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Guide complet de l'Islande : la terre de feu et de glace
L'Islande. Ce nom évoque instantanément des images de glaciers immenses, de volcans fumants, d'aurores boréales dansant dans le ciel nocturne et de paysages si surréels qu'ils semblent appartenir à une autre planète. Cette île de l'Atlantique Nord, située juste sous le cercle polaire arctique, est devenue l'une des destinations les plus prisées des voyageurs francophones ces dernières années. Et pour cause : nulle part ailleurs sur Terre vous ne trouverez une telle concentration de merveilles naturelles sur un territoire aussi compact.
Ce guide a été conçu spécifiquement pour les voyageurs francophones — que vous veniez de France, de Belgique, de Suisse ou du Québec. Vous y trouverez toutes les informations pratiques nécessaires pour planifier votre voyage, des conseils d'initié que seuls les habitués de l'Islande connaissent, et des itinéraires détaillés adaptés à différentes durées de séjour. Préparez-vous à découvrir un pays qui changera à jamais votre vision de ce que la nature peut offrir.
1. Pourquoi visiter l'Islande
La question devrait plutôt être : pourquoi ne pas visiter l'Islande ? Ce petit pays de 370 000 habitants, soit moins que la ville de Nice, offre une densité de merveilles naturelles sans équivalent sur la planète. Mais au-delà des cartes postales et des clichés Instagram, qu'est-ce qui rend l'Islande vraiment unique ?
Un laboratoire géologique à ciel ouvert
L'Islande est le seul endroit au monde où la dorsale médio-atlantique émerge de l'océan. Cette chaîne de montagnes sous-marines, qui s'étend sur 16 000 kilomètres de l'Arctique à l'Antarctique, est ici accessible à pied. Vous pouvez littéralement marcher entre deux plaques tectoniques — la plaque nord-américaine et la plaque eurasienne — qui s'écartent de 2,5 centimètres par an. Le site de Þingvellir, inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO, offre cette expérience unique de se tenir entre deux continents.
Cette position géologique exceptionnelle explique l'intense activité volcanique de l'île. L'Islande compte plus de 130 volcans, dont une trentaine sont considérés comme actifs. Les éruptions récentes, comme celle du Fagradalsfjall en 2021, 2022 et 2023, ou les événements spectaculaires de la péninsule de Reykjanes depuis 2024, ont rappelé au monde que cette terre est en perpétuelle transformation. Observer une éruption volcanique en Islande est une expérience que peu de destinations peuvent offrir de manière aussi accessible et relativement sûre.
Des paysages d'une diversité stupéfiante
En une seule journée de route en Islande, vous pouvez traverser des déserts de cendres noires dignes de la Lune, longer des glaciers millénaires, admirer des cascades parmi les plus puissantes d'Europe, vous promener dans des champs de lave recouverts de mousse fluorescente, et terminer en vous baignant dans une source chaude naturelle avec vue sur l'océan. Cette concentration de paysages différents dans un espace aussi réduit est tout simplement inégalée.
Les glaciers islandais couvrent environ 11 % du territoire. Le Vatnajökull, le plus grand glacier d'Europe hors Russie, fait à lui seul près de 8 000 km² — presque la taille de la Corse. Sous ces masses de glace se cachent des volcans actifs, provoquant parfois des crues glaciaires dévastatrices appelées jökulhlaups. Cette coexistence du feu et de la glace n'est pas qu'un slogan touristique : c'est la réalité quotidienne de ce pays extraordinaire.
Une nature encore sauvage et accessible
Contrairement à beaucoup de destinations naturelles prisées où l'afflux touristique a dénaturé les sites, l'Islande a su préserver une grande partie de son caractère sauvage. La faible densité de population — moins de quatre habitants au kilomètre carré en moyenne, et pratiquement zéro dans les hautes terres intérieures — signifie que vous pouvez encore trouver des endroits où vous serez seul face à l'immensité.
Le droit de libre accès à la nature, similaire à celui des pays scandinaves, permet de randonner presque partout et même de camper dans la nature sous certaines conditions. Cette liberté de mouvement dans des paysages aussi grandioses est un privilège de plus en plus rare dans notre monde surpeuplé.
Les aurores boréales : un spectacle céleste inoubliable
De septembre à mars, l'Islande devient l'un des meilleurs endroits au monde pour observer les aurores boréales. Ce phénomène lumineux, provoqué par l'interaction entre les particules solaires et l'atmosphère terrestre, transforme le ciel en une toile mouvante aux couleurs vertes, roses et parfois violettes. Bien que les aurores ne soient jamais garanties — elles dépendent de l'activité solaire et des conditions météorologiques —, l'Islande offre de nombreuses nuits d'obscurité et des sites d'observation exceptionnels.
Les aurores boréales sont bien plus qu'un simple phénomène optique. Les voir danser dans le ciel provoque une émotion profonde, presque spirituelle, que les mots peinent à décrire. C'est l'une de ces expériences qui justifient à elles seules le voyage.
Le soleil de minuit : l'autre extrême lumineux
À l'opposé du spectre saisonnier, l'été islandais offre le phénomène du soleil de minuit. De fin mai à fin juillet, le soleil ne se couche pratiquement pas, baignant le pays dans une lumière dorée quasi permanente. Cette luminosité continue permet de randonner à toute heure, de photographier sans contrainte horaire, et de vivre au rythme que vous choisissez. Le revers de la médaille — des nuits d'hiver très longues — est le prix à payer pour ce privilège estival.
Une culture fascinante et accueillante
Les Islandais ont préservé une culture unique, mêlant traditions vikings et modernité. Leur langue, l'islandais, a si peu évolué depuis l'époque des sagas que les Islandais d'aujourd'hui peuvent lire des textes vieux de mille ans avec peu de difficulté. Cette connexion avec le passé se retrouve dans de nombreux aspects de la vie quotidienne, des noms de famille patronymiques aux célébrations traditionnelles.
Malgré leur réserve apparente, les Islandais sont des hôtes chaleureux une fois la glace brisée. Leur société, parmi les plus égalitaires au monde, valorise l'éducation, la créativité et le respect de l'environnement. Visiter Reykjavík, la capitale la plus septentrionale du monde, c'est découvrir une métropole miniature bouillonnante de culture, de musique et de gastronomie innovante.
Un sentiment de sécurité incomparable
L'Islande figure régulièrement en tête des classements des pays les plus sûrs au monde. La criminalité y est quasi inexistante, les policiers ne portent pas d'arme, et les enfants jouent sans surveillance dans les rues. Cette atmosphère de sécurité permet de voyager l'esprit libre, de laisser son véhicule ouvert sur les parkings isolés et de faire confiance aux inconnus sans arrière-pensée.
Pour les voyageurs en solo, et particulièrement les femmes voyageant seules, l'Islande représente une destination idéale, où les préoccupations sécuritaires habituelles peuvent être mises de côté pour se concentrer pleinement sur l'expérience du voyage.
2. Les régions d'Islande : un tour d'horizon complet
L'Islande se divise naturellement en plusieurs régions distinctes, chacune offrant des caractéristiques et des attractions uniques. Comprendre cette géographie vous aidera à planifier un itinéraire cohérent et à ne pas manquer les trésors de chaque zone.
La région de la capitale : Reykjavík et ses environs
Reykjavík est le cœur battant de l'Islande. Avec environ 230 000 habitants dans sa zone métropolitaine, elle concentre les deux tiers de la population du pays. Mais ne vous y trompez pas : même la plus grande ville d'Islande garde une atmosphère de village, où tout le monde semble se connaître et où la nature n'est jamais loin.
Le centre-ville, articulé autour de l'emblématique église Hallgrímskirkja dont la silhouette évoque les colonnes de basalte islandaises, se parcourt facilement à pied. La rue principale, Laugavegur, concentre boutiques, restaurants et cafés dans une ambiance cosmopolite. Ne manquez pas la salle de concert Harpa, chef-d'œuvre architectural dont la façade de verre capture et reflète la lumière changeante du ciel islandais.
Le vieux port de Reykjavík, autrefois cœur de l'industrie de la pêche, s'est transformé en quartier branché tout en conservant son authenticité. C'est d'ici que partent les excursions d'observation des baleines dans la baie de Faxaflói, une expérience inoubliable qui vous mettra face à face avec des baleines à bosse, des petits rorquals et des dauphins à bec blanc.
Pour comprendre l'histoire et la culture islandaises, le Musée national d'Islande offre un parcours complet, depuis l'époque viking jusqu'à nos jours. Le musée Perlan, installé dans d'anciens réservoirs d'eau chaude sur la colline d'Öskjuhlíð, propose des expositions interactives sur la nature islandaise, avec notamment un tunnel de glace artificiel et un planétarium dédié aux aurores boréales.
Sur le front de mer, la sculpture Sun Voyager de Jón Gunnar Árnason, avec sa silhouette de bateau viking stylisé, est devenue l'un des symboles de la ville. Au coucher du soleil, c'est l'un des meilleurs spots photo de Reykjavík, avec les montagnes de la péninsule de Reykjanes en arrière-plan.
L'hôtel de ville de Reykjavík, situé au bord du lac Tjörnin, abrite une fascinante maquette topographique de l'Islande qui vous aidera à visualiser les régions que vous comptez explorer.
À environ 45 minutes de la capitale, le célèbre Blue Lagoon attire des visiteurs du monde entier dans ses eaux géothermiques d'un bleu laiteux. Bien que très touristique et assez coûteuse, l'expérience reste mémorable, surtout sous la neige hivernale ou au coucher du soleil estival. Réservez impérativement à l'avance, parfois plusieurs semaines en haute saison.
Le Cercle d'Or : les incontournables accessibles
Le Cercle d'Or désigne un circuit touristique d'environ 300 kilomètres au départ de Reykjavík, réalisable en une journée, qui regroupe trois sites majeurs. C'est souvent la première excursion des visiteurs, et pour cause : elle offre un concentré d'Islande, à la fois accessible et spectaculaire.
Þingvellir, le premier arrêt, est chargé d'histoire autant que de géologie. C'est ici que fut fondé en 930 l'Alþing, le premier parlement d'Europe, qui se réunissait dans ce cadre naturel grandiose. La faille d'Almannagjá, où coule la rivière Öxará, marque la limite occidentale de la plaque tectonique eurasienne. Vous pouvez marcher dans cette faille, sentir l'histoire sous vos pieds et les continents de part et d'autre.
