Marsa Matrouh
Marsa Matruh 2026 : ce qu'il faut savoir avant de partir
Marsa Matruh reste l'un des secrets les mieux gardés de la Méditerranée égyptienne. Située à 290 km à l'ouest d'Alexandrie et à 520 km du Caire, cette ville côtière de 100 000 habitants attire chaque été des millions d'Égyptiens, mais demeure étonnamment méconnue des voyageurs francophones. C'est une anomalie qu'il convient de corriger : les plages de Marsa Matruh rivalisent sans rougir avec celles de la Grèce ou de la Sardaigne, avec des eaux turquoise d'une transparence saisissante et un sable blanc presque irréel.
Pour le voyageur francophone habitué aux rivages de Tunisie, du Maroc ou de Crète, Marsa Matruh offre une expérience radicalement différente. Ici, pas de tourisme de masse international, pas de clubs all-inclusive alignés comme des dominos : on plonge dans l'Égypte authentique, celle des familles qui pique-niquent sur la plage au coucher du soleil, des pêcheurs qui ramènent leur prise au petit matin, des cafés où l'on sirote un sahlab en regardant la mer.
Quelques informations pratiques essentielles avant de boucler votre valise. La monnaie est la livre égyptienne (EGP) ; en mars 2026, 1 EUR vaut environ 53 EGP. Les prix sont remarquablement bas pour un Européen : un repas complet dans un bon restaurant coûte entre 200 et 500 EGP (4-10 EUR), une nuit d'hôtel entre 800 et 3000 EGP (15-57 EUR) selon la catégorie. Le visa égyptien s'obtient à l'arrivée au Caire pour 25 USD, ou en ligne via le e-visa. La langue officielle est l'arabe, mais dans les zones touristiques, on se débrouille en anglais. Le français reste rare, sauf dans certains hôtels haut de gamme.
Pour rejoindre Marsa Matruh depuis la France, le plus simple est de voler jusqu'au Caire (environ 4h30 depuis Paris-CDG avec EgyptAir en direct) puis de prendre un vol domestique vers l'aéroport de Marsa Matruh (MUH), opérationnel principalement en été. Hors saison, le bus climatisé depuis le Caire (5-6 heures, environ 350 EGP soit 7 EUR) ou depuis Alexandrie (3-4 heures, environ 200 EGP soit 4 EUR) constitue l'alternative la plus pratique. La route côtière depuis Alexandrie est d'ailleurs magnifique et mérite le détour.
Point important : Marsa Matruh est une destination hautement saisonnière. La ville s'anime de juin à septembre, avec un pic en juillet-août. Hors saison, de nombreux restaurants et hôtels ferment. Planifiez en conséquence.
Quartiers : où loger à Marsa Matruh
Choisir son quartier à Marsa Matruh, c'est choisir son rythme de vacances. La ville s'étire le long de la côte sur une trentaine de kilomètres, et l'ambiance change radicalement selon l'endroit où vous posez vos valises. Voici un tour d'horizon complet des différentes zones, avec leurs avantages et inconvénients.
La Corniche : le cœur battant de la ville
La Corniche est le boulevard principal qui longe la baie de Marsa Matruh en arc de cercle. C'est ici que se concentre l'essentiel de la vie urbaine : restaurants, cafés, commerces, hôtels de gamme moyenne et banques. La Plage Principale de Marsa Matruh s'étend juste en contrebas, offrant une eau calme et peu profonde, idéale pour les familles.
Avantages : tout est accessible à pied, large choix de restaurants et de commerces, ambiance animée le soir avec la promenade des familles égyptiennes, prix raisonnables (hôtels de 600 à 1500 EGP la nuit, soit 11-28 EUR).
Inconvénients : c'est bruyant, surtout en haute saison. Les nuits d'été, la Corniche vibre jusqu'à 2h du matin avec la musique des cafés et le va-et-vient des voitures. Si vous êtes sensible au bruit, prévoyez des bouchons d'oreilles ou choisissez un autre quartier. La plage principale, bien qu'agréable, est aussi la plus fréquentée et ne rivalise pas avec les merveilles de la côte ouest.
Idéal pour : les voyageurs au budget modéré, ceux qui veulent être au centre de l'action, les courts séjours de 2-3 nuits.
Quartier Iskandreya (côte est)
En se dirigeant vers l'est depuis la Corniche, on entre dans le quartier dit 'Iskandreya' (Alexandria road). C'est une zone plus calme, avec des immeubles résidentiels et quelques hôtels de catégorie moyenne. Les plages y sont correctes sans être spectaculaires, mais nettement moins bondées que la plage principale.
Avantages : plus calme que la Corniche tout en restant à proximité (10-15 minutes en tuk-tuk), prix encore plus bas, ambiance locale authentique.
Inconvénients : moins de restaurants et de commodités à distance de marche, plages moins belles que celles de l'ouest, moins d'animation le soir.
Idéal pour : les voyageurs en quête d'authenticité, les budgets serrés, ceux qui préfèrent le calme et qui ont un moyen de transport.
Zone de Cléopâtre
À quelques kilomètres à l'ouest du centre-ville, la zone dite de 'Cléopâtre' tire son nom de la légende selon laquelle la reine d'Égypte venait s'y baigner. On y trouve le fameux 'Bain de Cléopâtre', une piscine naturelle creusée dans la roche où l'eau de mer s'engouffre par des passages souterrains. Plusieurs hôtels et resorts de gamme moyenne à supérieure s'y sont installés.
