À propos
Les Bahamas : guide complet pour les voyageurs francophones
Pourquoi partir aux Bahamas
Les Bahamas ne se résument pas à une carte postale d’eau turquoise et de sable blanc — même s’il y en a, c’est vrai, à profusion. Cet archipel de plus de 700 îles et 2 500 récifs coralliens, étiré sur 1 200 kilomètres entre la côte floridienne et Haïti, forme un univers à part, dissimulé dans l’océan Atlantique. Chaque île possède son caractère, son histoire, sa propre raison de vous faire revenir. Et si vous pensiez que les Bahamas se résumaient à Nassau et au méga-resort Atlantis avec son parc aquatique, vous n’en avez vu que la couverture d’un livre très épais et parfaitement captivant.
L’eau y est si limpide que, vue du ciel, les bateaux semblent flotter dans le vide. Ce n’est ni un trucage ni un filtre Instagram : c’est la réalité des Exumas, où la profondeur peut être de trois mètres et la visibilité de quinze. C’est là que vivent les fameux cochons nageurs de Big Major Cay, ceux que vous avez forcément croisés sur les réseaux sociaux. Mais croyez-moi, les cochons ne sont que la partie visible de l’iceberg. Les grottes sous-marines d’Andros, la troisième plus grande barrière de corail au monde, les trous bleus de plus de 200 mètres de profondeur, les plages roses de Harbour Island : chacun de ces sites mériterait à lui seul le voyage.
Les Bahamas, c’est un pays où le luxe côtoie la simplicité, où des resorts cinq étoiles se trouvent à une heure de bateau de villages de pêcheurs qui sortent encore en mer à l’aube pour griller leur prise directement sur le sable. Vous pouvez passer une semaine entière dans le complexe Atlantis Paradise Island sans jamais mettre le pied dehors, comme vous pouvez louer un kayak et naviguer sept jours durant entre des îlots inhabités, en dormant sous la tente sur des plages où le premier être humain se trouve à plusieurs kilomètres d’eau turquoise.
Sur le plan culturel, les Bahamas offrent un métissage unique. L’héritage colonial britannique — le pays n’a obtenu son indépendance qu’en 1973 — s’est marié aux traditions africaines, au tempérament caribéen et à l’influence américaine. Le résultat ? Le Junkanoo, un carnaval grandiose qui se tient le 26 décembre (Boxing Day) et le 1ᵉʳ janvier, avec ses costumes en papier crépon, ses tambours goombay et une énergie qui vous donne des frissons. La musique rake-and-scrape, la cuisine à base de conque et de goyave, le rhum à chaque coin de rue : les Bahamas sont vivantes, authentiques, vibrantes.
Pour les voyageurs francophones, l’archipel présente un avantage pratique non négligeable par rapport à bien des destinations exotiques : la logistique est simple. L’anglais est la langue officielle, bien plus accessible que les langues asiatiques ou les alphabets non latins. Le dollar américain est accepté partout à parité avec le dollar bahamien (1 pour 1). Les Européens (France, Belgique, Suisse) bénéficient d’un accès sans visa pour les séjours de moins de 90 jours : il suffit d’un passeport valide six mois après la date de retour. Les Canadiens, Québec compris, sont eux aussi dispensés de visa pour des séjours touristiques de moins de 90 jours, et les vols directs depuis Montréal facilitent grandement le voyage.
Revers de la médaille : le fait que les Bahamas soient anglophones constitue un vrai défi pour qui ne maîtrise pas l’anglais. Le français n’y est absolument pas parlé, pas même quelques formules de politesse. Si votre niveau d’anglais est limité, prévoyez un traducteur sur votre téléphone et quelques phrases de base. Nous y reviendrons dans la section culturelle. Mais ne laissez pas la barrière linguistique vous décourager : les Bahamiens comptent parmi les gens les plus chaleureux que vous rencontrerez, et un sourire parle toutes les langues.
Un dernier argument que l’on met rarement en avant : les Bahamas font partie des rares destinations caribéennes où l’on peut vivre, en une seule semaine, des expériences radicalement différentes. Du resort de luxe au camping sauvage sur une île déserte, de la plongée avec les requins-tigres à la pêche à la mouche en eau peu profonde, du carnaval nocturne à la solitude absolue d’une plage où vous êtes l’unique être humain : cette diversité fait toute la richesse de l’archipel. C’est aussi ce qui distingue les Bahamas de la plupart des « destinations plage » classiques.
Les régions des Bahamas : laquelle choisir
New Providence et Nassau : l’énergie de la capitale
Nassau, la capitale des Bahamas, se situe sur l’île de New Providence, la plus peuplée de l’archipel avec près de 70 % de la population totale du pays. C’est là qu’atterrit la grande majorité des touristes, et l’île, bien que modeste par la taille (34 kilomètres sur 11), concentre une densité impressionnante de sites, de restaurants, de bars et de plages.
Le centre-ville de Nassau, ce sont des bâtiments coloniaux colorés alignés le long de Bay Street, le Straw Market où les vendeuses proposent sacs tressés et figurines en bois sculpté, et des rangées de bijouteries qui visent les passagers des paquebots de croisière. Fort Charlotte, édifié en 1789, domine la ville et offre de belles vues sur le port. Juste à côté, la Queen’s Staircase : 65 marches taillées dans le calcaire par des esclaves à la fin du XVIIIᵉ siècle. C’est l’un des symboles de la ville, mais la montée sous la chaleur tropicale peut virer à l’épreuve — emportez de l’eau.
Cable Beach est la principale zone balnéaire de New Providence. On y trouve les plus grands hôtels, à commencer par le Baha Mar, un méga-complexe qui réunit trois établissements (Grand Hyatt, SLS, Rosewood), un casino, un parcours de golf dessiné par Jack Nicklaus et sa propre plage de sable blanc fin. Cable Beach s’étire sur plusieurs kilomètres et conviendra parfaitement à qui souhaite combiner farniente, vie nocturne et gastronomie. Pour un Français habitué à la Côte d’Azur ou un Belge familier du littoral du Nord, le contraste est saisissant : l’eau est d’un turquoise irréel, et sa température ne descend jamais en dessous de 24 degrés, même en hiver.
Junkanoo Beach est la plage la plus accessible de la ville, en plein centre de Nassau, à distance de marche du port de croisière. Il y a toujours du monde, surtout quand les paquebots sont à quai, mais l’ambiance reste détendue : des vendeurs locaux proposent noix de coco et conque frite, la musique tourne, et l’on peut louer un transat pour quelques dollars. Ce n’est pas la plage où chercher la solitude, mais pour une ou deux heures entre deux visites, c’est très agréable. Les Français habitués aux plages payantes de la Riviera seront d’ailleurs agréablement surpris : l’accès y est gratuit.
Love Beach constitue une alternative plus tranquille à Cable Beach, sur la côte ouest de l’île. Moins de touristes, du sable plus propre et de beaux récifs coralliens à quelques mètres du rivage — un excellent spot de snorkeling. Non loin se trouve Southwest Reef, l’un des meilleurs sites de plongée de New Providence. Attention cependant : en décembre 2024, l’ambassade américaine a émis un avertissement concernant des agressions dans le secteur, en particulier à la tombée de la nuit. Restez-y en journée.
Paradise Island est un monde à part, reliée à Nassau par deux ponts. C’est là que s’étend l’Atlantis Paradise Island, un resort difficile à résumer en un mot. C’est une véritable petite ville avec le parc aquatique Aquaventure (le plus grand des Caraïbes), un aquarium qui abrite plus de 50 000 espèces marines, un casino, un parcours de golf et près d’une cinquantaine de restaurants. En 2025, l’Atlantis a achevé une rénovation massive de 150 millions de dollars : huit nouveaux restaurants, des chambres remises à neuf et de nouvelles attractions. Même si vous n’y logez pas, le détour d’une journée vaut la peine. Pour les familles françaises ou québécoises avec enfants, c’est un passage quasi obligé.
Grand Bahama : la deuxième île touristique
Grand Bahama est la deuxième île pour l’infrastructure touristique, située à seulement 90 kilomètres de la côte floridienne. La ville principale est Freeport, qui concentre le port, l’aéroport et la majorité des hôtels. Lucaya, elle, regroupe les meilleures plages de l’île, à commencer par la célèbre Lucayan Beach, qui figure régulièrement dans les classements des plus belles plages des Caraïbes.
Grand Bahama a été sévèrement frappée par l’ouragan Dorian en 2019, et la reconstruction a pris des années. Mais l’île vit aujourd’hui une véritable renaissance. L’événement majeur, c’est la reconstruction grandiose du resort Grand Lucayan, un projet de 827 millions de dollars qui comprendra trois nouveaux bâtiments hôteliers, une marina pour méga-yachts, des bungalows sur l’eau, un parcours de golf conçu par Greg Norman, un casino de 2 300 mètres carrés, un parc aquatique familial et plusieurs beach clubs. Ce sera l’un des plus grands complexes balnéaires de la région. Pour les Français, c’est un peu le « Club Med sous stéroïdes » caribéen.
Le parc national de Lucayan est le joyau de Grand Bahama. On y trouve l’un des plus longs systèmes de grottes sous-marines au monde (plus de 10 kilomètres de galeries explorées), ainsi que des mangroves, des criques de marée et Gold Rock Beach, l’une des plus belles et des plus tranquilles de tout l’archipel. L’entrée du parc coûte 5 dollars : probablement les 5 dollars les mieux investis de votre séjour aux Bahamas.
Garden of the Groves est un jardin botanique avec cascades, oiseaux tropicaux et chapelle : l’endroit rêvé pour une matinée tranquille quand on a besoin d’une pause plage. À côté, la Perfume Factory permet de composer son propre parfum à partir d’ingrédients locaux — une activité qui séduira particulièrement les Français, peuple de parfumeurs. Port Lucaya Marketplace, enfin, est un centre commercial doublé de restaurants, de bars, de boutiques et de concerts en plein air le soir. On y sert de bons plats de poisson et du barbecue directement sur la promenade.
Exuma : les îles de rêve
Si Nassau est la ville bruyante, Exuma est le murmure de l’océan. Cette chaîne de 365 îles et récifs — une île pour chaque jour de l’année, comme aiment à le dire les locaux — s’étire sur 200 kilomètres au sud-est de Nassau. La plupart sont inhabitées, et c’est ici que se trouvent les paysages de carte postale pour lesquels certains traversent le monde.
Great Exuma est l’île principale : elle abrite un aéroport et la petite ville de Georgetown, où l’on trouve hôtels, restaurants et loueurs de bateaux. C’est là qu’a lieu chaque année la Family Island Regatta, la plus grande compétition de voile des Bahamas, qui transforme la paisible Georgetown en carnaval sur l’eau.
L’Exuma Cays Land and Sea Park est le premier parc marin au monde (fondé en 1958) et l’un des écosystèmes marins les mieux préservés de la planète. La pêche et la collecte de coraux y sont interdites, ce qui explique la richesse extraordinaire de la vie sous-marine. Raies, requins-nourrices, tortues marines, poissons multicolores : on peut y faire du snorkeling pendant des heures sans même enfiler de bouteilles. Pour les Français habitués au snorkeling en Méditerranée, la différence est colossale : la visibilité et l’abondance de vie n’ont rien de comparable.
Big Major Cay, c’est la fameuse île aux cochons nageurs. Oui, ils sont bien réels, et oui, ils nagent jusqu’aux bateaux dans l’espoir d’y glaner quelque chose à manger. Le spectacle est à la fois surréaliste et incroyablement photogénique. Des marins ont déposé ces cochons ici il y a plusieurs décennies, et ils sont depuis devenus la première attraction touristique d’Exuma. Mieux vaut arriver tôt le matin, avant le gros des touristes : les cochons sont alors moins fatigués et plus avenants.
Staniel Cay est un petit îlot pourvu d’un aérodrome et de la célèbre grotte de Thunderball, où fut tournée une scène du film de James Bond. La grotte se remplit d’eau à marée haute et s’ouvre au snorkeling à marée basse : à l’intérieur, la lumière du soleil s’engouffre par des ouvertures dans le plafond et crée un éclairage magique au milieu des bancs de poissons tropicaux. Une expérience absolument unique.
Pour les amateurs de luxe, Exuma verra bientôt s’ouvrir Amancaya, un projet de la marque Aman d’une valeur de 260 millions de dollars. Implanté sur deux îlots privés, il comprendra 36 chambres, une marina, un beach club, un spa et plusieurs restaurants. Ce sera l’un des resorts les plus exclusifs des Caraïbes — avec des tarifs à l’avenant.
Éleuthera et Harbour Island : sable rose et surf
Éleuthera est une île longue et étroite (180 kilomètres de long, mais 1,5 kilomètre seulement au point le plus resserré) qui offre ce que les îles plus touristiques ne savent pas proposer : le calme, l’authenticité et un rythme de vie à part. Pas de méga-resorts, pas de casinos. À la place, de petits hôtels-boutiques, des restaurants locaux qui servent le poisson pêché le matin même, et des plages où vous pouvez être la seule personne en vue.
La côte atlantique d’Éleuthera est un paradis pour les surfeurs. Les vagues de Surfer’s Beach et de Gregory Town Beach ne rivalisent pas avec celles de Hawaï, mais pour les Caraïbes, le surf y est excellent, en particulier en hiver (de décembre à mars), quand les tempêtes du nord envoient du swell. Gregory Town est par ailleurs connue comme la capitale de l’ananas des Bahamas : un festival annuel, le Pineapple Festival, s’y tient en juin. Pour les surfeurs français habitués à Biarritz ou à Hossegor, c’est une expérience différente : des vagues plus modestes, mais une eau à 25 degrés et un décor paradisiaque.