Geysir, le deuxième arrêt, a donné son nom à tous les geysers du monde. Le Grand Geysir, connu depuis le XIVe siècle, est aujourd'hui largement inactif, mais son voisin Strokkur entre en éruption toutes les cinq à dix minutes, projetant une colonne d'eau bouillante jusqu'à 30 mètres de hauteur. Observer la surface de l'eau gonfler, former une bulle turquoise puis exploser vers le ciel ne lasse jamais, même après plusieurs éruptions.
Gullfoss, la Cascade d'Or, conclut le circuit en beauté. Cette double cascade de 32 mètres de haut se précipite dans un canyon étroit avec une puissance qui fait trembler le sol. Au printemps, lorsque la fonte des neiges gonfle le débit, le spectacle est particulièrement impressionnant. Un chemin permet d'approcher au plus près des chutes et de sentir les embruns sur son visage.
La côte sud : cascades, glaciers et plages noires
La côte sud de l'Islande, accessible par la Route 1, concentre certains des paysages les plus photographiés du pays. Cette région, coincée entre les glaciers des hautes terres et l'océan Atlantique, offre une succession de merveilles naturelles sur moins de 200 kilomètres.
Seljalandsfoss est la première cascade majeure que vous rencontrerez. Sa particularité : un sentier permet de passer derrière le rideau d'eau, offrant une perspective unique. Préparez votre imperméable, car vous serez trempé, mais l'expérience en vaut la peine. Non loin de là, la cascade cachée de Gljúfrabúi, accessible en se faufilant dans une gorge étroite, est tout aussi magique et bien moins fréquentée.
Skógafoss, quelques kilomètres plus loin, est l'archétype de la cascade islandaise : 60 mètres de haut, 25 mètres de large, une puissance brute et photogénique sous tous les angles. Un escalier de 500 marches permet d'atteindre le sommet et d'accéder au début du célèbre sentier de randonnée Fimmvörðuháls, qui mène à Þórsmörk à travers des paysages volcaniques extraordinaires.
La plage de sable noir de Reynisfjara, près du village de Vík, est considérée comme l'une des plus belles plages du monde dans de nombreux classements. Les colonnes de basalte de la grotte d'Hálsanefshellir, les aiguilles rocheuses de Reynisdrangar qui émergent de l'océan et les vagues violentes de l'Atlantique Nord composent un tableau dramatique. Attention cependant : ces vagues sont dangereuses. Chaque année, des touristes imprudents sont emportés par les sneaker waves, ces vagues imprévisibles qui déferlent bien plus haut sur la plage que les précédentes. Restez à distance respectueuse de l'eau.
Le parc national du Vatnajökull, le plus grand d'Europe, protège l'immense glacier du même nom et ses environs. La lagune glaciaire de Jökulsárlón, où des icebergs aux teintes bleues et blanches dérivent lentement vers la mer, offre un spectacle hypnotique. Ces mêmes icebergs, rejetés par les vagues, s'échouent sur la plage de sable noir voisine, surnommée Diamond Beach en raison de l'éclat de ces joyaux de glace sous le soleil.
En hiver, des excursions permettent d'explorer les grottes de glace qui se forment sous les glaciers. Ces cathédrales de glace bleue, éphémères et toujours différentes d'une année à l'autre, comptent parmi les expériences les plus extraordinaires que l'Islande puisse offrir.
Les fjords de l'Est : la route moins fréquentée
Les fjords de l'Est sont souvent négligés par les visiteurs pressés de boucler le tour de l'île. C'est une erreur. Cette région, la plus éloignée de Reykjavík, offre certains des paysages les plus spectaculaires et l'Islande la plus authentique.
La route qui serpente d'un fjord à l'autre, passant des cols de montagne aux villages de pêcheurs, est une aventure en soi. Chaque fjord semble plus beau que le précédent, avec ses montagnes plongeant dans des eaux calmes, ses cascades tombant des falaises et ses villages colorés accrochés au rivage.
Seyðisfjörður, accessible par une route de montagne spectaculaire depuis Egilsstaðir, est le joyau de la région. Ce village d'artistes, avec ses maisons en bois colorées et son église bleue emblématique, accueille le ferry venant du Danemark et des îles Féroé. L'atmosphère bohème, les galeries d'art et les cafés chaleureux en font une étape incontournable.
La région abrite également la plus grande forêt d'Islande — ce qui, dans un pays pratiquement dépourvu d'arbres, reste tout relatif, mais néanmoins surprenant. Hallormsstaðaskógur, planté au XXe siècle, offre des sentiers de randonnée ombragés et une faune plus diversifiée que dans le reste du pays.
Les fjords de l'Est sont aussi le territoire des rennes islandais, introduits au XVIIIe siècle depuis la Norvège. Avec un peu de patience et de chance, vous pourrez observer ces animaux majestueux dans leur environnement naturel.
Le Nord : la capitale des baleines et les merveilles volcaniques
La région nord de l'Islande, articulée autour de la ville d'Akureyri, offre une alternative souvent moins fréquentée au sud du pays, tout en rivalisant avec lui en termes de beauté et d'intérêt.
Akureyri, avec ses 20 000 habitants, est la deuxième plus grande agglomération d'Islande. Cette petite ville universitaire, nichée au fond du fjord Eyjafjörður, surprend par son dynamisme culturel et son microclimat relativement clément. Les jardins botaniques les plus septentrionaux du monde y prospèrent, et les stations de ski voisines offrent des panoramas exceptionnels.
Húsavík, sur la côte nord, s'est autoproclamée capitale européenne de l'observation des baleines. La baie de Skjálfandi abrite une population résidente de baleines à bosse, et les excursions en mer affichent un taux de réussite proche de 100 % en été. Les baleines bleues, les plus grands animaux ayant jamais existé sur Terre, sont parfois observées dans ces eaux riches en nourriture.
La région de Mývatn, dont le nom signifie « lac des mouches », est un concentré d'activité géothermique. Cratères d'explosion, champs de lave, sources chaudes, fumerolles sulfureuses et formations rocheuses surréalistes composent un paysage d'un autre monde. Les bains naturels de Mývatn, alternative moins coûteuse et moins bondée au Blue Lagoon, offrent une expérience de baignade géothermique dans un cadre sauvage.
Dettifoss, souvent décrite comme la cascade la plus puissante d'Europe, se trouve à l'est de Mývatn. Bien que d'autres cascades revendiquent ce titre selon différents critères, la masse d'eau grise chargée de sédiments glaciaires qui se précipite dans le canyon de Jökulsárgljúfur avec un grondement assourdissant laisse une impression durable. Le canyon lui-même, formé il y a quelques milliers d'années par des crues glaciaires cataclysmiques, est un chef-d'œuvre géologique.
Ásbyrgi, le canyon en forme de fer à cheval situé au nord de Dettifoss, est selon la légende l'empreinte du sabot de Sleipnir, le cheval à huit pattes d'Odin. Plus prosaïquement, il s'agit d'un autre témoignage des crues glaciaires qui ont façonné la région. Aujourd'hui, ce canyon abrite une forêt de bouleaux et offre des randonnées paisibles, loin des foules.
Les fjords de l'Ouest : l'Islande ultime
Les Westfjords, ou fjords de l'Ouest, constituent la région la plus isolée, la plus sauvage et la moins visitée d'Islande. Cette péninsule découpée en d'innombrables fjords, reliée au reste de l'île par un isthme étroit, recèle des trésors pour qui accepte de prendre le temps de s'y aventurer.
L'accès aux Westfjords demande de la préparation. Les routes, souvent non goudronnées et étroites, serpentent le long de falaises vertigineuses. Certains cols sont fermés une grande partie de l'année à cause de la neige. Mais cette difficulté d'accès est aussi ce qui préserve l'authenticité de la région.
Ísafjörður, la capitale régionale avec ses 2 500 habitants, est une base idéale pour explorer les environs. Cette ancienne ville de pêche conserve des bâtiments historiques du XVIIIe siècle et une atmosphère de bout du monde.
La réserve naturelle de Hornstrandir, accessible uniquement en bateau, est le sanctuaire le plus sauvage d'Islande. Aucune route, aucun habitant permanent, juste des falaises à oiseaux parmi les plus spectaculaires d'Europe, des renards arctiques curieux et un silence que peu d'endroits sur Terre peuvent encore offrir.
Dynjandi, la reine des cascades islandaises selon bien des connaisseurs, se déploie en plusieurs paliers sur 100 mètres de dénivelé. Sa forme en éventail, avec une base beaucoup plus large que son sommet, lui confère une élégance unique. L'arrivée sur le site, après des heures de route sinueuse, est un moment de grâce.
Les falaises de Látrabjarg, à l'extrême ouest de l'Europe, sont le paradis des ornithologues. Des millions de macareux, guillemots et autres oiseaux marins nichent sur ces falaises de 14 kilomètres de long et jusqu'à 440 mètres de haut. Les macareux, particulièrement peu farouches ici, se laissent approcher à quelques mètres, offrant des opportunités photographiques exceptionnelles.
Les hautes terres intérieures : le cœur sauvage
L'intérieur de l'Islande, inaccessible la majeure partie de l'année, constitue le plus grand désert d'Europe. Ces hautes terres inhabitées, accessibles uniquement en été et exclusivement en véhicule 4×4, représentent l'Islande dans sa forme la plus brute.
Landmannalaugar, au bout d'une piste défoncée qui traverse des rivières sans pont, est célèbre pour ses montagnes de rhyolite aux couleurs psychédéliques — rose, jaune, vert, bleu, orange — et ses sources chaudes naturelles où les randonneurs fatigués peuvent se délasser. C'est le point de départ du célèbre trek du Laugavegur, considéré comme l'une des plus belles randonnées du monde.
Þórsmörk, la vallée de Thor, est un éden vert niché entre trois glaciers. Accessible uniquement en 4×4 spécialisé capable de traverser des rivières profondes, ou par les sentiers de randonnée, cette vallée offre des marches à travers des paysages féeriques de mousses, de bouleaux nains et de formations rocheuses spectaculaires.
Askja, un immense caldeira volcanique perdu au cœur du désert intérieur, nécessite une expédition d'une journée au départ d'Akureyri ou du lac Mývatn. Le lac de cratère Víti, dont les eaux turquoise peuvent atteindre 20 °C en été, permet une baignade surréaliste dans ce décor lunaire. La NASA a d'ailleurs utilisé cette région pour entraîner les astronautes des missions Apollo.
3. Phénomènes naturels uniques
L'Islande est un théâtre permanent où se jouent certains des phénomènes naturels les plus spectaculaires de la planète. Comprendre ces phénomènes enrichira votre expérience et vous aidera à planifier votre voyage pour maximiser vos chances d'y assister.