Avantages : cadre naturel remarquable, proximité du Bain de Cléopâtre (attraction touristique majeure), hôtels de meilleure qualité qu'en centre-ville, plages plus propres et moins bondées.
Inconvénients : prix plus élevés (hôtels de 1200 à 2500 EGP la nuit, soit 23-47 EUR), il faut un moyen de transport pour aller en ville, choix de restaurants limité dans le voisinage immédiat.
Idéal pour : les couples, les voyageurs recherchant un bon compromis entre confort et prix, les amateurs de baignade dans un cadre naturel.
Almaza Bay : le luxe à l'égyptienne
Almaza Bay se situe à environ 37 km à l'est de Marsa Matruh, sur la route d'Alexandrie. C'est le pôle touristique haut de gamme de la région, avec des resorts comme le Jaz Crystal, le Jaz Oriental, le Corallo ou le Makai Tukai. La plage y est somptueuse : du sable blanc immaculé et des eaux cristallines dignes des Caraïbes.
Avantages : plages parmi les plus belles d'Égypte, infrastructures modernes (piscines, spas, restaurants), service de qualité internationale, ambiance exclusive et sereine.
Inconvénients : prix nettement supérieurs (à partir de 3000 EGP la nuit, soit 57 EUR et plus), complètement isolé de la ville (37 km), formule resort qui limite l'immersion culturelle, il faut un véhicule pour toute excursion.
Idéal pour : les familles avec budget confortable, les voyageurs qui privilégient le confort, ceux qui veulent une expérience 'plage et farniente' sans complications. Les Français habitués aux resorts de Djerba ou d'Hurghada y trouveront leur bonheur, avec des tarifs sensiblement inférieurs.
Zone Rommel (sud-ouest)
Le quartier qui entoure la Musée de la Grotte de Rommel et la Plage Rommel se trouve à l'ouest du centre, sur une colline offrant des vues panoramiques sur la baie. C'est un secteur plus résidentiel avec quelques petits hôtels et pensions.
Avantages : vues magnifiques sur la baie, accès direct à la Plage Rommel (l'une des plus belles plages urbaines), proximité du musée, calme relatif, ambiance 'village'.
Inconvénients : peu de choix en hébergement, rues en pente, peu de commerces et de restaurants dans le voisinage immédiat.
Idéal pour : les voyageurs indépendants, les passionnés d'histoire militaire, ceux qui veulent un point de départ pour explorer les plages de l'ouest.
La côte ouest : Obayed, Agiba, El Gharam
C'est là que se trouvent les stars incontestées de Marsa Matruh : les plages de l'ouest. La Plage El Obayed, la Plage Agiba et la Plage El Gharam se succèdent sur une vingtaine de kilomètres à l'ouest de la ville. On n'y trouve pas d'hôtels à proprement parler, mais quelques locations saisonnières et chalets privés.
Avantages : les plus belles plages de la région (et probablement d'Égypte), paysages à couper le souffle, tranquillité hors saison, expérience naturelle unique.
Inconvénients : aucune infrastructure hôtelière classique, il faut un véhicule, complètement isolé le soir, pas de restaurants ni de commerces à proximité.
Idéal pour : les excursions à la journée depuis Marsa Matruh, les voyageurs motorisés qui louent un chalet à la semaine, les photographes et les amoureux de nature sauvage.
Notre conseil : pour un premier séjour, installez-vous sur la Corniche ou dans la zone Cléopâtre pour 2-3 nuits, puis déplacez-vous vers Almaza Bay pour 2 nuits si votre budget le permet. Consacrez au moins une journée entière aux plages de l'ouest : c'est la véritable raison de venir à Marsa Matruh.
Meilleure période pour visiter
Marsa Matruh jouit d'un climat méditerranéen semi-aride, avec des étés chauds et secs et des hivers doux. Le choix de la période de visite influence radicalement l'expérience : la ville passe d'une station balnéaire effervescente en été à une bourgade endormie en hiver.
Haute saison : juin à septembre
C'est la période reine. Les températures oscillent entre 28 et 35 degrés Celsius, l'eau de mer atteint 25-28 degrés, et le soleil brille pratiquement sans interruption. Tous les hôtels, restaurants et services touristiques sont ouverts. L'ambiance est festive, surtout en juillet-août quand les familles égyptiennes débarquent en masse.
Juin : le mois idéal pour le voyageur francophone. Les températures sont agréables (28-32 degrés), la mer est déjà chaude, et la foule n'a pas encore atteint son paroxysme. Les prix restent raisonnables et les plages sont accessibles sans cohue. C'est le moment parfait pour profiter d'Plage Agiba dans des conditions optimales.
Juillet-août : le pic de la saison. Les températures grimpent jusqu'à 35 degrés, parfois plus lors des vagues de chaleur venues du Sahara. La ville déborde de visiteurs, les prix augmentent de 30 à 50%, et il faut réserver son hébergement des semaines à l'avance. Les plages les plus célèbres sont prises d'assaut. Cela dit, l'ambiance festive a son charme : c'est l'Égypte en mode vacances, chaleureuse et conviviale.
Septembre : la chaleur décroît lentement, les foules se dispersent à la rentrée scolaire, et les prix redescendent. L'eau reste chaude (26-27 degrés). C'est un excellent choix pour ceux qui veulent la chaleur sans la cohue.