Le Glass Window Bridge est l’endroit où l’océan Atlantique et la mer des Caraïbes ne sont séparés que par une bande de terre de quelques mètres. D’un côté, les eaux sombres et agitées de l’Atlantique ; de l’autre, un lagon turquoise et paisible. Le contraste est si frappant qu’il semble irréel. C’est l’un des panoramas les plus photographiés des Bahamas.
Harbour Island est un minuscule îlot à l’extrémité nord d’Éleuthera, accessible en taxi nautique depuis North Eleuthera en dix minutes. Son atout maître : Pink Sands Beach, une plage de sable rose de cinq kilomètres de long. La couleur provient du mélange de sable blanc et de fragments de coraux rouges et roses, combinés à des coquilles de foraminifères. Au coucher du soleil, la plage rougeoie littéralement. La petite ville de Dunmore Town figure parmi les endroits les plus charmants des Bahamas : maisonnettes colorées, ruelles étroites que l’on parcourt en voiturette de golf plutôt qu’en voiture, atmosphère hors du temps. Les Français y retrouveront un peu du charme de l’île de Ré ou de Saint-Martin, mais en version caribéenne.
Andros : nature sauvage et plongée
Andros est la plus grande île des Bahamas (près de 6 000 kilomètres carrés) et, paradoxalement, la moins explorée. Moins de 8 000 personnes y vivent, une grande partie est recouverte de mangroves impénétrables et de pinèdes, et la côte ouest n’est qu’une vaste zone marécageuse quasi inaccessible.
Mais c’est précisément Andros qui est la Mecque des plongeurs. Le long de la côte est s’étire la barrière de corail d’Andros, la troisième plus grande au monde après celles d’Australie et du Belize. Le mur du récif plonge dans la Tongue of the Ocean — la « Langue de l’océan » —, un canyon sous-marin de plus de 1 800 mètres de profondeur. Plonger le long de cette paroi, c’est nager le long d’un mur de corail avec le néant sous les palmes. La sensation ? Celle de voler. Pour les plongeurs français habitués à la mer Rouge ou aux cénotes du Mexique, c’est une expérience dans une autre dimension.
Les trous bleus d’Andros constituent une autre curiosité unique au monde. Ce sont des grottes sous-marines verticales formées pendant la dernière glaciation. Les plus célèbres : Captain Bill’s Blue Hole (plus de 60 mètres de profondeur) et de nombreux trous bleus intérieurs, nichés dans les forêts de l’île. Les locaux racontent qu’un être mythique nommé Lusca — un croisement entre un requin et une pieuvre — habite ces gouffres. La science est plus prosaïque : on y a découvert des bactéries et des organismes uniques que l’on ne trouve nulle part ailleurs sur la planète.
La pêche à l’albule (bonefish) sur Andros est considérée comme la meilleure au monde. Les flats, ces hauts-fonds côtiers de la côte ouest, constituent l’habitat idéal pour ce poisson, et des pêcheurs du monde entier y viennent pour cette prise. La pêche en flats est un art à part : debout à la proue d’un bateau à fond plat, dans une eau transparente à hauteur de genou, votre guide bahamien pousse lentement à la perche pendant que vous lancez votre mouche juste devant le poisson que vous distinguez à des dizaines de mètres. L’albule est l’un des poissons les plus rapides au monde : une fois ferrée, elle file à une vitesse qui fait hurler le moulinet. Meilleure saison : d’octobre à juin. Il faut réserver le guide longtemps à l’avance, surtout pendant les mois de pointe (mars-mai). Comptez 400 à 600 dollars par journée, bateau et guide compris.
Outre la pêche, Andros est réputée pour ses forêts intérieures, qui abritent des espèces endémiques d’oiseaux, dont le perroquet des Bahamas. L’Androsia Batik Factory, à Fresh Creek, propose l’une des productions les plus originales de l’archipel : des tissus aux motifs bahamiens uniques, obtenus par la technique de la cire chaude et de teintures naturelles. On peut y acheter des articles finis (chemises, robes, sacs) ou du tissu au mètre. C’est l’un des plus beaux souvenirs à rapporter des Bahamas — un objet introuvable ailleurs dans le monde.
Bimini : la porte d’entrée depuis la Floride
Bimini est l’île des Bahamas la plus proche de la Floride, à seulement 80 kilomètres de Miami. Les deux îles principales, North Bimini et South Bimini, n’atteignent que 11 kilomètres de long, mais ces minuscules morceaux de terre concentrent une histoire et un caractère étonnants.
Ernest Hemingway y a vécu dans les années 1930 et y a écrit En avoir ou pas. Son bar préféré, le Compleat Angler, a brûlé en 2006, mais la légende perdure. Bimini reste considérée comme la capitale mondiale de la pêche sportive : le Gulf Stream passe à quelques milles seulement du rivage, et la pêche hauturière au marlin, au thon et au mahi-mahi y est fantastique. Pour les Français amateurs de pêche au gros, habitués à la Corse ou aux Antilles françaises, Bimini joue dans une autre catégorie.
Le Resorts World Bimini est le plus grand resort de l’île, avec casino, marina et beach club. Les ruines sous-marines surnommées « Bimini Road » — des blocs de pierre mystérieux au fond de l’océan, que certains considèrent comme les vestiges de l’Atlantide (les géologues, plus sobres, y voient une formation naturelle) — valent à elles seules la plongée.
Abaco : la capitale de la voile
Abaco est un groupe d’îles situé au nord de l’archipel, considéré comme la capitale de la voile aux Bahamas. Les eaux protégées comprises entre les îles principales et la chaîne de petits cays récifaux offrent des conditions idéales pour la plaisance et la voile. Pour les Français, grands navigateurs devant l’Éternel, Abaco est un terrain de jeu d’exception.
Marsh Harbour est la troisième ville des Bahamas par la taille et le principal nœud de transport d’Abaco. De là, on peut prendre le ferry pour Hope Town, sur Elbow Cay, où se dresse l’un des phares les plus photogéniques au monde : l’Elbow Reef Lighthouse, aux rayures rouges et blanches, l’un des derniers phares à mécanisme manuel encore en service dans le monde. Le gardien monte toujours toutes les deux heures pour remonter le mécanisme. Les Bretons et les Normands y retrouveront quelque chose des phares de leur littoral, en version tropicale.
Green Turtle Cay est un îlot charmant où se niche la ville de New Plymouth, fondée par des loyalistes ayant fui l’Amérique après la guerre d’Indépendance. Maisonnettes en bois colorées, ruelles étroites, et un Sculpture Garden peuplé de bustes de loyalistes célèbres. Le ferry entre Treasure Cay et Green Turtle Cay assure huit traversées par jour.
Abaco a été sévèrement frappée par l’ouragan Dorian en 2019, mais les îles se reconstruisent. La plupart des commerces ont rouvert, même si certains quartiers portent encore les stigmates de la catastrophe.
Cat Island : pour ceux qui cherchent l’authenticité
Cat Island fait partie des îles les moins touristiques des Bahamas, et c’est précisément ce qui fait son charme. Pas de resorts, pas de foules, pas de files d’attente. En revanche, on y trouve le mont Alvernia (63 mètres), point culminant des Bahamas, au sommet duquel se dresse un minuscule monastère, The Hermitage, construit en 1939 par le père Jerome Hawes. Cet ermite l’a édifié à la main, seul, en transportant lui-même les pierres depuis la côte, et il y est mort en 1956. La montée au sommet prend une vingtaine de minutes par un sentier à travers les broussailles, et le panorama à 360 degrés vaut chaque pas.
Cat Island est considérée comme le berceau du rake-and-scrape, un style musical bahamien unique qui utilise une scie de charpentier (que l’on fait vibrer à l’aide d’une tige métallique), un tambour en peau de chèvre et un accordéon. Un festival du même nom se tient chaque année en juin et attire des musiciens venus de tout l’archipel. Il dure plusieurs jours et mêle concerts, concours de cuisine traditionnelle, courses de bateaux et fêtes sur la plage.
Les plages de Cat Island comptent parmi les plus belles des Bahamas, et elles sont pratiquement désertes. Des kilomètres de sable blanc-rose, une eau cristalline, pas âme qui vive. Fernandez Bay est une longue plage en croissant, au sable fin et aux eaux calmes, idéale pour les familles avec enfants. Greenwood Beach, sur la côte est, est plus sauvage, avec les vagues atlantiques et de spectaculaires falaises calcaires. Pour les Français en quête d’un endroit qui ressemble au bout du monde, Cat Island est la réponse.
Long Island : merveille géologique
Long Island est une bande de terre étroite de 130 kilomètres, partagée en deux moitiés radicalement différentes. La côte ouest offre des eaux calmes bordées de plages de sable blanc ; la côte est, des falaises spectaculaires, des vagues qui se brisent sur les rochers et un paysage à l’opposé. Deux mondes sur une seule île.
Dean’s Blue Hole est le trou bleu marin le plus profond du monde (202 mètres). C’est ici que se déroulent les championnats du monde de plongée en apnée Vertical Blue, et que des dizaines de records mondiaux ont été établis. Même sans plonger, le spectacle est saisissant : un gouffre bleu parfaitement rond au milieu d’une plage de sable blanc. La France compte d’ailleurs parmi les nations les plus titrées en apnée : si vous êtes un apnéiste français, ce lieu est votre Graal.
San Salvador : l’île de Christophe Colomb
San Salvador est une petite île (11 kilomètres sur 8) qui, selon la thèse la plus couramment admise, fut le premier endroit du Nouveau Monde où Christophe Colomb posa le pied, le 12 octobre 1492. Une croix marque l’emplacement présumé du débarquement, et à proximité s’étend une paroi sous-marine qui plonge à plus de 1 000 mètres de profondeur, à quelques centaines de mètres à peine du rivage. La plongée sur tombant (wall diving) y est extraordinaire, avec une visibilité qui dépasse souvent les 30 mètres.
Inagua : flamants roses et sel
Great Inagua est l’île habitée la plus méridionale des Bahamas, plus proche de Cuba et d’Haïti que de Nassau. Elle abrite la plus grande population de flamants roses des Indes occidentales : plus de 80 000 oiseaux vivent sur le lac salé de Windsor, au centre de l’île. Le parc national d’Inagua couvre près de la moitié du territoire et constitue l’une des réserves ornithologiques les plus importantes des Caraïbes. Pour les Français qui connaissent les flamants de Camargue, l’échelle est tout simplement époustouflante.
La Morton Salt Company y exploite l’une des plus grandes salines au monde : le sel est obtenu par évaporation naturelle de l’eau de mer dans d’immenses bassins. La visite de la saline est une expérience étonnamment captivante.
Expériences uniques aux Bahamas
Plongée : un monde sous-marin de classe mondiale
Les Bahamas comptent parmi les meilleures destinations de plongée de l’hémisphère occidental, et ce n’est pas une exagération. La limpidité de l’eau, la diversité des paysages sous-marins et l’abondance de vie marine font de l’archipel un aimant pour les plongeurs de tous niveaux. Pour les plongeurs français formés à la FFESSM ou à PADI, c’est un terrain de jeu d’exception. Vos certifications sont reconnues partout, et les centres de plongée locaux sont globalement d’un bon niveau.
La plongée avec les requins est la véritable carte de visite des Bahamas. Tiger Beach, au large de Grand Bahama, est l’un des rares endroits au monde où l’on peut plonger avec des requins-tigres sans cage. Cela peut paraître fou, mais les opérateurs travaillent ici depuis des décennies et leurs statistiques de sécurité sont impressionnantes. Requins-marteaux près de Bimini, requins de récif près de Nassau, requins-nourrices à peu près partout : les Bahamas ont interdit la pêche au requin dès 2011, et la population s’est tellement rétablie qu’il est plus difficile de ne pas en voir un que d’en croiser.
Les trous bleus offrent une plongée unique, introuvable ailleurs sous cette forme. Dean’s Blue Hole, sur Long Island (202 mètres), est le plus profond du monde. Sawmill Sink, à Abaco, est un trou bleu d’eau douce où l’on a retrouvé les restes d’animaux disparus, dont des tortues géantes et des crocodiles qui y vivaient il y a plusieurs milliers d’années. Les trous bleus d’Andros forment tout un système de grottes sous-marines dont certaines n’ont toujours pas été explorées.
La plongée sur épaves (wreck diving) est également excellente. Près de Nassau reposent plusieurs navires volontairement coulés, dont le cargo de Stuart Cove’s et les Bond Wrecks, décors laissés après le tournage de plusieurs films de James Bond. Non loin de Bimini, le Sapona, un navire coulé, gît sur un fond si peu profond que sa partie supérieure dépasse de l’eau — un spot spectaculaire et facile d’accès.
Snorkeling : pour ceux qui ne plongent pas
Il n’est pas nécessaire d’être plongeur certifié pour découvrir le monde sous-marin des Bahamas. Le snorkeling y est fantastique, grâce à l’incroyable transparence de l’eau et à la profusion de récifs peu profonds. Un masque, un tuba, des palmes : il n’en faut pas plus pour basculer dans un autre monde. L’équipement se loue sur presque toutes les plages pour 10 à 15 dollars par jour, ou s’achète dans les magasins de Nassau pour 20 à 30 dollars. Pour les Français habitués à pratiquer le PMT (palmes-masque-tuba) dans les calanques ou en Corse, la révélation est totale : ici, l’eau est plus chaude, plus claire, et la vie marine bien plus abondante.
