 8 : Đà Nẵng – Nha Trang. Vol le matin. Journée plage, soirée fruits de mer sur le front de mer.
Jour 9 : Nha Trang. Excursion en bateau dans les îles : snorkeling, plages, déjeuner fruits de mer.
Jour 10 : Nha Trang – Đà Lạt. Bus ou taxi (quatre heures sur des routes de montagne panoramiques). Installation, découverte du lac et du centre-ville.
Jour 11 : Đà Lạt. Cascades (Datanla, Pongour), plantations de café, Maison Folle. Soirée au marché de nuit.
Jour 12 : Đà Lạt – Hô Chi Minh-Ville. Vol ou bus (sept à huit heures). Installation dans le district 1 ou le district 3. Soirée rue Bùi Viện ou dans les bars en rooftop.
Jour 13 : Hô Chi Minh-Ville. Le matin, excursion aux tunnels de Củ Chi. L'après-midi, visite du centre : cathédrale Notre-Dame, bureau de poste central, marché Bến Thành, musée des Vestiges de la guerre.
Jour 14 : départ de Hô Chi Minh-Ville. Matinée consacrée à ce qui reste : Palais de la Réunification, Chinatown (Cholon), shopping. Envol.
21 jours : le Vietnam complet, plages comprises
Pour qui a le temps d'explorer en profondeur — et de souffler un peu.
Jours 1-4 : Hanoï et Hạ Long. Trois jours à Hanoï permettent d'approfondir les musées, le vieux quartier et la gastronomie. Croisière deux jours / une nuit dans la baie.
Jours 5-6 : Ninh Bình. La « baie d'Hạ Long terrestre » : paysages karstiques sans la mer. Barques sur la rivière Ngô Đồng, temples troglodytiques, randonnées vers les points de vue.
Jours 7-9 : Huế et environs. Trois jours pour la citadelle, les tombeaux, la lagune et les plages avoisinantes.
Jours 10-12 : Hội An. Trois jours permettent de flâner dans la vieille ville, de sillonner la campagne à vélo, de profiter des plages et de commander des vêtements sur mesure.
Jours 13-15 : Nha Trang. Détente balnéaire, excursions en bateau, plongée ou snorkeling.
Jours 16-17 : Đà Lạt. Fraîcheur de la montagne, cascades, café.
Jours 18-19 : Hô Chi Minh-Ville. La métropole du Sud, ses lieux de mémoire et sa vie nocturne.
Jours 20-21 : delta du Mékong ou Phú Quốc. Soit deux jours dans le delta (marchés flottants, villages, vergers), soit vol pour Phú Quốc afin de finir le voyage sur les plages.
Connectivité et internet
Téléphonie mobile
Une carte SIM vietnamienne est indispensable : l'internet mobile est rapide et bon marché. Les principaux opérateurs sont Viettel (la meilleure couverture), Mobifone et Vinaphone. Les SIM touristiques sont en vente dans les halls d'arrivée des aéroports, aux kiosques situés juste après la douane. Comptez 150 000 à 300 000 đồngs (6 à 12 euros) pour 10 à 30 Go de data par mois, avec appels illimités au sein du réseau.
L'achat se fait contre présentation du passeport : simple formalité, le vendeur photographie la page d'identité. La SIM est activée dans la foulée, avec configuration automatique.
Wi-Fi
Le Wi-Fi gratuit est quasi universel : hôtels, cafés, restaurants et jusqu'à de nombreuses échoppes de rue. La qualité varie : celui des hôtels est généralement bon, celui des cafés peut être aléatoire. Pour travailler, mieux vaut s'en remettre à la 4G.
VPN et blocages
Le Vietnam bloque épisodiquement certains sites (Facebook est parfois capricieux). Il est recommandé d'installer un VPN avant l'arrivée. La plupart des services grand public fonctionnent : ExpressVPN, NordVPN, Surfshark.
Que manger : la cuisine vietnamienne
Les plats incontournables
Le phở est la soupe nationale et le symbole même de la cuisine vietnamienne. Des nouilles de riz baignent dans un bouillon parfumé, mijoté dix à vingt-quatre heures avec des os de bœuf, des épices, du gingembre et de l'anis étoilé. Il se garnit de fines tranches de bœuf (phở bò) ou de poulet (phở gà), d'herbes fraîches et de pousses de soja. On le mange au petit-déjeuner, au déjeuner, au dîner, à 3 heures du matin : le phở est toujours le bienvenu. Le meilleur ne se déguste pas dans les restaurants, mais dans les échoppes de rue où des familles peaufinent le même plat depuis plusieurs générations.
Le bánh mì est le sandwich vietnamien, héritage direct de la colonisation française. Pain croustillant à l'extérieur, aéré à l'intérieur, garni de pâté, de porc apprêté de mille façons, de carotte et de daïkon marinés, de coriandre fraîche et de piment. Il coûte 20 000 à 35 000 đồngs (moins de 1,50 euro) et peut bien être le meilleur sandwich de votre vie. À Hội An, Bánh Mì Phượng figure dans plusieurs classements internationaux des meilleures cuisines de rue.