Intersaison : avril-mai et octobre-novembre
Les températures sont douces (20-27 degrés), agréables pour les promenades et la découverte culturelle. L'eau peut être un peu fraîche pour la baignade en avril (20-22 degrés) mais reste convenable en octobre (24-25 degrés). Le principal inconvénient : beaucoup d'établissements sont fermés ou fonctionnent au ralenti. Il faut être autonome et ne pas s'attendre à une grande animation.
Avantage majeur : c'est la meilleure période pour visiter les sites historiques comme les Tombes Gréco-romaines ou la Musée de la Grotte de Rommel sans la chaleur accablante de l'été. C'est aussi la saison idéale pour une excursion à l'oasis de Siwa (300 km au sud), où les températures estivales dépassent régulièrement les 45 degrés.
Hiver : décembre à mars
Les températures diurnes oscillent entre 14 et 20 degrés, avec des nuits fraîchissant à 8-10 degrés. Il pleut rarement, mais le vent peut être vif. La ville est quasi déserte, la plupart des hôtels et restaurants sont fermés. Ce n'est pas la meilleure saison pour Marsa Matruh, sauf si vous recherchez la solitude absolue et que vous avez un véhicule pour explorer la côte à votre rythme.
Notre recommandation pour les voyageurs francophones : visez juin ou septembre. Vous profiterez de la mer chaude, des plages accessibles, et d'une ville vivante sans l'effervescence parfois excessive de juillet-août. Si vous combinez avec une visite de Siwa, privilégiez octobre ou avril pour des températures supportables dans le désert.
Itinéraire : de 3 à 7 jours
Marsa Matruh mérite plus qu'un simple arrêt en passant. Voici des itinéraires détaillés selon la durée de votre séjour, avec des horaires indicatifs et des suggestions concrètes.
Itinéraire 3 jours : l'essentiel
Jour 1 : découverte de la ville et de la baie
- 8h00-9h00 : Arrivée et installation à l'hôtel. Petit déjeuner avec foul (fèves), falafel et pain baladi dans un café de la Corniche.
- 9h30-11h30 : Promenade sur la Corniche pour prendre le pouls de la ville. Descendez sur la Plage Principale de Marsa Matruh pour un premier bain dans les eaux calmes de la baie. L'eau est d'un turquoise laiteux, presque surnaturel.
- 12h00-13h30 : Déjeuner chez Kamona, institution locale spécialisée dans les poissons et fruits de mer grillés. Commandez la sayadeya (riz au poisson) et un jus de mangue frais.
- 14h30-16h00 : Visite de la Musée de la Grotte de Rommel. Cette grotte naturelle a servi de quartier général au 'Renard du désert' durant la campagne d'Afrique du Nord en 1942. On y trouve des cartes d'époque, des effets personnels et des documents fascinants. Pour les Français, c'est un rappel poignant de la bataille d'El-Alamein, à 300 km à l'est.
- 16h30-18h30 : Baignade à la Plage Rommel, nichée dans une crique protégée au pied du musée. L'eau y est d'une clarté exceptionnelle, et le cadre rocheux ajoute au charme.
- 19h00-21h00 : Dîner sur la Corniche chez Hosny, un restaurant populaire réputu pour ses poissons grillés et sa cuisine égyptienne traditionnelle. Promenez-vous ensuite le long du front de mer pour admirer le coucher de soleil.
Jour 2 : les plages de l'ouest, le clou du séjour
- 7h30-8h30 : Petit déjeuner copieux à l'hôtel. Préparez un sac avec eau, crème solaire, serviettes et en-cas : les plages de l'ouest n'ont pas d'infrastructure.
- 9h00-9h30 : Trajet en tuk-tuk ou en taxi jusqu'à la Plage El Obayed (environ 20 minutes à l'ouest de la ville, 50-100 EGP soit 1-2 EUR en tuk-tuk). Cette plage est régulièrement classée parmi les plus belles d'Afrique : une bande de sable blanc immaculé bordée d'eaux turquoise cristallines qui rappellent les lagons polynésiens.
- 9h30-12h00 : Baignade et farniente à El Obayed. L'eau est peu profonde sur plusieurs dizaines de mètres, parfaite pour nager en toute sécurité. Le fond de sable blanc réfléchit la lumière et crée ces tonalités turquoise saisissantes.
- 12h30-13h00 : Déplacement vers la Plage Agiba, à quelques kilomètres plus à l'ouest. 'Agiba' signifie 'miracle' en arabe, et le nom est parfaitement choisi. La plage est enchâssée entre des falaises calcaires sculptées par l'érosion, formant un amphithéâtre naturel d'une beauté saisissante.
- 13h00-15h30 : Baignade à Agiba. L'accès se fait par un escalier taillé dans la roche. En haut des falaises, quelques vendeurs proposent du thé, des chips et des sandwichs. Prenez le temps d'explorer les grottes marines accessibles à la nage le long de la falaise gauche.
- 16h00-17h30 : Continuation vers la Plage El Gharam, dont le nom signifie 'amour' en arabe. Plus sauvage et moins fréquentée qu'Agiba, cette plage offre un cadre romantique avec ses formations rocheuses et son eau d'un bleu profond. C'est l'endroit idéal pour les photos de fin d'après-midi, quand la lumière dorée du soleil couchant enflamme les falaises.
- 18h00-19h00 : Retour en ville. Si vous êtes fatigué du soleil, le trajet en tuk-tuk est une aventure en soi, avec le vent dans les cheveux et les paysages désertiques qui défilent.