Thunderball Grotto, près de Staniel Cay (Exuma), est une grotte dans laquelle on peut nager à marée basse. La lumière du soleil pénètre par des ouvertures du plafond et crée une cathédrale sous-marine de lumière et d’ombre, où évoluent des centaines de poissons tropicaux. C’est l’un des plus beaux spots de snorkeling du monde. Important : n’y entrez qu’à marée basse. À marée haute, l’entrée est submergée et il est impossible d’y pénétrer sans plongée en profondeur. Consultez les tables de marées à l’avance.
Le récif corallien de Love Beach, à Nassau, est une excellente option si l’on ne souhaite pas aller loin. Le récif commence à quelques mètres du rivage et regorge de poissons-perroquets, d’étoiles de mer et de coraux mous. Stuart Cove’s Snorkel Bahamas propose aussi des sorties en bateau vers les récifs de la côte ouest de New Providence.
Rose Island est une petite île inhabitée à 20 minutes en bateau de Nassau. Excellent snorkeling en eau peu profonde, plage de sable blanc immaculée, absence totale de foules. Plusieurs opérateurs proposent des excursions à la journée avec déjeuner et boissons, pour 100 à 150 dollars.
Le Nurse Shark Encounter, près de Compass Cay (Exuma), permet de nager avec des requins-nourrices dans un environnement encadré. Ces requins sont absolument inoffensifs (ils n’ont pas de dents au sens classique du terme et se nourrissent par aspiration) et sont habitués aux humains. Une excellente expérience, surtout pour les enfants. L’entrée coûte environ 10 dollars et permet de les approcher et de se photographier avec eux.
Pêche : de l’albule au marlin
Les Bahamas sont la capitale mondiale de plusieurs types de pêche. La pêche à l’albule sur les flats d’Andros et d’Exuma est considérée comme la meilleure au monde. La pêche hauturière à Bimini et dans la Tongue of the Ocean attire les chasseurs de marlin, de thon, de wahoo et de mahi-mahi. La pêche sportive, à Cat Island et à Long Island, s’adresse à ceux qui préfèrent une expérience moins commerciale. Pour les Français et les Québécois passionnés de pêche, c’est un pèlerinage. Les tarifs des charters sont comparables à ceux pratiqués aux Antilles françaises, mais l’expérience est d’un tout autre niveau.
Navigation et voile
Abaco est le meilleur endroit pour la voile aux Bahamas : eaux protégées, multitude de petits cays pour mouiller, ports pittoresques. Exuma convient à une navigation plus aventureuse, faite d’îles sauvages et inhabitées, de criques isolées, d’autonomie totale. Les régates font partie intégrante de la culture bahamienne : la Family Island Regatta à Georgetown (Exuma), la Bahamas Sailing Week, la Long Island Regatta… Chacune mêle courses de voile et fête sur le rivage. Pour les plaisanciers français habitués à la Méditerranée ou à la Bretagne, la navigation aux Bahamas se joue dans des conditions radicalement différentes : peu de marnage, des eaux chaudes et claires, mais une vigilance constante face aux hauts-fonds et aux récifs.
Nager avec les cochons et autres expériences uniques
Les cochons nageurs d’Exuma sont sans doute l’attraction touristique la plus célèbre des Bahamas. Une vingtaine de cochons vivent sur l’île inhabitée de Big Major Cay et nagent volontiers jusqu’aux bateaux des touristes dans l’espoir d’y glaner une friandise. L’origine de la colonie alimente plusieurs légendes : selon certaines versions, des marins les auraient abandonnés là ; selon d’autres, ils auraient survécu à un naufrage.
Nager avec les requins-nourrices à Compass Cay, nourrir les iguanes d’Allen’s Cay (ils accourent jusqu’au bateau et saisissent la nourriture directement dans les mains), nager avec les dauphins à Blue Lagoon Island (Nassau) : les Bahamas proposent une collection d’interactions animales hors du commun, dont chacune se grave durablement dans la mémoire.
Kayak et paddle
Les mangroves d’Andros et de Grand Bahama constituent un cadre idéal pour le kayak. On glisse sur une eau lisse comme un miroir, entre les racines des palétuviers, en observant hérons, pélicans et raies. Le SUP (stand-up paddle) est populaire sur les eaux calmes d’Exuma et d’Éleuthera : la transparence de l’eau est telle que, depuis la planche, on voit tout ce qui se passe sur le fond.
Quand partir aux Bahamas
Les Bahamas se visitent toute l’année, mais la différence entre les saisons est bien réelle, et le choix de la période influe sur les prix, la météo et les expériences.
Haute saison : de décembre à avril
C’est la meilleure période pour s’y rendre. Températures de l’air de 24 à 28 degrés, de l’eau entre 24 et 26, pluies rares et brèves. L’humidité est modérée et, même en milieu de journée, la chaleur reste moins étouffante qu’en été. C’est aussi le pic de la saison touristique : les prix des hôtels et des billets d’avion atteignent leur maximum, les plages de Nassau se remplissent, et il faut réserver les restaurants à l’avance.
Pour les Français qui fuient l’hiver européen, le timing est parfait : quand Paris, Bruxelles ou Genève affichent 5 degrés et un ciel plombé en janvier, les Bahamas offrent 26 degrés et du soleil. L’écart thermique est spectaculaire, et le moral suit immédiatement. Pour les Québécois habitués à des −20 degrés en janvier, c’est encore plus saisissant. Attention toutefois : c’est la période la plus chère, et les billets d’avion depuis l’Europe ou le Canada culminent. Réservez au minimum trois à quatre mois à l’avance pour obtenir des tarifs raisonnables.
Événements phares de la haute saison : le Junkanoo (26 décembre et 1ᵉʳ janvier), le grand carnaval de Nassau qui mérite d’être vu au moins une fois dans sa vie. Le défilé démarre vers 2 heures du matin et se prolonge jusqu’à l’aube, avec des milliers de participants en costumes de papier crépon, tambours goombay, cloches et sifflets. Une énergie électrisante. Le Bahamas Golf Classic à l’Atlantis, en janvier, est un tournoi du Korn Ferry Tour doté d’un million de dollars de prix.
Intersaison : mai et juin
Excellente période pour voyager si vous souhaitez économiser. Les prix chutent de 20 à 40 %, les touristes se font nettement moins nombreux, et la météo reste agréable. Les températures grimpent à 30-32 degrés, les averses font leur apparition mais durent généralement 30 à 60 minutes avant de passer. L’eau se réchauffe à 28 degrés : idéal pour la baignade et le snorkeling. Pour les Français habitués aux températures méditerranéennes, cela reste tout à fait supportable.
Juin voit se tenir le Pineapple Festival à Éleuthera et le Rake and Scrape Festival à Cat Island : deux occasions de plonger dans la culture bahamienne authentique, loin des foules.
Basse saison : de juillet à novembre
C’est la saison des ouragans. Cela ne signifie pas qu’un ouragan frappe tous les jours : la plupart du temps, la météo reste tout à fait correcte, simplement plus chaude (33-35 degrés) et plus humide. Les pluies sont plus fréquentes et plus intenses, et des tempêtes tropicales restent possibles. Le pic se situe en septembre-octobre, lorsque la probabilité d’ouragans sérieux est la plus élevée.
Les prix sont alors au plus bas, avec des remises allant jusqu’à 50-60 % sur les hôtels ; certains resorts proposent des formules du type « cinq nuits payées trois ». Si vous acceptez le risque (les systèmes d’alerte modernes laissent plusieurs jours pour évacuer), vous pouvez voyager à petit budget. Pour les enseignants français ou belges, c’est compliqué : juillet-août correspond aux vacances scolaires, mais aussi au cœur de la saison des ouragans.
À éviter : la dernière semaine de mars et les deux premières d’avril, période du Spring Break américain. Les étudiants américains envahissent Nassau et Cable Beach, et l’ambiance change du tout au tout. Si vous cherchez le calme, attendez que la vague soit passée.
Comment se rendre aux Bahamas
Depuis la France, la Belgique et la Suisse
Il n’existe pas de vol direct entre l’Europe francophone et les Bahamas. Les meilleures correspondances se répartissent comme suit.
Via les États-Unis. C’est la solution la plus courante. Air France, Delta et American Airlines proposent des vols depuis Paris-CDG vers Miami (environ 10 heures de vol). De Miami, un vol de 50 minutes vous amène à Nassau. British Airways propose également Paris-Londres-Nassau, avec correspondance à Heathrow. Depuis Genève ou Bruxelles, Swiss, Brussels Airlines ou Lufthansa assurent des correspondances via Zurich, Bruxelles ou Francfort vers Miami ou New York, puis Nassau. Le temps total de voyage depuis Paris oscille généralement entre 14 et 18 heures selon la correspondance.
Attention aux formalités de transit par les États-Unis. Même pour un simple transit, les ressortissants français, belges et suisses doivent obtenir un ESTA (Electronic System for Travel Authorization) avant le départ. L’ESTA coûte 21 dollars, se demande en ligne (uniquement sur le site officiel esta.cbp.dhs.gov — attention aux sites non officiels qui facturent des frais supplémentaires) et est généralement approuvé en quelques heures. Il est valable deux ans. Vous devrez également passer les contrôles de l’immigration et des douanes américaines, même pour un simple transit. Prévoyez au minimum trois heures de correspondance à Miami ou New York pour ne pas manquer votre vol.
Via Londres. British Airways opère un vol direct Londres-Nassau (environ 9 heures). Depuis Paris, un Eurostar ou un vol court vers Londres-Heathrow permet de connecter. Cette option évite le transit américain et l’ESTA, mais n’est vraiment pratique qu’au départ de Paris ou de Bruxelles.
Via le Canada. Air Canada propose des vols Toronto-Nassau. Depuis Paris, on peut voler vers Toronto ou Montréal, puis connecter vers Nassau. Le transit au Canada est souvent plus simple qu’aux États-Unis, mais les citoyens français doivent obtenir une AVE (Autorisation de voyage électronique, 7 dollars canadiens). Idem pour les Belges et les Suisses.
Combien cela coûte. Comptez entre 600 et 1 200 euros pour un aller-retour Paris-Nassau en classe économique, selon la saison et l’anticipation de la réservation. En haute saison (décembre-mars), les prix sont au plus haut. En mai-juin ou de septembre à novembre, on peut trouver des vols autour de 600 à 700 euros. Depuis Bruxelles ou Genève, ajoutez en moyenne 50 à 150 euros. L’astuce : surveillez les promotions des compagnies américaines (Delta, American Airlines, JetBlue), qui proposent régulièrement des tarifs intéressants sur les liaisons Miami-Nassau ou Fort Lauderdale-Nassau, et achetez votre vol transatlantique séparément.
Depuis le Québec et le Canada francophone
Les Canadiens francophones bénéficient d’un avantage logistique considérable. Des vols directs existent depuis Montréal (YUL) et Toronto (YYZ) vers Nassau, opérés par Air Canada, WestJet et parfois Sunwing en saison. Le vol Montréal-Nassau dure environ 4 h 30. Les tarifs oscillent entre 400 et 900 dollars canadiens pour un aller-retour, selon la saison.
Autre option populaire pour les Québécois : voler vers la Floride (Fort Lauderdale ou Miami, avec de nombreux vols à bas prix sur Flair Airlines, Swoop ou Lynx Air), puis prendre un vol court ou même un ferry pour les Bahamas. Le ferry Balearia Caribbean relie Fort Lauderdale à Freeport (Grand Bahama) en 3 à 4 heures et permet même d’embarquer sa voiture.
Les forfaits tout inclus des grossistes québécois (Transat, Sunwing) intègrent souvent les Bahamas et peuvent offrir un excellent rapport qualité-prix, en particulier pour les voyages en famille.
Ferries depuis la Floride
Balearia Caribbean assure des traversées entre Fort Lauderdale (Port Everglades) et Grand Bahama (Freeport). La traversée dure 3 à 4 heures, et c’est une excellente alternative pour qui souhaite emmener sa voiture ou simplement voyager en mer. Les horaires varient selon la saison : en général, une à deux traversées par jour en haute saison, moins en basse saison.
Depuis Miami, des ferries rapides vers Bimini sont parfois disponibles (environ 2 heures de traversée), mais les horaires sont instables — vérifiez avant de planifier.
Croisières
Nassau est l’un des ports de croisière les plus fréquentés au monde. Pratiquement chaque croisière dans les Caraïbes y fait escale. Si vous souhaitez simplement « goûter » aux Bahamas, une escale d’une journée depuis un paquebot vous donnera un aperçu de Nassau, mais pas des vraies Bahamas. Pour une expérience complète, il faut au minimum une semaine, idéalement deux. De nombreuses croisières partent de Fort Lauderdale ou de Miami et incluent Nassau ainsi que les îles privées des compagnies (CocoCay pour Royal Caribbean, Ocean Cay pour MSC). C’est une bonne introduction, mais ce n’est pas le vrai visage de l’archipel.
Visa et formalités d’entrée
Pour les ressortissants français, belges et suisses : pas de visa pour les séjours touristiques de moins de 90 jours. Il faut un passeport valide au moins six mois après la date de retour prévue, un billet de retour ou de continuation et une preuve d’hébergement. En pratique, les autorités bahamiennes vérifient rarement cette dernière, mais mieux vaut l’avoir sous la main.
Pour les Canadiens (Québécois compris) : même régime, pas de visa pour les séjours de moins de 90 jours avec un passeport canadien valide.
À l’arrivée, vous devrez remplir un formulaire d’immigration (de plus en plus souvent numérique) et une déclaration douanière. La procédure est généralement rapide et sans accroc. On vous demandera l’adresse de votre hébergement — gardez-la à portée de main.
Important pour les binationaux : si vous avez la double nationalité (franco-américaine ou franco-canadienne, par exemple), présentez à chaque frontière le passeport le plus avantageux. Aux Bahamas, un passeport européen ou canadien suffit. Si vous transitez par les États-Unis, utilisez votre passeport américain si vous en avez un (pas besoin d’ESTA dans ce cas).