Les aurores boréales
Les aurores boréales, ou aurora borealis, sont provoquées par l'interaction entre les particules chargées émises par le Soleil et les gaz de la haute atmosphère terrestre. Lorsque ces particules, portées par le vent solaire, atteignent la Terre, elles sont canalisées vers les pôles par le champ magnétique terrestre. En entrant en collision avec les atomes d'oxygène et d'azote de l'atmosphère, elles les excitent et provoquent l'émission de lumière.
La couleur des aurores dépend de l'altitude et du type de gaz impliqué. Le vert, la teinte la plus commune, est produit par l'oxygène situé entre 100 et 300 kilomètres d'altitude. Le rouge, plus rare, provient de l'oxygène à plus haute altitude. Le bleu et le violet, quant à eux, sont dus à l'azote.
Pour observer les aurores en Islande, plusieurs conditions doivent être réunies. Il faut d'abord de l'obscurité, ce qui limite la saison d'observation de début septembre à fin mars. Il faut ensuite un ciel dégagé, ce qui n'est jamais garanti dans ce pays au temps capricieux. Enfin, il faut une activité solaire suffisante, mesurée par l'indice Kp, qui va de 0 à 9.
Le site de l'office météorologique islandais publie des prévisions d'aurores mises à jour quotidiennement, combinant prévisions de couverture nuageuse et prévisions d'activité aurorale. C'est votre meilleur outil pour planifier vos sorties nocturnes.
Pour maximiser vos chances, éloignez-vous de la pollution lumineuse de Reykjavík. Les campagnes du sud et du nord offrent des ciels plus sombres. Habillez-vous très chaudement, car vous passerez potentiellement des heures dans le froid à attendre. Un trépied est indispensable pour photographier les aurores, qui nécessitent des temps d'exposition de plusieurs secondes.
Sachez que les aurores sont imprévisibles et jamais garanties. Vous pouvez passer une semaine en Islande sans en voir une seule, ou en observer de spectaculaires dès votre première nuit. Cette incertitude fait partie de l'aventure.
Le soleil de minuit et la nuit polaire
Du fait de l'inclinaison de l'axe terrestre et de la position de l'Islande juste sous le cercle polaire arctique, le pays connaît des variations extrêmes de luminosité au fil des saisons.
En été, aux alentours du solstice de juin, le soleil ne se couche pratiquement pas. Même lorsqu'il descend sous l'horizon, le crépuscule persiste toute la nuit, maintenant une luminosité suffisante pour lire dehors à minuit. Sur l'île de Grímsey, la seule partie de l'Islande située au-delà du cercle polaire, le soleil reste visible 24 heures sur 24 pendant quelques jours autour du solstice.
Cette lumière continue affecte profondément l'expérience du voyage. Les paysages baignent dans une lumière dorée pendant des heures aux moments où le soleil est bas, créant des conditions photographiques exceptionnelles. Les horaires perdent leur signification : pourquoi rentrer dormir quand il fait encore jour ? Les Islandais eux-mêmes vivent au ralenti l'hiver pour mieux profiter de ces nuits blanches estivales.
À l'inverse, l'hiver islandais se caractérise par des journées très courtes. Au solstice de décembre, le soleil ne se lève qu'aux alentours de 11 h 30 pour se coucher vers 15 h 30 à Reykjavík, et encore plus tôt dans le nord. Cette obscurité n'est pas totale pour autant : même au cœur de l'hiver, quelques heures de lumière crépusculaire éclairent le milieu de la journée. Et c'est précisément cette obscurité qui permet d'observer les aurores boréales.
L'activité volcanique
L'Islande compte parmi les régions les plus volcaniquement actives de la planète. En moyenne, une éruption se produit tous les quatre à cinq ans quelque part sur l'île. Certaines sont mineures et passent inaperçues, d'autres captivent l'attention du monde entier.
L'éruption de l'Eyjafjallajökull en 2010 reste gravée dans les mémoires pour avoir paralysé le trafic aérien européen pendant des semaines. Plus récemment, la péninsule de Reykjanes, endormie pendant 800 ans, s'est réveillée avec une série d'éruptions depuis 2021. Le Fagradalsfjall a offert des spectacles pyrotechniques accessibles depuis Reykjavík, attirant des milliers de visiteurs venus admirer les fontaines de lave.
Assister à une éruption volcanique est une expérience transformante. La chaleur qui irradie de la lave incandescente, le grondement sourd des explosions, l'odeur de soufre, la conscience d'assister à la création de nouvelles terres — tout cela laisse une impression indélébile.
Bien sûr, les éruptions ne se programment pas. Vous ne pouvez pas planifier votre voyage pour en voir une. Mais si une éruption se produit pendant votre séjour et qu'elle est accessible en toute sécurité, c'est une occasion à ne pas manquer. Suivez les consignes des autorités, qui évacuent les zones dangereuses et balisent des chemins d'accès lorsque c'est possible.
Même en dehors des éruptions actives, l'activité géothermique est omniprésente en Islande. Les champs de fumerolles de Hverir, près de Mývatn, avec leurs marmites de boue bouillonnante et leurs émanations sulfureuses, rappellent la puissance qui sommeille sous vos pieds. Les sources chaudes, des plus aménagées comme le Blue Lagoon aux plus sauvages perdues dans la montagne, vous permettent de profiter directement de cette énergie terrestre.
Les glaciers et leurs phénomènes associés
Les glaciers islandais, bien qu'ils reculent à un rythme alarmant sous l'effet du changement climatique, restent parmi les plus impressionnants d'Europe. Ces masses de glace, certaines vieilles de plusieurs milliers d'années, façonnent le paysage et engendrent des phénomènes uniques.
Les lagunes glaciaires, comme Jökulsárlón et Fjallsárlón, se forment là où le glacier rencontre la mer ou un lac. Des blocs de glace se détachent du front glaciaire et dérivent lentement, composant des tableaux changeants d'une beauté surréaliste. Les icebergs peuvent être blancs, bleus — signe d'une forte compression de la glace — ou striés de noir par les sédiments volcaniques.
Les grottes de glace qui se forment sous les glaciers en hiver comptent parmi les expériences les plus extraordinaires que l'Islande puisse offrir. Ces cathédrales naturelles, aux parois de glace bleue translucide, sont éphémères : elles se forment à l'automne, lorsque les eaux de fonte cessent de couler, et disparaissent au printemps suivant. Chaque année, de nouvelles grottes apparaissent tandis que d'autres s'effondrent.
L'accès aux grottes de glace nécessite obligatoirement un guide professionnel équipé du matériel de sécurité adéquat. Les excursions partent généralement de la région de Jökulsárlón, entre novembre et mars, selon les conditions. Réservez à l'avance, car les places sont limitées et la demande forte.
Les cascades
Avec ses précipitations abondantes, ses glaciers et son relief accidenté, l'Islande est le pays des cascades par excellence. On en compte des milliers, de toutes tailles et de tous styles. Certaines sont devenues des icônes, d'autres restent secrètes au fond de vallées isolées.
Ce qui rend les cascades islandaises si particulières, c'est leur diversité. Skógafoss et Seljalandsfoss, sur la côte sud, tombent de falaises formées par d'anciennes lignes de côte. Gullfoss se précipite dans un canyon avec une puissance brute. Goðafoss, la cascade des dieux, déploie son rideau d'eau en fer à cheval. Dettifoss impressionne par sa masse d'eau grise et sa violence. Svartifoss, encadrée de colonnes de basalte, semble tout droit sortie d'un conte.
Beaucoup de cascades changent radicalement d'aspect selon les saisons. En hiver, le gel peut les transformer partiellement en sculptures de glace. Au printemps, la fonte des neiges décuple leur débit. En été, l'arc-en-ciel est presque garanti lorsque le soleil brille sur leurs embruns.
4. Quand partir en Islande
L'Islande se visite toute l'année, mais chaque saison offre une expérience radicalement différente. Le choix de la période dépend de vos priorités et de ce que vous souhaitez voir et faire.
L'été (juin-août)
L'été est la haute saison touristique en Islande, et pour de bonnes raisons. Les températures y sont les plus clémentes, oscillant généralement entre 10 et 15 °C dans les basses terres. Les journées sont interminables grâce au soleil de minuit, vous laissant tout le temps nécessaire pour explorer. Toutes les routes sont ouvertes, y compris les pistes des hautes terres intérieures, accessibles uniquement en 4×4.
C'est la période idéale pour la randonnée, les treks de plusieurs jours, l'observation des macareux (qui nichent de mai à août), et pour ceux qui veulent voir le maximum de sites en un minimum de temps. Les terrains de camping sont ouverts, les ferries vers les îles fonctionnent, et les options d'activités sont à leur maximum.
Le revers de la médaille : c'est aussi la période la plus fréquentée et la plus chère. Les sites populaires peuvent être bondés, surtout en juillet. Les hébergements et les locations de voiture doivent être réservés plusieurs mois à l'avance. Et, bien sûr, pas d'aurores boréales, puisqu'il ne fait jamais vraiment nuit.
L'hiver (novembre-février)
L'hiver islandais est l'antithèse de l'été : des journées très courtes, mais des nuits propices aux aurores boréales, des paysages enneigés d'une beauté féerique et une atmosphère plus intimiste, avec moins de touristes. C'est aussi la saison des grottes de glace sous les glaciers.
Les températures, contrairement aux idées reçues, sont relativement douces pour cette latitude, grâce au Gulf Stream. Attendez-vous à des températures autour de 0 °C à Reykjavík, parfois plus froides dans l'intérieur. Le véritable défi n'est pas le froid, mais le vent et les tempêtes, qui peuvent être violents.
Conduire en hiver demande de l'expérience et de la prudence. Les routes peuvent être verglacées, enneigées ou fermées sans préavis. Les journées courtes limitent le temps de visite. Beaucoup de sites, surtout dans le nord et les hautes terres, sont inaccessibles.
Malgré ces contraintes, l'hiver islandais a un charme unique. Les cascades partiellement gelées, les paysages d'un blanc immaculé, la magie des aurores dansant dans le ciel et le sentiment d'aventure face aux éléments font de cette saison une expérience inoubliable pour les voyageurs bien préparés.
Les saisons intermédiaires (avril-mai et septembre-octobre)
Ces périodes de transition offrent souvent le meilleur compromis. En septembre et en octobre, les aurores boréales redeviennent visibles, tandis que les routes restent généralement praticables. Les couleurs d'automne — oranges, rouges et jaunes — ajoutent une dimension supplémentaire aux paysages. La fréquentation touristique diminue significativement après la mi-septembre.