- 19h30-21h30 : Dîner chez Cookery Co, un restaurant plus moderne qui propose des burgers, des pizzas et des plats égyptiens revisités. Bon choix pour ceux qui veulent varier après deux jours de cuisine traditionnelle.
Jour 3 : histoire et départ
- 8h00-9h30 : Petit déjeuner puis visite des Tombes Gréco-romaines. Ces tombes datent de l'époque ptolémaïque (IIIe-Ier siècle avant J.-C.) et témoignent de l'importance de Paraitonion, le nom antique de Marsa Matruh. Alexandre le Grand y a fait escale lors de son périple vers l'oracle d'Amon à Siwa en 331 avant J.-C.
- 10h00-11h30 : Dernière baignade à la Plage Umm El-Rakham, moins connue que ses voisines mais tout aussi belle, avec un caractère plus sauvage. Le site voisin abrite les ruines d'une forteresse égyptienne du XIIIe siècle avant J.-C., construite sous Ramsès II pour protéger la frontière occidentale.
- 12h00-13h00 : Déjeuner d'adieu. Commandez un koshari (le plat national égyptien : lentilles, riz, pâtes, sauce tomate, oignons frits) pour le prix dérisoire de 30-60 EGP (0,60-1,15 EUR) dans une échoppe locale.
- 14h00 : Départ vers Alexandrie ou Le Caire.
Extension 5 jours : ajoutez l'oasis et le luxe
Jour 4 : Almaza Bay et détente
- 9h00-10h00 : Transfert vers Almaza Bay (37 km à l'est, environ 45 minutes en taxi, 200-300 EGP soit 4-6 EUR). Installez-vous dans l'un des resorts : le Jaz Crystal pour le grand luxe, le Corallo pour un bon rapport qualité-prix, ou le Makai Tukai pour une ambiance plus décontractée.
- 10h00-17h00 : Journée farniente sur la plage d'Almaza Bay. Le sable est d'une finesse exceptionnelle, l'eau d'une transparence absolue. Profitez des infrastructures du resort : piscines, bars de plage, sports nautiques.
- 18h00-20h00 : Dîner au restaurant du Corallo, réputé pour sa cuisine italienne et ses fruits de mer. Le cadre en terrasse face à la mer est somptueux au coucher du soleil.
Jour 5 : marché local et Bain de Cléopâtre
- 8h00-10h00 : Retour à Marsa Matruh. Explorez le marché couvert (souk) au centre-ville. On y trouve des épices, des dattes, des olives locales, de l'huile d'olive de la région (excellente et bon marché), des textiles et des souvenirs. N'oubliez pas de marchander : c'est attendu et fait partie du jeu.
- 10h30-12h30 : Visite du Bain de Cléopâtre, cette piscine naturelle où, selon la légende, la dernière reine d'Égypte venait se baigner. L'eau de mer s'y engouffre par des canaux souterrains, créant un bassin naturel entouré de rochers. L'endroit est photogénique et chargé d'histoire, mème si l'authenticité de la légende reste débattue.
- 13h00-14h00 : Déjeuner chez Morgana, café-restaurant branché sur la Corniche, apprécié pour ses jus de fruits frais et sa cuisine fusion.
- 15h00-18h00 : Retour sur les plages de l'ouest pour une seconde visite. Cette fois, explorez les parties moins accessibles d'Plage Agiba : les grottes marines, les bassins naturels et les promontoires rocheux offrent des perspectives différentes selon l'heure de la journée et la marée.
- 19h00 : Dernier dîner en ville.
Extension 7 jours : l'aventure Siwa
Jours 6-7 : excursion à l'oasis de Siwa
- Jour 6, 7h00 : Départ pour Siwa (300 km au sud, 4-5 heures de route à travers le désert). La route est goudronnée et en bon état, mais le paysage lunaire ne laisse aucun doute : vous quittez la Méditerranée pour le Sahara. Location d'un 4x4 avec chauffeur recommandée (environ 2000-3000 EGP l'aller-retour soit 38-57 EUR). Alternativement, des bus partent de Marsa Matruh pour Siwa (environ 100 EGP soit 2 EUR).
- Jour 6, 12h00-18h00 : Découverte de Siwa : la forteresse de Shali (XIIIe siècle, en ruines mais majestueuse), le Temple de l'Oracle d'Amon où Alexandre le Grand fut déclaré fils de Zeus, la source de Cléopâtre (piscine naturelle d'eau douce), et le lac salé de Siwa où l'on flotte comme en Mer Morte.
- Jour 6, soirée : Nuit dans un éco-lodge de Siwa. Les lodges traditionnels en kershef (mélange de sel et d'argile) sont une expérience unique. Le Taziry Eco-lodge ou l'Adrere Amellal figurent parmi les plus remarquables.
- Jour 7, 7h00-10h00 : Excursion dans le Grand Mer de Sable (Gréât Sand Sea) à la lisière du désert libyen. Le safari en 4x4 dans les dunes géantes est une expérience inoubliable. Lever de soleil sur les dunes recommandé (départ 5h30).
- Jour 7, 11h00 : Retour à Marsa Matruh, arrivée en fin d'après-midi.
Où manger : restaurants et cafés
La scène culinaire de Marsa Matruh n'a rien de comparable avec celle du Caire ou d'Alexandrie, mais elle recèle des perles pour qui sait où chercher. La cuisine locale est centrée sur le poisson et les fruits de mer, avec des influences bédouines et égyptiennes traditionnelles. Voici les meilleures adresses, testées et approuvées.