Le bún chả est la spécialité de Hanoï : nouilles de riz accompagnées de boulettes de porc grillées, trempées dans une sauce aigre-douce aux herbes. C'est le plat qu'Obama a partagé avec Anthony Bourdain dans le célèbre épisode de Parts Unknown ; le restaurant (Bún Chả Hương Liên) est désormais surnommé « Obama Bún Chả ».
Les bánh cuốn sont de très fines crêpes de riz cuites à la vapeur, farcies de porc haché et de champignons. Elles se servent avec du nem chua (saucisse de porc fermentée), des herbes fraîches et de la sauce de poisson. C'est un petit-déjeuner typique du Nord.
Le cơm tấm, ou « riz brisé », est un grand classique du Sud. Ces grains de riz cassés lors de la mouture (autrefois réservés aux plus modestes) se servent avec une côtelette de porc grillée, une sorte d'omelette et des légumes marinés. C'est nourrissant, bon marché et savoureux.
Spécialités régionales
Huế est le berceau de la cuisine impériale et des plats les plus épicés du pays. Le bún bò Huế est une soupe relevée au bœuf et au jarret de porc, très éloignée du phở. Les bánh bèo sont de petites galettes de riz cuites à la vapeur, saupoudrées de poudre de crevette. Le nem lụi se compose de viande enroulée autour de bâtonnets de citronnelle, que l'on déguste ensuite dans des feuilles de riz, avec des herbes.
Hội An est la capitale gastronomique du Centre. Le cao lầu, ces nouilles épaisses, ne se prépare qu'ici, avec l'eau de certains puits locaux. Le bánh mì de Hội An ajoute plusieurs ingrédients à la recette standard. Quant aux « roses blanches » (bánh bao vạc), ce sont des raviolis de riz en forme de rose, farcis aux crevettes.
Le Sud propose des saveurs plus douces, avec une profusion d'herbes et de légumes. Les bánh xèo sont des crêpes croustillantes aux crevettes, au porc et aux germes de soja. Le hủ tiếu est une soupe claire aux nouilles et au porc. Les gỏi cuốn sont des rouleaux de printemps frais, que l'on roule soi-même dans une feuille de riz.
Les fruits de mer sont partout le long du littoral. À Nha Trang, à Phú Quốc ou à Đà Nẵng, on choisit crevettes, crabes, langoustes ou coquilles Saint-Jacques directement dans les viviers, on paie au poids, et la cuisine s'occupe du reste. Les prix sont imbattables comparés à l'Occident, et la fraîcheur est garantie.
Boissons
Café — le Vietnam étant le deuxième producteur mondial, la culture du café y est singulière. Le cà phê sữa đá est un café glacé au lait concentré sucré : c'est la base. Le cà phê trứng se prépare avec un jaune d'œuf battu, onctueux comme un tiramisu, et vient de Hanoï. Le cà phê cốt dừa, lui, est parfumé à la noix de coco. Le café se prépare dans de petits filtres métalliques (phin) qui s'égouttent lentement dans votre verre : un vrai rituel contemplatif.
Bière — la bia hơi, ou « bière fraîche », est brassée sans conservateurs et consommée le jour même. Elle coûte 5 000 à 10 000 đồngs le verre (0,20 à 0,40 euro) et se boit sur de petits tabourets en plastique, directement sur le trottoir. C'est un rituel social : employés de bureau, ouvriers et touristes s'y retrouvent côte à côte. En bouteille, les principales marques sont Saigon Beer, Hanoi Beer et 333.
Thé — le trà đá (thé vert glacé) est servi gratuitement presque partout. Le trà sen est un thé au lotus, parfumé et onéreux. Le trà atisô, à l'artichaut, vient de Đà Lạt et est réputé bon pour le foie.
La cuisine de rue est-elle sûre ?
La cuisine de rue n'est pas un danger au Vietnam : c'est l'attraction principale. Quelques règles, cependant. Choisissez les stands où les habitants font la queue — la rotation garantit la fraîcheur. Évitez ceux où les plats attendent au soleil. Viandes et fruits de mer doivent être cuits devant vous. Les crudités sont lavées à l'eau du robinet ; si vous avez l'estomac sensible, demandez qu'on les enlève. Et ne vous privez pas d'essayer : la cuisine de rue vietnamienne est plus propre et de meilleure qualité que dans bien des pays voisins.
Shopping et souvenirs
Que rapporter
Le café est le choix évident. Le café de civette (cà phê chồn), fameux « café de crotte de chat », est cher et souvent contrefait. Le robusta et l'arabica classiques de Đà Lạt ou de Buôn Ma Thuột sont excellents et honnêtes. Achetez-les dans des boutiques spécialisées ou directement dans les plantations.
