Ankara
Ankara 2026 : ce qu'il faut savoir avant de partir
Ankara est la ville que la plupart des voyageurs survolent en transit, pressés de rejoindre Istanbul ou la Cappadoce. C'est une erreur. La capitale de la Turquie n'est pas une cité administrative ennuyeuse : c'est une métropole vibrante de 5000 ans d'histoire où les artefacts hittites cohabitent avec des bars à cocktails tendance, et où dans les ruelles de la vieille ville, des grands-mères préparent des gözleme sur des plaques de cuivre à mème la rue.
En bref : Ankara mérite le détour pour le majestueux Anıtkabir, l'exceptionnel Musée des Civilisations Anatoliennes, les quartiers atmosphériques de Hamamönü et la Citadelle avec son panorama sur la ville. Ici, tout est moins cher, plus calme et plus authentique qu'à Istanbul. Comptez 3 à 4 jours pour la ville, et jusqu'à 7 jours avec les environs.
À qui s'adresse Ankara ? Aux voyageurs lassés des foules touristiques qui veulent découvrir la vraie Turquie. Aux passionnés d'histoire : les couches de civilisations s'empilent ici, des Hittites à l'Empire ottoman. Aux gourmands : la cuisine d'Ankara est plus rustique et plus franche que celle d'Istanbul, et les prix sont deux fois plus bas. Soyons honnêtes sur les inconvénients : la ville n'est pas au bord de la mer, les transports en commun sont plus simples qu'à Istanbul, et l'été la chaleur peut atteindre 38 degrés. Mais c'est précisément ce qui fait d'Ankara une ville pour les vrais voyageurs, pas pour les consommateurs de cartes postales. Un vol direct depuis Paris-CDG avec Turkish Airlines vous y emmène en 3h30 pour 150 à 250 EUR aller-retour en basse saison.
Quartiers : où se loger
Kızılay : le cœur battant de la ville
Kızılay, c'est un peu la Place de la République d'Ankara : une place centrale d'où rayonnent les artères principales, entourée de dizaines de restaurants, cafés, boutiques et d'un flux incessant de passants. Le quartier pulse du matin jusqu'à tard dans la nuit. C'est aussi le nœud de correspondance du métro, des bus et des dolmuş : vous atteindrez n'importe quel point de la ville en 20 à 30 minutes.
Avantages : accessibilité parfaite en transports, choix immense de restaurants et de commerces, vie nocturne animée
Inconvénients : bruyant, foules aux heures de pointe, peu de verdure
Prix : auberges de jeunesse à partir de 10-15 EUR, hôtels de 35 à 65 EUR
Pour qui : jeunes voyageurs, petits budgets, amateurs de vie nocturne
Çankaya : le quartier chic aux ambassades
Çankaya est le quartier le plus cossu d'Ankara. On y trouve les ambassades, les bâtiments gouvernementaux, les meilleurs restaurants et de larges boulevards arborés. La rue Tunalı Hilmi est le Faubourg Saint-Honoré local : boutiques, cafés, librairies. À deux pas, le Parc Kuğulu avec ses cygnes, où tout le quartier se retrouve le soir pour une promenade. L'atmosphère est calme, européenne, soignée. Un Français s'y sentira immédiatement à l'aise.
Avantages : sécurité, belle architecture, excellents restaurants, parcs
Inconvénients : plus cher que la moyenne, assez éloigné des sites historiques d'Ulus
Prix : hôtels de 55 à 110 EUR
Pour qui : couples, familles, voyageurs d'affaires, ceux qui privilégient le confort
Ulus : le cœur historique, petit budget et atmosphère
Ulus est le plus ancien quartier d'Ankara, le berceau de la ville. La Citadelle d'Ankara, les Thermes Romains, la Mosquée Hacı Bayram et le Musée des Civilisations Anatoliennes sont tous accessibles à pied. Les rues sont chaotiques, les marchés bruyants, et la nourriture est la moins chère de la ville. C'est l'Ankara authentique, sans fard. Le bazar d'Ulus est un paradis pour ceux qui aiment marchander : épices, tissus, cuivres, antiquités. On pourrait presque se croire dans un souk marocain, la torpeur anatolienne en plus.