Kamona
L'institution incontournable de Marsa Matruh. Ce restaurant familial, situé près de la Corniche, sert du poisson grillé depuis des décennies et n'a rien perdu de sa superbe. Le principe est simple : vous choisissez votre poisson dans la vitrine réfrigérée, on le pèse, et il revient grillé à la perfection avec du riz, de la salade et du pain. La sayadeya (plat de riz au poisson, spécialité alexandrine) y est remarquable, le poisson entier est cuit dans un bouillon d'oignons et d'épices qui parfume le riz d'une saveur unique.
Budget : 200-400 EGP par personne (4-8 EUR). Spécialité : poisson grillé entier, sayadeya, crevettes à l'ail. Conseil : venez tôt (19h) pour éviter l'attente en haute saison.
Hosny
Un autre pilier de la gastronomie locale, Hosny se distingue par une carte plus variée que Kamona. En plus des classiques poissons grillés, on y trouve d'excellents plats de viande (kofta, kebab, hawawshi) et des entrées égyptiennes copieuses (baba ganoush, houmous, foul). L'ambiance est décontractée, le service rapide, et les portions généreuses.
Budget : 150-350 EGP par personne (3-7 EUR). Spécialité : mixed grill de fruits de mer, hawawshi (pain fourré à la viande épicé). Conseil : goûtez absolument la soupe de fruits de mer, une merveille en entrée.
Corallo (Almaza Bay)
Situé dans le resort Corallo à Almaza Bay, ce restaurant monte en gamme. La cuisine est un mélange réussi de saveurs italiennes et égyptiennes, avec des pâtes fraîches, des risottos aux fruits de mer et des pizzas au feu de bois. Le cadre est soigné : terrasse face à la mer, éclairage tamisé, service attentionné. C'est l'adresse idéale pour un dîner romantique ou une soirée un peu spéciale.
Budget : 400-800 EGP par personne (8-15 EUR). Spécialité : risotto aux crevettes, pizza margherita, tiramisu maison. Conseil : réservez une table en terrasse pour le coucher du soleil.
Cookery Co
Une adresse plus contemporaine, appréciée des jeunes Égyptiens et des visiteurs internationaux. La carte mélange influences occidentales (burgers, wraps, pâtes) et égyptiennes (fatayer, foul wraps, koshari revisités). Le cadre est moderne et climatisé, un atout non négligeable quand la chaleur estivale devient oppressante. Les desserts sont particulièrement soignés, avec des kunafa (pâtisserie au fromage et vermicelles de kadaif) et des milkshakes généreux.
Budget : 200-400 EGP par personne (4-8 EUR). Spécialité : chicken burger, kunafa, milkshake à la mangue. Conseil : bon choix pour un déjeuner rapide entre deux plages.
Morgana
Un café-restaurant trendy sur la Corniche, fréquenté par une clientèle locale aisée. Les jus de fruits frais sont parmi les meilleurs de la ville (mangue, goyave, fraise, cocktails de fruits), et la carte propose des plats légers (salades, grillades, sandwichs) ainsi que des pâtisseries orientales. L'endroit est parfait pour une pause en milieu de journée ou un goûter en fin d'après-midi.
Budget : 100-250 EGP par personne (2-5 EUR). Spécialité : jus de mangue frais, salades composées, pâtisseries. Conseil : excellente adresse pour un petit déjeuner tardif.
Les échoppes de rue et petits restaurants sans nom
Ne négligez pas les petits restaurants de quartier et les stands de rue. C'est là que vous trouverez le meilleur koshari de la ville (30-60 EGP, soit 0,60-1,15 EUR), les foul et falafel du petit déjeuner (20-40 EGP, soit 0,40-0,75 EUR), et les jus de canne à sucre frais (10-20 EGP, soit 0,20-0,40 EUR). La règle est simple : plus il y a de monde, meilleure est la nourriture. L'hygiène est généralement correcte dans les endroits fréquentés.
À goûter absolument : la cuisine locale
La gastronomie de Marsa Matruh reflète sa position unique entre la Méditerranée, le désert occidental et la vallée du Nil. On y trouve des saveurs qu'on ne rencontre nulle part ailleurs en Égypte, mêlées aux grands classiques de la cuisine égyptienne. Voici dix plats et boissons à ne manquer sous aucun prétexte.
1. Sayadeya
Le plat-phare de la cuisine côtière égyptienne. La sayadeya est un riz cuit dans un bouillon de poisson parfumé à l'oignon caramélisé, au cumin et à la coriandre, servi avec un poisson entier grillé ou frit. À Marsa Matruh, on utilise le poisson du jour, souvent du bar (loup de mer), du mérou ou de la daurade. Le riz absorbe toutes les saveurs marines et développe une couleur dorée irrésistible. C'est un plat qui rappelle la paella espagnole par sa générosité, mais avec un profil aromatique distinctement égyptien.
2. Koshari
Le plat national égyptien, omniprésent et bon marché. Un mélange de riz, lentilles, pois chiches et macaronis, nappé d'une sauce tomate épicée et couronné d'oignons frits croustillants. En accompagnement, une sauce piquante (shatta) et une sauce à l'ail et au vinaigre (dakka). C'est le plat du peuple par excellence, nourrissant, végétarien et terriblement addictif. Un bol coûte entre 30 et 60 EGP (0,60-1,15 EUR) - le meilleur rapport qualité-prix de toute la Méditerranée.