Avril et mai voient le retour de la lumière et le réveil de la nature. Les oiseaux migrateurs reviennent, les cascades sont gonflées par la fonte des neiges, et les journées rallongent rapidement. C'est une période d'espoir et de renouveau, bien que le temps demeure imprévisible et que certaines routes des hautes terres ne soient pas encore ouvertes.
Le principal avantage des saisons intermédiaires est l'équilibre entre accessibilité et tranquillité. Les prix y sont plus bas qu'en été, les réservations plus faciles, et vous aurez souvent les sites pour vous seul. C'est, à mon avis, la meilleure période pour découvrir l'Islande, si vous êtes flexible sur la météo.
5. Comment s'y rendre
L'Islande, île isolée au milieu de l'Atlantique Nord, n'est accessible que par voie aérienne ou maritime. Les options varient selon votre point de départ et vos préférences.
Depuis la France
Plusieurs compagnies assurent des liaisons directes entre la France et l'Islande. Icelandair, la compagnie nationale islandaise, dessert Paris-Charles-de-Gaulle toute l'année, avec plusieurs vols hebdomadaires. La durée du vol est d'environ 3 h 30. Play, la compagnie low cost islandaise lancée en 2019, propose également des vols depuis Paris à des tarifs souvent plus compétitifs.
En été, les options se multiplient avec des vols depuis d'autres villes françaises comme Lyon ou Bordeaux. Transavia, la filiale low cost d'Air France, propose des liaisons saisonnières à des prix attractifs si vous réservez tôt.
L'aéroport international de Keflavík (code KEF) est situé à environ 50 kilomètres de Reykjavík, soit 45 minutes de route. Des navettes régulières (Flybus, Airport Direct) assurent la liaison avec la capitale pour environ 25 à 35 euros. La location de voiture directement à l'aéroport est également une option pratique.
Les citoyens français, belges et suisses n'ont pas besoin de visa pour des séjours de moins de 90 jours en Islande. Une carte d'identité ou un passeport en cours de validité suffit. L'Islande fait partie de l'espace Schengen, bien qu'elle ne soit pas membre de l'Union européenne.
Depuis le Québec et le Canada
L'Islande est remarquablement proche du Canada en termes de distance aérienne. Montréal n'est qu'à cinq heures de vol de Reykjavík, soit moins que depuis Paris ou Londres. Cette proximité fait de l'Islande une destination naturelle pour les Québécois en quête de dépaysement.
Icelandair dessert Montréal (YUL) toute l'année avec plusieurs vols hebdomadaires. En été, la fréquence augmente et des vols depuis Toronto sont également disponibles. Air Canada a parfois proposé des liaisons saisonnières.
Pour les citoyens canadiens, le régime de visa est le même que pour les Européens : pas de visa nécessaire pour des séjours de moins de 90 jours. Un passeport valide suffit. L'Islande reconnaît les permis de conduire canadiens pour les séjours touristiques.
Un conseil pour les Québécois : l'Islande est une excellente escale pour un voyage vers l'Europe continentale. Icelandair permet d'ajouter un stopover de plusieurs jours en Islande sans frais supplémentaires sur les billets transatlantiques. C'est une occasion de découvrir deux destinations en un seul voyage.
Depuis la Belgique et la Suisse
La Belgique et la Suisse n'ont pas de liaisons directes régulières vers l'Islande. Les voyageurs belges et suisses transitent généralement par Paris, Londres, Amsterdam ou Copenhague. Icelandair dessert ces hubs européens avec des correspondances faciles vers Keflavík.
De Bruxelles, les options incluent le transit par Paris (environ 1 h 30 en train ou en avion) ou par Amsterdam (environ deux heures). De Genève ou de Zurich, les correspondances via Paris ou Londres sont les plus pratiques.
Comparez les prix selon les différents hubs, car ils peuvent varier significativement. Il arrive qu'un vol low cost vers Paris, suivi d'un autre vers Reykjavík, revienne moins cher qu'un billet avec correspondance sur la même compagnie.
En ferry
Pour ceux qui ont le temps et qui souhaitent emmener leur propre véhicule, le ferry reste une option. La compagnie Smyril Line opère la ligne Hirtshals (Danemark) – Tórshavn (îles Féroé) – Seyðisfjörður (Islande). La traversée complète dure environ deux jours et demi.
Cette option est plus coûteuse et plus longue que l'avion, mais elle permet d'emmener son propre véhicule, d'éviter les frais de location et de faire escale aux îles Féroé pour quelques heures ou quelques jours. Pour les voyageurs en camping-car ou les amoureux de la mer, c'est une aventure en soi.
Le ferry fonctionne d'avril à octobre environ, avec une fréquence d'un départ par semaine. Les réservations doivent se faire longtemps à l'avance, surtout pour les véhicules en haute saison.
6. Se déplacer en Islande
La question du transport est centrale dans la planification d'un voyage en Islande. Le pays n'a pas de réseau ferroviaire et les transports en commun y sont limités. Pour la plupart des visiteurs, la location de voiture est la solution privilégiée.
La location de voiture
Louer une voiture en Islande vous donne une liberté totale pour explorer à votre rythme, vous arrêter où vous le souhaitez et accéder à des sites hors des sentiers battus. C'est le mode de déplacement recommandé pour la majorité des voyageurs.
Le choix du véhicule dépend de votre itinéraire. Pour le Cercle d'Or et la côte sud en été, une voiture standard suffit. Pour les fjords de l'Ouest, le nord ou si vous voyagez en hiver, un 4×4 est fortement recommandé. Pour les pistes F des hautes terres intérieures, un 4×4 est obligatoire, et la plupart des contrats de location l'exigent.
Les loueurs sont nombreux, des grandes enseignes internationales aux compagnies locales. Les prix varient considérablement selon la saison, le type de véhicule et les assurances. En été, prévoyez de réserver plusieurs mois à l'avance pour obtenir les meilleurs tarifs et la disponibilité souhaitée.
Les assurances méritent une attention particulière. L'assurance de base couvre les dommages au véhicule avec une franchise élevée. Des assurances complémentaires couvrent le sable (SAAP), les gravillons (GP), le vol et d'autres risques spécifiques à l'Islande. Évaluez soigneusement vos besoins, en gardant à l'esprit que les conditions de conduite peuvent être difficiles.
Le permis de conduire français, belge, suisse ou canadien est valide en Islande. Le code de la route est similaire à celui du reste de l'Europe, avec conduite à droite. Les limitations de vitesse sont de 50 km/h en ville, 80 km/h sur les routes de gravier et 90 km/h sur les routes asphaltées.
Spécificités de la conduite en Islande
Conduire en Islande demande de l'adaptation. Les routes, même la Route 1 qui fait le tour de l'île, peuvent être étroites et sinueuses. Les ponts à voie unique sont fréquents et nécessitent de céder le passage au premier arrivé. Les moutons, en liberté de mai à septembre, peuvent surgir sur la chaussée à tout moment.
Le vent est le danger le plus sous-estimé. Les rafales peuvent atteindre des vitesses extrêmes, surtout dans les zones exposées. Ouvrir une portière de voiture dans une tempête peut l'arracher de ses gonds — un dommage non couvert par les assurances standard. Tenez toujours fermement votre portière en sortant du véhicule.
Le gravier est omniprésent sur les routes secondaires. Ralentissez lors des croisements avec d'autres véhicules pour éviter les projections de gravillons sur le pare-brise. Les crevaisons ne sont pas rares.
En hiver, les routes peuvent être verglacées ou enneigées. Les pneus hiver ou cloutés sont obligatoires de novembre à la mi-avril. Vérifiez l'état des routes en temps réel sur le site road.is avant de partir. Certaines routes, particulièrement dans le nord et dans les hautes terres, sont fermées une grande partie de l'hiver.
L'essence est chère en Islande : prévoyez environ 250 à 300 ISK par litre (soit environ 1,80 à 2,10 euros). Les stations-service sont espacées dans les zones rurales. Faites le plein dès que possible et ne repartez pas avec moins d'un demi-réservoir.
Les excursions organisées
Si vous ne souhaitez pas conduire, de nombreux opérateurs proposent des excursions à la journée ou sur plusieurs jours au départ de Reykjavík. C'est une option confortable qui vous décharge des contraintes logistiques et vous permet de bénéficier des connaissances d'un guide.
Les excursions couvrent tous les classiques : Cercle d'Or, côte sud, observation des baleines, glaciers, aurores boréales. Des formules plus aventureuses existent pour les grottes de glace, la motoneige sur glacier ou les randonnées dans les hautes terres.
L'inconvénient est le manque de flexibilité et le coût, généralement plus élevé que la location de voiture lorsqu'on voyage à plusieurs. Les groupes peuvent être nombreux en haute saison, et vous êtes tributaire du programme établi.
Le bus
Un réseau de bus publics dessert les principales villes et les sites touristiques, mais les fréquences sont limitées, surtout en dehors de l'été. Strætó, Reykjavík Excursions et d'autres compagnies opèrent des lignes régulières.
En été, des bus spécialisés desservent les hautes terres intérieures — seuls moyens d'y accéder si vous n'avez pas de 4×4. Ces bus des hautes terres peuvent vous déposer au début d'un trek et vous récupérer à la fin, permettant des randonnées linéaires comme le Laugavegur.
Pour un voyage économique ou si vous ne conduisez pas, le bus reste une option viable, mais demande de la planification et de la patience.
L'auto-stop
L'Islande est l'un des pays les plus sûrs au monde pour faire de l'auto-stop. Les Islandais sont généralement serviables, et beaucoup de touristes s'arrêtent aussi pour prendre des auto-stoppeurs. En été, c'est un moyen viable et économique de se déplacer, surtout le long de la Route 1.
Cependant, le trafic est faible sur beaucoup de routes, et l'attente peut être longue dans les zones isolées. L'auto-stop n'est pas recommandé en hiver ou par mauvais temps. De plus, il vous laisse à la merci des occasions, sans garantie d'atteindre votre destination à l'heure prévue.
7. Code culturel islandais
Comprendre la culture islandaise enrichira votre voyage et vous évitera quelques faux pas. Les Islandais, bien que très occidentalisés et ouverts sur le monde, ont leurs particularités.
Caractéristiques du peuple islandais
Les Islandais peuvent paraître réservés au premier abord. Ne prenez pas leur silence pour de l'hostilité : c'est simplement leur manière d'être. Une fois la conversation engagée, ils se révèlent souvent chaleureux et curieux. Le small talk ne fait pas partie de leurs habitudes — ils préfèrent les conversations substantielles ou le silence confortable.