Avantages : tous les monuments principaux à proximité, prix les plus bas, atmosphère authentique
Inconvénients : moins entretenu, certaines ruelles se vident le soir, peu d'hôtels modernes
Prix : pensions à partir de 8-15 EUR, hôtels de 22 à 35 EUR
Pour qui : petits budgets, passionnés d'histoire, photographes
Bahçelievler : ambiance étudiante et cuisine pas chère
Quartier universitaire par excellence, Bahçelievler est jeune, animé et démocratique. On y trouve des centaines de cafés bon marché, de stands de döner et de maisons de thé. Les étudiants donnent le ton : street art, petites galeries, librairies indépendantes. La vie nocturne offre bars et clubs pour tous les goûts. Kızılay est à 10 minutes en métro. Si vous avez la nostalgie du Quartier latin version turque, c'est ici.
Avantages : nourriture la moins chère, ambiance festive, métro à proximité
Inconvénients : bruyant le soir, architecture sans grand charme
Prix : auberges à partir de 8 EUR, hôtels de 22 à 30 EUR
Pour qui : jeunes, voyageurs solo, petits budgets
Söğütözü : le quartier d'affaires moderne
Söğütözü, c'est La Défense d'Ankara : tours de bureaux, centres commerciaux, hôtels de chaîne. Le complexe Armada et le Next Level permettent de passer une journée entière de shopping. Le quartier est propre, moderne, mais sans âme. Il convient à ceux qui sont en déplacement professionnel ou qui souhaitent le confort standardisé d'un hôtel international.
Avantages : hôtels récents, centres commerciaux, calme
Inconvénients : loin du centre historique, atmosphère aseptisée
Prix : hôtels de 65 à 140 EUR
Pour qui : voyageurs d'affaires, familles avec enfants, amateurs de shopping
Hamamönü : une carte postale ottomane
Le quartier historique de Hamamönü, c'est un village provençal à la turque : maisons ottomanes restaurées, ruelles pavées, petits cafés et boutiques d'antiquaires. Ici, le temps ralentit. Le matin, ça sent le pain frais ; l'après-midi, le café ; le soir, la viande grillée. Le quartier est petit, intime et incroyablement photogénique. S'y loger est difficile (peu d'hôtels), mais on peut choisir une pension à Ulus et venir s'y promener chaque jour.
Avantages : atmosphère incomparable, photogénie, cafés de caractère
Inconvénients : peu d'hébergements, éloigné du métro
Prix : restauration dans la moyenne (cafés et repas de 8 à 15 EUR)
Pour qui : romantiques, photographes, passionnés d'histoire
Gölbaşı : nature et calme en périphérie
En banlieue, Gölbaşı offre un lac Eymir propice aux pique-niques, au jogging et aux balades à vélo, le tout dans un écrin de verdure et d'air pur. C'est le quartier des familles et de ceux qui cherchent la tranquillité. Comptez 30 à 40 minutes en voiture pour rejoindre le centre. Intéressant si vous êtes motorisé ou si vous souhaitez combiner ville et nature.
Avantages : calme, nature, air pur, lac
Inconvénients : loin du centre, voiture ou taxi indispensable
Prix : hôtels de 30 à 55 EUR
Pour qui : familles avec enfants, amoureux de la nature, voyageurs motorisés
Meilleure période pour visiter
Ankara se situe à 850 mètres d'altitude, et cela change tout : le climat est continental, avec des étés chauds et secs et des hivers froids. Ce n'est ni Istanbul la tempérée ni Antalya la balnéaire : il faut s'y préparer.
Les meilleurs mois : avril à juin et septembre-octobre
Avril-mai : la ville s'éveille et fleurit. Les températures oscillent entre 15 et 22 degrés, les parcs verdissent, les touristes sont rares et les prix bas. Idéal pour arpenter la citadelle et les musées. Seul bémol : des averses sont possibles, prévoyez un parapluie. C'est un peu comme un printemps en Bourgogne, mais avec des minarets.
Juin : chaud mais agréable (25 à 30 degrés), longues journées, tout est ouvert. Le dernier mois confortable avant la fournaise estivale.
Septembre-octobre : la saison dorée d'Ankara. La canicule est passée, la ville reprend vie après la torpeur de l'été. Les universités rouvrent, les cafés et les bars se remplissent à nouveau. Températures de 18 à 25 degrés : parfait.
Les mois à éviter
Juillet-août : chaleur écrasante, jusqu'à 35-38 degrés. Le bitume fond, la climatisation devient votre meilleur ami. La ville se vide : les Turcs partent au bord de la mer. Beaucoup de petits cafés et restaurants ferment pour les vacances. Se promener dans la citadelle à midi relève de l'épreuve sportive.