3. Hawawshi
Un sandwich de pain baladi fourré de viande hachée épicée (bœuf ou agneau) avec des oignons, du persil et des piments, puis cuit au four. Le pain devient croustillant tandis que la viande reste juteuse à l'intérieur. C'est le street food égyptien par excellence, rapide, roboratif et délicieux. À Marsa Matruh, certains restaurants le préparent avec des crevettes hachées au lieu de la viande - une variante côtière à ne pas manquer.
4. Fatta
Un plat de fête traditionnel, composé de couches de pain rassis, de riz, de viande (généralement de l'agneau) et d'une sauce à base de vinaigre et d'ail, le tout nappé d'un bouillon épicé. C'est un plat riche et festif, souvent servi lors des grandes occasions. À Marsa Matruh, on le prépare parfois avec du poisson, une adaptation locale savoureuse.
5. Molokhia
La soupe verte emblématique de l'Égypte, préparée à partir de feuilles de jute (corchorus) finement hachées et cuites dans un bouillon de poulet ou de lapin, parfumées à l'ail et à la coriandre. La texture est visqueuse (ce qui rebute certains Européens au premier abord) mais la saveur est addictive. On la sert avec du riz et du poulet ou du lapin grillé. À Marsa Matruh, la molokhia au poisson est une spécialité locale à essayer.
6. Kirsha (couscous bédouin)
Le couscous bédouin de la côte nord-ouest égyptienne mérite une mention spéciale. Préparé selon des méthodes traditionnelles transmises de génération en génération par les tribus bédouines de la région, ce couscous est plus grossier que son cousin maghrébin. Il est cuit à la vapeur et servi avec de l'agneau mijoté longuement dans un bouillon aux épices, accompagné de légumes. Le kirsha est généralement préparé lors des fêtes familiales et des mariages, mais certains restaurants locaux le proposent sur commande. Pour les voyageurs français habitués au couscous tunisien ou marocain, c'est une variation fascinante.
7. Couscous bédouin au beurre clarifié
Distinct du kirsha, cette préparation simple consiste en grains de couscous cuits à la vapeur, arrosés de samn (beurre clarifié) et saupoudrés de sucre. C'est un plat de petit déjeuner ou de goûter chez les Bédouins de la côte, nourrissant et réconfortant. On le trouve parfois dans les petits restaurants de quartier, surtout hors de la zone touristique.
8. Om Ali
Le roi des desserts égyptiens. Ce pudding chaud est fait de pâte feuilletée émiettée, trempée dans du lait sucré, garnie de noix, de raisins secs, de noix de coco râpée et de crème, puis gratinée au four. Chaud et croustillant en surface, crémeux et fondant à l'intérieur, Om Ali est un dessert d'une gourmandise absolue. Son nom signifie 'la mère d'Ali' et fait référence à une légende de l'Égypte médiévale. On en trouve dans tous les restaurants de Marsa Matruh, mais les meilleures versions sont celles des pâtisseries de la Corniche.
9. Basbousa
Un gâteau de semoule imbibé de sirop de sucre parfumé à l'eau de rose ou à la fleur d'oranger, souvent garni d'amandes. Moelleux, sucré et parfumé, c'est le compagnon idéal du thé à la menthe en fin de repas. La basbousa existe dans tout le monde arabe, mais la version égyptienne, plus moelleuse et moins sucrée que d'autres, a ses adeptes convaincus. À Marsa Matruh, on la trouve dans toutes les pâtisseries et la plupart des restaurants.
10. Sahlab et Qamar el-Din
Deux boissons traditionnelles à découvrir. Le sahlab est une boisson chaude à base de poudre de racine d'orchidée, de lait, de sucre et de cannelle, servie en hiver et en soirée. Sa texture épaisse et crémeuse en fait un véritable réconfort après une journée de plage ventée. Le Qamar el-Din ('lune de la religion') est un jus épais d'abricot sec, préparé à partir d'une pâte d'abricot diluée dans de l'eau froide. Rafraîchissant et naturellement sucré, c'est la boisson traditionnelle du Ramadan mais on la trouve toute l'année à Marsa Matruh. Les deux boissons coûtent entre 20 et 50 EGP (0,40-1 EUR).
Secrets et conseils d'initiés
Après de nombreuses visites et discussions avec des résidents locaux, voici douze conseils qui feront la différence entre un bon séjour et un séjour inoubliable.
1. Arrivez tôt sur les plages de l'ouest. Les plages d'Plage Agiba, Plage El Obayed et Plage El Gharam se remplissent rapidement en haute saison. À 8h du matin, vous aurez ces décors de carte postale pour vous seul. À partir de 11h, les groupes arrivent. À 14h, en août, c'est bondé. Le secret est simple : être matinal.
2. Emportez du liquide, beaucoup de liquide. Marsa Matruh fonctionne largement au cash. Les distributeurs automatiques existent (Banque Misr, CIB, BDC sur la Corniche) mais ils sont parfois vides en haute saison. Les cartes bancaires sont acceptées dans les hôtels et quelques grands restaurants, mais la plupart des commerces, taxis et petits restaurants ne prennent que le cash. Prévoyez de retirer au Caire ou à Alexandrie en cas de doute. Les euros se changent facilement dans les bureaux de change de la Corniche.