L'égalitarisme est profondément ancré dans la société islandaise. Il n'y a pas de noblesse, peu de hiérarchie sociale visible, et le tutoiement est la norme. Les Islandais s'appellent par leur prénom, même dans les contextes formels. Le système patronymique fait que les enfants ne portent pas le nom de famille de leurs parents, mais un nom dérivé du prénom de leur père (ou de leur mère), suivi de -son pour les garçons et de -dóttir pour les filles.
La ponctualité est valorisée. Arrivez à l'heure à vos rendez-vous et réservations. En contrepartie, attendez-vous à ce que les services soient ponctuels eux aussi.
L'anglais est parlé par la quasi-totalité de la population, et très bien parlé par les plus jeunes générations. Vous n'aurez aucun problème à communiquer. Cela dit, apprendre quelques mots d'islandais — takk (merci), bless (au revoir), já (oui) — sera apprécié.
Étiquette des sources chaudes
Les sources chaudes, qu'elles soient naturelles ou aménagées en piscines publiques, sont au cœur de la vie sociale islandaise. Les piscines publiques, présentes dans chaque ville et chaque village, sont des lieux de rencontre où les Islandais se retrouvent, discutent et se détendent.
La règle numéro un, non négociable : la douche nu(e) avant d'entrer dans l'eau. Ce n'est pas une option, c'est une obligation. Les vestiaires disposent de douches communes et vous devez vous laver soigneusement, sans maillot de bain, avec du savon. Les Islandais prennent cela très au sérieux, pour des raisons d'hygiène et de tradition. Les étrangers qui tentent d'esquiver cette étape sont rappelés à l'ordre, parfois fermement.
Une fois cette étape passée, enfilez votre maillot de bain et profitez des bassins. La plupart des piscines comportent plusieurs bassins à différentes températures, des jacuzzis, et parfois des saunas ou des hammams. L'entrée coûte généralement entre 8 et 15 euros, un prix dérisoire pour cette expérience authentique.
Les sources chaudes naturelles dans la nature suivent les mêmes règles d'hygiène. Respectez les lieux, ne laissez aucun déchet, et si vous voyez d'autres baigneurs, demandez si vous pouvez vous joindre à eux.
Respect de l'environnement
L'Islande est un pays fragile sur le plan écologique. Les écosystèmes, adaptés à des conditions extrêmes, sont lents à se régénérer. Une empreinte de pas dans la mousse islandaise peut rester visible pendant des années. Une ornière de voiture dans un champ de lave est quasi permanente.
Quelques règles fondamentales : restez sur les sentiers balisés. Ne marchez pas sur la mousse ni sur la végétation. Ne déplacez pas les pierres et ne construisez pas de cairns (ceux qui existent ont une fonction de balisage ; les autres défigurent le paysage). Emportez tous vos déchets. Ne vous soulagez pas dans la nature sans nécessité et, le cas échéant, enterrez vos déchets.
Le camping sauvage est théoriquement autorisé en Islande pour une nuit, dans les zones non cultivées et non protégées, à condition que vous n'ayez pas de véhicule motorisé. En pratique, de nombreux propriétaires privés et de nombreuses communes ont restreint cette possibilité face aux abus. Privilégiez les campings officiels.
Le respect de l'environnement inclut aussi la faune. Ne vous approchez pas trop des oiseaux nicheurs, en particulier des sternes arctiques, qui peuvent attaquer pour défendre leur nid. Gardez vos distances avec les phoques et les baleines. Observez sans déranger.
Croyances et folklore
Une part significative des Islandais déclarent croire à l'existence des huldufólk, le « peuple caché », des êtres surnaturels qui vivraient dans les rochers et les collines. Que cette croyance soit littérale ou culturelle, elle est prise suffisamment au sérieux pour que des routes aient été déviées afin de ne pas déranger des rochers réputés habités.
Les elfes, les trolls et autres créatures du folklore islandais font partie du patrimoine culturel. Des musées leur sont consacrés, des histoires circulent dans chaque région. Que vous y croyiez ou non, accueillez ces récits avec respect et curiosité, plutôt qu'avec un scepticisme moqueur.
La religion dominante est le luthéranisme, auquel appartiennent théoriquement 60 % de la population, bien que la pratique soit faible. Les anciennes croyances nordiques connaissent un renouveau avec l'Ásatrú, officiellement reconnu comme religion. Le nouveau temple païen de Reykjavík, le premier depuis la christianisation il y a mille ans, symbolise cette renaissance spirituelle.
8. Sécurité en Islande
L'Islande est l'un des pays les plus sûrs au monde. La criminalité y est quasi inexistante, les policiers ne portent pas d'arme, et vous pouvez laisser votre voiture ouverte et vos affaires sans surveillance sans grande inquiétude. Cependant, les dangers existent — ils viennent de la nature, pas des humains.
Dangers naturels
La météo islandaise est imprévisible et peut changer radicalement en quelques heures. Une journée ensoleillée peut se transformer en tempête de neige, surtout en montagne. Vérifiez toujours les prévisions sur vedur.is avant de partir en excursion. Si les conditions se dégradent, n'hésitez pas à faire demi-tour ou à reporter votre activité.
Le vent est particulièrement dangereux. Les rafales peuvent atteindre des vitesses suffisantes pour renverser une personne ou projeter des objets. Lors de tempêtes, les autorités conseillent de rester à l'intérieur. Sur les falaises et les sites exposés, tenez-vous éloigné des bords lorsque le vent souffle.
L'océan islandais est froid (rarement plus de 10 °C) et ses vagues sont puissantes et imprévisibles. Les sneaker waves, ces vagues beaucoup plus grosses que les autres, ont coûté la vie à plusieurs touristes sur les plages noires. Ne tournez jamais le dos à l'océan et restez à bonne distance, même si les vagues semblent calmes.
Les zones géothermiques présentent des risques de brûlure. L'eau des sources peut être bouillante, et la croûte de sol peut être fragile au-dessus de poches de vapeur. Restez sur les chemins aménagés et ne touchez pas l'eau avant d'en avoir vérifié la température.
Les glaciers sont dangereux sans guide et sans équipement adéquat. Les crevasses peuvent être cachées par la neige, et la glace peut être instable. Ne vous aventurez jamais sur un glacier sans accompagnement professionnel.
Sécurité routière
Les accidents de la route sont la principale cause de blessures graves parmi les touristes en Islande. Les conditions de conduite peuvent être difficiles : routes étroites, ponts à voie unique, gravier, verglas, vent latéral, moutons sur la chaussée, visibilité réduite.
Respectez les limitations de vitesse : elles existent pour une raison. Ralentissez dans les zones de gravier et sur les ponts. Gardez vos phares allumés en permanence. Ne vous arrêtez pas au milieu de la route pour prendre des photos — trouvez un endroit sûr pour vous garer.
En hiver, adaptez votre conduite aux conditions. Si les routes sont fermées ou déconseillées, n'y allez pas. Les services de secours sont limités dans les zones reculées, et une évacuation peut prendre des heures.
Préparation et équipement
Pour toute randonnée, même courte, emportez des vêtements chauds et imperméables, de la nourriture et de l'eau, une carte et une boussole (ou un GPS), un téléphone chargé et une lampe frontale. Informez quelqu'un de votre itinéraire et de votre heure de retour prévue.
L'application SafeTravel permet d'enregistrer votre plan de voyage auprès des services de secours islandais. En cas de non-retour, ils sauront où vous chercher. C'est gratuit et potentiellement vital.
Si vous vous trouvez en difficulté, le numéro d'urgence en Islande est le 112. La couverture réseau est bonne le long de la Route 1 et autour des zones habitées, mais peut être inexistante dans les hautes terres et les fjords isolés.
9. Santé en Islande
L'Islande dispose d'un excellent système de santé, comparable aux meilleurs standards européens. Les risques sanitaires pour les voyageurs sont minimes, mais quelques précautions s'imposent.
Assurance et soins médicaux
Les citoyens de l'Union européenne et de l'Espace économique européen bénéficient de la carte européenne d'assurance maladie (CEAM), qui donne accès aux soins de santé dans les mêmes conditions que les résidents islandais. Demandez votre carte auprès de votre caisse d'assurance maladie au moins deux semaines avant le départ.
Pour les Québécois et les autres Canadiens, l'assurance provinciale ne couvre généralement pas les soins à l'étranger, ou alors de manière très limitée. Une assurance voyage complémentaire couvrant les frais médicaux et le rapatriement est indispensable.
Dans tous les cas, une assurance voyage complète, incluant le rapatriement et les activités à risque comme la randonnée sur glacier, est fortement recommandée. Les évacuations en hélicoptère depuis des zones reculées peuvent coûter des dizaines de milliers d'euros.
Les hôpitaux sont concentrés à Reykjavík et à Akureyri. Les régions rurales disposent de centres de santé plus modestes. Les pharmacies (apótek) sont présentes dans les villes principales et bien approvisionnées. Emportez vos médicaments habituels ainsi que les ordonnances correspondantes.
Risques sanitaires spécifiques
L'Islande ne présente pas de risques sanitaires particuliers. Aucune vaccination spécifique n'est requise. L'eau du robinet est potable partout et d'excellente qualité — c'est l'une des plus pures au monde. Vous pouvez boire aux fontaines publiques et aux ruisseaux de montagne sans traitement.
Le principal risque de santé est l'hypothermie, en cas d'exposition prolongée au froid et au vent, surtout si vous êtes mouillé. Habillez-vous en couches, avec une couche externe coupe-vent et imperméable. Changez de vêtements mouillés rapidement.
Les coups de soleil sont possibles, même en Islande, surtout sur les glaciers, où la réflexion de la neige intensifie les UV. Crème solaire et lunettes de soleil sont conseillées.
Le décalage horaire est minime pour les Européens (une ou deux heures selon la saison) et modéré pour les Québécois (cinq heures). L'Islande reste à l'heure de Greenwich toute l'année, sans changement d'heure été/hiver.
10. Argent et budget
L'Islande a la réputation d'être un pays cher, et cette réputation est justifiée. Un voyage en Islande demande un budget conséquent, mais une planification soignée peut aider à maîtriser les dépenses.
La monnaie
La couronne islandaise (ISK) est la monnaie nationale. En mars 2026, le taux de change est d'environ 150 ISK pour 1 euro, ou 100 ISK pour 1 dollar canadien. Ces taux fluctuent ; vérifiez le cours actuel avant votre voyage.