Décembre à février : températures descendant jusqu'à -5 à -10 degrés. Neige, vent, journées courtes. Mais si le froid ne vous effraie pas, la ville acquiert un charme particulier : salep brûlant à chaque coin de rue, musées déserts, citadelle enneigée. Un peu comme un Noël alsacien, mais avec du thé au lieu du vin chaud.
Fêtes et événements
- 23 avril : Journée de la souveraineté nationale et des enfants. Toute la ville se pare de drapeaux, défilés, événements gratuits
- 19 mai : Fête de la jeunesse et du sport. Événements sportifs, concerts en plein air
- 30 août : Jour de la Victoire. Principal défilé militaire de Turquie, cérémonie solennelle à l'Anıtkabir
- 29 octobre : Fête de la République. Le plus grand événement national : feux d'artifice, concerts, Ankara fait la fête
- Avril-mai : Festival international de musique d'Ankara
- Juin : Festival CerModern (art contemporain)
Quand c'est moins cher : novembre et février-mars : l'intersaison offre les prix d'hôtels les plus bas. Il ne faut réserver à l'avance que pour les jours fériés nationaux (23 avril, 29 octobre), quand les Turcs affluent massivement dans la capitale.
Itinéraire : de 3 à 7 jours
Ankara en 3 jours : l'essentiel
Jour 1 : Le cœur historique
9h00-11h30 : Commencez par l'Anıtkabir, le mausolée d'Atatürk. Ce n'est pas un simple tombeau : c'est un immense complexe mémorial perché sur une colline, avec un musée, des jardins et une impressionnante allée des Lions. Arrivez à l'ouverture (9h00) pour éviter la foule. Prévoyez 2 à 2h30 de visite. L'entrée est gratuite. Pour un Français, l'émotion est comparable à celle du Panthéon, mais à une échelle monumentale.
12h00-13h00 : Déjeuner dans le quartier d'Ulus. Cherchez les lokantası (cantines avec plats préparés) : un repas complet de trois plats pour 3 à 4 EUR. Essayez l'Ankara tava ou le classique iskender kebab.
13h30-15h30 : Le Musée des Civilisations Anatoliennes, joyau de la ville et lauréat du prix du Musée européen de l'année. Collections hittites, phrygiennes, ourartéennes. Le bâtiment est un ancien caravansérail du XVe siècle. Entrée : environ 5 EUR. Si vous êtes passé par le Louvre, imaginez que toutes les civilisations d'Anatolie tiennent dans un seul lieu.
16h00-18h00 : Montée vers la Citadelle d'Ankara. Flâner dans les ruelles étroites à l'intérieur des remparts, trouver le point de vue panoramique : toute la ville s'étend à vos pieds. Prenez un thé dans l'un des cafés perchés sur les murailles. La lumière de fin d'après-midi y est magnifique.
18h30-20h00 : Dîner à Hamamönü. Promenez-vous dans les rues ottomanes restaurées et choisissez un restaurant avec terrasse. L'ambiance rappelle un village du Lubéron, mais avec des kebabs.
Jour 2 : Culture et modernité
9h30-11h00 : La Mosquée Hacı Bayram, l'une des plus vénérées de Turquie. À côté, les ruines du Temple d'Auguste et de Rome (visite rapide en 20 minutes). Le quartier autour de la mosquée est un marché vivant où l'on boit le thé en grignotant des douceurs.
11h30-12h30 : Les Thermes Romains. Des vestiges du IIIe siècle après J.-C. en plein centre-ville. Visite rapide : 30 à 40 minutes. Pour les amateurs de l'Antiquité, c'est une surprise inattendue au cœur de l'Anatolie.
13h00-14h00 : Déjeuner dans la rue Sakarya. Quartier étudiant : tantuni, lahmacun, dürüm. Pas cher et délicieux. Comptez 2 à 3 EUR pour un repas copieux.
14h30-16h30 : Le Musée Rahmi M. Koç, un musée industriel installé dans une ancienne usine. Locomotives, automobiles, machines d'imprimerie, postes de radio d'époque. Particulièrement intéressant avec des enfants. Les Français amateurs du Musée des Arts et Métiers s'y retrouveront.
17h00-18h30 : Promenade sur la rue Tunalı Hilmi à Çankaya. Shopping, cafés, librairies. Faites un détour par le Parc Kuğulu pour admirer les cygnes et savourer un thé turc sur un banc.
19h00-21h00 : Dîner dans un restaurant de Tunalı Hilmi. Commandez des meze (assortiment de petites entrées froides et chaudes, un peu comme des tapas à la turque) et du rakı, la célèbre eau-de-vie anisée que les Turcs allongent d'eau et qui blanchit dans le verre. Un rituel à ne pas manquer.