Transports aux Bahamas
Entre les îles
Les vols intérieurs sont le moyen le plus rapide de se déplacer entre les îles. Bahamasair, la compagnie nationale, assure des liaisons depuis Nassau vers les principales îles. Les appareils sont petits (ATR 42/72 ou Dash 8), avec une cinquantaine de passagers au maximum, et le vol ressemble davantage à un trajet en minibus — avec vue sur l’océan turquoise depuis le hublot. Tarif : 100 à 250 dollars par trajet selon la destination. Ne vous attendez pas au confort d’Air France : c’est rudimentaire, mais cela fonctionne. Les retards sont fréquents. Adoptez l’« island time » et restez zen.
Les ferries de Bahamas Ferries partent de Potter’s Cay Dock, à Nassau. Principaux itinéraires : Nassau-Harbour Island, Nassau-Spanish Wells, Nassau-Éleuthera, Nassau-Andros, Nassau-Exuma. La fréquence est d’environ deux traversées par jour, jusqu’à cinq par semaine, mais les horaires changent selon la saison et peuvent être annulés en cas de mauvais temps. Les ferries sont une option plus économique (30 à 80 dollars), mais nettement plus lente (la traversée vers Éleuthera dure environ 2 à 3 heures). Pour les Français habitués aux ferries corses ou bretons, le confort est en deçà, mais l’expérience est authentique.
Les mailboats sont des navires cargo qui transportent courrier, marchandises et passagers entre Nassau et les îles éloignées. C’est l’option la moins chère (15 à 40 dollars), mais aussi la plus lente : le voyage peut durer de 5 à 14 heures. Les horaires sont irréguliers, le confort minimal, mais l’expérience, on ne peut plus authentique. Départ de Potter’s Cay Dock. Si vous avez du temps et l’âme aventureuse, c’est la façon la plus « vraie » de voyager aux Bahamas.
Les bateaux-taxis et charters permettent d’atteindre les petits îlots que les ferries ne desservent pas. Le taxi nautique de North Eleuthera à Harbour Island coûte environ 5 à 7 dollars et prend dix minutes. Les charters démarrent autour de 200 dollars par jour selon la distance.
À Abaco, un système de ferries propre à l’archipel est bien organisé. G&L’s Ferry Service opère depuis Marsh Harbour. Green Turtle Ferry circule entre Treasure Cay et Green Turtle Cay huit fois par jour. Albury’s Ferry Service relie Marsh Harbour à Hope Town et à Man-O-War Cay.
Sur les îles
Le taxi est le principal moyen de transport pour les touristes à Nassau et à Freeport. Il n’y a pas de compteur : les prix sont fixes ou se négocient. Les petites courses à Nassau coûtent environ 10 à 15 dollars, de l’aéroport à Cable Beach 25 à 30 dollars, jusqu’à Paradise Island 35 à 40 dollars. Le conseil du voyageur averti : convenez du tarif avant de monter, et n’hésitez pas à négocier. Certains chauffeurs, surtout aux abords du port de croisière, n’hésitent pas à gonfler les prix. Pour un Français ou un Belge habitué aux taxis à compteur, c’est un changement culturel — mais c’est la norme dans les Caraïbes.
Uber, Lyft et équivalents ne fonctionnent pas aux Bahamas. Pas du tout. Pour appeler un taxi, on passe par WhatsApp : demandez le numéro à votre hôtel ou repérez des chauffeurs sur TripAdvisor. Ou hélez simplement un taxi dans la rue — à Nassau, ce n’est pas difficile.
Les jitneys sont les minibus locaux de Nassau. Des minibus aux couleurs vives, musique à fond, qui sillonnent les principaux itinéraires. Tarif : 1,25 dollar, à payer en espèces au chauffeur. Ils desservent les axes principaux : centre-ville vers Cable Beach, centre-ville vers l’aéroport, etc. Il n’y a pas à proprement parler d’horaires : les bus passent quand ils passent, généralement de 6 h 30 à 19 h 00. L’expérience est authentique et bon marché, mais peut dérouter un touriste novice : il n’y a pas d’arrêts clairement signalés, il faut faire signe au chauffeur. Pour les Français habitués au réseau RATP ou aux Belges rompus à De Lijn ou au TEC, c’est un autre monde.
La location de voiture prend tout son sens à Grand Bahama, Éleuthera et Exuma, où les distances sont importantes et les transports en commun limités. Sur New Providence, on peut aussi louer une voiture, mais le trafic à Nassau est dense et le stationnement compliqué. Tarif : à partir de 47 à 70 dollars par jour. Important : aux Bahamas, on roule à gauche (héritage britannique), et la plupart des voitures ont le volant à droite. Si vous n’avez jamais conduit à gauche, préparez-vous à quelques heures de stress. Les Français, Belges et Suisses habitués à la conduite à droite devront être particulièrement vigilants aux ronds-points et aux intersections. Les routes des îles principales sont globalement correctes ; sur les îles éloignées, elles peuvent être en terre. Un permis de conduire français, belge, suisse ou canadien est accepté pour les séjours de moins de trois mois.
Les voiturettes de golf sont un moyen de transport très populaire sur les petites îles, notamment Harbour Island, Green Turtle Cay et Staniel Cay. Location : 50 à 80 dollars par jour. C’est le mode de déplacement le plus amusant et le plus pratique sur ces îlots, où les distances se mesurent en centaines de mètres.
Les vélos se louent sur la plupart des îles, mais la chaleur rend les longues sorties éprouvantes. Mieux vaut rouler au lever ou au coucher du soleil. Les scooters constituent une autre option à New Providence et Grand Bahama, à 40-60 dollars par jour.
Code culturel des Bahamas
Communication et mentalité
Les Bahamiens comptent parmi les gens les plus chaleureux que vous rencontrerez. « Hey, how you doin’? » est le salut standard, que vous entendrez plusieurs dizaines de fois par jour. Ne vous pressez pas, ne soyez pas brusque, souriez — et vous serez accueilli comme un membre de la famille. Le tempérament bahamien marie la décontraction caribéenne à la politesse britannique. Les gens ne sont jamais pressés, et toute tentative de les presser suscitera plus d’étonnement que d’accélération.
L’« island time » est une réalité, pas une plaisanterie. Si un rendez-vous est fixé à 10 heures, ne soyez pas surpris qu’il démarre à 10 h 30, voire plus tard. Si l’on vous promet de réparer votre bateau « avant midi », cela peut vouloir dire le soir, voire le lendemain. Ce n’est pas un manque de respect, mais un rythme de vie différent, forgé par des siècles d’existence sous les tropiques, où l’urgence n’a pas de sens. Détendez-vous et acceptez-le. Vous êtes en vacances, après tout. Pour les Français, prompts à râler quand un train accuse cinq minutes de retard, c’est un exercice salutaire de lâcher-prise. Pour les Suisses, c’est un choc culturel. Pour les Québécois, c’est un cran plus loin dans la décontraction qu’ils connaissent déjà un peu dans les Caraïbes francophones.
La religion occupe une place importante dans la culture bahamienne. Plus de 90 % de la population est chrétienne (baptistes, anglicans, catholiques, méthodistes), et la foi joue un rôle considérable dans la vie quotidienne. Le dimanche, de nombreux commerces sont fermés, en particulier sur les îles éloignées. Même à Nassau, certains restaurants et magasins fonctionnent en horaires réduits. Sur les Out Islands, le dimanche, pratiquement tout ferme. Si vous voyagez un dimanche, assurez-vous que les restaurants et magasins dont vous avez besoin sont ouverts, et faites vos provisions d’eau et de nourriture à l’avance. Pour les Français habitués à faire leurs courses le dimanche matin, c’est un point à retenir.
Les Bahamiens sont fiers de leur pays et de leur histoire. Les discussions sur les pirates, l’esclavage, le Junkanoo et l’indépendance sont toujours passionnantes si elles sont menées avec respect. Le sujet du trafic de drogue (les Bahamas étaient un point de transit dans les années 1980) est sensible et mieux vaut l’éviter. La politique aussi, si l’on ne maîtrise pas le contexte. En revanche, on peut parler musique, cuisine, pêche et mer à l’infini : ce sont des sujets qui rapprochent.
La barrière de la langue pour les francophones
Point crucial pour les voyageurs francophones : le français n’est absolument pas parlé aux Bahamas. Contrairement à la Martinique, à la Guadeloupe, à Saint-Martin ou même à Haïti (voisin, mais culturellement très différent), les Bahamas sont entièrement anglophones. Aucun panneau en français, aucun menu bilingue, aucun guide francophone standard. Même quelques mots de politesse en français ne seront pas compris.
Si votre anglais est bon, aucun souci. Sachez toutefois que l’anglais bahamien a ses particularités. L’accent créole, l’argot et des tournures grammaticales différentes de l’anglais standard peuvent dérouter. « Wha’ happen? » (comment ça va ?), « switcha » (une limonade locale), « conchy joe » (un Bahamien blanc) : l’argot local donne du piquant à la conversation. Sur les îles éloignées, l’accent peut être si marqué qu’il semble être une autre langue. N’hésitez pas à demander de répéter : personne ne s’en offusquera.
Si votre anglais est limité, voici quelques conseils pratiques. Premièrement, téléchargez Google Translate ou DeepL avec le pack de langues anglais disponible hors ligne avant votre départ. Deuxièmement, apprenez une vingtaine de phrases essentielles : « How much does it cost? » (combien ça coûte ?), « Where is…? » (où se trouve… ?), « I would like… » (je voudrais…), « Thank you very much » (merci beaucoup), « Can you help me? » (pouvez-vous m’aider ?). Troisièmement, les Bahamiens sont incroyablement patients et bienveillants : ils feront tout pour vous comprendre, même avec un anglais approximatif. Le sourire et la bonne volonté comptent énormément. Quatrièmement, dans les grands hôtels et resorts (Atlantis, Baha Mar), on trouve parfois du personnel francophone, mais ne comptez pas dessus systématiquement.
Pourboires
Les pourboires aux Bahamas sont obligatoires : ils représentent une part importante du revenu du personnel de service. Au restaurant : 15 à 20 % de l’addition (vérifiez qu’ils ne soient pas déjà inclus — certains restaurants ajoutent automatiquement 15 % de gratuity). Aux chauffeurs de taxi : 10 à 15 %. Aux femmes de chambre : 3 à 5 dollars par jour. Aux guides et moniteurs : 15 à 20 % du prix de l’excursion. Aux barmans : 1 à 2 dollars par boisson. Dans les gargotes à emporter, les pourboires ne sont pas obligatoires, mais quelques dollars seront appréciés.
C’est un changement culturel majeur pour les Européens. En France, en Belgique et en Suisse, le service est inclus dans les prix, et le pourboire reste un complément facultatif et modeste (arrondir à l’euro supérieur, laisser la monnaie). Aux Bahamas, comme aux États-Unis, ne pas laisser de pourboire est perçu comme une véritable insulte. Les Québécois, habitués au système nord-américain, seront en terrain connu.
Tenue vestimentaire
Les Bahamas sont un pays décontracté, mais pas autant qu’on pourrait le croire. Sur la plage, tout est permis (à l’exception du nudisme, interdit et passible d’amende). Dans les restaurants et bars, short et t-shirt sont tout à fait acceptables. En revanche, dans le centre-ville de Nassau, dans les casinos et dans les restaurants haut de gamme, le « smart casual » est recommandé : pantalon long ou jupe convenable, chemise à col. Dans les églises, épaules et genoux couverts.
Se promener en ville en maillot de bain n’est pas d’usage et peut susciter des remarques. Les Bahamiens sont conservateurs, et une tenue trop dévêtue en dehors de la plage est perçue comme un manque de respect. Les Françaises habituées au monokini sur la Côte d’Azur devront s’adapter : même le monokini est très mal vu ici.
Junkanoo : l’âme des Bahamas
Le Junkanoo est le plus grand événement culturel des Bahamas. Il a lieu deux fois par an : le 26 décembre (Boxing Day) et le 1ᵉʳ janvier. Le défilé démarre vers 2 heures du matin sur Bay Street, à Nassau, et se prolonge jusqu’à 10 heures. Des milliers de participants en costumes de papier crépon (certains pèsent plus de 50 kilogrammes) dansent au son des tambours goombay, des cloches, des sifflets et des cuivres.
Les origines du Junkanoo remontent aux traditions africaines apportées sur les îles par les esclaves. Le nom proviendrait peut-être d’un chef africain, « John Canoe ». Les costumes s’élaborent pendant des mois — véritables œuvres d’art — et la compétition entre les groupes est sérieuse. Si vous êtes aux Bahamas à ces dates, ne manquez pas ce spectacle. C’est l’un des plus électrisants que vous verrez où que ce soit. Pour les Français qui connaissent les carnavals de Nice ou de Dunkerque, le Junkanoo relève d’une autre dimension : plus brut, plus viscéral, plus africain.
Musique
Le rake-and-scrape est un style bahamien unique, dont les instruments principaux sont une scie de charpentier (que l’on fait vibrer avec une lime), un tambour en peau de chèvre et un accordéon. Cela peut paraître rudimentaire, mais le rythme est irrésistible. Le goombay est un autre style local, fondé sur les rythmes de tambour africains. Le calypso, le soca, le reggae et le hip-hop contemporain sont eux aussi populaires. Pour les amateurs de musiques du monde, les Bahamas offrent une scène méconnue mais fascinante.