Les cartes bancaires sont acceptées absolument partout en Islande, y compris pour de petits montants. Visa et Mastercard fonctionnent sans problème. L'argent liquide est rarement nécessaire — beaucoup d'Islandais n'en ont jamais sur eux. Si vous avez besoin d'espèces, les distributeurs sont présents dans toutes les villes.
Attention aux frais de change si vous payez en devise étrangère ou retirez aux distributeurs. Certaines banques facturent des frais élevés pour les transactions internationales. Vérifiez les conditions de votre carte avant le départ. Les cartes sans frais de change comme Revolut ou N26 sont particulièrement utiles en Islande.
Budget quotidien
Pour vous donner une idée des coûts, voici quelques prix indicatifs. Attention : ces prix peuvent varier significativement selon la saison et l'endroit.
Hébergement : une nuit en auberge de jeunesse coûte entre 40 et 70 euros en dortoir. Un hôtel milieu de gamme demande de 150 à 250 euros la nuit pour une chambre double. Les guesthouses familiales offrent un bon compromis, entre 100 et 180 euros. Le camping, option la plus économique, revient à 15-25 euros par personne et par nuit, voire plus si vous n'avez pas votre propre tente.
Restauration : un repas dans un restaurant de milieu de gamme coûte de 30 à 50 euros par personne. Un hamburger ou un fish and chips revient à 20-30 euros. Un hot-dog, la street food nationale, coûte 5 à 7 euros. Les courses au supermarché, bien que plus chères qu'en France, permettent de réduire significativement ce poste : prévoyez 15 à 25 euros par personne et par jour pour vous nourrir vous-même.
Transport : la location d'une voiture standard coûte de 50 à 80 euros par jour en été, moins en basse saison. Un 4×4 demande de 100 à 200 euros par jour selon le modèle. L'essence revient à environ 2 euros le litre. Les excursions organisées varient de 80 euros pour le Cercle d'Or à 300-400 euros pour une expédition dans une grotte de glace.
Activités : l'entrée au Blue Lagoon coûte de 70 à 100 euros selon le forfait. Une excursion d'observation des baleines revient à 80-100 euros. Une randonnée guidée sur glacier coûte de 100 à 150 euros. Beaucoup de sites naturels, en revanche, sont gratuits.
Budget total : en mode économique (camping, cuisine personnelle, pas d'activités payantes), prévoyez 80 à 120 euros par jour et par personne. En mode confort (hôtel, restaurants, quelques activités), comptez 200 à 300 euros. En mode grand confort, il n'y a pas de limite.
Conseils pour économiser
Voyagez hors saison : les prix des hébergements et des locations de voiture baissent significativement de septembre à mai (hors Noël et Nouvel An).
Faites vos courses dans les chaînes Bónus ou Krónan, les supermarchés les moins chers d'Islande. Évitez les boutiques de stations-service, beaucoup plus chères.
Apportez une bouteille d'eau réutilisable : l'eau du robinet islandaise est excellente et vous éviterez d'acheter des bouteilles.
Cuisinez vous-même : la plupart des hébergements disposent de cuisines communes. Les plats tout prêts des supermarchés (soupes, sandwichs) sont aussi moins chers que les restaurants.
Privilégiez les sites naturels gratuits : beaucoup des plus beaux endroits d'Islande ne coûtent rien.
Partagez les coûts : voyager à plusieurs permet de diviser les frais de location de voiture et d'hébergement.
11. Itinéraires suggérés
Planifier un itinéraire en Islande demande de faire des choix. Vous ne pourrez pas tout voir en un seul voyage, mais voici des suggestions adaptées à différentes durées de séjour.
7 jours : l'essentiel de l'Islande
Une semaine est le minimum pour avoir un aperçu de l'Islande. Cet itinéraire se concentre sur les incontournables accessibles depuis Reykjavík.
Jour 1 : arrivée et Reykjavík
Atterrissage à Keflavík, récupération de la voiture de location. Installation à Reykjavík. Promenade dans le centre-ville, découverte de l'église Hallgrímskirkja et de la salle de concert Harpa. Visite de l'hôtel de ville de Reykjavík pour voir la maquette topographique de l'île. Coucher de soleil à la sculpture Sun Voyager. Dîner dans un restaurant du centre.
Jour 2 : Cercle d'Or
Journée consacrée au circuit classique. Début à Þingvellir, où vous pourrez marcher entre les plaques tectoniques et visiter le site historique de l'Alþing. Continuation vers Geysir pour observer les éruptions de Strokkur. Déjeuner sur place. Terminez par Gullfoss, la Cascade d'Or, où vous pourrez vous approcher des chutes. Si le temps le permet, détour par le cratère de Kerið avant de rentrer. Retour à Reykjavík.
Jour 3 : péninsule de Snæfellsnes
Départ matinal vers la péninsule de Snæfellsnes, souvent décrite comme « l'Islande en miniature ». Arrêt à la montagne Kirkjufell, la plus photographiée d'Islande. Exploration du parc national de Snæfellsjökull, avec son glacier mythique qui a inspiré Jules Verne. Visite des falaises de basalte d'Arnarstapi et de la plage de galets noirs de Djúpalónssandur. Nuit dans la péninsule ou retour à Reykjavík.
Jour 4 : côte sud — cascades et glaciers
Direction la côte sud. Arrêts aux cascades de Seljalandsfoss, où vous pouvez passer derrière le rideau d'eau, et de Skógafoss, puissante et majestueuse. Poursuite vers le village de Vík et la plage noire de Reynisfjara, avec ses colonnes de basalte. Attention aux vagues dangereuses. Continuation vers l'est jusqu'à la région du Vatnajökull. Nuit dans la région de Vík ou de Kirkjubæjarklaustur.
Jour 5 : Jökulsárlón et glaciers
Matinée à la lagune glaciaire de Jökulsárlón, où les icebergs dérivent vers la mer. Promenade sur Diamond Beach pour admirer les blocs de glace échoués sur le sable noir. Option : excursion en bateau amphibie sur la lagune ou randonnée guidée sur glacier. L'après-midi, exploration de Fjallsárlón, lagune voisine moins fréquentée. Retour vers l'ouest en fin de journée. Nuit dans la région de Vík.
Jour 6 : retour à Reykjavík et Blue Lagoon
Route tranquille vers l'ouest, avec la possibilité de revisiter des sites ou d'en découvrir de nouveaux. Arrêt à la cascade cachée de Gljúfrabúi si vous l'avez manquée. En fin de journée, détente au Blue Lagoon — réservez votre créneau à l'avance. Les bains sont particulièrement magiques au coucher du soleil. Nuit à Reykjavík.
Jour 7 : Reykjavík et départ
Matinée libre pour explorer Reykjavík plus en détail. Visite du Musée national d'Islande ou du musée Perlan. En option : excursion d'observation des baleines dans la baie de Faxaflói si le temps le permet. Transfert à l'aéroport de Keflavík pour le vol de retour.
10 jours : le tour du Sud et de l'Est
Dix jours permettent d'explorer plus en profondeur et d'ajouter les fjords de l'Est, souvent négligés mais magnifiques.
Jours 1 à 3 : identiques à l'itinéraire de 7 jours
Reykjavík, Cercle d'Or et péninsule de Snæfellsnes, comme décrit précédemment.
Jour 4 : côte sud jusqu'à Vík
Cascades de Seljalandsfoss et de Skógafoss. Exploration approfondie de la région de Vík : plage de Reynisfjara, cap de Dyrhólaey avec vue panoramique et colonies d'oiseaux (macareux de mai à août). Nuit à Vík.
Jour 5 : Vík vers Jökulsárlón
Traversée des champs de lave moussus d'Eldhraun. Arrêt au canyon de Fjaðrárgljúfur, petit mais spectaculaire. Continuation vers le parc national de Skaftafell pour une courte randonnée vers la cascade de Svartifoss, encadrée de colonnes de basalte. Arrivée à Jökulsárlón en fin de journée. Nuit dans la région de Höfn.
Jour 6 : Jökulsárlón et fjords de l'Est
Matinée à Jökulsárlón et à Diamond Beach, idéalement tôt pour éviter la foule. Puis route vers les fjords de l'Est. La route serpente d'un fjord à l'autre, offrant des vues spectaculaires à chaque virage. Arrêts dans les villages de pêcheurs colorés. Nuit à Djúpivogur ou à Breiðdalsvík.
Jour 7 : fjords de l'Est jusqu'à Seyðisfjörður
Suite de l'exploration des fjords. Route jusqu'à Egilsstaðir, la plus grande ville de l'Est. Excursion à Seyðisfjörður, charmant village d'artistes accessible par une route de montagne spectaculaire. Promenade dans le village, visite de l'église bleue emblématique. Retour à Egilsstaðir pour la nuit.
Jour 8 : retour vers l'Ouest
Longue journée de route pour rejoindre la côte sud. Vous pouvez emprunter la route du nord via Mývatn si vous en avez l'énergie, mais cela allonge significativement le trajet. Sinon, retour par la côte sud avec des arrêts aux sites manqués à l'aller. Nuit dans la région de Selfoss ou de Hella.
Jour 9 : excursion dans les hautes terres ou détente
Si vous avez un 4×4 et que les conditions le permettent, excursion à Landmannalaugar pour voir les montagnes de rhyolite colorées et vous baigner dans les sources chaudes. Sinon, journée de détente : Secret Lagoon à Flúðir (alternative moins chère au Blue Lagoon), exploration de la région de Hella, ou retour tranquille vers Reykjavík avec un arrêt au cratère de Kerið. Nuit à Reykjavík.
Jour 10 : Reykjavík et départ
Dernière matinée à Reykjavík. Achats de souvenirs sur Laugavegur. Visite d'un musée manqué précédemment. Détente dans une piscine publique pour vivre comme un local. Transfert à l'aéroport.
14 jours : le tour complet de l'île
Deux semaines permettent de faire le tour complet de la Route 1 et de profiter de chaque région sans se presser.
Jours 1 et 2 : Reykjavík et alentours
Exploration approfondie de la capitale et de sa région. Premier jour : centre-ville, musées, ambiance urbaine. Deuxième jour : excursion d'observation des baleines dans la baie de Faxaflói, visite du Blue Lagoon.
Jour 3 : Cercle d'Or approfondi
Circuit du Cercle d'Or avec le temps d'apprécier chaque site. Randonnée à Þingvellir, observation répétée des éruptions de Strokkur, exploration complète de Gullfoss. Ajout du cratère de Kerið et de la source chaude de Flúðir. Nuit dans la région de Selfoss.