Jour 3 : Nature et panoramas
9h00-12h00 : Excursion au Lac Eymir (30 minutes en taxi). Promenade ou balade à vélo autour du lac (7 km de tour). Le matin, les étudiants de l'université METU y font leur jogging, et les berges se prêtent au pique-nique. Location de vélos sur place. Un bol d'air frais après deux jours de ville.
12h30-13h30 : Déjeuner à Gölbaşı. Restaurants de poisson au bord du lac : truite grillée avec salade. Simple, frais, excellent.
14h30-15h30 : La Tour Atakule, tour de télécommunication avec plateforme d'observation et restaurant tournant. Panorama d'Ankara depuis 125 mètres de hauteur. Privilégiez la fin d'après-midi pour la lumière du coucher de soleil. L'expérience rappelle la Tour Montparnasse, les files d'attente en moins.
16h00-18h00 : Le Parc Gençlik. Grand parc avec lac, attractions et maisons de thé. Promenez-vous, faites un tour en barque, buvez un thé face aux fontaines. Un moment de détente turc par excellence.
19h00-21h00 : Dîner d'adieu à Kızılay. Choisissez un restaurant avec musique live ou montez sur le toit-terrasse d'un hôtel : cocktail avec vue sur Ankara illuminée.
Ankara en 5 jours : sans se presser
Ajoutez au programme de 3 jours :
Jour 4 : Beypazarı, une ville de conte
9h00 : Départ pour Beypazarı (100 km, 1h30 en bus depuis la gare routière AŞTİ). C'est un bourg aux maisons ottomanes parfaitement préservées, aux rues pavées et à la cuisine irrésistible. Un Carcassonne turc en miniature.
11h00-13h00 : Promenade dans le centre historique : maisons en bois à encorbellements, maison-musée de la vie ottomane, marché local où les artisans travaillent encore à l'ancienne.
13h00-14h30 : Déjeuner. Beypazarı est célèbre pour deux spécialités : le loukoum à la carotte et la viande séchée (pastırma). Goûtez les deux sans hésiter. Ne manquez pas non plus le güveç local, un ragoût de viande dans un pot en terre cuite qui rappelle nos daubes provençales.
15h00-17h00 : Canyon d'İnözü, gorge naturelle à proximité. Sentier de randonnée avec vues sur les falaises et la végétation. Un dépaysement total.
18h00 : Retour à Ankara.
Jour 5 : Immersion culturelle
10h00-12h00 : Musée ethnographique d'Ankara. Collection d'art turc des Seldjoukides à nos jours : tapis, calligraphies, céramiques, costumes traditionnels. Un complément idéal au Musée des Civilisations Anatoliennes pour comprendre la continuité culturelle.
12h30-14h00 : Déjeuner dans le quartier d'Ayrancı. Marché bio (le dimanche) ou l'un des cafés branchés du coin. Ayrancı est calme, verdoyant, avec une ambiance de village dans la ville.
14h30-16h00 : Galerie d'art contemporain CerModern. Ancien dépôt de locomotives reconverti en espace artistique. Le bâtiment est impressionnant, les expositions stimulantes, et le café agréable. Les amateurs du Palais de Tokyo y trouveront leur compte.
16h30-18h30 : Marché aux antiquités d'Ulus. Le premier dimanche de chaque mois, un marché aux puces s'installe à Ayrancı, mais les boutiques d'antiquaires d'Ulus sont ouvertes en permanence. Monnaies anciennes, vaisselle ottomane, bijoux vintage. De quoi ramener des souvenirs uniques.
19h00 : Soirée vin turc dans l'un des bars de Tunalı Hilmi ou au Hayyami Şarap Evi, qui propose 240 références de vins turcs. Les œnophiles français seront agréablement surpris par la qualité des cépages anatoliens.
Ankara en 7 jours : avec les environs
Ajoutez au programme de 5 jours :
Jour 6 : Le lac salé de Tuz Gölü
8h00 : Départ matinal vers le lac Tuz Gölü (150 km, 2 heures de route). Deuxième plus grand lac de Turquie : salé, rose et fantastiquement photogénique. En été, l'eau s'évapore partiellement et l'on peut marcher sur la croûte de sel. En hiver, des milliers de flamants roses s'y installent. Un paysage qui évoque la Camargue, mais à l'échelle d'un continent.
11h00-13h00 : Promenade sur les rives, séance photo. Portez des chaussures fermées : le sel ronge les sandales.