Sécurité aux Bahamas
Situation générale
Les Bahamas sont globalement un pays sûr pour les touristes, mais avec des nuances. Le taux de criminalité compte parmi les plus élevés des Caraïbes, mais l’écrasante majorité des faits se produisent entre locaux, dans des quartiers où les touristes ne s’aventurent pas. Les zones touristiques, les hôtels et les sites d’intérêt sont bien surveillés.
Nassau et Freeport sont des villes où il convient d’appliquer les précautions urbaines habituelles. Les quartiers « Over-the-Hill » de Nassau (au sud de Bay Street) ne sont pas conçus pour les promenades touristiques, surtout à la tombée de la nuit. Love Beach et certains quartiers de l’ouest de New Providence sont également à éviter la nuit. Ne vous promenez pas sur des plages désertes après le coucher du soleil, ne laissez aucun objet de valeur en vue dans la voiture, ne portez pas de bijoux onéreux.
Sur les Out Islands (toutes les îles sauf New Providence et Grand Bahama), la sécurité est d’un tout autre niveau. Sur les petites îles comme Harbour Island, Cat Island ou Staniel Cay, la criminalité est quasi inexistante : tout le monde se connaît et les portes restent souvent ouvertes.
Pour les voyageurs français, consultez les conseils aux voyageurs du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (diplomatie.gouv.fr) avant votre départ. Le site classe généralement les Bahamas en « vigilance renforcée » pour Nassau et en « vigilance normale » pour les Out Islands. Pour les Belges, consultez le SPF Affaires étrangères ; pour les Suisses, le DFAE ; pour les Canadiens, le site voyage.gc.ca.
Arnaques classiques envers les touristes
La location de jet-skis est l’une des sources de problèmes les plus fréquentes. Des opérateurs non agréés peuvent gonfler les prix, raccourcir le temps de location (en vous faisant revenir plus tôt que prévu) et négliger les règles de sécurité. N’utilisez que des opérateurs agréés, recommandés par votre hôtel.
Le tressage de cheveux sur la plage. Les vendeuses de Junkanoo Beach et du centre-ville proposent de vous tresser les cheveux. Le prix est annoncé au départ, mais, une fois la prestation terminée, il peut « augmenter » de deux ou trois fois : « parce que vous avez les cheveux longs », « parce que j’y ai passé plus de temps ». Convenez d’un prix ferme à l’avance et n’hésitez pas à partir s’il change en cours de route.
Les taxis sans compteur. Certains chauffeurs (en particulier aux abords du port de croisière) n’hésitent pas à gonfler la course. Demandez le prix avant de monter, comparez avec les tarifs officiels (disponibles sur le site du Bahamas Tourist Office) et réservez votre taxi via votre hôtel : les véhicules préréservés sont toujours moins chers que ceux hélés dans la rue.
Les « vacances gratuites » : si quelqu’un vous propose un « voyage gratuit aux Bahamas », les conditions en petits caractères cachent très probablement des frais importants (« resort fees » obligatoires, dates imposées, hôtels de qualité douteuse). C’est une arnaque classique, connue aussi bien en France qu’en Amérique du Nord.
La fraude à la carte bancaire existe aux Bahamas. Utilisez des cartes à puce, ne laissez jamais votre carte hors de votre vue (exigez que le terminal vienne à votre table) et vérifiez vos relevés. Ne retirez d’argent qu’aux distributeurs des banques, jamais dans ceux que l’on trouve dans la rue. Pour les Français, la carte à puce avec code PIN est la norme, ce qui vous protège déjà bien. Pensez à prévenir votre banque de votre voyage pour éviter tout blocage à l’étranger.
Numéros d’urgence
Police : 919 ou 322-4444. Ambulance : 919. Pompiers : 919. Garde côtière : 322-3877.
Il n’y a pas d’ambassade de France aux Bahamas. L’ambassade de France la plus proche se trouve à Washington, D.C. (États-Unis). Le consulat honoraire de France à Nassau peut fournir une assistance de base. En cas d’urgence grave, contactez le Centre de crise et de soutien du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères au +33 1 43 17 53 53. Pour les Belges : le consul honoraire à Nassau ou l’ambassade à Washington. Pour les Suisses : l’ambassade à Washington. Pour les Canadiens : le haut-commissariat du Canada aux Bahamas (dont le siège est à Kingston, en Jamaïque, avec un bureau local à Nassau).
Santé et médecine
Soins médicaux
Le Princess Margaret Hospital, à Nassau, est le plus grand hôpital public des Bahamas. Le Doctors Hospital (également à Nassau) est une clinique privée offrant un meilleur niveau de service. Le Rand Memorial Hospital est l’hôpital principal de Grand Bahama. Sur les îles éloignées, on ne trouve que de petites cliniques à l’équipement sommaire ; dans les cas graves, les patients sont évacués vers Nassau ou Miami.
L’assurance médicale de voyage est absolument indispensable. La médecine aux Bahamas est coûteuse (le pays n’adhère à aucun système de santé gratuit pour les étrangers), et une évacuation sanitaire vers Miami en hélicoptère peut atteindre plusieurs dizaines de milliers de dollars. Assurez-vous que votre contrat couvre l’évacuation médicale.
Pour les Français, la Carte européenne d’assurance maladie (CEAM) ne fonctionne évidemment pas aux Bahamas. Souscrivez une assurance voyage spécifique. Votre carte bancaire (Visa Premier, Gold Mastercard) peut inclure une assurance voyage si vous avez payé vos billets avec : vérifiez les garanties et les plafonds. Pour les Suisses, l’assurance maladie obligatoire (LAMal) peut couvrir les soins urgents à l’étranger, généralement au tarif suisse et avec des plafonds : une assurance complémentaire est vivement recommandée. Pour les Québécois, la RAMQ rembourse une partie des frais médicaux à l’étranger, mais les montants sont très insuffisants pour couvrir les coûts réels : une assurance voyage privée est essentielle.
Vaccins et maladies
Aucun vaccin n’est obligatoire pour entrer aux Bahamas (sauf en provenance d’une zone de fièvre jaune). Les vaccins standards sont recommandés : hépatites A et B, tétanos-diphtérie. Il n’y a pas de paludisme aux Bahamas. La dengue et le chikungunya sont possibles, transmis par les moustiques. Utilisez un répulsif, surtout à l’aube et au crépuscule. Pour les Français et les Belges, peu habitués aux moustiques tropicaux en Europe, c’est un réflexe à acquérir.
Les coups de soleil sont le problème médical numéro un des touristes aux Bahamas. Le soleil y est intense, surtout entre 11 heures et 15 heures. SPF 50+, chapeau, renouvellement fréquent de la crème : ce n’est pas une recommandation, c’est une nécessité absolue. Les peaux claires européennes (en particulier les Belges, les Suisses alémaniques et les Français du Nord) sont particulièrement vulnérables. L’insolation est le deuxième problème par ordre de fréquence : buvez au minimum 2 à 3 litres d’eau par jour.
Faune marine : les méduses (notamment la physalie, ou « galère portugaise », dont les tentacules provoquent de fortes brûlures), les oursins (marcher dessus est douloureux et expose à l’infection), les raies (traînez les pieds en entrant dans l’eau, la raie s’éloignera). En cas de piqûre de méduse, le vinaigre aide à neutraliser le venin. Si vous marchez sur un oursin : pince à épiler et eau chaude.
L’eau du robinet. Sur New Providence et Grand Bahama, l’eau du robinet est traitée et généralement sûre, mais son goût peut surprendre (elle provient du dessalement de l’eau de mer). Sur les îles éloignées, ne buvez que de l’eau en bouteille. Pour les Français habitués à une eau du robinet de qualité, prenez cette précaution au sérieux.
Argent et budget
Devise
Le dollar bahamien (BSD) est indexé sur le dollar américain au taux de 1 pour 1, et les deux devises sont acceptées partout. Vous pouvez régler en dollars américains dans n’importe quel magasin, restaurant ou taxi, et l’on peut vous rendre la monnaie dans l’une ou l’autre devise. Il est inutile de changer de l’argent. S’il vous reste des dollars bahamiens, dépensez-les à l’aéroport : payez avec un gros billet bahamien pour un petit achat, et l’on vous rendra la monnaie en dollars américains. Hors des Bahamas, les dollars bahamiens sont pratiquement inutilisables — la plupart des banques du monde refusent de les changer.
Les cartes bancaires (Visa, Mastercard) sont acceptées dans la plupart des hôtels, restaurants et grandes enseignes de Nassau et de Freeport. Sur les îles éloignées, le liquide est souvent le seul moyen de paiement. American Express est moins largement acceptée. Des distributeurs automatiques existent sur toutes les grandes îles, mais peuvent faire défaut sur les petits îlots : prévoyez suffisamment de liquide.
Pour les voyageurs européens, la conversion EUR-USD s’effectue de tête. Au cours actuel (2026), un euro vaut environ 1,05 à 1,10 dollar. Un prix affiché à 100 dollars correspond donc à environ 90-95 euros. Prévoyez de retirer des dollars américains avant votre départ (dans votre banque en France, en Belgique ou en Suisse, où les frais de change sont généralement moins élevés qu’aux Bahamas) ou retirez-les directement aux distributeurs sur place avec votre carte. Attention aux frais de retrait à l’étranger : certaines banques françaises facturent des commissions importantes. Les néobanques (N26, Revolut, Wise) offrent souvent de meilleurs taux de change et des frais réduits — un conseil précieux pour les voyageurs fréquents.
Pour les Canadiens, le dollar canadien (CAD) n’est pas accepté aux Bahamas. Changez vos CAD en USD avant le départ ou retirez directement en USD sur place. Le taux CAD-USD fluctue, mais tourne généralement autour de 1 CAD pour 0,72 à 0,75 USD. Les banques canadiennes et les bureaux de change des aéroports de Montréal ou de Toronto proposent des taux corrects.
Le Sand Dollar est la monnaie numérique de la banque centrale des Bahamas, l’une des premières CBDC au monde. Pour les touristes, son intérêt pratique reste limité, mais c’est un fait à connaître.
Budget
Les Bahamas sont une destination chère. Ce n’est ni l’Asie du Sud-Est ni l’Europe de l’Est. Presque tout (sauf le poisson et les fruits) est importé, et les prix s’en ressentent. Pour les Français habitués aux prix parisiens, les Bahamas sont comparables, voire un peu plus chères. Pour les Suisses habitués aux prix helvétiques, les Bahamas paraîtront assez raisonnables. Pour les Belges et les Québécois, c’est nettement au-dessus de la moyenne.
Budget économe (100-150 dollars par jour et par personne, soit environ 90-140 euros) : pensions de famille et auberges (40 à 80 dollars la nuit), repas dans les gargotes locales et sur les marchés (10 à 15 dollars), déplacements en jitney et à pied, plages gratuites et snorkeling depuis le rivage. C’est un minimum sérieux : les Bahamas ne sont vraiment pas une destination de routard facile.
Budget moyen (200-350 dollars par jour et par personne, soit environ 180-320 euros) : hôtels trois ou quatre étoiles (120 à 200 dollars la nuit), restaurants de niveau intermédiaire (30 à 50 dollars le dîner), excursions (50 à 150 dollars par activité), taxi ou location de voiture. C’est le budget le plus réaliste pour un couple français ou québécois qui souhaite profiter sans se ruiner.
Budget élevé (500 dollars et plus par jour et par personne, soit environ 450 euros ou plus) : resorts de type Atlantis, Baha Mar, One&Only Ocean Club (300 à 1 000 dollars et plus la nuit), restaurants gastronomiques (80 à 150 dollars le dîner), excursions privées et charters. C’est le territoire du luxe, et les Bahamas y excellent.
La TVA (VAT) aux Bahamas s’élève à 10 %. Elle est généralement incluse dans le prix affiché, mais vérifiez : certains établissements l’ajoutent à l’addition. Au restaurant, l’addition peut inclure à la fois la TVA et les frais de service (gratuity, généralement 15 %) — lisez attentivement le ticket pour ne pas laisser un double pourboire. Si le ticket indique gratuity included, il n’est pas obligatoire d’ajouter quoi que ce soit, même si quelques dollars supplémentaires pour un excellent service seront toujours appréciés.
Conseil pour les Out Islands : sur les petites îles, les distributeurs peuvent faire défaut. Approvisionnez-vous en liquide à Nassau. Sur Cat Island, Long Island, Inagua, San Salvador, mieux vaut avoir suffisamment d’espèces pour toute la durée du séjour. Les cartes de crédit ne sont acceptées que dans les grands hôtels et restaurants ; les petits établissements locaux, les excursions en bateau et les marchés n’acceptent que le liquide.
Itinéraires aux Bahamas
7 jours : classique Nassau et Exuma
Jour 1 : arrivée à Nassau. Atterrissage à l’aéroport Lynden Pindling, transfert à l’hôtel (taxi jusqu’à Cable Beach environ 25-30 dollars, jusqu’à Paradise Island 35-40 dollars — convenez du prix avant de monter). Si vous arrivez le matin après un vol de nuit depuis Paris, la tentation de dormir sera grande, mais résistez : allez vous promener dans le centre-ville pour vous acclimater au décalage horaire (Nassau est à GMT-5, soit six heures de moins qu’en France, en Belgique ou en Suisse en hiver, cinq heures en été). Bay Street et ses bâtiments coloniaux aux tons pastel, le Straw Market (marchandez — le prix de départ est gonflé d’au moins du double), la Queen’s Staircase (65 marches taillées dans la roche — emportez de l’eau), Fort Charlotte (entrée gratuite, belles vues sur le port). Déjeuner dans une gargote locale : goûtez le conch salad, une salade fraîche de conque au piment et au citron vert, préparée sous vos yeux en quelques minutes. Le soir : dîner à Arawak Cay, le marché aux poissons local, plus connu sous le nom de « Fish Fry ». Passage obligé : une dizaine de gargotes en bord de mer, des fruits de mer frais, de la musique en direct et le Sky Juice (eau de coco, gin et noix de muscade — attention, plus fort qu’il n’y paraît). Essayez le cracked conch chez Twin Brothers ou Oh Andros.