Jour 4 : péninsule de Snæfellsnes
Journée complète dans la péninsule. Kirkjufell, villages de pêcheurs, falaises et plages, parc national. Nuit sur la péninsule pour profiter du coucher de soleil sur le glacier.
Jours 5 et 6 : côte sud jusqu'aux glaciers
Deux jours pour la côte sud permettent d'apprécier chaque site sans se presser. Jour 5 : cascades, Vík, plages noires. Jour 6 : Skaftafell, Jökulsárlón, Diamond Beach, avec la possibilité d'une randonnée sur glacier ou d'une exploration de grotte de glace (en hiver).
Jours 7 et 8 : fjords de l'Est
Deux jours pour explorer ces fjords magnifiques et méconnus. Prenez le temps de vous perdre sur les petites routes, de découvrir les villages de pêcheurs, d'observer les rennes. Seyðisfjörður mérite une demi-journée. Nuits à Egilsstaðir ou dans les villages côtiers.
Jours 9 et 10 : le Nord
Route vers le nord en longeant la côte est. Jour 9 : arrivée à Mývatn, exploration des formations géologiques, baignade aux Mývatn Nature Baths. Jour 10 : excursion à Dettifoss et au canyon de Jökulsárgljúfur, visite d'Ásbyrgi. Nuit à Húsavík ou à Akureyri.
Jour 11 : Húsavík et observation des baleines
Matinée consacrée à l'observation des baleines depuis Húsavík, capitale européenne du whale watching. Visite du musée de la Baleine. Après-midi : route vers Akureyri avec arrêt à Goðafoss, la cascade des dieux. Nuit à Akureyri.
Jour 12 : Akureyri et la péninsule des Trolls
Matinée à Akureyri : centre-ville, jardins botaniques, église. Option : excursion vers la péninsule des Trolls au nord, avec ses villages isolés et ses paysages spectaculaires. Sinon, route vers l'ouest avec arrêts aux sites d'intérêt. Nuit dans le nord-ouest ou à Blönduós.
Jour 13 : retour vers Reykjavík
Route de retour vers la capitale avec plusieurs arrêts possibles : le village historique de Glaumbær avec ses fermes traditionnelles en tourbe, les phoques de Hvammstangi, la péninsule de Vatnsnes. Arrivée à Reykjavík en fin de journée. Nuit à Reykjavík.
Jour 14 : derniers moments et départ
Matinée libre pour les derniers achats et visites. Transfert à l'aéroport.
21 jours : l'Islande en profondeur
Trois semaines permettent d'inclure les fjords de l'Ouest, les hautes terres intérieures, et de prendre vraiment le temps d'apprécier chaque région.
Jours 1 à 3 : Reykjavík, Cercle d'Or, Blue Lagoon
Comme l'itinéraire de 14 jours, mais avec encore plus de temps pour chaque site. Visite approfondie des musées de Reykjavík, plusieurs soirées pour profiter de la vie nocturne et de la gastronomie.
Jours 4 et 5 : péninsule de Snæfellsnes
Deux jours complets pour explorer chaque recoin de la péninsule. Randonnées vers des sites moins connus, villages de pêcheurs, observation des phoques. Temps pour la photographie et la contemplation.
Jours 6 à 8 : les fjords de l'Ouest
Expédition dans la région la plus sauvage d'Islande. Jour 6 : route vers Ísafjörður via les cols de montagne. Jour 7 : exploration des fjords autour d'Ísafjörður, randonnée dans la réserve de Hornstrandir si possible. Jour 8 : route vers le sud avec arrêt à Dynjandi, la reine des cascades, et aux falaises de Látrabjarg. Nuit dans le sud des Westfjords.
Jours 9 à 11 : côte sud
Trois jours pour la côte sud permettent d'inclure des activités comme la randonnée sur glacier, le kayak sur la lagune glaciaire, ou le trek de Fimmvörðuháls si vous êtes randonneur. Exploration approfondie de chaque cascade, de chaque plage, de chaque canyon.
Jours 12 et 13 : fjords de l'Est
Deux jours comme dans l'itinéraire de 14 jours, avec le temps d'explorer les sentiers de randonnée et les vallées reculées.
Jours 14 à 16 : le Nord
Trois jours pour le nord permettent d'inclure la péninsule des Trolls, le canyon de Jökulsárgljúfur en profondeur, et une excursion vers l'île de Grímsey, seul territoire islandais situé au-delà du cercle polaire.
Jours 17 à 19 : les hautes terres intérieures
Si vous avez un 4×4 adapté et que nous sommes en été, trois jours dans l'intérieur sauvage. Jour 17 : route vers Landmannalaugar via la piste Fjallabak. Jour 18 : randonnées dans les montagnes de rhyolite. Jour 19 : route vers Þórsmörk ou Askja selon votre choix. C'est l'Islande à son plus sauvage, loin de toute civilisation.
Jours 20 et 21 : retour à Reykjavík et départ
Retour tranquille vers la capitale. Dernier jour pour les achats, une dernière baignade en piscine géothermique, et un dernier dîner de poisson frais avant le vol de retour.
12. Communication en Islande
Rester connecté en Islande est généralement facile, mais quelques spécificités méritent l'attention.
Téléphone et Internet
L'Islande fait partie de l'Espace économique européen, ce qui signifie que les forfaits mobiles européens avec roaming inclus fonctionnent sans frais supplémentaires. Vérifiez auprès de votre opérateur que l'Islande est bien couverte par votre forfait. Les voyageurs de France, de Belgique et de Suisse devraient pouvoir utiliser leur forfait habituel.
Pour les voyageurs québécois et canadiens, le roaming est généralement très coûteux. Plusieurs options s'offrent à vous. Acheter une carte SIM prépayée islandaise à l'aéroport ou dans une boutique de téléphonie est une solution économique — Síminn et Vodafone sont les principaux opérateurs. Sinon, un boîtier Wi-Fi portable loué pour la durée du séjour permet de connecter plusieurs appareils.
La couverture réseau est excellente le long de la Route 1 et dans les zones habitées. Elle devient irrégulière, voire inexistante, dans les hautes terres, les fjords les plus isolés et certaines vallées encaissées. Ne comptez pas sur votre téléphone pour la navigation dans ces zones — ayez des cartes papier ou un GPS autonome en secours.
Le Wi-Fi est disponible dans la plupart des hébergements, des restaurants et des cafés. La qualité varie, mais reste généralement suffisante pour un usage normal.
Langue
L'islandais est la langue officielle, mais ne vous inquiétez pas : l'anglais est parlé par pratiquement tout le monde. Le niveau d'anglais des Islandais est généralement excellent, surtout chez les jeunes générations. Vous n'aurez aucun problème à communiquer pour tous vos besoins pratiques.
Quelques mots d'islandais seront appréciés : takk (merci), bless (au revoir), já (oui), nei (non), gott (bon). La prononciation peut être délicate : le célèbre caractère islandais eth (ð) se prononce comme le th anglais de this. Le thorn islandais (þ) se prononce comme le th anglais de think.
Les noms de lieux islandais peuvent sembler intimidants, mais ils suivent une logique une fois décodés. -foss signifie cascade, -jökull signifie glacier, -vík signifie baie, -fjörður signifie fjord, -vatn signifie lac. Ainsi, Skógafoss est la cascade de la forêt (skógur), et Vatnajökull le glacier du lac.
Services postaux
La poste islandaise (Pósturinn) est fiable, mais les délais d'acheminement vers l'Europe ou l'Amérique du Nord peuvent atteindre une à deux semaines. Les cartes postales et les lettres coûtent environ 400 ISK (3 euros) pour l'international. Les bureaux de poste sont présents dans les villes principales et dans certains villages.
13. Gastronomie islandaise
La cuisine islandaise a connu une véritable révolution ces dernières décennies, passant d'une alimentation de subsistance austère à une scène gastronomique créative et raffinée. Voici ce qu'il faut absolument goûter lors de votre visite.
Les produits de la mer
L'Islande est avant tout un pays de pêcheurs, et les produits de la mer sont au cœur de l'alimentation. Le poisson frais, notamment le cabillaud, l'églefin et le saumon, est d'une qualité exceptionnelle. Servi simplement grillé ou poché, accompagné de pommes de terre et de beurre, c'est un repas simple mais délicieux.
Le homard islandais, en réalité une langoustine de grande taille, est une spécialité de la côte sud, notamment du village de Höfn, qui se proclame capitale du homard. Les restaurants locaux proposent des soupes de homard, des queues grillées et diverses préparations qui mettent en valeur ce crustacé savoureux.
Le hareng, autrefois pilier de l'économie islandaise, se déguste mariné, fumé ou dans diverses préparations traditionnelles. Siglufjörður, dans le nord, possède un excellent musée du Hareng qui retrace cette histoire.
Pour les plus aventureux, le requin fermenté (hákarl) est une expérience… mémorable. Ce requin du Groenland, toxique lorsqu'il est frais, est fermenté pendant plusieurs mois dans le sol avant d'être consommé. L'odeur est puissante — ammoniaque et poisson très fait — et le goût divise. C'est l'une de ces expériences culinaires qu'on fait une fois pour pouvoir dire qu'on l'a faite. On l'accompagne traditionnellement d'un shot de brennivín, l'eau-de-vie locale surnommée « mort noire » en raison de sa couleur et de sa puissance.
L'agneau islandais
Les moutons islandais, descendants des animaux amenés par les Vikings il y a plus de mille ans, vivent en liberté dans les montagnes de mai à septembre, se nourrissant d'herbes sauvages et de bruyère. Cette vie au grand air produit une viande d'une qualité exceptionnelle, tendre et parfumée.
L'agneau grillé ou rôti est un incontournable des restaurants islandais. Le hangikjöt, agneau fumé, est une spécialité traditionnelle souvent servie en fines tranches sur du pain ou dans les buffets de Noël. La kjötsúpa, soupe d'agneau aux légumes, est un plat réconfortant, parfait après une randonnée dans le froid.
Les produits laitiers
Le skyr est peut-être le produit islandais le plus connu à l'international. Cette spécialité laitière, techniquement un fromage frais mais qui a la texture d'un yaourt épais, est consommée depuis l'époque viking. Riche en protéines et pauvre en matières grasses, le skyr se mange nature, avec du sucre, avec des fruits, ou comme ingrédient dans diverses préparations.
Le beurre islandais est également remarquable, avec une couleur jaune intense due à l'alimentation des vaches aux herbes sauvages. Les fromages locaux, bien que moins variés que dans d'autres pays européens, comptent quelques spécialités intéressantes.