13h30-14h30 : Déjeuner dans un restaurant de bord de route. Sur le chemin du retour, arrêt possible dans le bourg de Şereflikoçhisar et son petit centre historique.
16h00 : Retour à Ankara, soirée libre.
Jour 7 : Hattusha, capitale des Hittites
7h00 : Départ matinal pour Hattusha (200 km, 2h30 à 3h de route). Possibilité de louer une voiture ou de prendre un tour organisé.
10h00-14h00 : Hattusha, capitale de l'Empire hittite (1600-1178 av. J.-C.), site classé au patrimoine mondial de l'UNESCO. Ruines monumentales : la Porte des Lions, la Porte du Roi, un tunnel de 70 mètres de long. À proximité, Yazılıkaya, sanctuaire rupestre orné de reliefs représentant les dieux. Prévoyez au minimum 3 à 4 heures pour l'ensemble du site. C'est l'équivalent turc de Delphes ou de Pompéi.
14h30-15h30 : Déjeuner dans le village de Boğazkale, à côté des ruines.
16h00 : Retour à Ankara. En chemin, Alacahöyük, un autre site archéologique hittite (si les jambes tiennent encore).
Où manger : restaurants et cafés
Cuisine de rue et marchés
La cuisine de rue d'Ankara est brute, copieuse et incroyablement savoureuse. Les principaux spots :
Ulus et les abords du bazar : c'est ici que la concentration de street food est maximale. Un simit (la version d'Ankara est plus petite et plus croustillante que celle d'Istanbul) avec un thé pour 0,50 à 0,80 EUR. Le kokoréç (tripes farcies grillées) : ça semble effrayant, le goût est divin. Les vendeurs ambulants grillent des châtaignes en automne et du maïs en été, exactement comme sur les Grands Boulevards parisiens, mais à un dixième du prix.
Rue Sakarya : artère étudiante avec des dizaines de stands de tantuni. Le tantuni, c'est de la viande de bœuf finement émincée avec oignons et épices, enroulée dans un lavash. 1,50 à 2 EUR la portion qui suffit pour deux. Un rapport qualité-prix imbattable.
Kiosques nocturnes de Kızılay : après minuit, la place s'anime : moules farcies au riz (midye dolma), lahmacun (la 'pizza turque'), maïs grillé. Un en-cas nocturne pour 1 à 2 EUR.
Cantines locales (lokantası)
Les lokantası sont des cantines turques avec des plats préparés sous vitrine. Vous montrez du doigt, on vous sert. Pas de carte, pas d'anglais, authenticité maximale. Un déjeuner complet (soupe, plat, salade, pain) revient à 2,50 à 4 EUR. Cherchez les établissements où la queue s'allonge à midi avec des gens en costume-cravate : signe infaillible de qualité. Les meilleures lokantası se trouvent à Ulus et autour des ministères de Çankaya. C'est un peu l'équivalent de nos bons bistros ouvriers, avec la mème exigence de constance.
Restaurants de gamme moyenne
Ankara est la capitale du kebab. Les meilleurs quartiers pour les kebabs : Ulus (traditionnels), Tunalı Hilmi (modernisés), Sakarya (étudiants). Budget moyen pour un dîner avec boisson : 8 à 13 EUR par personne. Essayez impérativement l'Ankara tava, le plat emblématique de la ville. Cherchez les restaurants avec l'enseigne 'Ankara Tava' : c'est comme une pizzeria à Naples, le plat est simple mais peu savent le préparer correctement.
Pour un dîner spécial, direction le quartier de Gaziosmanpaşa. D'anciennes villas transformées en restaurants à la cuisine d'auteur. Le Niki Restaurant, installé dans l'une de ces villas, propose un menu fusion aux accents turcs qui ravira les palais français.
Tables gastronomiques
Si vous cherchez l'excellence : Boğaziçi Restaurant (cuisine turque classique dans un cadre élégant, réputé pour son Ankara tava), Butcha Steakhouse à Bilkent (viande de première qualité), le restaurant tournant de la Tour Atakule (on paie la vue plus que la cuisine, mais la vue en vaut la peine). Budget : 16 à 32 EUR. Réservation indispensable le week-end.
Cafés et petits-déjeuners
Le petit-déjeuner turc est un art à part entière, et à Ankara on le prend très au sérieux. Cherchez l'enseigne 'kahvaltı' : des dizaines de petites assiettes de fromages, miel, olives, tomates, œufs, pain frais. Le tout pour 4 à 8 EUR pour deux, et ça tient jusqu'au soir. Les meilleurs petits-déjeuners se trouvent à Çankaya et Ayrancı. Pour un Français habitué au croissant-café, c'est une révélation : la Turquie a élevé le petit-déjeuner au rang de banquet matinal.