Jour 2 : plages de Nassau. Matinée sur Cable Beach : baignade, bronzage, sports nautiques. La plage s’étire sur plusieurs kilomètres, et plus l’on s’éloigne des grands hôtels, moins il y a de monde. Possibilité de louer un kayak, une planche de SUP ou d’essayer le parachute ascensionnel. Après-midi : Paradise Island et l’Atlantis. L’aquarium Marine Habitat (gratuit pour les clients, environ 40 dollars pour les visiteurs) abrite plus de 50 000 espèces marines dans des bassins ouverts ; The Dig reconstitue les ruines sous-marines d’une cité engloutie ; ne manquez pas une promenade dans le resort, qui impressionne même sans y dormir. Si vous avez le temps, direction Blue Lagoon Island pour nager avec les dauphins (excursion d’une demi-journée, environ 200 dollars, à réserver en haute saison). Soirée : cocktail dans l’un des bars de Paradise Island avec vue sur le coucher de soleil sur le port de Nassau.
Jour 3 : Nassau, culture et histoire. Matinée : National Art Gallery of The Bahamas (dans le superbe bâtiment colonial Villa Doyle, collection permanente d’art bahamien et expositions temporaires), puis Pirates of Nassau Museum (musée interactif consacré à la piraterie — Barbe Noire, Calico Jack et Anne Bonny y avaient leur base ; le musée reconstitue l’atmosphère du Nassau pirate du XVIIIᵉ siècle, effets sonores et décors grandeur nature à l’appui). Après-midi : Ardastra Gardens and Zoo, le seul zoo des Bahamas, célèbre pour son spectacle de flamants roses qui défilent au pas — les oiseaux marchent en rangs serrés comme des soldats, entre le comique et l’impressionnant. Si le temps le permet : John Watling’s Distillery dans le domaine Buena Vista Estate (visite et dégustation de rhum gratuites). Soirée : Graycliff Hotel and Restaurant, l’une des plus anciennes résidences de Nassau (construite en 1740), où l’on peut fumer un cigare roulé main à la Graycliff Cigar Company et savourer un cocktail dans le jardin tropical. Le restaurant est cher, mais l’atmosphère vaut chaque centime.
Jour 4 : vol pour Exuma. Vol matinal de Bahamasair entre Nassau et Georgetown (environ 30 minutes). Installation à l’hôtel. Promenade dans Georgetown l’après-midi : une petite ville charmante à l’architecture coloniale. Coucher de soleil sur Tropic of Cancer Beach, l’une des plus belles plages d’Exuma, située précisément sur le tropique du Cancer. Notez que le décalage horaire avec la France est identique à celui de Nassau.
Jour 5 : cochons nageurs et Thunderball Grotto. Journée complète en bateau, en excursion dans les Exuma Cays (à réserver à l’avance, 200 à 350 dollars par personne, déjeuner et équipement de snorkeling inclus). Premier arrêt : Big Major Cay, où les cochons nageurs accourent vers le bateau dès qu’ils entendent le moteur et réclament à manger. Privilégiez le matin tôt, lorsque les cochons sont affamés et pas encore fatigués par les touristes. Les photos sont spectaculaires — ils posent volontiers. Ensuite, direction Thunderball Grotto : à marée basse, vous nagez à l’intérieur de la grotte par une entrée submergée (environ un mètre de profondeur), et vous débouchez dans une cathédrale sous-marine où les rayons du soleil percent le plafond et illuminent les bancs de poissons tropicaux. C’est ici qu’a été tournée la scène du James Bond Thunderball (Opération Tonnerre) — les cinéphiles français apprécieront. Puis Compass Cay (nage avec les requins-nourrices en conditions encadrées — ils sont absolument inoffensifs et habitués aux humains), Allen’s Cay (où l’on nourrit les iguanes endémiques des Bahamas du Nord, qui accourent au bateau pour saisir les fruits directement dans les mains). Déjeuner sur un banc de sable au milieu de l’océan : certaines excursions incluent un barbecue de homard tout juste pêché sur un îlot désert. Retour à Georgetown au coucher du soleil. L’une de ces journées dont on se souvient toute une vie.
Jour 6 : snorkeling et plages d’Exuma. Matinée : snorkeling sur les récifs près de Staniel Cay ou dans l’Exuma Cays Land and Sea Park (premier parc marin au monde). Transparence de l’eau incroyable, visibilité de 20 à 30 mètres. Après-midi : détente sur la plage, kayak dans les mangroves ou simple sieste dans un hamac, un livre à la main.
Jour 7 : retour. Vol matinal de Georgetown vers Nassau. Si votre vol de retour vers l’Europe ou le Canada part le soir, profitez des dernières heures pour faire quelques emplettes en centre-ville, déjeuner au Fish Fry et prendre un dernier cocktail face au port. Si le vol est matinal, transfert direct vers l’aéroport.
10 jours : Nassau, Exuma et Éleuthera
Jours 1 à 3 : Nassau. Suivez le programme du circuit de sept jours ci-dessus.
Jours 4 à 6 : Exuma. Suivez le programme du circuit de sept jours. Le troisième jour, ajoutez une sortie de pêche hauturière dans la Tongue of the Ocean (charter d’une demi-journée, environ 400 à 600 dollars par bateau) ou une plongée sur les récifs d’Exuma (une plongée, environ 100 à 150 dollars).
Jour 7 : vol pour Éleuthera. Vol de Georgetown à North Eleuthera (correspondance possible à Nassau). Taxi nautique pour Harbour Island (dix minutes, 5 à 7 dollars). Installation à l’hôtel. Location d’une voiturette de golf (le seul moyen de transport raisonnable). Première découverte de Pink Sands Beach : le sable rose au coucher du soleil est tout simplement féerique.
Jour 8 : Harbour Island dans son intégralité. Matinée : promenade dans Dunmore Town — maisonnettes colorées, ruelles étroites, Loyalist Cottage (musée), église Saint-Jean. Déjeuner au Sip Sip, restaurant culte avec vue sur l’océan et meilleur lobster quesadilla de l’île. Après-midi : snorkeling sur les récifs de Devil’s Backbone (dangereux pour les navires, mais splendides pour les plongeurs) ou kayak dans les mangroves. Le charme de Harbour Island rappelle celui de certains villages des îles grecques ou bretonnes — en version caribéenne.
Jour 9 : Éleuthera. Traversée retour vers Éleuthera. Louez une voiture et explorez l’île. Glass Window Bridge : le point où l’Atlantique rencontre la mer des Caraïbes (photo obligatoire). Preacher’s Cave : la grotte où les premiers colons anglais se sont réfugiés après un naufrage en 1648. Surfer’s Beach : si les vagues sont au rendez-vous et que vous avez un peu d’expérience. Leon Levy Native Plant Preserve : une réserve botanique sillonnée de sentiers traversant mangroves et criques de marée.
Jour 10 : retour. Vol matinal depuis North Eleuthera ou Governor’s Harbour vers Nassau. Correspondance et vol vers la France, la Belgique, la Suisse ou le Canada.
14 jours : immersion totale
Jours 1 à 3 : Nassau et New Providence. Comme dans le circuit de sept jours, en ajoutant : plongée sur les épaves près de Nassau (Bond Wrecks, Stuart Cove’s), Love Beach (snorkeling sur le récif proche du rivage, uniquement en journée), Clifton Heritage National Park à l’extrémité ouest de l’île (ruines de plantation et sculpture sous-marine Ocean Atlas, la plus grande sculpture sous-marine au monde, une œuvre spectaculaire de cinq mètres de haut représentant une jeune fille soutenant l’océan).
Jours 4 à 6 : Exuma. Trois journées complètes comme décrites plus haut. Le troisième jour : excursion d’une journée entière dans l’Exuma Cays Land and Sea Park (si vous trouvez un bateau à louer ou une excursion organisée).
Jours 7 à 9 : Éleuthera et Harbour Island. Trois jours comme dans le circuit de dix jours. À ajouter : la ferme d’ananas de Gregory Town (si vous y êtes en juin, le Pineapple Festival), Hatchet Bay Cave (une grotte habitée par des chauves-souris, parsemée de stalactites, à explorer avec une lampe torche et un guide), Ten Bay Beach, l’une des plus belles et des plus tranquilles d’Éleuthera.
Jours 10 à 12 : Andros. Vol vers Andros. Deux jours de plongée sur la barrière de corail : plongée sur paroi dans la Tongue of the Ocean, trous bleus, jardins de corail. Une journée de pêche à l’albule en eau peu profonde avec un guide local (même sans être pêcheur, l’expérience est méditative et magnifique). Ou bien : kayak dans les labyrinthes de mangroves, visite de l’Androsia Batik Factory à Fresh Creek (production locale de batik aux motifs bahamiens uniques). Pour les Français rompus à la plongée en mer Rouge ou aux Maldives, Andros propose une expérience différente mais tout aussi spectaculaire.
Jours 13 et 14 : retour via Nassau. Vol de retour vers Nassau. Dernière journée : shopping, dîner d’adieu, détente au bord de la piscine. Vol retour vers l’Europe ou le Canada.
21 jours : le grand tour de l’archipel
Jours 1 à 3 : Nassau. Exploration complète de la capitale, musées, forts, Atlantis, plongée, Fish Fry et vie nocturne compris.
Jours 4 à 6 : Exuma. Cochons nageurs, Thunderball Grotto, Exuma Cays Land and Sea Park, plongée et pêche.
Jours 7 à 9 : Éleuthera et Harbour Island. Plages roses, Glass Window Bridge, surf, Dunmore Town, fermes d’ananas.
Jours 10 à 12 : Andros. Plongée sur la barrière de corail, trous bleus, pêche à l’albule, kayak dans les mangroves, fabrique de batik.
Jours 13 à 15 : Abaco. Vol vers Marsh Harbour. Premier jour : découverte de la ville, promenade dans la marina, déjeuner dans l’un des restaurants du port (Snappas ou Jib Room), location de bateau ou réservation d’un charter de voile pour le lendemain. Deuxième jour : ferry vers Hope Town, sur Elbow Cay — le célèbre phare rouge et blanc (Elbow Reef Lighthouse, l’un des derniers phares à mécanisme manuel au monde, dont le gardien remonte le mécanisme toutes les deux heures), promenade dans le charmant village, snorkeling sur les récifs de Tahiti Beach. Troisième jour : ferry vers Green Turtle Cay — la ville de New Plymouth et son architecture loyaliste, le Miss Emily’s Blue Bee Bar (berceau du cocktail Goombay Smash : c’est ici qu’il a été inventé, et c’est ici qu’il est le meilleur), Ocean Beach. Soirées en musique dans les bars du port. Pour les Français qui connaissent l’archipel des Glénan ou Belle-Île, Abaco offre la même atmosphère insulaire, mais avec des couleurs et des températures caribéennes.
Jours 16 et 17 : Bimini. Vol pour Bimini (charter depuis Nassau ou correspondance via Miami). Premier jour : plages de North Bimini (Radio Beach est la meilleure), Bimini Road (snorkeling sur les mystérieux blocs de pierre au fond de l’océan — vestiges de l’Atlantide ou formation naturelle ?), visite du Shark Lab (station de recherche sur les requins, que l’on peut visiter en excursion). Deuxième jour : pêche hauturière dans le Gulf Stream (charter d’une demi-journée à partir de 500 dollars, la journée entière à partir de 800, mais les sensations sont inoubliables — marlin, thon, wahoo). Soirée : Resorts World Bimini (casino, beach club) ou Bimini Big Game Bar and Grill, bar imprégné de l’esprit d’Hemingway. Les Français qui ont lu Le Vieil Homme et la Mer seront en pèlerinage littéraire.
Jours 18 et 19 : Cat Island ou Long Island. À vous de choisir. Cat Island pour les amateurs de solitude et de culture : ascension du mont Alvernia jusqu’au monastère de The Hermitage (vingt minutes, panorama à 360 degrés), Fernandez Bay (l’une des plus belles plages de l’archipel), soirée avec concert de rake-and-scrape dans un bar local, dîner chez l’habitant dans un home restaurant. Long Island pour les plongeurs et les amoureux de la nature : Dean’s Blue Hole (202 mètres, le trou bleu marin le plus profond au monde, impressionnant même sans plonger), les falaises spectaculaires de la côte est, Cape Santa Maria Beach (qui figure régulièrement dans le classement des dix plus belles plages du monde).
Jours 20 et 21 : retour via Nassau. Vol de retour vers la capitale. Avant-dernier jour : tout ce que vous aviez manqué au début — Clifton Heritage National Park (sculpture sous-marine Ocean Atlas, ruines de plantation), shopping sur Bay Street, dernier conch salad à Potter’s Cay. Dîner d’adieu à Arawak Cay — le même Fish Fry qu’au premier jour, sauf qu’à présent vous savez quoi commander et que vous appelez votre chauffeur de taxi par son prénom. Dernier jour : départ avec la nostalgie de l’eau turquoise, un bronzage qui mettra un mois à s’estomper et la promesse ferme de revenir. Parce que 700 îles, c’est bien trop pour un seul voyage, même de trois semaines.
Connectivité et internet
Téléphonie mobile
Les principaux opérateurs sont BTC (Bahamas Telecommunications Company, filiale de Liberty Latin America) et Aliv (lancé en 2016). La couverture à Nassau et à Freeport est bonne (4G LTE) ; sur les îles éloignées, elle peut être instable ou se limiter à la 3G.