La soie — le Vietnam produit une soie de qualité, notamment au village de Vạn Phúc, près de Hanoï, et à Hội An. On y achète aussi bien du tissu au mètre que des pièces finies. À Hội An, les tailleurs confectionnent robes, costumes ou manteaux sur mesure en 24 à 48 heures, à partir de vos mensurations et de photos trouvées sur Pinterest.
Les vêtements sur mesure sont la principale raison de faire du shopping à Hội An. Des centaines d'ateliers couvrent tout le spectre, du costume homme (à partir de 80 dollars) à la robe de mariée. La qualité varie : fiez-vous aux avis TripAdvisor et prévoyez le temps nécessaire pour les essayages et les retouches.
Les laques sont un artisanat traditionnel. Boîtes, vases et tableaux en laque multicouche, rehaussés d'incrustations de nacre. Les belles pièces ne sont pas bon marché ; les pièces bon marché ne sont pas belles.
Les céramiques, en particulier celles du village de Bát Tràng, près de Hanoï. Porcelaines bleu et blanc, vases, figurines… Vous pouvez visiter les ateliers et créer votre propre pièce.
Les chapeaux coniques (nón lá) sont des classiques du souvenir touristique, mais les modèles haut de gamme, en feuille de palmier, sont réellement jolis. Les nón bài thơ de Huế, tissés avec des poèmes dissimulés à l'intérieur, sont d'une élégance particulière.
Où acheter
Marchés : Bến Thành à Hô Chi Minh-Ville (touristique, prix gonflés), Đồng Xuân à Hanoï (plus local), marché de nuit de Hội An (souvenirs et lanternes) ou marché Hàn à Đà Nẵng. Sur les marchés, négociez : les prix annoncés représentent généralement deux à trois fois la valeur réelle.
Centres commerciaux : Vincom, Lotte Mart, Aeon Mall dans les grandes villes. Prix fixes, climatisation, garanties de qualité. Idéal pour l'électronique, les cosmétiques ou les vêtements de marque.
Applications utiles
Transport et navigation
Grab — l'application incontournable pour taxis et moto-taxis. Prix affiché à l'avance, paiement par carte ou en espèces, zéro barrière linguistique avec les chauffeurs.
Google Maps — fonctionne bien, même si pour les transports en commun, les applications locales sont plus précises. Téléchargez les cartes hors ligne des zones que vous comptez visiter.
Rome2Rio — très pratique pour planifier les trajets interurbains : toutes les options (bus, train, avion) sont présentées avec prix et durées.
12Go Asia — réservation en ligne de bus, trains et ferries. Léger supplément, mais confortable et fiable.
Traduction et communication
Google Translate — le mode appareil photo permet de traduire enseignes et menus. Téléchargez le pack de langue vietnamienne pour l'utiliser hors ligne.
Préparer son voyage : en guise de conclusion
Le Vietnam selon votre profil
Passionnés d'histoire et de culture : Hanoï et Huế sont vos priorités. Une capitale millénaire avec ses temples, une cité impériale avec sa citadelle et ses tombeaux. Ajoutez Hội An pour l'atmosphère et Mỹ Sơn pour les ruines cham. Hô Chi Minh-Ville couvre l'histoire du XXᵉ siècle, de la guerre à la réunification.
Amateurs de plages : Phú Quốc est le premier choix pour des vacances balnéaires classiques. Nha Trang, si vous tenez à une infrastructure développée. Mũi Né pour le kitesurf. Côn Đảo pour l'isolement et une expérience haut de gamme. Les plages de Đà Nẵng se combinent parfaitement avec le tourisme culturel.
Gourmets : commencez à Hanoï pour le phở et le bún chả, traversez Huế (cuisine impériale et épicée) et Hội An (cao lầu et roses blanches), terminez à Hô Chi Minh-Ville avec les plats du Sud et les fruits de mer. Cours de cuisine et balades gustatives de rue partout où vous passez.
Amateurs d'aventure et de nature : Sa Pa et Hà Giang pour le trekking, Phong Nha pour la spéléologie, Đà Lạt pour le vélo et les cascades, Nha Trang et Phú Quốc pour la plongée et le snorkeling. Hạ Long pour le kayak entre les pitons karstiques.
Petits budgets : le Vietnam est l'un des pays les moins chers au monde pour voyager bien. Billets de bus en open ticket, auberges de jeunesse, cuisine de rue : on s'en sort pour 25 à 30 euros par jour sans sacrifier une once d'expérience.
À quoi s'attendre
Le Vietnam n'est pas une destination de confort au sens occidental. C'est bruyant, chaotique, parfois crasseux. La circulation est intimidante, les vendeurs insistants, la barrière de la langue bien réelle. Mais c'est aussi ce qui transforme le voyage ici en véritable aventure, bien loin du simple passage d'un hôtel à l'autre.
Les Vietnamiens comptent parmi les peuples les plus accueillants et les plus travailleurs d'Asie. Ils ont traversé un siècle de guerres et d'occupations avant de bâtir un pays émergent dynamique. Traitez-les avec respect, et ils vous le rendront au centuple, dans une hospitalité sincère.