La culture du café est bien implantée à Ankara : la troisième vague y est arrivée depuis longtemps. Les quartiers de Tunalı Hilmi et Ayrancı regorgent de cafés artisanaux. Pour le café turc traditionnel, rendez-vous dans les cafés d'Ulus et de Hamamönü (1 à 1,50 EUR la tasse, servie avec un loukoum).
Que goûter : gastronomie
Ankara Tava : le plat signature de la ville. Agneau tendre avec boulghour, tomates, poivrons et épices, cuit dans un plat en terre. Le meilleur se trouve dans les vieux restaurants d'Ulus. Prix : 4 à 7 EUR. Astuce : demandez 'kuzu' (agneau) et non 'dana' (veau) : la recette originale n'utilise que l'agneau. C'est un peu notre cassoulet : rustique, généreux, inoubliable.
Döner Kebab : non, le döner n'a pas été inventé à Berlin. Le döner d'Ankara est à base d'agneau, lentement rôti sur des braises de chêne. Servi avec du lavash et de la salade. Prix : 3 à 5 EUR. Ne mangez que là où la broche tourne : cela signifie que la viande est fraîche.
İskender Kebab : fines tranches de viande sur des morceaux de pide, nappées de sauce tomate et de yaourt, avec du beurre clarifié grésillant par-dessus. Prix : 5 à 8 EUR. Servi sur assiette brûlante : ne touchez pas les bords ! C'est un plat qui ferait rougir de jalousie n'importe quel gratin dauphinois.
Kokoréç : tripes d'agneau farcies d'abats et d'épices, grillées et hachées dans du pain. Ça semble extrême, le goût est fantastique. Le street food nocturne numéro un. Prix : 2 à 3 EUR. Demandez 'acılı' (pimenté) ou 'acısız' (sans piment). Les amateurs d'andouillette se sentiront en terrain connu.
Simit : le simit d'Ankara est plus petit et plus croustillant que celui d'Istanbul. Avec un thé, c'est le petit-déjeuner idéal pour 0,50 à 0,80 EUR. Achetez-le aux vendeurs ambulants tôt le matin pour avoir le plus frais.
Lahmacun : galette ultra-fine garnie de viande hachée, tomates et verdure. On la roule en ajoutant du citron et du persil. Prix : 1,50 à 2 EUR. Ne confondez pas avec le pide : ce sont deux plats différents.
Çılbır : œufs pochés sur un lit de yaourt à l'ail, arrosés de beurre à la paprika. Petit-déjeuner ottoman traditionnel. Prix : 2 à 3 EUR. Le meilleur se trouve dans les cafés de Hamamönü. C'est l'œuf en meurette version turque.
Baklava : le baklava d'Ankara n'a rien à envier à celui de Gaziantep. Cherchez celui à 80 couches, fait main. N'achetez pas dans les endroits touristiques : le meilleur baklava se trouve dans les petites pâtisseries (pastane) d'Ulus. Prix : 5 à 9 EUR le kilo. Un seul conseil : prenez un kilo, vous le regretterez sinon.
Salep : boisson chaude à base de lait et de racine d'orchidée, saupoudrée de cannelle. Le must de l'hiver. En vente à chaque coin de rue de novembre à mars. Prix : 1 à 1,50 EUR. Le réconfort ultime par temps froid.
Ce qu'il faut éviter : les restaurants touristiques avec des rabatteurs à l'entrée, où la majoration atteint 200 % pour la mème nourriture. Si le menu est traduit en 10 langues, passez votre chemin. Si le menu est uniquement en turc, entrez.
Végétariens : la cuisine turque est centrée sur la viande, mais les meze offrent toujours des options végétales : houmous, baba ghanoush, sigara börek (rouleaux au fromage), imam bayıldı (aubergines farcies), mercimek çorbası (soupe de lentilles). Dans les lokantası, il y a toujours 3 à 4 plats de légumes. Les Français végétariens ne seront pas dépaysés : la cuisine de légumes turque est aussi élaborée que la nôtre.
Allergies : les fruits à coque sont partout : dans le baklava, les salades, les kebabs. Le gluten aussi : lavash, simit, pide. Les produits laitiers sont dans un plat sur deux. Dites 'alerjim var' (j'ai une allergie) et montrez une carte traduite. Mieux vaut préparer une fiche en turc avant le voyage.