3. Le vendredi, tout est diffèrent. Le vendredi est le jour saint de l'islam, équivalent du dimanche en Europe. Beaucoup de commerces et administrations ferment le matin, certains toute la journée. Les restaurants ouvrent généralement, mais parfois avec des horaires réduits. Planifiez vos courses et visites de musée en semaine, et réservez le vendredi aux plages.
4. Négociez systématiquement. Le marchandage fait partie de la culture commerciale égyptienne. Pour les taxis, tuk-tuks, souvenirs et mème certains hôtels (en basse saison), négociez. La règle empirique : commencez à 50% du prix annoncé et visez un accord autour de 65-75%. Ne soyez pas agressif : le marchandage est un échange social, pas un combat. Souriez, plaisantez, et soyez prêt à partir si le prix ne convient pas - on vous rappellera souvent.
5. Habillez-vous modestement en ville. Marsa Matruh est une ville conservatrice, plus encore que Le Caire ou Alexandrie. En ville et dans les commerces, couvrez vos épaules et vos genoux. Sur la plage, le maillot de bain est parfaitement accepté, mais les bikinis très échancrés peuvent attirer des regards insistants sur les plages publiques. Sur les plages des resorts (Almaza Bay), aucune restriction. C'est une question de respect et de tranquillité pour votre propre séjour.
6. Les tuk-tuks sont votre meilleur ami. Ces petits véhicules motorisés à trois roues sont le moyen de transport le plus pratique et le moins cher pour circuler en ville et rejoindre les plages proches. Un trajet en ville coûte 20-50 EGP (0,40-1 EUR), vers les plages de l'ouest 50-150 EGP (1-3 EUR). Convenez toujours du prix avant de monter. Il n'y a ni Uber ni application de VTC à Marsa Matruh.
7. Apprenez quelques mots d'arabe. Les habitants apprécient énormément l'effort. Quelques mots essentiels : 'Shukran' (merci), 'Salaam alaikum' (bonjour), 'Bikam?' (combien?), 'La shukran' (non merci), 'Aiwa' (oui), 'Maa salama' (au revoir). Un simple 'Shukran' avec un sourire ouvre bien des portes et des cœurs.
8. Protégez-vous du soleil plus que vous ne le pensez. L'ensoleillement à Marsa Matruh est intense, et la brise marine donne une fausse sensation de fraîcheur qui masque les coups de soleil. Utilisez un écran solaire indice 50+, portez un chapeau, et hydratez-vous abondamment (buvez au moins 3 litres d'eau par jour en été). Les pharmacies locales vendent de la crème solaire à prix raisonnables.
9. Visitez la Musée de la Grotte de Rommel en début d'après-midi. La plupart des touristes visitent le matin. En début d'après-midi (14h-15h), le musée est souvent quasi désert, et la lumière qui pénètre dans la grotte crée une atmosphère particulièrement évocatrice. Le gardien, quand il n'est pas débordé, se montre volontiers bavard et partage des anecdotes sur la Seconde Guerre mondiale.
10. Ne manquez pas les couchers de soleil depuis les falaises d'Agiba. Plutôt que de regarder le coucher de soleil depuis la Corniche (comme tout le monde), montez sur les falaises qui surplombent la Plage Agiba. Le panorama est saisissant : la lumière rasante embrase les falaises blanches et transforme la mer en miroir doré. C'est, sans exagération, l'un des plus beaux couchers de soleil de la Méditerranée.
11. Goûtez l'huile d'olive locale. La région de Marsa Matruh est un terroir oléicole méconnu. Les olives poussent dans le désert côtier et donnent une huile au goût puissant, presque poivré, très différente des huiles provençales ou toscanes. Achetez-la au souk ou directement aux paysans bédouins qui la vendent au bord de la route. Comptez environ 100-150 EGP le litre (2-3 EUR) - une affaire.
12. Prévoyez un jour pour Siwa, mème si c'est loin. L'oasis de Siwa, à 300 km au sud, est l'une des merveilles cachées de l'Égypte. Le trajet de 4-5 heures à travers le désert est une expérience en soi. Si vous ne pouvez y consacrer qu'une journée, partez à l'aube et rentrez au coucher du soleil : c'est faisable mais fatigant. Idéalement, passez-y au moins une nuit pour profiter du calme absolu de l'oasis sous les étoiles, loin de toute pollution lumineuse.
Transports et communication
Se déplacer à Marsa Matruh et dans ses environs nécessite un minimum de planification, car la ville ne dispose pas des infrastructures de transport modernes auxquelles les voyageurs européens sont habitués. Voici un guide complet des options disponibles.
Pour arriver à Marsa Matruh
En avion : L'aéroport de Marsa Matruh (code IATA : MUH) se trouve à 5 km au sud-ouest de la ville. Il est principalement opérationnel en été (juin-septembre), avec des vols depuis Le Caire (EgyptAir, 1h15, à partir de 1500 EGP soit 28 EUR) et occasionnellement des charters depuis l'Europe. En dehors de la saison estivale, l'aéroport est pratiquement fermé. Il n'y a pas de vol direct depuis Paris ; le transit par Le Caire est nécessaire.
En bus : C'est le moyen de transport le plus utilisé. West Delta et SuperJet opèrent des liaisons régulières depuis Le Caire (gare Torgoman, 5-6 heures, 250-400 EGP soit 5-8 EUR) et Alexandrie (gare Moharam Bey, 3-4 heures, 150-250 EGP soit 3-5 EUR). Les bus sont climatisés et confortables. En haute saison, réservez vos billets un jour à l'avance, surtout pour le week-end (jeudi-vendredi en Égypte). La gare routière de Marsa Matruh se trouve au sud du centre-ville.