La carte SIM touristique BTC coûte environ 10 à 20 dollars avec un petit volume de données. Aliv propose des forfaits similaires. On peut les acheter dans les boutiques des opérateurs à l’aéroport ou dans le centre-ville de Nassau. Le passeport est obligatoire pour toute acquisition de carte SIM.
L’eSIM reste l’option la plus pratique pour les voyageurs francophones. Airalo, Holafly et d’autres fournisseurs proposent des forfaits dédiés aux Bahamas à partir de 5 à 10 dollars pour 1 Go. Activez-la avant le départ et vous aurez internet dès l’arrivée. C’est particulièrement commode pour les Français, Belges et Suisses dont les téléphones récents prennent en charge l’eSIM (iPhone XS et plus récents, Samsung Galaxy S20 et plus récents, Google Pixel 3 et plus récents).
Wi-Fi
Le Wi-Fi gratuit est disponible dans la plupart des hôtels, mais la vitesse peut décevoir — surtout en soirée, lorsque tous les clients se connectent en même temps. Dans les cafés et restaurants, le Wi-Fi est courant à Nassau, plus rare sur les îles éloignées. L’aéroport de Nassau propose un Wi-Fi gratuit.
L’itinérance (roaming). Vérifiez les tarifs de votre opérateur avant de partir. Le roaming aux Bahamas peut se révéler très coûteux. Pour les opérateurs français (Orange, SFR, Bouygues, Free), les Bahamas ne figurent généralement pas dans les zones « roaming inclus » : vous serez facturé au tarif « reste du monde », qui peut atteindre plusieurs euros le mégaoctet. Ruineux. Même constat pour les opérateurs belges (Proximus, Orange, Base) et suisses (Swisscom, Sunrise, Salt). Les forfaits canadiens (Bell, Rogers, Telus, Vidéotron) incluent parfois les Bahamas dans leurs options « roaming international » ; vérifiez. Dans tous les cas, l’eSIM ou la carte SIM locale est la solution évidente. Conseil : téléchargez toutes les cartes, guides et applications nécessaires avant le départ, tant que vous disposez d’une connexion rapide.
Internet sur les îles éloignées
Sur les petites îles (Cat Island, Long Island, Inagua, San Salvador), l’internet peut être lent, voire inexistant. À Andros, la connexion est instable en dehors des principales agglomérations. À Exuma, Georgetown dispose d’un internet correct, mais sur les petits îlots, il n’y a que du satellite, si vous avez de la chance. Si la connectivité est essentielle à votre travail, renseignez-vous auprès de l’hôtel avant de réserver. Starlink apparaît progressivement dans certains établissements, mais reste encore l’exception.
Conseil pratique : ne tentez pas le télétravail depuis les Out Islands si votre activité exige des visioconférences stables ou le téléchargement de fichiers lourds. Gardez cela pour Nassau, où l’internet est tout à fait acceptable. Sur les petites îles, déconnectez-vous et profitez de ce pour quoi vous êtes venu : le silence, l’océan et l’absence de notifications. Un luxe que les Parisiens, les Bruxellois et les Montréalais devraient s’offrir plus souvent.
Gastronomie bahamienne
La conque : reine de la cuisine bahamienne
La conque (conch, prononcé « konk » en anglais) est un gros mollusque marin qui constitue la base de la cuisine bahamienne. On la prépare de dix façons différentes, et aucun voyage aux Bahamas ne saurait être complet sans en déguster au moins quelques-unes. Pour les Français, grands amateurs de fruits de mer, c’est un bonheur : sa texture se situe à mi-chemin entre celle du bulot et du calamar, avec une saveur marine délicate.
Le conch salad, c’est de la conque fraîche coupée en dés et mélangée à de la tomate, de l’oignon, du piment, du jus de citron vert et du scotch bonnet. Le tout est préparé sous vos yeux : à Arawak Cay, à Nassau, vous pouvez regarder le cuisinier briser la coquille, extraire le mollusque et le transformer en salade en une minute. C’est le ceviche bahamien, et c’est magnifique. Le degré de piquant se module à la demande : commandez « mild » si vous n’êtes pas sûr de votre tolérance.
Le cracked conch, c’est de la conque panée et frite. Croûte croustillante, chair tendre à l’intérieur. Servi avec frites et coleslaw. Le fast-food bahamien, dans le meilleur sens du terme.
Les conch fritters sont des beignets de pâte fourrés de morceaux de conque, frits à l’huile. Excellent accompagnement pour une bière. Servis dans presque tous les restaurants.
Le conch chowder est une soupe épaisse de conque aux légumes, tomates et épices. Servie avec du sherry : ajoutez-en quelques gouttes directement dans la soupe. Le scorched conch, de la conque grillée au citron et au beurre, est moins courant mais intéressant.
Fruits de mer
Le rock lobster (langouste). La langouste bahamienne n’a pas de pinces (contrairement au homard du Maine), mais sa queue regorge d’une chair tendre. La saison court d’août à mars. La queue de langouste grillée au beurre et au citron est un classique. Le lobster mac and cheese est un mariage étonnamment réussi. Pour les Français qui connaissent la langouste bretonne ou martiniquaise, la version bahamienne est comparable en qualité.
Le mérou (grouper) est le poisson le plus populaire aux Bahamas. On le prépare de multiples façons : frit, au four, pané, grillé. Un mérou fraîchement pêché est une expérience à cent lieues du filet surgelé du supermarché.
Vivaneau, mahi-mahi, wahoo, thon : tous sont pêchés dans les eaux bahamiennes et servis frais. Le boil fish and grits est le petit-déjeuner traditionnel bahamien : du poisson mijoté avec oignon, tomate et piment, servi avec de la semoule de maïs (grits). Cela semble étrange, mais après la première fois, vous le commanderez chaque matin. C’est un peu l’équivalent du « full English breakfast », mais en version caribéenne.
Plats traditionnels
Le peas and rice est un riz aux pois d’Angole (pigeon peas), cuisiné avec de la pâte de tomate et des épices. L’accompagnement universel, présent dans tous les restaurants locaux : simple mais savoureux.
Le johnnycake est un pain de maïs sucré, moelleux et friable. Traditionnellement servi au petit-déjeuner avec du beurre, mais il accompagne également très bien les plats de poisson.
Le souse est un bouillon de poulet (chicken souse), de pieds d’agneau ou de porc, citronné et relevé d’oignon et de piment. Les Bahamiens le considèrent comme le meilleur remède anti-gueule de bois — et, vu les quantités de rhum consommées dans l’archipel, l’argument tient debout.
Le stew fish est du poisson mijoté dans une sauce tomate à l’oignon et au piment, servi avec des grits ou du riz. Le guava duff est un dessert composé d’une pâte farcie à la goyave, cuite au four et nappée d’une sauce onctueuse au rhum. C’est le dessert phare de la cuisine bahamienne, et il mérite absolument le détour. Les Français y trouveront un lointain cousinage avec les roulés aux fruits de la pâtisserie normande, en beaucoup plus exotique.
Le benny cake est une confiserie à base de graines de sésame et de sucre. Le coconut tart, une tartelette à la noix de coco. Le rum cake, un gâteau imbibé de rhum, est très apprécié comme souvenir.
Boissons
La Kalik est la bière nationale des Bahamas, une lager légère, parfaite pour le climat. « A Kalik is a Bahamian’s best friend », disent les locaux. La Kalik Gold est une version plus forte. La Sands Beer est l’autre bière locale.
Le Sky Juice est le cocktail national officieux : eau de coco, gin, lait concentré sucré et noix de muscade. Servi dans un gobelet en plastique à Arawak Cay. Cela paraît étrange, mais après la première gorgée, vous comprendrez pourquoi les Bahamiens l’adorent. Attention : plus fort qu’il n’y paraît. C’est un peu le « ti-punch » des Bahamas — innocent en apparence, redoutable en pratique.
Le Bahama Mama est le cocktail bahamien le plus connu : rhum (brun et coco), liqueur de café, jus d’ananas, jus d’orange et grenadine. Le Goombay Smash associe rhum, rhum coco, jus d’ananas et jus d’orange. Tous deux sont servis dans chaque bar et chaque hôtel. Pour les Français amateurs de rhum arrangé antillais, c’est une autre approche du cocktail à base de rhum : plus sucrée, plus fruitée, moins subtile, mais terriblement efficace sous la chaleur.
Le switcha est une limonade locale à base de citrons verts bahamiens (key limes), de sucre et d’eau. Incroyablement rafraîchissante par temps chaud. Vendue dans la rue et dans les commerces de proximité. Au marché de Potter’s Cay, on en trouve du maison — nettement meilleur que le commercial.
Le rhum est l’alcool principal des Bahamas. La John Watling’s Distillery, à Nassau, est une distillerie de rhum installée dans le domaine colonial Buena Vista Estate, qui date de 1789. La visite avec dégustation est gratuite et vaut vraiment le détour : vous y suivrez tout le processus de production, de la distillation à la mise en bouteille, et goûterez plusieurs variétés de rhum, dont le Buena Vista vieilli (cinq ans en fûts de chêne). On y produit aussi du gin et de la vodka. Les prix en boutique sont inférieurs à ceux de l’aéroport. Pour les Français qui connaissent les distilleries de Martinique (Clément, JM, Neisson), le style est différent — rhum de mélasse plutôt que rhum agricole — mais la visite est tout aussi passionnante.
L’eau de coco fraîche se vend directement dans la noix, auprès de vendeurs équipés de machettes qui tranchent le sommet en quelques secondes sur les plages et dans les rues. Comptez 3 à 5 dollars : par forte chaleur, rien de mieux. Quand vous avez fini de boire, demandez au vendeur de fendre la noix pour en manger la chair.
Il n’y a pas de production viticole locale (le climat ne s’y prête pas), mais les restaurants et supermarchés de Nassau offrent un bon choix de vins importés. Les prix sont plus élevés qu’en Europe : une bouteille au restaurant commence entre 30 et 40 dollars. Les amateurs de vin français risquent de souffrir un peu : les cartes sont majoritairement américaines, chiliennes ou australiennes. On trouve du français, mais à des tarifs élevés. Glissez une bonne bouteille dans votre valise si vous ne pouvez pas vous en passer (dans la limite de la franchise douanière).
Où manger
Arawak Cay (le Fish Fry) à Nassau est un passage obligé. Une rangée de petits restaurants et de gargotes en bord de mer servent des fruits de mer ultra-frais à des prix relativement raisonnables. Oh Andros, Twin Brothers, Goldie’s : tous sont bons. Allez-y pour le déjeuner ou en début de soirée.
Potter’s Cay, juste sous le pont qui mène à Paradise Island, est moins touristique et plus authentique qu’Arawak Cay. Le conch salad y est préparé frais, sous vos yeux.
Restaurants locaux contre restaurants touristiques : l’écart de prix peut atteindre du simple au double pour la même qualité. Demandez à votre chauffeur de taxi ou au personnel de l’hôtel où vont manger les locaux : c’est toujours le meilleur conseil. Aux Bahamas, une règle simple s’impose : plus c’est près du port de croisière, plus c’est cher et moins c’est bon. La meilleure cuisine se trouve dans des gargotes d’apparence modeste, qui ressemblent à des cabanes mais dont les effluves vous attirent irrésistiblement. Les Français le comprennent bien : le meilleur restaurant n’est pas toujours le plus beau.
Sur les Out Islands, la situation change. Les restaurants sont rares, et l’établissement ouvert est parfois le seul de toute l’île. En revanche, on y sert ce qui a été pêché le matin — impossible de faire plus frais. À Cat Island et à Long Island, certaines habitantes préparent des repas pour les touristes sur commande, chez elles : on appelle cela un home restaurant, et c’est l’une des expériences culinaires les plus authentiques des Bahamas. Renseignez-vous auprès des propriétaires de votre logement, qui connaissent forcément quelqu’un. Cela rappelle les tables d’hôtes à la française, en version caribéenne.
Quelques adresses à Nassau : Dillet’s Guest House pour un petit-déjeuner bahamien traditionnel (boil fish and grits), Bahamian Cookin’ sur Trinity Place pour le souse et le peas and rice, Da Fish Fry à Arawak Cay pour les fruits de mer, Lukka Kairi sur Bay Street pour les cocktails et le conch salad avec vue sur le port. À Éleuthera : Sip Sip à Harbour Island (déjeuner avec vue sur Pink Sands Beach), 1648 Bar and Grille à Governor’s Harbour. À Exuma : Chat ’N’ Chill sur Volleyball Beach, à Georgetown — un bar culte sur la plage, accessible en bateau, où l’on mange du poisson grillé les pieds dans le sable.
Shopping : que rapporter des Bahamas
Souvenirs traditionnels
Le rhum est le choix évident. John Watling’s Rum est une production locale de qualité. On peut l’acheter directement à la distillerie ou à l’aéroport. Le rum cake est un gâteau imbibé de rhum vendu dans un joli emballage. Tortuga Rum Cake est la marque la plus connue, disponible partout. Attention aux restrictions douanières pour le transport d’alcool en avion : les Français, Belges et Suisses qui reviennent des Bahamas (via les États-Unis ou le Canada) sont soumis aux limites de la franchise douanière de leur point d’entrée dans l’UE (1 litre de spiritueux ou 2 litres de vin fortifié pour l’UE ; environ 1,14 litre de spiritueux pour le Canada).
La sauce Bahama Mama Hot Sauce, pour les amateurs de piquant. Les épices et assaisonnements bahamiens (Bahamian seasoning, mélange pour poisson et viande). La confiture de goyave (guava jam) est l’une des meilleures confitures tropicales qu’il vous sera donné de goûter : un excellent cadeau à rapporter à vos proches en France.