Secrets et conseils de locaux
1. Le thé d'Ankara est un rituel, pas une boisson. Quand on vous propose un thé, ce n'est pas une formalité mais un signe d'hospitalité. Refuser serait impoli. Dans les maisons de thé (çay bahçesi), restez au moins une heure : observez les Turcs jouer au backgammon et refaire le monde. Un verre de thé : 0,30 à 0,40 EUR. C'est l'équivalent turc de notre café au comptoir.
2. L'Ankarakart est votre meilleur allié. Achetez-la dans n'importe quel kiosque près du métro pour environ 1,30 EUR (dont 0,90 EUR de dépôt). Elle fonctionne dans le métro, les bus, l'Ankaray (métro léger) et mème le téléphérique. Un trajet : environ 0,40 EUR. Sans carte, c'est deux fois plus cher et il faut de la monnaie.
3. Les musées sont gratuits certains jours. Le premier dimanche de chaque mois, de nombreux musées publics d'Ankara sont gratuits. L'Anıtkabir est toujours gratuit. Le Musée des Civilisations Anatoliennes est inclus dans la Müzekart (environ 16 EUR), un pass annuel valable dans tous les musées de Turquie. Un investissement rentable dès la deuxième visite.
4. Marchandez au bazar, pas en boutique. À Ulus, sur le marché, le marchandage est un rituel obligatoire. Commencez à 50 % du prix annoncé. Mais dans les magasins avec étiquettes, les supermarchés et les restaurants, les prix sont fixes. Marchander y serait déplacé.
5. On enlève ses chaussures, pas seulement à la mosquée. Si l'on vous invite chez soi, les chaussures se retirent à l'entrée. Dans certaines petites boutiques et certains ateliers aussi. Regardez l'entrée : si une pile de chaussures s'y trouve, enlevez les vôtres.
6. La main gauche, attention. Ne tendez pas d'argent et ne serrez pas la main avec la main gauche. Un détail, mais les locaux le remarquent et apprécient le respect.
7. Le Wi-Fi gratuit est un piège. Dans les cafés, le Wi-Fi existe mais il est lent. Dans le métro aussi, mais avec de la publicité. Mieux vaut acheter une SIM locale avec forfait data (voir la section 'Transport et connectivité').
8. Le vendredi n'est pas un jour de repos, mais le déjeuner est plus long. Beaucoup de musulmans vont à la prière du vendredi, et les restaurants proches des mosquées sont bondés de 12h00 à 14h00. Prévoyez de déjeuner plus tôt ou plus tard.
9. Ankara est une ville de fonctionnaires, et c'est un avantage. Les employés de l'État déjeunent entre 12h00 et 13h00 : à cette heure, toutes les meilleures lokantası sont prises d'assaut. Arrivez à 11h30 ou à 13h30 : la cuisine est la mème, sans la queue.
10. Ne photographiez pas les bâtiments militaires. Ankara est la capitale, les bâtiments gouvernementaux et militaires y sont nombreux. Les photographier est interdit. Dans le doute, abstenez-vous. Les soldats vous demanderont poliment d'effacer les photos, mais mieux vaut ne pas en arriver là.
11. Les cafés à thème, un trésor caché. Ankara recèle tout un monde de cafés d'auteur absents des guides. Le Gramofon Café et sa collection de phonographes anciens, les cafés-bibliothèques de Çankaya, les jardins de thé dans les cours de la citadelle. Demandez aux jeunes du coin : ils connaissent tous les endroits secrets.
12. Altınköy, le village-musée. À 45 minutes du centre, ce musée en plein air reconstitue la vie d'un village anatolien : moulins à eau, forges, maisons anciennes. Peu de touristes, beaucoup d'authenticité. Idéal avec des enfants.
Transport et connectivité
De l'aéroport au centre-ville
L'aéroport d'Esenboğa (ESB) se situe à 28 km du centre. Depuis Paris-CDG, Turkish Airlines propose des vols directs quotidiens (3h30). Depuis Bruxelles, Genève ou Montréal, des correspondances via Istanbul sont disponibles. Pour rejoindre le centre :
- Bus Havaş : la solution la plus populaire. Dessert la gare routière AŞTİ et la place Kızılay. Départ toutes les 30 minutes, trajet de 40 à 50 minutes. Prix : 3 à 3,50 EUR. Paiement par carte ou en espèces.
- Taxi : 13 à 18 EUR jusqu'au centre. Plus cher la nuit. Utilisez l'application BiTaksi pour commander : les chauffeurs ne gonflent pas le compteur.