En voiture de location : C'est l'option la plus flexible, surtout si vous comptez explorer les plages de l'ouest et Siwa. Louez au Caire ou à Alexandrie (les agences de location sont rares à Marsa Matruh). Comptez environ 600-1200 EGP par jour (11-23 EUR) pour une berline climatisée. La route côtière (autoroute internationale) est en bon état, bien signalisée, et le trajet depuis Alexandrie est agréable. Attention au code de la route égyptien, qui est plus un ensemble de suggestions qu'un corpus de règles strictes : restez vigilant, klaxonnez dans les virages sans visibilité, et évitez de conduire la nuit (animaux errants, véhicules sans phares).
Pour se déplacer en ville
Tuk-tuk : Le moyen de transport roi à Marsa Matruh. Ces petits véhicules à trois roues sont omniprésents, rapides et bon marché. Un trajet en ville coûte 20-50 EGP (0,40-1 EUR), vers les plages de l'ouest 50-150 EGP (1-3 EUR), vers le Bain de Cléopâtre 30-60 EGP (0,60-1,15 EUR). Convenez toujours du prix avant de monter. Les tuk-tuks ne sont pas climatisés et n'ont pas de ceintures de sécurité : c'est rustique mais efficace.
Taxi : Des taxis collectifs (service) circulent sur les axes principaux pour quelques livres. Les taxis privés (blanc ou bleu) sont disponibles pour des trajets plus longs (vers Almaza Bay, vers l'aéroport ou la gare routière). Comptez 150-300 EGP (3-6 EUR) pour Almaza Bay. Aucun compteur : le prix se négocie avant la course.
Microbus : Des minibus collectifs relient le centre-ville aux localités environnantes pour quelques livres (10-30 EGP). Ils n'ont pas d'arrêts fixes : on monte et descend en faisant signe au chauffeur. C'est le mode de transport le plus économique mais le moins confortable, et il faut connaître les itinéraires.
À pied : Le centre-ville et la Corniche sont parfaitement praticables à pied. La promenade le long de la baie, d'un bout à l'autre, fait environ 3 km et constitue une belle balade, surtout en fin de journée. En revanche, les plages de l'ouest et Almaza Bay sont trop éloignées pour y aller à pied.
Pas d'Uber, pas de Careem : Contrairement au Caire et à Alexandrie, les applications de VTC ne fonctionnent pas à Marsa Matruh. Tout se négocie en face à face, à l'ancienne.
Communication et connectivité
Téléphone mobile : Le réseau mobile égyptien (Vodafone, Orange, Etisalat) couvre bien Marsa Matruh et les environs, y compris les plages de l'ouest. La 4G fonctionne correctement en ville, avec des ralentissements en haute saison quand les réseaux sont saturés. Pour Siwa, la couverture est intermittente sur la route et correcte dans l'oasis elle-mème.
Carte SIM locale : Achetez une carte SIM prépayée dès votre arrivée au Caire (dans les boutiques des opérateurs à l'aéroport). Une carte avec 10 Go de data coûte environ 200-350 EGP (4-7 EUR) et dure un mois. C'est le moyen le plus économique de rester connecté. Assurez-vous que votre téléphone est désimlocké avant le départ.
Wi-Fi : La plupart des hôtels proposent le Wi-Fi gratuit, mais la qualité varie énormément. Dans les resorts d'Almaza Bay, la connexion est généralement fiable. Dans les petits hôtels de la Corniche, attendez-vous à un débit modeste. Les cafés de la Corniche offrent souvent le Wi-Fi, mais la vitesse est rarement suffisante pour le streaming vidéo.
Prises électriques : L'Égypte utilise des prises de type C (européennes à deux broches), compatibles avec les appareils français. Pas besoin d'adaptateur pour les voyageurs depuis la France. La tension est de 220V/50Hz, identique à la France.
À qui s'adresse Marsa Matruh : bilan
Marsa Matruh s'adresse avant tout aux voyageurs qui ont déjà vu les pyramides et les temples, et qui cherchent une Égypte différente : celle de la Méditerranée, des plages sauvages et de la douceur de vivre côtière. C'est une destination idéale pour les familles (eaux calmes et peu profondes, sécurité, prix doux), pour les couples en quête de romantisme (les couchers de soleil sur Plage El Gharam sont inoubliables), et pour les voyageurs indépendants qui apprécient l'aventure sans le luxe obligatoire.
En revanche, si vous cherchez des clubs de nuit, une vie nocturne animée, des boutiques de luxe ou un service hôtelier standardisé aux normes internationales, Marsa Matruh vous décevra. Ce n'est pas Bodrum, Mykonos ou mème Hurghada. C'est une ville égyptienne authentique qui se transforme en station balnéaire quatre mois par an, avec tout ce que cela implique d'imperfections charmantes et de surprises agréables.
Pour le voyageur francophone, Marsa Matruh représente une alternative remarquable aux destinations méditerranéennes classiques. Les prix sont quatre à cinq fois inférieurs à ceux de la Grèce ou de la Croatie, les plages sont au moins aussi belles (sinon plus), et le dépaysement culturel ajoute une dimension que les rivages européens ne peuvent offrir. C'est l'Égypte secrète, celle que les guides touristiques oublient trop souvent, et c'est précisément ce qui fait son charme. Allez-y avant que le secret ne s'évente.