Les objets en paille constituent un artisanat traditionnel bahamien. Sacs, chapeaux, paniers, poupées tressées. Achetez au Straw Market de Nassau, mais marchandez : le prix de départ est généralement gonflé de deux à trois fois. La qualité varie : le fait main coûte plus cher, mais il est d’une toute autre tenue. Pour les Français habitués aux marchés provençaux ou marocains, le marchandage aux Bahamas est similaire, mais un peu moins agressif.
Le batik Androsia, tissu aux motifs uniques produit sur Andros. Coloré, éclatant, orné de motifs marins et tropicaux. Chemises, robes, sacs, taies d’oreiller : un souvenir original et véritablement unique. Le genre de cadeau qu’on ne trouve nulle part ailleurs dans le monde.
Les bijoux en coquille de conque. La perle de conque (conch pearl) est une perle rare et coûteuse, de couleur rose, qui se forme à l’intérieur de la coquille. C’est l’une des perles les plus rares au monde : une conque sur 10 000 en produit une. Les prix vont de quelques centaines à plusieurs milliers de dollars, selon la taille et la qualité. Les « perles de conque » bon marché du Straw Market sont des contrefaçons.
Où acheter
Straw Market, Bay Street, Nassau : le principal marché touristique. Grand choix, qualité et prix variables. Marchandez. Prince George Wharf et les boutiques du port de croisière visent les passagers des paquebots : prix plus élevés, mais pratiques pour un achat rapide.
Port Lucaya Marketplace, à Freeport, est un centre commercial de Grand Bahama, avec boutiques, restaurants et concerts en direct. Ambiance plus détendue qu’à Nassau.
Bijoux, montres et parfums peuvent être moins chers qu’en Europe ou aux États-Unis, grâce à des droits de douane réduits sur certaines catégories de produits. Comparez les prix avant d’acheter : ce n’est pas systématiquement meilleur marché.
Applications utiles pour voyager aux Bahamas
Bahama Eats. Application de livraison de repas, qui fonctionne à Nassau. Large choix de restaurants, de la cuisine bahamienne à l’indienne, en passant par l’italienne et la chinoise. Suivi GPS du livreur, paiement par carte ou en espèces. L’équivalent local d’Uber Eats ou de Deliveroo.
WhatsApp. Principal moyen de communication pour réserver taxis, bateaux et excursions. Enregistrez les numéros des chauffeurs et des guides : vous les utiliserez. Si vous ne vous servez pas de WhatsApp en France (il est plus répandu en Belgique et en Suisse), téléchargez-le avant le départ : c’est indispensable aux Bahamas.
Google Maps. Fonctionne bien à Nassau et à Freeport. Sur les îles éloignées, la couverture est limitée. Téléchargez les cartes hors ligne à l’avance : c’est crucial. Google Maps est également utile pour repérer restaurants, plages et points d’intérêt, avec les avis des visiteurs précédents.
Maps.me. Alternative à Google Maps, avec d’excellentes cartes hors ligne. Souvent plus détaillée sur les petites îles. Téléchargez la carte des Bahamas avant le départ.
Windy. Application de prévisions météo et de vent, incontournable pour la voile, la plongée et toute planification de sortie en mer. Indispensable si vous louez un bateau ou partez en excursion.
Google Translate ou DeepL. Indispensables pour les francophones ne maîtrisant pas l’anglais. Téléchargez le pack de langue anglais pour une utilisation hors ligne. La fonction photo (traduction instantanée d’un texte photographié) est très pratique pour les menus de restaurant et la signalétique.
XE Currency. Bien que le dollar bahamien et le dollar américain soient à parité, l’application s’avère utile pour convertir en euros (EUR), en francs suisses (CHF) ou en dollars canadiens (CAD). Un réflexe pratique pour garder le contrôle de son budget.
iDive ou Subsurface. Si vous plongez, un carnet de plongée sur téléphone reste toujours utile. Pour les plongeurs français équipés d’un ordinateur Suunto ou Shearwater, les applications compagnons permettent de synchroniser les données.
Tide Charts ou My Tide Times. Indispensables pour planifier les visites de sites tels que Thunderball Grotto, où le snorkeling n’est possible qu’à marée basse. Également utiles pour la pêche et le kayak.
Booking.com, Airbnb, Hotels.com. Pour la réservation d’hébergements. Airbnb est particulièrement pertinent sur les Out Islands, où les hôtels sont rares. Vérifiez les avis récents : la qualité peut varier considérablement.
Conseils pratiques supplémentaires pour les francophones
Décalage horaire
Les Bahamas sont en EST (Eastern Standard Time), soit GMT-5 en hiver et GMT-4 en été (les Bahamas pratiquent l’heure d’été). Le décalage avec la France, la Belgique et la Suisse est de six heures en hiver (quand il est midi à Paris, il est 6 heures à Nassau) et de six heures également en été (les deux régions passent à l’heure d’été). Avec le Québec (EST lui aussi), il n’y a aucun décalage : un avantage non négligeable pour les Québécois, qui ne subiront pas le jet lag.
Pour les voyageurs européens, le décalage de six heures est significatif, surtout au retour (d’ouest en est). Prévoyez deux à trois jours pour vous en remettre. À l’aller, vous arriverez généralement en fin d’après-midi ou en soirée (après un vol de nuit depuis Paris et une correspondance), ce qui permet de se coucher à une heure raisonnable et de commencer à s’adapter dès le premier jour.
Prises électriques
Les Bahamas utilisent le même standard électrique que les États-Unis : prises de type A et B (fiches plates), tension 120 V, fréquence 60 Hz. C’est différent du système européen (type C/E/F, 230 V, 50 Hz). Il vous faudra un adaptateur US et, pour certains appareils sensibles, un transformateur.
En pratique, les chargeurs de téléphone, d’ordinateur portable et d’appareil photo récents sont généralement « multi-voltage » (100-240 V indiqués sur le chargeur) et ne nécessitent qu’un adaptateur, pas de transformateur. Vérifiez l’étiquette de votre chargeur avant le départ. Pour un sèche-cheveux, un fer à lisser ou tout autre appareil à résistance, un transformateur est nécessaire — ou servez-vous de ceux fournis par l’hôtel.
Les Québécois et Canadiens n’ont aucun souci : mêmes prises, même voltage. Un avantage pratique.
Assurance voyage
Nous l’avons déjà mentionné, mais le point est suffisamment important pour mériter d’être répété : ne partez pas aux Bahamas sans assurance voyage. Les frais médicaux y sont élevés, et une évacuation sanitaire vers Miami peut atteindre plusieurs dizaines de milliers de dollars.
Pour les Français, votre mutuelle ne couvre généralement pas les soins à l’étranger au-delà de l’UE. Souscrivez une assurance voyage spécifique (Chapka, ACS, Mondial Assistance, Allianz Travel) ou vérifiez les garanties incluses dans votre carte bancaire (Visa Premier, Gold Mastercard, American Express). Ces garanties sont souvent conditionnées au paiement des billets d’avion avec la carte en question.
Pour les Belges, même principe. Ethias, AG Insurance et les assurances liées à la carte bancaire figurent parmi les options. Vérifiez les plafonds et les exclusions.
Pour les Suisses, l’assurance maladie de base (LAMal) couvre les urgences à l’étranger, mais uniquement à hauteur du double du tarif suisse maximum, ce qui peut être insuffisant pour les Bahamas et les États-Unis. Une assurance complémentaire (Helsana, CSS, Groupe Mutuel) est vivement recommandée.
Pour les Québécois et les Canadiens, la RAMQ ne couvre qu’une infime partie des frais médicaux à l’étranger. Une assurance voyage privée est absolument essentielle. Desjardins Assurances, Croix Bleue, Manuvie et bien d’autres proposent des contrats adaptés.
Que mettre dans sa valise
Pour un séjour aux Bahamas, voici l’essentiel. Crème solaire SPF 50+ (de préférence reef-safe, c’est-à-dire sans oxybenzone ni octinoxate, afin de protéger les coraux — les marques françaises Avène et La Roche-Posay proposent des formules adaptées). Chapeau à large bord. Lunettes de soleil. Répulsif antimoustiques (les gammes Insect Écran ou Cinq sur Cinq, vendues en pharmacie en France, sont efficaces). Chaussures d’eau ou sandales robustes (pour les plages de corail et les récifs). Masque et tuba (si vous êtes un adepte régulier du snorkeling, mieux vaut emporter les vôtres : plus hygiéniques et mieux ajustés que le matériel de location). Un coupe-vent léger ou un K-way (contre les averses tropicales soudaines). Un pull ou une veste légère (les climatiseurs des restaurants et des avions sont souvent poussés à fond, à l’américaine). Des vêtements en coton léger et respirant. Des maillots de bain (au moins deux, car ils sèchent lentement dans l’humidité tropicale). Un adaptateur de prise US (pour les Européens). Une trousse de premiers secours de base (pansements, antiseptique, paracétamol type Doliprane, antidiarrhéique, crème apaisante pour les brûlures de méduses).
Pourquoi les Bahamas plutôt que les Antilles françaises
C’est la question que se posent beaucoup de voyageurs francophones. Pourquoi aller aux Bahamas, où l’on ne parle pas français, quand on peut aller en Martinique, en Guadeloupe ou à Saint-Martin, où l’euro est la monnaie, où la Sécurité sociale s’applique et où l’on parle français ?
La réponse tient en une phrase : ce sont des expériences fondamentalement différentes. Les Antilles françaises offrent le confort linguistique et administratif, une gastronomie créole française d’exception et des paysages magnifiques. Mais elles n’offrent pas les cochons nageurs d’Exuma, les trous bleus d’Andros, le sable rose de Harbour Island, une barrière de corail d’une telle ampleur, ni l’expérience de 700 îles à explorer. Les Bahamas proposent une diversité d’expériences, une échelle d’aventure et une sensation de découverte que peu de destinations caribéennes peuvent égaler.
L’idéal, évidemment, c’est de connaître les deux. Les Antilles françaises pour le confort, la culture francophone et la gastronomie créole. Les Bahamas pour l’aventure, la diversité des îles et les expériences uniques. Ce ne sont pas des destinations concurrentes : elles sont complémentaires.
Pour les Québécois, la question se pose moins : les Antilles françaises sont relativement lointaines et coûteuses depuis Montréal (pas de vol direct), tandis que les Bahamas sont à 4 h 30 de vol et bénéficient de nombreux forfaits vacances chez les grossistes québécois.
En guise de conclusion
Les Bahamas sont un pays en apparence trompeusement simple. De l’eau turquoise, du sable blanc, des palmiers, du rhum : tout cela existe, et tout cela est magnifique. Mais derrière cette image de carte postale se cache un monde étonnamment complexe et stratifié, qui ne se révèle qu’à ceux qui acceptent de gratter sous la surface.
On peut passer une semaine à l’Atlantis sans jamais quitter le resort et repartir avec l’impression que les Bahamas ne sont qu’un grand complexe hôtelier. On peut aussi prendre un petit avion, atterrir à Andros, plonger dans un trou bleu, pêcher une albule en eau peu profonde, manger du mérou fraîchement pêché dans une gargote de village, et repartir avec la certitude d’avoir touché quelque chose d’authentique et de profond.
Exuma est probablement l’endroit le plus magique de l’archipel. Des îles inhabitées, une eau couleur turquoise liquide, des cochons nageurs, Thunderball Grotto : tout semble sorti d’un rêve, et pourtant tout est bien réel et accessible. Éleuthera s’adresse à ceux qui cherchent le calme et l’authenticité ; Harbour Island, à ceux qui veulent du sable rose et le charme d’une petite ville hors du temps ; Bimini, aux pêcheurs et aux aventuriers ; Andros, aux plongeurs et aux amoureux de nature sauvage.
Le conseil principal : ne vous limitez pas à Nassau. Oui, la capitale mérite deux ou trois jours, mais les vraies Bahamas sont sur les Out Islands. Chaque île est un monde à part, et plus vous en verrez, mieux vous comprendrez ce pays. N’ayez pas peur des petits avions, des ferries aux horaires approximatifs et de l’absence de Wi-Fi. Les meilleurs moments surviennent souvent là où le téléphone ne capte plus.
Pour les voyageurs francophones — Français, Belges, Suisses, Québécois —, les Bahamas représentent une aventure caribéenne dans sa forme la plus pure, libérée du confort linguistique des Antilles françaises mais enrichie d’une diversité et d’une échelle d’expériences que peu de destinations peuvent offrir. La barrière de la langue est réelle, mais franchissable. Le budget est conséquent, mais justifié. Le dépaysement est total.
Les Bahamas vous attendent. Et si vous pensez encore qu’il ne s’agit que d’« une autre plage caribéenne », venez constater à quel point vous vous trompiez. 700 îles, chacune avec son caractère, chacune avec une histoire qui mérite d’être entendue. La vie est trop courte pour ne pas en voir au moins quelques-unes. Commencez par Nassau, essayez ensuite Exuma, puis Éleuthera — et vous réaliserez que chaque île révèle une nouvelle facette de cet archipel. Certains tomberont amoureux de la plongée à Andros. D’autres, de la solitude de Cat Island. D’autres encore, de la pêche à Bimini. Mais tous, sans exception, tomberont amoureux de la couleur de cette eau : cette nuance impossible, irréelle de turquoise, qu’aucune photo, aucune vidéo ne saura jamais restituer, et qu’il faut voir de ses propres yeux au moins une fois dans sa vie.
Informations à jour pour 2026. Vérifiez les exigences en matière de visa et les horaires de transport avant votre départ. Les prix sont indicatifs et peuvent varier selon la saison et le prestataire.