- Navette de l'hôtel : de nombreux hôtels proposent un transfert gratuit ou payant (8 à 13 EUR). Renseignez-vous lors de la réservation.
Se déplacer en ville
Métro : 4 lignes couvrant les principaux quartiers. Fonctionne de 6h00 à minuit. Fréquence : 5 à 10 minutes. Propre, sûr, avec des plans en anglais dans les stations. Les lignes essentielles pour le touriste : M1 (Kızılay-Batıkent) et M2 (Kızılay-Çankaya). Paiement : uniquement par Ankarakart.
Ankaray : métro léger, une seule ligne reliant AŞTİ (gare routière) à Dikimevi via Kızılay. Correspondance avec le métro gratuite dans les 30 minutes.
Bus : réseau dense, mais sans connaître les lignes, on s'y perd vite. Utiles pour les quartiers sans métro (Ulus, Hamamönü). Numéros de ligne affichés aux arrêts. Paiement : Ankarakart.
Dolmuş : minibus collectifs. Moins cher que le taxi, plus rapide que le bus. On fait signe de la main à l'arrêt, on dit 'inecek var' (je descends) au chauffeur. Paiement : en espèces au chauffeur. C'est un peu l'équivalent de nos navettes de village, en plus anarchique et plus sympathique.
Taxi : relativement bon marché. Prise en charge : 0,50 à 0,65 EUR, course moyenne en ville : 2 à 4 EUR. Applications : BiTaksi (la meilleure), Uber (fonctionne mais pas partout). Vérifiez toujours que le compteur est enclenché. Tarif de nuit (minuit-6h00) : majoration de 50 %.
Vélos en libre-service : système municipal iBike Ankara. Stations aux points stratégiques. Les 30 premières minutes sont gratuites. Pratique pour les promenades dans les parcs et le long des espaces verts.
Internet et communication
Carte SIM : achetez-la chez un opérateur officiel : Turkcell, Vodafone ou Türk Telekom. Stands à l'aéroport (plus cher) ou en centre commercial. Forfait touriste : 20 Go pour 30 jours, de 8 à 13 EUR. Passeport obligatoire. Important : un téléphone étranger sans enregistrement IMEI cessera de fonctionner au bout de 120 jours.
eSIM : plus simple et plus rapide. Airalo, Holafly ou Nomad : achat en ligne avant le départ, activation à l'arrivée. 5 Go pour 7 jours : à partir de 5 à 10 EUR. C'est la solution que je recommande en priorité, surtout pour les courts séjours.
Wi-Fi : disponible dans la plupart des cafés et hôtels. Dans le métro, Wi-Fi gratuit mais lent. Dans les parcs et sur les places, Wi-Fi municipal (İBB WiFi, inscription par numéro de téléphone).
Applications indispensables :
- BiTaksi : commande de taxi (comme Uber, mais plus fiable en Turquie)
- Moovit : navigation dans les transports en commun
- Yemeksepeti : livraison de repas (le Uber Eats turc)
- Getir : livraison de courses en 10 à 15 minutes
- Google Maps : fonctionne parfaitement, y compris pour les transports en commun
Conclusion
Ankara est une ville qui ne s'offre pas à tout le monde, et c'est sa force. Pas de mer ni de paquebots de croisière, pas de mosquées de carte postale surplombant le Bosphore. Mais 5000 ans d'histoire concentrés dans un seul musée, une culture de capitale vivante, une cuisine franche à prix dérisoire, et des Turcs sincèrement surpris par votre visite, car rares sont ceux qui viennent ici 'juste comme ça'.
Idéal pour : les passionnés d'histoire et d'archéologie, les gastronomes curieux, les voyageurs au budget maîtrisé, ceux qui veulent voir la vraie Turquie sans le vernis touristique, les voyageurs en solo.
Pas le meilleur choix pour : le farniente balnéaire, ceux qui cherchent une vie nocturne de rang mondial, les voyageurs ayant très peu de temps (si vous n'avez que 5 jours pour toute la Turquie, choisissez Istanbul).
Combien de jours : minimum 2 jours (Anıtkabir + musée + citadelle). Optimal : 3 à 4 jours. Avec les environs (Beypazarı, Hattusha, Tuz Gölü) : 6 à 7 jours.
Informations à jour pour 2026. Prix convertis en euros (EUR) au taux approximatif de 1 EUR = 40 TRY. Vol direct Paris-Ankara avec Turkish Airlines : à partir de 150 EUR aller-retour en basse saison.