Le pain et les pâtisseries
Le rúgbrauð, pain de seigle noir traditionnel, est une spécialité islandaise unique. Dans certaines régions géothermiques, il est encore cuit de manière traditionnelle : la pâte est placée dans un récipient et enterrée dans le sol chaud, près d'une source géothermique, pendant 24 heures. Le résultat est un pain dense, légèrement sucré, à la saveur de caramel. Délicieux avec du beurre et du hareng fumé.
Les kleinur, beignets torsadés parfumés à la cardamome, sont une gourmandise traditionnelle souvent servie avec le café. Les pönnukökur, crêpes islandaises fines, se mangent roulées avec du sucre et de la confiture.
La scène gastronomique moderne
Reykjavík abrite une scène gastronomique étonnamment sophistiquée pour une ville de sa taille. Les chefs islandais, formés dans les meilleures écoles du monde, marient les ingrédients locaux exceptionnels — poisson, agneau, produits laitiers, herbes sauvages — avec des techniques contemporaines.
Plusieurs restaurants de Reykjavík ont reçu des distinctions internationales. La New Nordic Cuisine, ce mouvement scandinave qui met en valeur les ingrédients locaux et les techniques traditionnelles revisitées, a trouvé en Islande un terrain fertile. Attendez-vous à des menus de dégustation innovants qui vous feront découvrir des saveurs inattendues.
Cependant, la gastronomie haut de gamme a un prix. Un repas dans un restaurant gastronomique coûte facilement 100 à 200 euros par personne. Pour des options plus abordables sans sacrifier la qualité, cherchez les restaurants de poisson simples, les food halls de Reykjavík ou les cantines de campagne qui servent une cuisine honnête et copieuse.
Le hot-dog islandais
Le pylsur, le hot-dog islandais, mérite une mention spéciale. Ce n'est pas un hot-dog comme les autres : la saucisse est un mélange d'agneau, de porc et de bœuf, garnie de ketchup, de moutarde douce, d'une sauce rémoulade, d'oignons frais et d'oignons frits croustillants. Le tout sur un pain moelleux, pour environ 5 euros.
Bæjarins Beztu Pylsur, un stand de hot-dogs au centre de Reykjavík, est une institution depuis 1937. Bill Clinton y a fait la queue en 2004 et, depuis, commander un eina með öllu (« un avec tout ») fait partie des expériences incontournables de Reykjavík.
Les boissons
L'eau islandaise, puisée dans les nappes phréatiques alimentées par les glaciers, est d'une pureté exceptionnelle. Elle est parfaitement potable au robinet et a un goût neutre et agréable. Inutile d'acheter de l'eau en bouteille — remplissez simplement votre gourde.
Le café est une institution sociale en Islande. Les Islandais sont parmi les plus grands consommateurs de café au monde, et les cafés sont des lieux de rencontre importants. La qualité est généralement excellente, avec de nombreux torréfacteurs locaux.
L'alcool est cher en Islande en raison des taxes élevées. La bière, interdite jusqu'en 1989, connaît aujourd'hui un essor avec plusieurs brasseries artisanales produisant des bières de qualité. Le brennivín, l'eau-de-vie nationale à base de pommes de terre et aromatisée au carvi, est le spiritueux traditionnel.
Pour acheter de l'alcool à emporter, vous devez vous rendre dans les magasins d'État Vínbúðin : les supermarchés ne vendent que de la bière très faiblement alcoolisée. Les horaires sont limités, planifiez donc vos achats à l'avance.
14. Souvenirs à rapporter
L'Islande produit plusieurs articles de qualité qui font d'excellents souvenirs ou cadeaux. Voici ce qu'il vaut la peine de rapporter.
La laine et le lopapeysa
Le pull islandais traditionnel, le lopapeysa, est immédiatement reconnaissable à ses motifs circulaires autour du col. Tricoté en laine de mouton islandais non traitée, qui conserve ses huiles naturelles imperméabilisantes, c'est un vêtement à la fois beau et fonctionnel.
Les lopapeysur authentiques sont tricotés à la main en Islande et coûtent entre 150 et 300 euros. Méfiez-vous des imitations importées : vérifiez que le pull porte la mention Handmade in Iceland. La coopérative Handknitting Association of Iceland, qui possède plusieurs boutiques à Reykjavík, en garantit l'authenticité.
La laine islandaise se vend aussi en écheveaux pour les tricoteurs. La lopi, non filée, et l'álafoss, légèrement filée, sont particulièrement prisées. Les prix sont plus bas qu'en Europe continentale, et la qualité excellente.
Les produits de soin
L'Islande produit des cosmétiques naturels de qualité, qui exploitent les ressources locales : eau géothermique, algues, sel marin, herbes sauvages. La marque Blue Lagoon, avec ses produits à base de silice et d'algues du lagon, est la plus connue, mais aussi la plus chère.
Des marques comme Sóley Organics utilisent des herbes sauvages islandaises dans des formulations biologiques. Les savons artisanaux aux herbes locales font des cadeaux appréciés. Ces produits sont disponibles dans les pharmacies et les boutiques de souvenirs de qualité.
Les produits alimentaires
Le sel de mer islandais, récolté dans les fjords, est d'une pureté remarquable. Saltverk, une marque artisanale des Westfjords, produit des sels aromatisés aux herbes, au charbon ou aux algues qui font des cadeaux gourmets très appréciés.
Le skyr en poudre, les baies sauvages séchées, les épices locales et le chocolat islandais (marque Omnom) sont des souvenirs comestibles faciles à transporter. La réglisse islandaise, plus salée que sucrée, divise les palais, mais mérite d'être goûtée.
Attention aux restrictions douanières si vous voyagez vers l'Union européenne ou le Canada : les produits à base de viande ou de poisson peuvent être interdits ou soumis à des limites de quantité.
L'artisanat local
Les artisans islandais produisent des objets de qualité : céramiques inspirées des paysages, bijoux en lave ou en argent, objets en bois flotté. Les marchés aux puces de Reykjavík (Kolaportið le week-end) et les boutiques d'artisanat permettent de dénicher des pièces uniques.
Les livres sur l'Islande — guides photographiques, recueils de sagas, livres de cuisine — font de beaux souvenirs, surtout si vous lisez l'anglais. La littérature islandaise traduite, des sagas médiévales aux romans contemporains, vous permettra de prolonger le voyage.
La musique
L'Islande a une scène musicale remarquablement riche pour sa petite population. Au-delà de Björk et de Sigur Rós, connus mondialement, des dizaines d'artistes talentueux produisent de la musique de qualité dans tous les genres. Les disquaires de Reykjavík, comme Lucky Records ou 12 Tónar, permettent de découvrir cette scène et de ramener des albums uniques.
15. Applications utiles
Quelques applications méritent d'être téléchargées avant votre départ pour faciliter votre voyage.
Veður : l'application officielle de la météorologie islandaise. Indispensable pour suivre les conditions météo, particulièrement changeantes. Inclut les alertes météo et les prévisions d'aurores boréales.
SafeTravel : l'application de l'agence islandaise de protection civile. Elle permet d'enregistrer vos plans de voyage afin que les secours sachent où vous chercher en cas de problème. Inclut des alertes de sécurité et des conseils.
Road.is : l'état des routes en temps réel. Essentiel pour vérifier quelles routes sont ouvertes et praticables, surtout en hiver ou dans les hautes terres.
Appyplan ou ÚT : applications de randonnée avec cartes topographiques hors ligne de l'Islande. Indispensables si vous comptez randonner en dehors des sentiers les plus fréquentés.
Google Translate ou DeepL : même si l'anglais est omniprésent, pouvoir déchiffrer les panneaux en islandais peut être utile. Ces applications fonctionnent aussi en mode caméra pour traduire les textes en temps réel.
Maps.me ou Organic Maps : cartes hors ligne utiles dans les zones sans couverture réseau. Téléchargez la carte de l'Islande avant de partir.
16. Conclusion : l'Islande, un voyage transformateur
L'Islande n'est pas une destination comme les autres. Ce n'est pas un pays où l'on vient simplement cocher des sites sur une liste, prendre des photos et repartir. C'est un lieu qui transforme ceux qui prennent le temps de l'apprécier vraiment.
Face aux forces élémentaires qui ont façonné cette île — le feu des volcans, la glace des glaciers, l'eau des cascades et de l'océan, le vent qui balaie les plaines —, on ne peut qu'éprouver une forme d'humilité. Les Islandais, qui vivent au quotidien avec ces éléments, ont développé un pragmatisme et une résilience qui forcent le respect.
Mais au-delà de la grandeur des paysages, ce sont peut-être les petits moments qui resteront gravés dans votre mémoire : la lumière dorée d'un soir d'été qui n'en finit pas, la chaleur enveloppante d'une source chaude perdue dans la montagne, le sourire d'un fermier qui vous indique le chemin, le silence absolu d'une nuit d'hiver sous les aurores boréales.
L'Islande vous rappelle que la Terre est vivante, en perpétuelle transformation, et que nous n'en sommes que les hôtes temporaires. Cette prise de conscience, dans notre monde de plus en plus urbanisé et déconnecté de la nature, est peut-être le plus beau cadeau que ce pays puisse offrir.
Que vous veniez de France, de Belgique, de Suisse ou du Québec, que vous voyagiez une semaine ou un mois, seul ou en famille, l'Islande vous accueillera avec ses paysages impossibles, ses habitants discrets mais chaleureux, et cette atmosphère unique qui fait que, même après être rentré chez soi, une partie de vous reste là-bas, quelque part entre les glaciers et les volcans, rêvant du jour où vous y retournerez.
Car on revient toujours en Islande. Ce n'est pas un pays que l'on visite une seule fois. C'est un pays qui vous appelle, encore et encore, avec de nouvelles merveilles à découvrir, de nouvelles saisons à explorer, de nouveaux recoins à révéler. Une vie ne suffirait pas à tout voir, et c'est peut-être ce qui rend cette destination si spéciale.
Alors préparez votre voyage, réservez vos hébergements et votre voiture, faites vos valises avec des vêtements chauds et imperméables, et partez à la découverte de cette terre de feu et de glace. L'Islande vous attend, avec ses cascades rugissantes, ses glaciers millénaires, ses volcans fumants et ses aurores boréales dansantes. C'est le voyage d'une vie — ou plutôt, le début d'une longue histoire d'amour avec l'une des destinations les plus extraordinaires de notre planète.
Góða ferð — bon voyage !